19 septembre 2007

RETOUR d ' ISRAEL .

RETOUR d' ISRAEL.
Un désir de vie indestructible de Daniel SIBONY
Par webmaster, mardi 18 septembre 2007

Sur Le Blog de terredisrael.com -

Je reviens d'un bref séjour là-bas, dans ce pays où je vais
de temps à autre non pas pour "prendre la température"
du conflit ou pour mieux comprendre ce qui se passe
(je sais qu'il y a là-bas l'irrémédiable passionnant de la
condition humaine, et je me suis donné les moyens d'en
éclairer quelque chose et d'en être assez averti1); j'y fais
donc simplement de brefs séjours pour ressentir… la paix.
Vous pensez que je me moque de vous: aller chercher
la paix au Proche-Orient… Pourtant, c'est vrai, je la
ressens là-bas, profondément: très différente des
bonnes manières constipées d'ici où l'"on vous fout
la paix": là-bas je sens des forces énormes de haine,
d'amour, de jalousie, d'acquiescement… -
dont les contradictions pourraient faire que le ciel tout
entier vous tombe sur la tête, et justement, il ne le fait
pas, il se retient, toute violence suspendue, et vous êtes
là, je suis là sur la plage de Tel-Aviv ou la terrasse d'un
grand hôtel à revoir un manuscrit pour l'éditeur parisien;
tout est calme, la mer limpide est fraîche, le soleil
(dont vous avez remarqué qu'il est devenu partout méchant
sur notre planète, c'est cela le vrai problème écologique,
c'est que les réactions nucléaires là-bas, à des millions
de kilomètres, ont changé de nature, et ça dépasse les
pauvres écolos qui ressassent des économies de bouts de
chandelles quand la question est cosmique), le soleil donc,
tempéré par une brise légère nous rappelle que c'est bon
d'être là; et c'était bon tout à l'heure, à l'hôtel
King David de Jérusalem, de déjeuner au calme en face de
la vieille ville en regardant la muraille turque qui n'a
rien d'antique et la prétendue citadelle de David qui
était déjà sur nos kippas à Marrakech et qui ne date
certainement pas du Roi David mais qui rappelle
sa mémoire, sa transmission poétique, guerrière, éthique,
prometteuse d'infini, de durée, d'existence durable -
pour un peuple sans cesse menacé d'effacement parce
qu'il fut le premier à faire une certaine trouvaille.

Et donc je suis bien là-bas, parce que toutes les violences
possibles sont retenues. Pendant qu'on croit ici,
en Europe, grâce aux images bien ciblées, que cette contrée
est à feu et à sang, ou du moins "très chaude", on est bien
là-bas avec son désir de durée, désir de vie indestructible.
Ce n'est pas rien, dans un pays où une partie de la
population considère que l'autre partie n'a rien à faire là,
qu'elle est faite d'intrus, d'envahisseurs.
Ce n'est pas faux, mais c'est ainsi: les Arabes sont venus
avec la conquête islamique, l'histoire les a mis là
depuis des siècles; personne ne peut les "virer"; et les
Juifs sont là par leur parole sur cette terre,
devenue terre "possédée" par cette parole, depuis des
millénaires; parole qui les y a ramenés, souvent à leur insu,
en plein XXème siècle. Eux aussi, personne ne peut les
chasser. Et même s'ils disparaissaient, ils seraient encore
là, dans la parole islamique qui les maudit régulièrement;
ils seraient là en négatif comme l'éternel repoussoir de
ce dernier monothéisme, qui a besoin d'eux pour nier ce
qu'il leur doit et pour mieux affirmer sa pureté.

Ainsi, malgré cette dissension fondamentale et fondatrice,
des formes subtiles de vie maintiennent les gestes du
convivial. En outre, les Israéliens ont le don de réduire
cette violence latente à des foyers ponctuels, des îlots
infimes: parfois, dans mes brefs séjours, il y a un
attentat-suicide, on l'entend, on s'interrompt dans la
conversation juste un instant, le temps de dire que c'est
triste, que c'est dommage, et on passe à autre chose.
Autre chose, ce sont les débats interminables,
les interprétations, les discussions passionnées,
les affaires. Pendant que je déjeune au King Citadelle,
non loin de moi, des Juifs parlant français discutent avec
animation; au bout de combien de temps vont-ils parler
d'immobilier? Trois minutes. Je n'ai rien contre, mais
l'immobilier reste un des domaines où les idées, trop
immobiles, n'inventent rien de transcendant.

Je sors et je hume l'air de Jérusalem,
j'aspire sa lumière fine. Sans vouloir la désacraliser,
je remarque en passant que c'est une ville de montagne,
qu'en altitude elle est plus proche de Chamonix que
d'Aix-les-Bains, elle est à près de 900m, cela rend
l'air plus pur et plus aigu, la lumière plus subtile
et inspirée. Cela veut dire aussi que ceux qui l'ont bâtie,
et le divin qui a choisi d'y "faire habiter son Nom",
s'y connaissaient en bons lieux. Remarquez, ils parlaient
non pas d'habiter (et encore de l'immobilier),
mais de faire habiter quelque chose de mystérieux,
dont le Nom de l'être est un profond symbole.
Mes pas me mènent bien sûr vers le Mur (du Temple,
pas l'autre), à travers la ruelle du souk -
où je retrouve sous d'autres formes le souk de Marrakech où
j'ai vécu; je demande distraitement à un jeune Arabe,
en anglais, "The way for the West wall… -What wall?"
me dit-il. J'y arrive, et une nouvelle image me frappe:
là-haut, la Mosquée et le Dôme, lieux fermés et bien bâtis,
bien campés sur le Mont du Temple - et même, pourquoi ne pas
adopter la version palestinienne: sur le Mont du
Temple absent, là où la Mosquée "lointaine" vient remplacer
le Temple-juif-qui-n'a-jamais-existé… Et je vois le Mur
en contrebas, et les Juifs qui prient à ciel ouvert,
"dehors" par rapport à un "dedans" qui n'existe pas,
puisqu'ils prient et s'agitent au pied du Mur.
Le contraste m'a saisi.

Une Française me reconnaît:
-Vous êtes Sibony?
Vous avez fait une conférence…
Je me permets alors de demander à sa fille israélienne
enturbannée (très religieuse) si elle savait quel jour
on visite la Mosquée.
Réponse nette:
Il ne faut pas y aller. On ira seulement le jour du Mashiah,
car pour l'instant c'est entre leurs mains.
Je m'éloigne après un bref échange, en me disant que la
folie a encore toutes ses chances, et après avoir vérifié
que la fille ne comprend pas des versets bibliques
essentiels, comme celui qui était sur les murs de la
synagogue en grotte, là à gauche du Mur,
e verset qui dit: "Acclamez son peuple, O nations,
car il vengera le sang de ses serviteurs, etc."
Ils l'ont retiré, bizarrement. En tout cas, la fille,
son fanatisme lui remplaçait tous les versets.

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18 septembre 2007

LE CARDINAL LUSTIGER

Le Cardinal.
Un symbole unique par Daniel SIBONY
Par webmaster, mardi 18 septembre 2007.
Sur Le Blog de terredisrael.com

Le Cardinal Lustiger

Le trait singulier du Cardinal Lustiger, c'est qu'étant juif
et s'étant converti au christianisme (deux choses banales
ou sans éclat particulier), il a dû maintenir toute sa vie
qu'il était juif alors que le passage au christianisme,
en principe, est fait pour dépasser ou accomplir
l'être-juif. En tout cas pas pour le maintenir.
Et lui a dû le maintenir parce que sa mère, gazée comme
juive à Auschwitz, l'a comme rappelé à ses origines,
d'un rappel radical mais voué à rester formel.
Car de fait, toute sa vie, toute l'énergie de son action
fut orientée vers la foi catholique, à propager le plus
possible. Pour le reste, il a fait son travail d'homme
d'Eglise actif et militant pour sa religion.
Apparemment c'est assez rare pour paraître exceptionnel.

En revanche, ce qui est exceptionnel, c'est cette
conjonction des deux traits, juif et catholique qui lui fut
imposé par l'événement; imposé par le destin de sa mère
et en un sens celui de son peuple;
indépendamment de sa volonté.

Conjonction certes bizarre: "être-catholique", cela contredit
radicalement "être-juif". "Jésus notre Dieu" n'est pas
recevable par un Juif religieux pas plus que par
un Juif athée.

Mais cette conjonction bizarre, il a su s'en servir,
l'incarner, car elle correspond à un montage théorique
presque idéal: porter en soi un Juif qu'on ne cesse de
convertir au catholique qu'on est devenu, un Juif qui
ne demande qu'à passer chrétien et qui y passe toute
sa vie, voilà ce qui ne pouvait que séduire le subtil
Jean-Paul II. Il a bien vu en Lustiger un symbole vivant
et prolongé de quelque chose où l'Eglise de tout temps a
cherché sa validation: l'instant fatidique où le Juif
comprend enfin que sa religion, certes originelle,
s'achève et s'accomplit dans la suivante. Ici, cet
instant précieux a duré ici toute une vie.
Il s'est incarné dans un homme vif et actif, qui a ainsi
porté l'idéal millénaire du christianisme: ramener
les Juifs qui se cramponnent à la vieille Alliance,
les amener à reconnaître la Nouvelle la Bonne Nouvelle.

Et prouver par là même la valeur de celle-ci, a fortiori.
Avec Lustiger, l'Eglise pouvait obtenir en douceur ce
qu'elle a au cours des siècles recherché par la force
ou la pression.

Avoir en soi un Juif qui n'est là que pour dire:
"Je suis Juif", un Juif inerte comme tel, puisque rien de
la transmission juive ne s'imposait dans le discours de
Lustiger, mais un Juif qui sert à doper le chrétien par
une conversion permanente, et de ce fait même inachevée
- voilà le trait unique.

C'est cela même qui est rappelé par le rite funéraire qu'a
souhaité le Cardinal: que l'on dise sur lui le Kaddish,
prière juive qu'on prononce entre autres pour les morts:
mais qu'on la dise à l'entrée de l'Eglise,
pas à l'intérieur. Dedans, ce sera le rite catholique,
celui de l'accomplissement, de l'aboutissement.
Il est vrai qu'à l'intérieur, le Notre-Père qui sera dit
est un dérivé du Kaddish, et les Psaumes qui seront
chantés furent écrits en hébreu.
Mais c'est une longue histoire.

Il est vrai aussi que faire entendre le Kaddish dans sa
langue originale, devant Notre-Dame, sur la grande place,
c'est très fort: ce Kaddish qui ne dit rien de la mort,
qui se contente de glorifier le Nom de l'être,
de l'être non pas comme Etre suprême, mais comme fonction
d'être: qui fait exister ce-qui-existe. C'est d'autant
plus fort qu'en un sens, le Cardinal ne pouvait faire
autrement que de le demander, puisqu'il était… juif;
et que ce Kaddish, sa mère gazée n'y a pas eu droit
au moment de sa mort.
Pas plus que la famille de son père
et des millions d'autres.

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17 septembre 2007

LES NEGA SIONISTES par JACQUES KUPFER

lundi 10 septembre 2007

Les nega-sionistes par Jacques Kupfer
pour l'Impact.

Et sur Le Blog de terredisrael.com -

Par webmaster, lundi 10 septembre 2007 à 19:36

L'été s'achève sous une avalanche de nouvelles qui confirment
que nous n'avons pas encore atteint le fond de l'absurde.
La palme appartient sans conteste dans cette difficile
compétition à l'incompétence, à la ministre de
l'éducation anti-nationale.

Cette fondatrice de "Chalom Akhchav" marquera son séjour
dans son ministère par des décisions que même ses
prédécesseurs gauchistes Shoulamit Aloni et Yossi Sarid
n'avaient pas imaginées. On se souvient que Youli Tamir
a autorisé la publication de livres scolaires en arabe
où la création de l'Etat Juif figurait sous le terme
de "Naqba", la catastrophe. Elle doit savoir de quoi elle
parle quand elle cite une catastrophe.


La même a décidé de réduire le budget alloué à l'éducation
juive et sioniste assurée par les jeunes filles du
"Sherout Leoumi", le service national. La raison est le
caractère trop "droitier" de ces jeunes filles qui ont
le tort de croire dans notre Thora et de propager
l'amour de toute la terre d'Israël.

Madame Tamir vient de découvrir que l'entente entre jeunes
juifs et arabes peut être améliorée par l'éducation.
Une juive aurait pu en conclure qu'il faudrait donner
aux arabes des cours concernant notre culture juive et
les droits ancestraux des Juifs sur cette terre.
Mais pas Youli Tamir. Selon ses nouvelles directives,
ce sont les élèves des lycées israéliens à Haifa qui
recevront des cours sur la "civilisation arabe"!
Apprendra-t-on aux jeunes Juifs ce qu'est le Djihad,
les textes d'un antisémitisme criminel dans le Coran,
la barbarie et l'histoire de ces squatters arabes sur notre
terre qui se présentent comme des propriétaires de longue
date? Que nenni! Tamir veut leur enseigner le sens du mot
"naqba", la pitié et la compassion pour ces pauvres
"palestiniens" qui vivent sur notre terre et la tolérance.
Toute cette tolérance qu'elle n'a pas pour les Juifs et
dont elle déborde pour les arabes! Elle leur expliquera
pourquoi les livres d'histoire et de géographie montrent
les cartes d'Israël avec les "frontières" de 1949.
Et si la démocratie et l'apathie générale prêtent vie
à son ministère,
Tamir aura réussi à élever une génération antisioniste.

Certains appellent ces idées une "idéologie".
Il est temps de cesser de parler de "Pensée" et
d'idéologie dans un tel cas car cela ne s'apparente
qu'à une pathologie extrême de haine de soi qui doit
être traitée dans un hôpital psychiatrique et non pas
à la Knesseth!

Les députés du Shas qui avaient déjà prouvé leur amour
d'Erets Israël en votant le processus dramatique d'Oslo,
n'ont ni protesté, ni réclamé le départ de Tamir ni,
bien entendu, envisagé de quitter ce gouvernement.
Leur amour du peuple juif et leur souci de son
éducation juive sont malheureusement uniquement limités
à ceux qui fréquentent leur système éducatif. Les autres
peuvent se voir supprimer des heures d'histoire juive,
se voir falsifier la géographie et écouter le Coran,
tout cela passe après l'amour des subventions.
Le saccage des vestiges de notre second Temple sur
le Mont du Temple par le Waqf avec la bénédiction d'Olmert
peuvent continuer sans les pousser à la moindre réaction
réelle. Barak, ce soldat aux multiples décorations aura
gagné encore une bataille cruciale en engageant trois
mille soldats pour déporter de leurs maisons deux familles
juives de Hébron. Voila un message puissant à l'égard de
nos ennemis arabes. Au lieu de mettre en exergue le
ridicule de cette opération et sa nocivité pour notre
avenir, la presse s'est empressée de donner un écho
hors de proportion aux déclarations d'un parent d'une
des familles dont la douleur a éclaté dans des phrases
inutiles. Et surtout de s'attarder sur ces soldats qui
ont refusé d'obéir aux ordres d'expulsion.
Ce seraient donc les "rabbins" qui donnent des ordres aux
soldats religieux! Il n'est pas venu à l'esprit de nos
journalistes que la décision de ne pas jeter des enfants
juifs dans la rue dans notre pays pouvait être
l'instruction minimale de la conscience juive et sioniste.
J'ai vainement attendu face aux condamnations encourues
par ces soldats, des paroles fortes de nos députés de
droite! Aucune condamnation du rôle politique que l'on
veut faire jouer à l'armée, et à la non utilisation des
forces de police seules qui auraient évité aux soldats
un cas de conscience et placé le problème sur le seul
plan légal et non politique. Barak devait-il remercier ses
électeurs arabes qui l'ont placé à la tête du parti
travailliste ou donner des signes de soumissions à
Condoleeza Rice? Le crime de patriotisme ne pardonne pas
sous le règne Olmert! On reconnaître prochainement que
ces soldats représentent le véritable esprit de Tsahal
qui est de veiller sur les familles juives sur tout
l'étendue d'Erets Israël et qu'ils sont la fierté
de notre peuple!

Nos ennemis les plus dangereux sont parfois ceux qui
parlent hébreu. La législation européenne condamne
et punit sévèrement le négationnisme.
Si on établissait enfin des lois contre
le nega-sionisme en Israël!

Jacques Kupfer

14 septembre 2007

CONSISTOIRE DE PARIS ET ALYA

Consistoire de Paris et Alya:
faux débat et vraie polémique
par Marc Haviv pour Guysen International News
Par webmaster, mardi 11 septembre 2007
Sur le Blog de Terredisrael.com

Nous sommes le 23 Aout. Comme tous les matins, aux aurores,
j'écoute la revue de presse des journaux israéliens à la
radio, le commentateur cite la première de couverture de
Haaretz, parlant d'une déclaration du Président du
consistoire de Paris, Joël Mergui.
Je devais être mal réveillé car les propos rapportés me
paraissent irréels. Je me rassure en me disant que
l'hébreu n'est pas ma langue maternelle cela ne faisant
que 35 ans que je la parle,
je dois avoir encore des lacunes.


Et puis non, après réflexion, si de telles déclarations font
la "Une" du journal réputé le plus sérieux dans ses
investigations, c'est effectivement qu'il y avait matière
à s'étonner. Pour la première fois, un dirigeant
communautaire, de la seconde communauté juive de diaspora,
la plus sioniste, devait émettre des réserves quant
à la vague d'Alya.

Tournant mon stylo 7 fois dans mes doigts, je cherche à en
savoir plus avant de réagir et j'achète le trés
respectable journal "Actu J" du 7 Septembre qui a largement
développé le sujet. Le dossier est complet, depuis
l'interview de Joël Mergui jusqu'aux nombreuses analyses
sur le phénomène de l'Alya.
Un sentiment lourd ressort de tous ses articles.
On a exposé ce qui pouvait être bien pour la communauté
juive de France en général, pour les différentes communautés
en particulier, pour les entrées financières, pour les
candidats olims etc. Cependant, je trouve qu'il aurait été
intéressant de s'interroger sur les effets positifs de
l'Alya des Juifs de France en Israël. Pour Israël, les olims
français deviennent les meilleurs des citoyens qui se
demandent chaque jour ce qu'ils pourraient faire pour
leur pays...

Là est le véritable décalage entre les juifs
français-israéliens et les juifs de France.

Nos préoccupations respectives sont souvent aux antipodes,
même si les juifs de France pensent être proches des
préoccupations des israéliens. C'est incroyable de
seulement imaginer que des représentants de la communauté
juive puissent soulever le débat de l'opportunité du retour
des juifs vers la Terre d'Israël.

Pour mémoire, même la Paracha de la semaine dernière
NITSAVIM parle de la période actuelle.


"L'Eternel ton D…, te prenant en pitié, mettra un terme à
ton exil et il te rassemblera du sein des peuples parmi
lesquels il t'aura dispersé….. Et il te ramènera,
l'Eternel ton D…, dans le pays qu'auront possédé tes pères
et tu le posséderas à ton tour et il te rendra florissant
et nombreux, plus que tes pères"
Cette prophétie ne s'applique qu'à notre exil.
C'est le seul qui nous a dispersés dans le monde entier.
Comment des autorités communautaires peuvent-elles, ainsi,
sortir de tels propos sur l'Alya? Ce n'est pas en ayant une
communauté juive de France forte que l'on renforcera Israël,
c'est justement l'inverse. C'est parce qu'Israël est fort
que la communauté juive de France est fière et libre.

Pendant 2000 ans et jusqu'à la création de l'Etat d'Israël,
aucune communauté de la diaspora ne pouvait réellement
protéger ses membres face aux autorités du pays lorsque
ces dernières avaient décidé d'agir à leur aise, le plus
souvent pour le mal de la communauté.
Dans une période fortement "Post sioniste" en Eretz,
les juifs de France qui font leur Alya ravivent le vrai
sionisme, celui qui fait vibrer les cœurs. Dans un pays où
la scission religieuse et laïque est un véritable problème
de société, les émigrants de France amènent différents
courants judaïques, traditionaliste, sioniste et sioniste
religieux, un souffle nouveau en quelque sorte.

Les juifs de France? Ils sont suffisamment bien organisés afin
de "survivre" à quelques milliers de départs. Et puis,
en France, le travail encore à faire est énorme, il y a
les brebis égarées parmi les quelques 250 000 juifs
non communautaires.

L'Alya? C'est au contraire en la favorisant que l'on renforce
le lien entre Israël et les juifs de France. Grâce à ce
mouvement d'Alya, nombreux sont les français qui auparavant
n'avaient jamais mis les pieds en Israël et qui viennent
justement pour visiter leur famille émigrante.
L'effet secondaire en est probablement plus bénéfique
qu'un séjour unique dans une synagogue à l'occasion d'une
Bar Mitsva, ou d'un mariage. Lorsque des dirigeants
communautaires ont un discours pouvant amener la confusion
dans les esprits et c'était le cas des propos
de Joël Mergui me semble-t-il, alors pour nous,
en Israël, c'est inacceptable.

Inacceptable vis-à-vis des jeunes soldats qui viennent
de France pour défendre le peuple juif en servant son armée.
Inacceptable pour ceux qui ont fait, le sacrifice ultime,
celui de leur vie pour que vivent les juifs à travers
le monde. Inacceptable vis à vis des juifs du monde entier
qui se sont retrouvés extirpés in extrémis de leur pays
d'origine, parce que pour eux le vent avait
brusquement tourné.

Et vous êtes en train de vous demander s'il faut dégarnir
la communauté juive de France!! Mais alors pour qui nous
battons nous? Pourquoi tant de sacrifices pour maintenir
ces 20000 km2 que l'on veut nous arracher? Pour qui
préservons-nous cette Terre?

Israël doit gagner une de ces batailles les plus difficiles,
la bataille démographique. Tout juif souhaitant venir
s'installer en Terre Sainte doit le faire sans retenu,
certainement pas par celle des instances dirigeantes
communautaires juives françaises. Affaiblir la communauté
juive par l'Alya? Il y a de nombreuses communautés en France
qui sont autonomes, non consistoriales, bien organisées
et qui n'ont pas d'Etat d'âme lorsque certains de leurs
membres partent, fussent ils des responsables.

Et que dire du débat sur le "manque à gagner " à cause de ceux
qui choisissent de fêter un heureux évènement en Israël.
Franchement ce raisonnement est exaspérant.
Encore un manque de considération pour les israéliens,
pour ceux qui sont justement heureux de voir leurs famille
de France leur permettre de participer aux festivités
sans se ruiner pour un billet d'Avion ou, le plus souvent
sans pouvoir participer aux fêtes familiales.
Et Pourquoi l'économie israélienne ne profiterait-elle pas
un petit peu aussi des mariages…?

Je suis convaincu, Messieurs les responsables de la communauté
juive de France, que votre devoir est d'œuvrer, certes,
pour le bien de la communauté, mais avant toute chose,
d'aider sans aucune réserve, ceux qui ont décidé de
compléter le programme Divin du retour en Terre d'Israël
Et si vous avez du mal à expliquer cela au Président
de la république française, si vous voyez un malaise
d'expliquer que ce ne sont pas tous les juifs de France
qui se sentent d'abord français et juifs ensuite,
c'est un problème que vous aurez à gérer mais pas au
détriment de l'Alya.

Si vous pensez perdre le noyau dur du judaïsme actif,
militant, communautaire, donateur, alors rédigez un
nouveau Business Plan pour chercher dans ce vivier
potentiel d'un demi million d'âmes, les remplaçants
de ces perles rares partis vers leur destin.
Motivez les brebis égarées afin d'apprécier
les institutions juives, les écoles juives,
les restaurants Cachers, les épiceries, les radios juives,
la presse juive, la synagogue, le centre communautaire,
les activités, les vacances Cachères.
Prenez une bonne agence de communication et communiquez,
demandez l'avis de vos "administrés" vous serez
certainement étonnés des réponses.
De toutes façons, les juifs de France, sauront décider
de ce qui est bien pour leur avenir
et s'ils veulent partir, informez-les, aidez-les,
mettez-les en garde mais surtout: LET MY PEOPLE GO!!!!!!!

13 septembre 2007

MAIS, SUIS - JE IDIOT ?. JE NE VOUS AVEZ PAS DIT....

Mais, suis-je idiot ? je ne vous avez pas dit ...
24 décembre 2006 - Charles Etienne NEPHTALI
Sur desinfos.com

La salle était comble bien avant le début du concert de fin
de trimestre organisé par l’école publique fréquentée par
ma petite-fille de 6 ans, Emma.
Après que la directrice et les enseignants aient remercié
le public, un petit Malien, une petite Américaine et Emma
montèrent sur scène pour interpréter l’hymne national
accompagnés au violon par un élève asiatique tout juste
plus âgé que chacun des membres du trio.


Première surprise : l’assistance et tous les autres élèves
se levèrent et agitèrent de petits drapeaux tricolores.

Deuxième surprise : il n’y eut ni hué, ni sifflet ;
que des applaudissements nourris et des cris de joie.
Imaginez la fierté du quatuor !

Se succédèrent ensuite danses et chants enfantins
interprétés par l’ensemble des élèves et, en fin de
spectacle, une vingtaine d’entre eux, âgés de 3 à 12 ans,
accompagnés au violon par deux de leurs camarades et
au piano par un troisième, interprétèrent une chanson reprise
en cœur par toute la salle. Quelle merveille !

Le titre de cette chanson ? Non, non, ce n’était ni
« Fais-moi du couscous chérie » ni « On m’appelle l’oriental »,
pas non plus « Laziza », même pas « Aïcha »
ni « Le café des délices ». Vous n’y êtes pas du tout !
C’était « Ah ! si j’étais riche »,
extraite de la comédie musicale « Un violon sur le toit ».

Mais suis-je idiot ? Je ne vous avais pas dit que cela
se passait à Boston sinon vous ne m’auriez pas donné des
titres aussi « exotiques ». L’hymne était américain,
les drapeaux tricolores et les chansons aussi.

Il est naturellement évident que si je vous avais de plus
précisé que, dans le métro emprunté pour me rendre à cette
si sympathique manifestation, tout le monde payait,
vous auriez vite réalisé que cela ne se passait pas
en France......et encore moins dans la région parisienne.

Mais je n’étais pas au bout de mes surprises. En effet,
en sortant, la nuit étant tombée,
il y avait des illuminations un peu partout avec ‘hanoukiyot,
sapins décorés et banderoles sur lesquelles,
en lettres scintillantes, était écrit

« Happy Hanukkah - Happy Christmas »

D’ailleurs, chaque jour, pendant cette semaine de ‘Hanouccah,
pratiquement tous les journaux publièrent des photos et
consacrèrent des articles relatifs à cette merveilleuse
fête des lumières aussi connue que Noël.

« Papy, c’est comme ça en France aussi » ? me demanda Emma.
Je n’ai pas, et pour cause, osé lui répondre,
préférant changer de conversation.

Il est à souhaiter que les dirigeants de notre pays
finissent enfin par se réveiller et par cesser d’appliquer
cette lamentable politique de l’autruche pour qu’un jour
il nous soit donné d’assister à de tels spectacles scolaires !

Charles Etienne NEPHTALI Actuellement à Boston
Sur le Site de : desinfos.com

12 septembre 2007

HISTOIRE DE L' ALPHABET HEBRAIQUE

La trés belle histoire de l'alphabet hébraique
(www.alephbeth.net)

Vingt-deux lettres primordiales qui deviennent vingt-six dans
l'alphabet des écritures européennes occidentales.
Vingt-six lettres qui ont une mémoire très ancienne,
dont l'origine
remonte à plusieurs milliers d'années, une mémoire
qui s'est transmise
de génération en génération de manière tout a fait inconsciente et qui
encore aujourd'hui se trouve enfouie dans les couches profondes de
notre inconscient culturel.

Bérechith (au commencement). Rav Hamnouna le Vénérable dit : "Nous
trouvons ici un renversement de l'ordre des lettres de l'alphabet, les
deux premiers mots Berechith Bara (au commencement créa) commencent
par un beth, tandis que les deux mots suivants, Elokim eth commencent
avec aleph".
La raison en est la suivante : quand L'Eternel, s'apprêta à créer le
monde, toutes les lettres de l'alphabet étaient encore embryonnaires,
et durant deux mille années L'Eternel, les contempla et se réjouit
d'elles. Quand Il décida de créer le monde, toutes les lettres se
présentèrent à lui dans l'ordre inverse:

La lettre Tav s'avança et plaida :

"Qu'Il te plaise, Maître du Monde, de me placer le premier dans la
création du monde, car je suis la lettre qui conclut vérité(Emeth) qui
est gravée sur Ton Sceau, et Toi-Même as pour nom EMETH, il est donc
convenable au Roi de créer le monde avec moi. L'Eternel lui répondit :
"tu es méritant et juste, mais il n'est pas correct que je commence la
création du monde avec toi, puisque tu es destiné à servir de marque
sur les fronts des fidèles (Ezéckiel 9:4) qui observent la Loi d'Aleph
à Tav, et par l'absence de cette marque, les autres seront tués; et,
de plus, tu formes la conclusion de la mort (Maveth). C'est pourquoi
tu n'es pas approprié pour initier la création du monde".

, , Le Shine vint ensuite et plaida :

"Maître du monde, qu'il te plaise de commencer le monde avec moi, car
je suis la lettre initiale de ton nom "Shaddaï", et il est préférable
de créer le monde par un nom sacré." L'Eternel lui répondit :
"tu es juste, tu es bon, tu es vrai, mais je ne peux commencer la
création du monde avec toi puisque tu fais parti du groupe de lettres
exprimant la contrefaçon, Shéquer (mensonge), qui n'existe uniquement
si le Kouf et le Rech t'attirent dans leurs dispositions. C'est
pourquoi un mensonge doit, pour être crédible, commencer par quelque
chose de vrai. Le Shine est une lettre de vérité, lettre par laquelle
les patriarches ont communié avec L'Eternel ; mais Kouf et Rech sont
des lettres appartenant au coté néfaste qui, afin d'être crédible,
s'attachent le Shine, formant ainsi une Quésher(conspiration)".
Ayant entendu tout cela, le Shine disparut.

Le Tsadé entra et dit :

"Maître du monde, qu'il te plaise de créer le monde avec moi, car je
suis le signe des Tsaddikim (justes), et Toi même te nomme juste,
comme il est écrit :
Car l'Eternel est juste, il aime ce qui est juste : quiconque est
droit contemplera sa face (Psaumes 11.7). C'est pourquoi il convient
de créer le monde avec moi".
L'Eternel, lui répondit :
"Tsadé, tu désignes la vertu, mais tu dois rester dissimuler, et ne
doit pas trop te révéler, sinon tu serais cause d'offense pour le
monde. Tu es formé de la lettre Noun (symbolisant le principe féminin)
surmontée par la lettre Youd (le principe masculin). Et c'est le
mystère de la création d'Adam HaRishon(le premier homme), qui fut créé
avec deux visages (mâle et femelle combinés). De la même façon, le
Noun et le Youd dans le Tsadé ne sont pas face à face, ainsi le tu est
tourné vers le haut ou vers le bas".
L'Eternel lui dit en plus :
"viendra le temps où je te scierai, afin de provoquer le face à face,
mais ceci se fera dans un autre lieu". Il partit alors.

La lettre Pé arriva et plaida ainsi :

"Qu'il te plaise, Maître du monde, de créer le monde avec moi, car je
désigne Pourquana(la délivrance) que tu dois apporter au monde. C'est
pourquoi, il convient que le monde soit créé avec moi".
L'Eternel répondit :
"Tu es digne, mais tu représentes Pesha (la transgression) et, de
plus, tu te tiens comme le serpent, qui frappe en haut et revient vers
son corps, symbole de l'homme coupable qui plie sa tête et étend sa
main".

La lettre Ayin fut pareillement refusée en raison de Avon
(l'iniquité), quoiqu'elle prétendit représenter Anavah (l'humilité).

Alors le Samekh parut et dit :

"Maître du monde, qu'il te plaise de créer le monde avec moi, car je
représente Semikah (le soutien) pour celui qui tombe, comme il est
écrit : L'Eternel soutient tous ceux qui tombent, et redresse ceux qui
sont courbés. (Psaume 145.14).
L'Eternel, répondit :
"C'est justement la raison pour laquelle tu dois rester à ta place,
car si tu l'abandonnais, que deviendraient ceux qui chutent et qui
s'appuient sur toi?".
Elle partit aussitôt.

Le Noun entra et plaida son mérite en tant que lettre initiale de Nora
(prodigieux en louanges), ainsi que de Nava (agréable, désirable) est
la louange du juste. (Psaume 33.1).

L'Eternel, dit :
"Noun, retourne à ta place, car c'est à cause de toi (Néfilah, qui
représente la chute) que le Samekh est revenu à sa place. Reste donc
sous son soutien".
Le Noun revint aussitôt à sa place.

, Le Mèm se présenta et dit :

"Maître du monde, qu'il te plaise de créer le monde avec moi, car
j'introduis le mot Mélekh (Roi) qui est ton titre".
L'Eternel répondit :
"C'est exact mais je ne peux pas t'employer dans la création du monde
pour la simple raison que le monde a besoin d'un roi. Retourne donc à
ta place ainsi que le Lamed et le Kaph puisque le monde ne peut
exister sans un Mélekh.

A ce moment, le Kaph descendit de son trône de gloire et tremblant et
frémissant dit :

"Maître du monde, qu'il te plaise de créer le monde avec moi car je
suis ton Kavod (gloire). Et lorsque que Kaph descendit de son trône de
gloire, deux cent mille mondes s'ébranlèrent, le trône chancela et
tous les mondes frémirent et s'apprêtèrent à tomber en ruine.
L'Eternel s'écria :
"Kaph, que fais tu ici ? Je ne créerais pas le monde avec toi.
Retourne à ta place, car en toi réside Kélayah (extermination)".
Il partit aussitôt et retourna à sa place.

La lettre Youd se présenta alors et dit :

"Qu'il te plaise, Maître du monde, de m'utiliser en premier pour la
création du monde, puisque je réside en premier dans le nom sacré".
L'Eternel répondit :
"Il est suffisant pour toi d'être gravé et inscrit en moi, tu es le
canal de ma volonté ; tu dois rester dans mon nom".

, Le teth se présenta et dit :

"Maître du monde, qu'il te plaise de créer le monde avec moi, car par
moi tu es appelé Tov (bon) et Yachar (droit)".
L'Eternel lui répondit :
"Je ne créerais pas le monde avec toi, car le bien que tu représente
est caché et dissimulé en toi, comme il est écrit : Oh combien est
abondante la bonté que tu dissimules pour ceux qui te craignent, que
tu témoignes à ce qui ont foi en toi, en face des fils de
l'homme.(Psaume 31.20). Puisque la bonté est blottie en toi, elle n'a
pas part dans le monde que je vais créer, mais seulement dans le Olam
Aba(monde à venir). En outre, c'est parce que la bonté est cachée en
toi que les portes du temple s'affaleront, comme il est écrit : Les
portes se sont enfoncées dans le sol (Lamentations 2.9). En plus, la
lettre H'eth est à ton coté, et réunies, vous générez le H'eth
(péché). c'est pour cette raison que ces deux lettres ne doivent pas
se trouver dans les noms des tribus".
Il partit aussitôt.

Alors le Zaïn se présenta et se mit en avant, disant :

"Maître du monde, qu'il te plaise de me mettre à la tête de la
création puisque je représente l'observance du Chabbat, comme il est
écrit : Rappelle-toi (Zakhor) le jour du chabbat pour le sanctifier
(Exode 20.8).
L'Eternel répondit :
"je ne créérais pas le monde avec toi, car tu désignes la guerre par
la forme d'un glaive saillant ou d'une lance".
Zaïn se retira aussitot de sa présence.

, Le Vav entra et s'avanca en disant :

"Maître du monde, qu'il te plaise de m'utiliser en premier pour la
création du monde, car je suis une des lettres de ton Nom. L'Eternel
lui dit :
"Toi, Vav ainsi que Hé, il vous suffit d'être les lettres de mon Nom,
de faire parti du mystère de mon Nom, gravées et inscrites dans mon
Nom. Je ne vous donnerais donc pas la première place dans la création
du monde".

, Apparurent alors les lettres Daleth et Guimel, qui revendiquèrent la
même place.

L'Eternel leur addressa une réponse similaire en disant :
"Il devrait vous suffire de demeurer l'un à coté de l'autre puisque
les pauvres ne cesseront pas dans le pays (deutéronome 15.11), et ont
besoin de bienveillance. Le Daleth désigne Dalouth (pauvreté), et le
Guimel désigne Guémilouth (bienfaisance). Donc, ne vous séparez jamais
l'un de l'autre et qu'il vous suffise de vous assister l'un et
l'autre".

Le Beth entra alors et dit :

"Maître du monde, qu'il te plaise de me placer en tête de la création
du monde, puisque je représente les Berakhoth (bénédictions) que l'on
t'offre en haut et en bas".
L'Eternel lui dit :
"Assurément, c'est avec toi que je créérais le monde et tu formeras le
début de la création du monde".

La lettre Aleph resta à sa place sans se présenter.

L'Eternel dit :
"Aleph ! pourquoi n'es-tu pas venu à moi comme les autres lettres ?".
Il répondit :
"Maître du monde, j'ai vu toutes les autres lettres se retirer de ta
présence sans résultat, alors que pouvais-je faire ? De plus, puisque
tu as déjà accordé ce grand cadeau à la lettre Beth, il ne serait pas
convenable pour le Roi Suprême de reprendre le cadeau qu'il a fait à
son serviteur pour le donner à un autre".
L'Eternel lui dit :
"Aleph, bien que je commencerais la création du monde avec le Beth, tu
resteras la première des lettres. Mon unité ne sera exprimé par une
autre que toi, sur toi seront basés tous les calculs et les opérations
du monde, et l'unité sera seulement exprimé par la lettre Aleph.

11 septembre 2007

ROSH HASHANA - YOM KIPPOUR " LE JOUR DU GRAND PARDON "

Rosh Hashana

1er Tichri - 13 septembre 2007

Rosh Hashana (littéralement, "tête de l'année")
marque le début de l'année juive civile.
Cette fête est mentionnée dans la Bible (Lév. 23:23-25) :
"Au septième mois, le premier jour du mois, aura lieu
pour vous un repos solennel : commémoration par une fanfare*,
convocation sainte..." Le terme Rosh Hashana,
"commencement de l'année", est un terme rabbinique,
comme le sont d'ailleurs les thèmes redoutables de la fête :
repentir, préparation au jour du jugement divin et
prière pour une année fructueuse.

Les deux jours de la fête tombent les 1er et 2 Tishri
du calendrier juif. Les principales coutumes
de Rosh Hashana sont la sonnerie du shofar au milieu
d'un office assez long qui souligne les thèmes de ce jour
et le repas de fête pris en famille pour inaugurer
la nouvelle année. Des prières de repentir s'ajoutent
à la liturgie ordinaire.
A maints égards, Israël commence l'année à Rosh Hashana.

* Le chofar, corne de bélier dans laquelle on souffle

Les traditions culinaires Les célébrations commencent
au coucher du soleil. Les nourritures offertes
traditionnellement pour la nouvelle année sont sucrées,
en symbole d’une année à venir pleine de douceurs :
des morceaux de pommes et de Hallah
(pain brioché en forme de tresse) trempés dans du miel,
pain d’épices au miel, pâtisseries à base de miel
et de noix et strudel de pommes.
Les plats salés sucrés sont aussi à l’honneur
(patates douces, oignons caramélisés, poulet aux pruneaux..)

Le second soir de Rosh Hashanah, il est aussi d’usage
de manger un fruit qui n’a pas été goûté depuis longtemps.
On prend fréquemment la grenade, symbole de fertilité
de par le nombre de ses graines.
Mais les dates fraiches, les figues sont aussi à l’honneur.


YOM KIPPOUR
10 Tichri - 22 septembre 2007

"Gmar Hatima tova" en hébreu :
"Puissiez-vous être inscrit dans le Livre de la Vie"
est une bénédiction que l'on se souhaite
avant le jour de Yom Kippour.

Yom Kippour, dix jours après Roch Hachanah,
est le jour du grand pardon et de "contrition"
(Lév. 23: 26-32) afin qu'on puisse être lavé de ses fautes.
Unique jour de jeûne prescrit par la Bible,
c'est l'occasion pour l'individu d'énumérer ses mauvaises
actions et de procéder à l'examen de ses fautes.
Ce jour-là, le juif doit prier pour le pardon des fautes
commises envers Dieu et amender son comportement vis-à-vis
de son prochain. Les principaux préceptes de Yom Kippour -
offices prolongés et 25 heures de jeûne -
sont observés par bon nombre de personnes ordinairement
non pratiquantes.

Yom Kippour l'emporte en solennité sur toute autre fête,
y compris Roch Hachanah. Ce jour-là, le pays s'immobilise
totalement pendant 25 heures; les lieux de divertissement
sont fermés; la télévision et la radio cessent
leurs émissions - y compris les informations;
les transports publics sont suspendus et les routes
elles mêmes sont fermées. Le souvenir de la guerre de 1973 -
une attaque-surprise lancée contre Israël,
le jour de Kippour, par l'Egypte et la Syrie -
rend cette solennité plus prégnante encore en Israël.

Sur le Site : histoiredesjuifs.com

10 septembre 2007

TOUT COMMENCE ET TOUT RECOMMENCE

TOUT COMMENCE et TOUT RECOMMENCE
TICHRI
Albert Bensoussan
Tichri :
Tout commence et tout recommence

Tichri frappe à notre porte, à coups redoublés, comme un poing
sur le coeur. Avec l'aigu de ses deux i évocateurs du cri.
Le son prend appui sur ce t initial qui pose modestement
la voix dans le feutre et sur le groupe consonantique chr,
alliance d'un chuintement qui se forme dans la cuillère
de la langue et de la consonne liquide r qui, roulée en haut
du palais par la pointe linguale -
mais roulée à la façon orientale, et non grasseyée au fond
de la gorge comme le font les Français et les Ashkénazes -
expulse le second i. Dans le langage les consonnes servent
à habiller les voyelles et à les colorer, et donc, quand
nous prononçons tichri, nous expulsons et crachons un cri aigu.
Tichri représente le septième mois de l'année lunaire.
C'est aussi le premier mois de l'année hébraïque
et l'anniversaire de la Création.
Qui commence par la " tête de l'an " - Rosh Hachana -
et marque l'entrée dans la repentance et l'imploration,
au dixième jour, du Pardon. De là, cet avertissement ou
ce cri redoublé de tichri, prélude au h'atanou -
nous sommes coupables, nous avons péché, nous implorons le pardon -
de la prière de Kippour.
Me revoilà au terme de cette année liturgique, au long de laquelle
on déroule le rouleau de la Torah où, chaque samedi,
nous lisons un chapitre, ce qu'on appelle une péricope,
en hébreu paracha. Eh bien ! lorsqu'on arrive au bout du rouleau,
donc lorsque Moïse disparaît dans un baiser
(c'est le sens que je donne, selon une vieille tradition,
à l'expression qui signe la mort de Moshé :
al pi Hachem, que l'on traduit aussi par " sur l'ordre de l'Éternel ",
mais qu'André Chouraqui rend, merveilleusement fidèle, par
" sur la bouche de IHVH ") pour se fondre dans le souffle divin,
alors nous ne refermons le rouleau (Premier Sefer)
que pour le rouvrir tout aussitôt (deuxième Sefer)
en cette fête de la Torah - Simh'at Torah -,
où nous dansons avec la Loi, comme avec une Promise, et voilà :
nous reprenons tout depuis le début.
En Tichri, tout commence et tout recommence.
Comme tout ce qui existe et tout ce qui est se nomme, le monde et le cosmos et nous-mêmes ne sommes qu'effets de langue. Conséquences d'une énonciation. La mutité, de ce fait, équivaudrait à l'absence de monde. Bien que le monde existe pour le muet : il le nomme intérieurement, sans remuer les lèvres, sans émettre de son. Tout comme il existe pour l'aveugle qui ne sait ce qu'est Jour et ce qu'est Nuit.
Donc la nomination est primordiale. Elle est - serait ? - antérieure à la Création. Pour que la lumière soit il a fallu que quelqu'un - Lui - dise : Que la lumière soit. Et la lumière fut. Ou, dans le gracieux balancement de l'hébreu : Yéhi Or Vayéhi Or.
Pour comprendre le monde et les choses, nous ne disposons que de récits, tous pareils, à peu de choses près, pour nous dire - et donc créer - le temps primitif et l'espace de ce temps. La Bible est un livre merveilleux et fascinant parce qu'elle dit bien tout en prenant son temps. Elle raconte. Elle est le Livre. Elle est la Vérité. Chacun de ses mots déroulés crée l'espace et le temps. Le premier mot prononcé a donc été, en toute logique, Berechit.
(D'aucuns s'étonneront que la Bible ne commence pas par la première lettre de l'alphabet. Que ce soit la deuxième lettre, Beth, - ancien idéogramme représentant la maison - qui marque le début du Livre. Le Livre qui est, en effet, notre demeure, l'endroit où nous vivons et existons. L'explication est toute simple : Aleph représente le Créateur, et nous savons que cet idéogramme primitif avait la forme stylisée des cornes du bœuf Apis, divinité égyptienne, que Moïse avait dû croiser en son jeune temps. Donc D.ieu est Aleph : Il n'allait pas se nommer Lui-même. Puisque nommer c'est faire accéder à la création et à l'existence. D.ieu échappe à la Création, qui lui est extérieure ; et lorsqu'Il doit se nommer, pour en finir avec la curiosité des hommes - par exemple, la vaine inquisition de Jacob qui, lors du fameux combat avec " l'ange " ou " l'homme-D.ieu " (Ish), ne reçoit pas de réponse -, et répondre au questionnement de Moïse au buisson ardent : il ne sait et ne peut dire que " je suis qui je suis ", en l'exprimant, de surcroît, au futur. Eh'yé asher eh'yé. Cette spirale expressive ou, disons, cette pirouette, est une non-réponse, et D.ieu nous échappera à tout jamais. L'homme, en sa finitude, ne saurait avoir accès à l'infini, ni même concevoir Celui que la mystique juive a défini comme l'Ein-Sof, le Sans-Limite.)
Berechit. Au commencement. Laissons parler le philologue. Le recours philologique, en effet, éclaire de façon fondamentale car axée sur le langage et la nomination primordiale, notre cheminement. Une fois admis que la voix s'est posée, il faut que les lèvres se descellent, qu'elles laissent passer le souffle, qu'elles fassent entendre le grondement intérieur d'un corps qui n'est que matière en fusion et en éruption. Et donc, nous avons dans cette parole initiale une consonne occlusive sonore : le Be se décrit comme deux lèvres soudées qui cèdent sous la pression du souffle, et c'est l'explosion. D'aucuns parleront, peut-être, de Big Bang, un mot des plus occlusifs et explosifs aussi. Nous avons bien là cette explosion première qui, en dispersant tous azimut une matière prodigieusement concentrée, de la taille d'un dé à coudre, a fait le vide d'un plein de gaz, emplissant le néant d'une magma bouillonnant.
Que se passe-t-il lorsque, disons, le volcan entre en éruption : le bouchon saute - et remarquons bien le mot " bouchon " : le b de l'explosion, de la désocclusion, et le ch du glissement fluide de la matière en fusion. Bé-ré-chit est un moteur à explosion à trois temps : le bouchon du Bé qui saute, le ré, consonne liquide qui dit le roulement fluide, et le chit allusif du bruit que fait la matière en gestation qui chute, sonore invasion du vide.
Un seul mot dit, renferme et nomme toute la Création. Prodigieux " dé à coudre " - Fingerut en yiddish, ainsi que s'appelait le lumineux grand-rabbin qui forma tant de pieux rabbins dans l'Algérie de mon adolescence, béni soit son nom -, un dé qui permet de ravauder après coup toute l'histoire de l'univers, la terre, la mer et le ciel, les choses et les plantes, les animaux et les hommes.
Mais pourquoi et comment s'arrêter en chemin ? Deux mots sont soudés en une seule émission de voix. Après Berechit vient Bara, alliance d'une consonne occlusive sonore et d'une consonne liquide roulante. Habillant et colorant de sens les voyelles : nous passons de l'étroit à l'ouvert : e-e-i suggère l'effort dans l'étrécissement culminant au i aigu - comme si la matière s'élevait dans une longue cheminée rétrécie au bout et peinait à se frayer chemin -, alors qu'aussitôt après, le bouchon ayant sauté, la voie est libre et largement ouverte : le a représente, en effet, l'ouverture maximale de la bouche. La bouche du volcan.
Et voilà comment en deux mots le cosmos se met en place sous la métaphore d'une explosion ou d'une éruption volcanique, ou d'un séisme avec réplique : d'abord l'âpreté du Berechit avec sa fermeture de voyelle, puis la réplique du Bara tout en ouverture et en profusion. Alors oui, le Berechit Bara a précédé dans la nomination le Big Bang ainsi nommé au XX° siècle. La Torah l'a énoncé depuis des millénaires. Et qui sait qui l'a dit en premier ? Si c'est un scribe - et c'est forcément probable -, alors il avait du génie. Le génie du langage. Mais toute la Bible, toute la Torah est marquée au sceau d'une langue géniale et primordiale, parce qu'imagée, suggestive, disant beaucoup en peu de mots, merveilleusement énigmatique, c'est-à-dire se prêtant à d'infinies divagations sur le sens et dont le ressort est, le plus souvent, la paronomase ou jeu de mots, comme si le Créateur, en nous disant, en nous créant, avait voulu jouer avec nous et voir comment nous allions nous en sortir dans les ténèbres cosmiques - comiques ? -, ou disons alors dans cette existence cosmico-comique qui est échue à l'homme et dont seuls les sages ont peu ou prou levé le voile. Les autres - la masse, le magma - ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et croient vraiment que le bâton trempé dans l'eau s'est plié en deux, ou que la terre est plate, ferme et solide (à vrai dire, ils sont de moins en moins nombreux à le croire).
Alors si vous regardez le ciel et tous ces points lumineux, dont on vous dira que cette tête d'épingle que vous arrivez à détacher du noir absolu est, peut-être, un million de fois plus grosse que le soleil, et que tout ce qui semble épinglé sur le dais bleu nuit du ciel n'est qu'une vertigineuse toupie tourbillonnante, et que la terre tourne à quarante mille kilomètres par vingt-quatre heures, bref toutes ces choses incroyables, eh bien ! soyez émerveillés, fermez la bouche - pe, en hébreu : et cette consonne occlusive sourde dit cette fois la clôture - et ouvrez vos lèvres - pht en hébreu, du verbe liphtoah' , où l'on admirera le passage du p fermé au ph entrouvert, le son f représentant une consonne fricative labiodentale ; autrement dit, les dents supérieures se posent sur la lèvre inférieure et le souffle crée le frottement à l'ouverture -, bref, dans cet émerveillement qui vous fait entrouvrir les lèvres et émettre ce léger sifflement d'émerveillement, vous répéterez les deux mots qui ont fondé le Tout : Berechit Bara.
Shana Tova 5768
Abraham Ben Shoshan

28 août 2007

MOISE LE PROPHETE

MOÏSE, le prophète,

Sur le Site : ALEPHBETH.NET -

Prophète et législateur, il fit sortir le peuple hébreu
d'Egypte pour le mener aux frontières de la Terre promise.
Il est le personnage central de la naissance et de
la formulation de la religion juive.
Si l'on en croit la Bible, le nom Moché (Moïse) s'explique
de la façon suivante: Elle l'appela Moché et dit
" c'est que je l'ai tiré des eaux " (Exode 2,10).

Moïse, fils d'Amram et de Yochèvèt, tous deux issus de
la tribu de Lévi, naquit en Égypte au moment où Pharaon
donnait cet ordre à tout son peuple:
"Tout fils [hébreu] qui naîtra, vous le jetterez dans
le Nil "(Exode 1,22). Trois mois durant, sa mère le cacha
dans sa maison, mais, ne pouvant le dissimuler plus longtemps,
elle le mit dans un panier de jonc qu'elle alla déposer sur le Nil.
C'est là que la fille de Pharaon le découvrit et décida de l'adopter.
Moïse grandit en,prince égyptien. Or, un jour, voyant un Egyptien
frapper un esclave hébreu, il le tua et dut fuir l'egypte.
Dans sa fuite, il atteignit Madian, où il épousa Tsipporah,
l'une des sept filles de Jéthro, prêtre de la ville.
Tandis qu'il faisait paître les troupeaux de son beau-père,
il arriva au mont Horeb, où, du milieu d'un buisson ardent qui ne se consumait pas, D. lui apparut. Il lui ordonna de retourner en Égypte pour délivrer ses frères du joug de l'esclavage.
Après maintes hésitations, Moïse accepta cette mission, mais, comme il avait des difficultés d'élocution, il fut convenu qu'Aaron, son frère, parlerait en son nom (Exode 4).

Moïse, alors âgé de quatre-vingts ans, parut devant pharaon. Mais celui-ci refusa catégoriquement de laisser partir les Israélites.
D. affligea alors pharaon et les égyptiens de dix plaies, dont seule la dernière, la plus sévère, la mort des premiers-nés, persuada pharaon de libérer les Hébreux. Lorsque,les égyptiens à leurs trousses, les Hébreux arrivèrent à la mer des Joncs (mer Rouge), Moïse leva sa verge.
Alors s'ouvrant en deux, la mer laissa passer les enfants d'Israël à pied sec. Mais, lorsque les égyptiens, menés par pharaon, s'y aventurèrent à leur tour, les eaux se refermèrent sur eux et ils furent engloutis. Alors Moïse et les Hébreux entonnèrent un cantique de louanges et de remerciements au Seigneur.

Après une errance de courte durée dans le désert du Sinaï, ils atteignirent le mont Sinaï aussi connu sous le nom de "montagne de D. » et que la tradition identifie au mont Horeb.
Là, D. leur apparut, et leur donna les Dix Commandements par l'entremise de Moïse (Exode 20,1-17): Moïse monta au sommet du mont Sinaï, où il resta quarante jours et quarante nuits sans boire ni manger, pour recevoir les tables de 1'Alliance.

Alors qu'il était sur la montagne, les Hébreux demandèrent à Aaron de leur construire un Veau d'or qui ferait office de divinité. Lorsque à son retour Moïse vit l'idole, son courroux fut si grand qu'il brisa les tables de l'Alliance. Jetant le Veau au feu, il en réduisit l'or en poudre, et le mêla à de l'eau qu'il fit ingurgiter à ceux qui avaient péché. Cet épisode ne l'empêcha pas de supplier D. de ne pas détruire son peuple. Cédant à ses supplications, D. consentit à ne pas l'effacer de la surface de la terre.
Puis, Moïse remonta sur le mont Sinaï, où il demeura à nouveau quarante jours et quarante nuits, pour y recevoir de nouvelles Tables. Selon la tradition, il y reçut en outre le Pentateuque (loi écrite) où est consignée toute la législation du judaïsme, ainsi que la loi orale(Chab 93b).
D. lui ayant ordonné de faire construire un sanctuaire, Moïse en confia l'exécution à Betsalel.

Lorsqu'il redescendit de la montagne son visage étincelait.
Aussi se voila-t-il la face pour que les Hébreux puissent encore lui parler. D. punit Moïse de sa désobéissance à Mara. En effet, au lieu de parler au rocher pour en obtenir de l'eau, comme D. le lui avait ordonné, Moïse le frappa. Aussi D. lui interdit-il de pénétrer en Terre promise. Moïse le supplia d'annuler le décret, mais en vain.

Lorsque, à la tête de son peuple, il en atteignit les frontières, il grimpa au sommet du mont Nébo pour y mourir, et de là, D. lui fit voir le pays tout entier.
Moïse mourut à l'âge de cent vingt ans. Ses yeux ne s'étaient pas obscurcis, et sa vigueur était toujours égale. Avant de mourir, Moïse rassembla une dernière fois les Hébreux pour leur transmettre les lois et leur faire ses dernières recommandations. Jusqu'à ce jour, l'emplacement de sa tombe reste inconnu.

Selon la Bible, Moïse est le plus grand prophète qu'ait jamais eu le peuple juif (Deutéronome 34,10): " Il ne s'est plus levé, en Israël, de prophète comme Moïse, lui que l'Éternel a connu face à face. "
Les difficultés auxquelles Moïse dut faire face sont sans nombre:
il fut d'abord le seul à juger les conflits qui agitaient la nation. C'est seulement plus tard, sur la suggestion de Jéthro, son beau-père, qu'il nomma d'autres juges pour le seconder (Exode 18,13-23).
En outre, dans le désert, les Hébreux ne cessaient de le harceler de leurs problèmes et de lui demander de les ramener en Égypte.
Puis son cousin Korah, issu comme lui de la tribu de Lévi, rassembla deux cent cinquante notables parmi les Hébreux, pour les inciter à la révolte (Nombres 16,1-19).
Enfin, pour couronner le tout, son propre frère Aaron et sa sœur Myriam prétendirent qu'ils lui étaient égaux en matière de prophétie et le critiquèrent pour avoir épousé une Koushite (Nombres 12,1-15).
Dans les batailles contre Amaleq (Exode 17,813), contre Sihon, le roi amorite de Hechbon (Deutéronome 2,31-33) et contre Og, roi du Bachan (Deutéronome 3,1-4), Moïse dut faire montre de talents de chef militaire.

Avant de mourir, il bénit toutes les tribus d'Israël, sans émettre une seule critique contre quiconque. Il est appelé le " Serviteur de Dieu » (Deutéronome 34,5). On le décrit aussi comme "très humble, plus humble qu'aucun homme sur la surface de la terre » (Nombres 12,3).

La littérature rabbinique considère que Moïse représente le plus grand des maîtres,
l'homme avec lequel D. s'entretint " face à face »,
l'intermédiaire entre l'homme et D., le plus grand des prophètes et le réceptacle de la
Loi divine.
Cependant, les plus grandes précautions sont prises pour éviter de lui attribuer des pouvoirs divins ou semi-divins. Moïse n'est qu'un être humain, se trompant comme un homme, et on tente ainsi de parer toute tentation de culte de la personnalité:
c'est D. et non Moïse qui donna la Torah au peuple d'Israël. On peut ainsi observer, dans la pensée rabbinique, le souci d'affirmer la suprématie de Moïse, tout en lui refusant, par ailleurs, tout caractère divin.
D. aurait donc dicté à Moïse l'ensemble du Pentateuque, et
Moïse est appelé Moché rabbénou (Moïse, notre maître).

Selon la tradition, Moïse naquit le 7 Adar et mourut
le jour de son cent vingtième anniversaire.
Plus tard, on a choisi cette date comme jour de commémoration
du souvenir des morts dont la sépulture est inconnue.

LORSQUE L' ALYA INQUIETE LE PRESIDENT DU CONSISTOIRE

LORSQUE L' ALYA INQUIETE LE PRESIDENT DU CONSISTOIRE.

L’Alya menacerait la pérennité de la communauté juive française
… Des propos virulents, foncièrement polémiques voire choquants,
ont été récemment prononcés par le représentant principal
du Consistoire, Joël Mergui.
Retour sur une interview donnée ici
au journal Haaretz le 23 août dernier.
"Le lien étroit entre le judaïsme français et Israël
vide notre communauté.
Sur les 600 000 juifs qui vivent en France
(dont la moitié habite Paris), seul un tiers entretient
un lien avec la communauté et propose un enseignement
juif" rappelle le docteur Mergui. "
Un tiers est déjà dans un processus d’assimilation.
L’autre tiers se situe dans une position intermédiaire.
Toute l’éducation de la communauté juive, depuis des années, reposait sur un rapport d’identification avec Israël. Par exemple par le biais de délégations solidaires lors de l’Intifada. Mais ma peur, c’est que nous ayons trop réussi. Nous avons tellement travaillé sur ça, avec le tiers qui est resté lié avec la communauté. Et maintenant, ce lien très fort avec Israël risque de vider la communauté juive de France". Joël Mergui tient à prévenir que ses paroles ne constituent pas "une crainte anti sioniste". Et pourtant, lors de sa visite dans notre pays la semaine dernière, le président du Consistoire de Paris n’a pas manqué d’alerter tous ses interlocuteurs sur cette question : Yaacov Edery le Ministre de l’Intégration, le Rav Shlomo Amar Grand Rabbin séfarade d’Israël ou Zéev Bielski directeur de l’Agence Juive (Sohnout). Cette visite a été pour lui l’occasion de mettre en garde contre un "dommage potentiel" représenté par l’Alyah française vis-à-vis de la communauté juive de France. "Je leur dis que durant toutes ces années, notre objectif était d’aider Israël par des dons, des voyages et l’Alyah. Maintenant, il s’agit de réfléchir, non seulement au moyen de faire venir les juifs en Israël, mais également comment renforcer la structure communautaire en France. Je ne suis pas opposé à l’Alyah mais je souhaite une idéologie réaliste. Notre responsabilité vis-à-vis d’Israël ne doit en aucun cas empiéter sur celle que nous devons à notre communauté. Si cela continue ainsi, nous risquons de perdre la moitié de la communauté d’ici 20 ans".
Selon Mergui, plus de 80 000 juifs français avec la nationalité israélienne habiteraient en Terre Sainte. D’après les données fournies par le Ministère de l’Intégration et de l’Alyah, et l’Agence Juive, le rythme de l’Alyah des juifs français a augmenté au cours de ces dernières années, atteignant une moyenne de 3000 immigrants par an. Il se dit même que les chiffres réels seraient plus élevés dans la mesure ou certains mettent un certain temps à obtenir la nationalité israélienne.
Mais selon le président du Consistoire, un autre danger guette la communauté juive de France (ou peut être le Consistoire lui-même ?) : celui de l’organisation de festivités en Israël. Sur les 800 couples de Paris unis cette année, la moitié des mariages s’est déroulée sur notre sol. Pour l’ensemble des fêtes organisées l’année dernière en Israël, il s’agit de plus de 1000. Selon Mergui, "il ne se passe pas un jour" sans qu’une inhumation n’ait lieu en Israël. Que faut il en conclure ? "C’est peut être beau et réconfortant, mais le résultat, c’est que de moins en moins de personnes viennent dans nos synagogues à Paris pour bénéficier des services communautaires que nous leur proposons. Il faut rappeler que pour une grande partie de juifs français, l’unique occasion de venir dans une synagogue se produit lors d’un mariage ou d’une Bar Mitsva. Et c’est l’occasion pour nous de créer un lien avec ces juifs. Mais cette opportunité se perd". En outre, on l’aura compris aisément, cet afflux de festivités en Israël entraînerait, selon Mergui, des difficultés financières pour les instituions juives françaises, qui perdraient ainsi des rentrées d’argent conséquentes …

Toutefois, l’intention du président du Consistoire ne
serait pas d’enrayer le processus de l’Alyah.
Il devient selon lui difficile de trouver aujourd’hui,
" en cherchant minutieusement, un juif qui n’est pas mêlé
à un juif qui fait son Alyah ".

Les réactions d’indignation à ces propos sont déjà, en Israël
comme en France, très nombreuses.

24 août 2007

NAISSANCE DU MOUVEMENT FRANCOPHONE ISRAELIEN

NETANYA FETE LA NAISSANCE DU MOUVEMENT FRANCOPHONE ISRAELIEN

Netanya fête la naissance du Mouvement Francophone Israélien.

Par Stephanie Zenati et Marie Meyer
pour Guysen International News.

Jeudi 23 août 2007 à 11:24


Mercredi 22 août, plus de 5000 personnes
se sont réunies
à Netanya, pour fêter la création
du Mouvement Francophone Israélien.


La soirée a été ponctuée par l'intervention
de Richard Prasquier, President du CRIF,
et par les chanteurs Sharit Haddad
et Guy Mardel, très appréciés du public.

''Il s'agit de joindre l'utile à l'agréable'',
nous a confié Francky Pérez, l'animateur de la soirée.

Même si de nombreuses personnes, touristes et Israéliens,
sont venues principalement pour assister aux concerts,
la plupart d'entre eux ont exprimé un vif intérêt
pour ce mouvement.

''Les francophones ont besoin de se regrouper en Israël'', ont déclaré plusieurs spectateurs.
Richard Prasquier, lors de son discours, a insisté sur le nombre de juifs français vivant en Israël.

'' Il y a aujourd'hui 600 000 juifs francophones en Israël, et pratiquement le même nombre en France''.
Selon lui, le Mouvement Francophone Israélien. permettra à la communauté francophone d'avoir un réel moyen d'expression et ''de réaliser une alyah de conviction et non de fuite''.

Celui-ci sera fédérateur, apolitique et ouvert à tous.

''C'est ce qui manquait en Israël : un mouvement de cohésion.'', a déclaré l'ancien chanteur Guy Mardel.
''Quand les Français arrivent pour s'installer en Israël, ils sont perdus. Ils ont besoin d'être davantage pris en compte''.

Yossi Taieb, fondateur de ce projet, envisage également de créer un véritable lobby francophone en Israël.

Cette idée est plutôt mal accueillie par les Israéliens francophones.

''Le lobby est un mot qui fait peur'', nous confie l'un d'entre eux.
'' Il faut être tous unis : c'est bien le slogan de ce mouvement, non ?''
Malgré son absence, la maire de Netanya Mme Fierberg-Ikar, a fait part de son soutien.

Pour elle, cette soirée était également un moyen de remercier les Français qui viennent de plus en plus nombreux en Israël.
'' Nous espérons que ce mouvement permettra de resserrer les liens entre Israël et la France'', ont déclaré les organisateurs de la soirée.

Cependant ils ont tenu à exprimer leur incompréhension devant le rejet d'Israël par la Francophonie.
Quoiqu'il en soit, cette soirée a été une réussite, et a permis à ce mouvement novateur de prendre un bon départ.

Sur GUYSEN INTERNATIONAL NEWS.

22 août 2007

HUMOUR DU 22 AOUT 2007

"Loisirs et détente" de : Georges Chouraqui
Humour du 22 août 2007

Blague du jour :
Deux abeilles discutent :
- J'ai Internet dans ma ruche?
- Chouette, donne moi ton e-miel!

Bétisier du jour :
Education : La Camargue est régulièrement inondée par les côtes du Rhône.

Réflexion du jour :
Rien n'est perdu tant que vous n'avez pas commencé à vous en occuper.

Histoire drôle du 22 août 2007
Le patron appelle un de ses employés dans son bureau.
-"Gérard", lui dit-il, "Ça fait maintenant une année que tu es dans la boîte. Tu as commencé comme standardiste, puis une semaine plus tard, tu as été promu comme commercial, et un mois après, tu devenais chef de secteur. Quatre mois plus tard, tu devenais vice-président. Maintenant, il est temps pour moi de prendre ma retraite, et je veux que ce soit toi qui diriges la compagnie. Alors, qu'est-ce que tu penses de tout ça ?
- C'est super, merci, répond Bernard
- Merci ? demande le patron.
C'est tout ce que ça t'inspire ?
- Heu, non, dit l'employé. Merci papa."

ISRAEL NE BAISSERA PAS LES BRAS.....

ISRAEL NE BAISSERA PAS LES BRAS....

Israël ne baissera pas les bras...
Par André NAMIECH, mercredi 15 août 2007

Sur le Blog de terredisrael.com

Je me réfère à l’article que Monsieur Ben Caspit a fait paraître dans le Blog « Terre d’Israël » le 14 août 2007 . Je l’en remercie et l’en félicite. Il a raison de se révolter contre l’hypocrisie du monde occidental et de ses réactions frileuses, face à la menace terroriste que fait peser l’Iran, aujourd’hui, dans le monde. Doit-on s’en étonner ? Monsieur Caspit rappelle que les « leaders du monde démocratique » auraient pu bombarder les chambres à gaz qu’Hitler avait mis en œuvre et qui exterminaient des milliers de Juifs journellement. Ils le savaient… Ils auraient pu limiter ce massacre, mais ne l’ont pas fait…

Cela me rappelle le texte qu’un Monsieur Martin Niemöller, avait écrit, alors qu’il était interné dans le camp d’extermination de Dachau. Je reproduis ci-après son aveu, pour constater avec amertume que cela ne semble pas avoir changer les mentalités…

« Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai pas protesté, parce que je ne suis pas communiste… Quand ils sont venus chercher les Juifs, je n’ai pas protesté, parce que je ne suis pas Juif… Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai pas protesté, parce que je ne suis pas syndicaliste… Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n’ai pas protesté, parce que je ne suis pas catholique… Et lorsqu’ils sont venus me chercher, il n’y avait plus personne pour protester »… Signé : Martin Niemöller - Dachau

Israël en a tiré la leçon et ne baissera pas les bras
pour assurer sa propre survie...
quoi qu'en pensent les médias...

NOUS NE NOUS RENDRONS PAS.

NOUS NE NOUS RENDRONS PAS.

Nous ne nous rendrons pas
Par webmaster, mardi 14 août 2007 à 21:59 :

Sur le BLOG de terredisrael.com

Une proposition de discours du Premier Ministre
par le journaliste Ben Caspit

Messieurs, leaders du Monde : Moi, Premier ministre d´Israël, je m´adresse a vous depuis Jérusalem, tout en ayant sous les yeux les images pleines d´horreur du village de Cana. Le cœur de tout être humain se meurtrit et se rétrécit en voyant ces images : il n´y a pas de mots qui puissent réconforter face à un tel désastre. Et cependant, je vous regarde droit dans les yeux et vous dit haut et fort : Israël va continuer son opération militaire au Liban

L´armée israélienne va continuer à attaquer les cibles d´où sont tirées les roquettes sur les hôpitaux, les maisons d´enfants et les écoles. J´ai donné mes instructions a la Défense et à l´armée israélienne pour continuer à localiser les bases à partir desquelles ces roquettes sont emmagasinées, et les endroits à partir desquels ces bombes sont lancées sur Israël.

Nous n´hésitons pas, ni nous excusons, ni nous rendons. Si des roquettes sont lancées de nouveau depuis le village de Cana, nous allons bombarder Cana de nouveau. Aujourd’hui, demain. Ici, ailleurs et partout. Les enfants de la-bas auraient pu dormir tranquillement si ce n´était à cause des messagers du diable qui ont capturé leur territoire, et l´utilisent pour transformer les vies de nos enfants en enfer.

Messieurs, il est temps de comprendre : l´Etat Juif no va plus être arreté. Nous n´allons plus permettre à personne, plus jamais, de profiter des endroits peuplés pour tuer nos citoyens. Personne ne va plus se cacher derrière les femmes et enfants dans le but de tuer nos femmes et nos enfants. L´anarchie a pris fin. Vous pouvez NOUS excommunier ou condamner, cesser de nous rendre visite et si cela est nécessaire nous cesserons de vous rendre visite également

Je parle aujourd´hui au nom de 6 millions de citoyens israéliens qui sont bombardés et de tous les 6 millions de Juifs réduits en poussière par des sauvages en Europe. Dans les deux cas, les peuples qui ont été ou sont derrière ces horribles crimes sont des barbares qui se sont proposé d´éliminer les juifs de la face de la Terre, comme a dit Hitler, ou de les effacer du Globe, comme le dit aujourd´hui Mahmud Ahmedinejad

Et vous l´ignorez aujourd´hui exactement de la même manière que vous l´avez ignoré autrefois. Ceci ne se passera plus. Nous n´aurons plus à attendre nos sauveurs venant bombarder les chambres a gaz, nous avons notre propre force aérienne maintenant. Chaque endroit à partir duquel sont lancées les roquettes seront des cibles légitimes pour nos attaques. Il doit être dit, une fois pour toutes au monde entier : vous êtes les bienvenus pour NOUS juger, condamner ou critiquer, mais pour NOUS tuer ? JAMAIS PLUS

Il y a de cela quatre mois, j´ai été élu Premier ministre d´Israël, sur la base d´une évacuation de 90% de la Judée et la Samarie, l´endroit où a debuté le judaïsme, pour mettre fin a la majorité de l´occupation et permettre aux palestiniens de prendre un nouveau départ dans un pays indépendant.

Ariel Sharon, le Premier ministre me précédant, s’était retiré totalement de la bande de Gaza jusqu´a la frontière internationale donnant aux palestiniens l´opportunité de construire une nouvelle réalité. Le Premier ministre Ehoud Barak juste avant lui avait mis fin à une longue occupation au Liban permettant à ce pays de prospérer sur des bases démocratiques ainsi que de développer son économie

Qu´a reçu l´Etat d´Israël en retour ? Avons nous bénéficié d´un moment de paix ? La main que nous avons tendue a-t-elle été serrée ? Notre initiative de Camp David a relancé sur NOUS une vague de terrorisme quittant la vie de plus de 1000 hommes, femmes et enfants : Je ne me souviens pas que vous ayez été tellement choqués alors. Est-ce dû au fait que nous ne vous ayons pas permis de voir des images d´organes déchiquetés d´adolescents de Tel Aviv, ou des restes des victimes de la bombe placée dans un hôtel de Netanya durant les fêtes de la Pâques juive

Et bien nous avons nos propres méthodes. Nous n´exhibons pas nos victimes devant les cameras, nous faisons notre deuil en silence. Nous ne dansons pas sur les toits lorsque nous voyons les corps des enfants de nos ennemis morts. Nous exprimons une tristesse et un regret sincères. Ces autres attitudes sont le fait des comportements animaux de nos ennemis.

Aujourd’hui ils viennent NOUS tuer, demain ce sera votre tour. Vous en avez eu déjà l´expérience, et vous l´aurez encore et encore.

Une fois nous être retirés de Gaza nous avons été bombardés depuis le sud et un de nos soldats a été kidnappé. Je ne me souviens pas vous avoir vu paniquer alors. Et maintenant, 6 ans après notre retrait du Liban, nous entendons les critiques acerbes et sommes témoins des crimes d´un dangereux messager de l´Iran, un radical qui a séquestré tout un pays au nom du fanatisme religieux et essaye de prendre Israël en otage sur son chemin vers Jérusalem, à partir duquel il pense continuer sur Paris et Londres

Une énorme base de terrorisme a été établie par l´Iran et placée sur notre frontière mettant en risque la vie de nos citoyens, grossissant sous nos yeux, et attendant le moment ou l´Iran deviendrait une puissance nucléaire qui NOUS obligerait à nous agenouiller. Ne commettez pas l´erreur de penser que nous allons le faire seuls. Vous, les leaders du Monde libre, allez le faire avec NOUS

Finalement aujourd´hui, je mets fin a une parade d´hypocrisie. Je ne me souviens pas de réactions similaires quand 100 citoyens sont assassinés tous les jours en Irak. L´islam sunnite est en train de tuer les Musulmans et ils tuent tous des américains et le monde ne dit rien. Et je ne me souviens pas non plus d´une réaction similaire quand les Russes ont mis à feu des villes pour réprimer les rebellions en Chéchénie (un des pays de la Russie

Qu´avons-nous pour stimuler votre soif de justice ? Pourquoi nous ? Qu´est-ce qui non rend tellement unique a vos yeux ?

Vous regardant en face, parlant haut et fort, je me tiens debout devant vous aujourd´hui et ne m´excuse, ni pleure, ni me rends. Ce combat est pour notre liberté, notre droit a maintenir une vie normale dans notre pays légitime. Ceci est aussi votre combat. Je prie pour que vous le compreniez maintenant ou vous le regretterez plus tard.

(Traduction de la version anglaise par Catherine Saïd)

Hebrew version http://www.nrg.co.il/online/1/ART1/457/134.html

Sur le BLOG de terredisrael.com

PAROLE DE JERUSALEM

Parole de Jérusalem par Albert Bensoussan
Par webmaster, lundi 20 août 2007
Sur le Blog de terredisrael.com.

J’ai, posé au front et enroulé au cœur comme une lanière
de cuir, le premier verset du chapitre 62 d’Isaïe –
Iesha’yahou est son nom, qui signifie « Yah sauvera »,
« salut de Dieu » par la voix prophétique.
Isaïe là, à bout de souffle, jette encore ce cri d’amour
pour la ville de tous les espoirs Léma’an Tsion…
Léma’an Yérouchalaïm, à l’adresse de Sion,
à l’adresse de Jérusalem.
Souvent je me suis demandé si l’invocation des deux noms
toujours unis en complémentarité obéissait au seul effet
d’harmonie. À un jeu poétique.
Sans doute car l’on avait déjà au chant 2 d’Isaïe
ce même balancement: « Car de Sion sortira la Loi
et de Jérusalem la Parole d’Achem » –
c’est ce qu’on lit au-dessus de l’armoire sainte
(aron hakodesh) où sont rangés les rouleaux de la Torah.
Mais il faut citer cette phrase magnifique dans
l’incomparable beauté hébraïque de Iesha’yahou :
Ki mitsione tetsé Torah ou dvar-Adochem mirouchalaïm.
À Sion l’énonciation de la Torah, qui s’opère à travers
les sons ke-tse-te, ce frottement de langue et dents,
évoquant bien l’élocution, l’avènement de la Loi.
À Jérusalem, par l’ouverture en « a », les « ch »
feutrés et la mouillure en « m »,
la musique choyée, la parole d’amour.

Ailleurs, dans les Lamentations (Eykha) qu’on lit pour Tich’a Beav, on retrouve ce même balancement entre « fille de Sion… fille de Jérusalem » – Bath Yérouchalaïm …Bath Tsion.
En fait, Sion et Jérusalem sont les deux noms de la même ville, unis également à la dernière ligne de l’hymne national, l’Hatikva, que je n’ai jamais pu chanter jusqu’au bout, étouffé de sanglots : Erets Tsion veYérouchalaïm. Sion est Jérusalem, car elle énonce la ville sainte, et désigne même toute la terre d’Israël, ce pourquoi elle est à l’origine du mouvement moderne de libération, le sionisme – autre mot devenu anathème pour tant de vilaines gens qui croient résoudre le problème en diabolisant l’autre.


Comme toujours, en matière biblique, on ne peut lire un texte et se pencher sur un mot sans aller chercher du côté de l’étymologie. N’oublions pas qu’étymon, en grec, signifie « véritable » et renvoie au sens, ce pourquoi l’étymologie est avant tout recherche de la vérité.
Eh bien ! tsion en hébreu, vient de la racine tsiah, qui désigne la sècheresse et la ruine. De là que tsion représente d’abord un lieu désert et solitaire. Comme l’était la terre de Canaan avant l’arrivée des Hébreux ? la terre de Palestine avant l’établissement du Yichouv au début du XX° siècle ? Il y en avait, certes, bien avant, des Juifs, il y en a toujours eu, sur cette terre sainte, mais ils étaient là pour prier et pleurer avec Jérémie sur la ruine de Sion, justement, et non pour la reconstruire en recomposant l’identité hébraïque.

Tsion désignait aussi une des collines de Jérusalem, déserte et désolée, qui fut aussi, selon la tradition, le mont Moriah où Abraham mena Isaac au sacrifice. David la choisit pour en faire la résidence – chekhina – de la divinité, autour de laquelle Salomon, ensuite, édifia le Temple. Sion, c’est donc la demeure du Dieu d’Israël, c’est le Temple et le mont du Temple. C’est le cœur de la ville qui se construit alors et qui sera appelée Jérusalem. Ce pourquoi Sion et Jérusalem sont synonymes et interchangeables.


Voilà une énigme, ce nom de Jérusalem, sur laquelle on a beaucoup glosé. Comment l’ignorant pourrait-il y apporter sa pierre ? Risquons-nous : le mot yéroushah existe bien en hébreu avec le sens d’héritage. Dérivé d’un verbe yarosh qui, dans mon dictionnaire d’Abraham Elmaleh (« Imprimé dans l’État d’Israël – 1951 », comme le proclame fièrement la page de garde) a le sens multiple de « posséder, hériter, conquérir, chasser, prendre, saisir, s’emparer, déposséder, succéder à ». Que chacun choisisse son sens et se fasse une opinion. Quant à chalaïm, il dérive à l’évidence de chalom. Et même si ce n’est pas l’origine exacte des mots, qui se perdent dans les ténèbres de l’Histoire, c’est ainsi que nous les entendons aujourd’hui. Ainsi le nom de la ville serait compris comme un « héritage de paix », ou comme la « Paix héritée ». Mais aussi comme possession ou conquête de la paix. Ou encore comme « chasse ou quête de la paix », avec ce que cela suppose de dépossession ou de supplantation, qu’on pourrait rattacher à l’épisode éloquent – ou métaphorique – de Jacob et Ésaü. Gardons pour nous l’interprétation qui fait de Jérusalem le siège ou la résidence de la paix. Et, bien entendu, la formulation verbale est un futur (Yerou), par quoi l’on voit à quel point aujourd’hui, et de façon constante dans l’histoire de cette ville et de cette terre, ce futur s’inscrit dans la nécessité : Jérusalem n’est pas la ville de la paix, mais elle sera, peut-être, un jour – et, pour les croyants, à l’avènement du Messie –, une ville de paix. Quoi d’étonnant, après cela, que je n’aie jamais pu prononcer ce mot sans pleurer, comme l’on pleure sur ce qui n’est plus ou sur une hypothèse d’avenir indéfiniment reculée…. !


Mais voilà, donc, Isaïe, ce prophète primordial, qui chante, au chapitre 62, « Pour l’amour de Iéroushalaïm » – j’adopte les graphies de notre grand traducteur et exégète André Chouraqui (zal). Historiquement, selon Chouraqui, on distingue trois périodes d’écriture du livre d’Isaïe, la première vers 739-732 avant notre ère, correspond à l’invasion du royaume de Juda par l’Assyrie et, consécutivement, au retrait du prophète au désert ; la seconde, rédigée à l’évidence par un autre scribe, se situe deux siècles plus tard, au moment de la déportation à Babylone, au VI° siècle avant notre ère ; et, enfin, le troisième Isaïe, auteur des chapitres 56 à 66, et donc de celui qui nous intéresse ici, le chapitre 62, qui sembleraient avoir été écrits juste avant ou après le retour de cet exil babylonien. Notons que l’ensemble du livre d’Isaïe a été retrouvé dans les urnes d’argile de Qumrân, ce qui a permis une datation fiable, et que ce rouleau magnifique de beauté, de poésie et de grandeur prophétique, est le joyau du musée du Livre à Jérusalem, où on peut le contempler d’une seule pièce et d’un seul coup d’œil, déroulé en entier et monté sur un grand châssis rond.

Ce chapitre 62 d’Isaïe est un chant à la gloire de Sion reconstruite et renommée. Elle perdra les noms d’infamie dont on la gratifia après qu’elle eut été détruite, et le peuple exilé à Babylone. Elle ne sera plus une ’azouvah, une femme délaissée – du verbe ‘azov, signifiant abandonner, délaisser, quitter, la divorcée se disant ha’azivah. Et Sion, entendu comme l’ensemble de la ville et du pays, ne sera plus appelé chemamah, qui est la désolation, la ruine, la solitude, de la racine chamem, qui est désolé, désert, rejoignant ainsi le sens initial de tsion. Car ce n’est pas le destin du désert de demeurer désertique, la foi hébraïque n’y consent pas, et c’est ce qu’exprime le prophète propagateur d’espoir, qui en appelle à l’union et la foi des hommes. Cette foi capable, justement, de soulever des montagnes. Le nouveau nom de la montagne Sion sera Jérusalem, bien sûr. Et la « fille de Sion » – Bath Tsion – sera rachetée, sauvée avec tout le peuple par son Seigneur – guéouley Achem –, qui fait réapparaître la guéoulah, la délivrance, alors qu’on vit encore en golah, en exil, c’est-à-dire en captivité, l’adjectif goleh signifiant tout à la fois, « exilé, banni, proscrit » (selon Elmaleh). Alors que, par une subtile paronomase dont la Torah a le secret, le mot guéoulah est donné avec le sens de « rachat, délivrance, salut ». À l’inverse de Jérémie qui prêche constamment le deuil, la destruction, la catastrophe – bien sûr, pour la prévenir et, comme Jonas aussi, amener le peuple à faire une salutaire repentance –, car Jérémie est un prophète pour les heures de deuil de Tich’a Beav, le prophète Isaïe est le prédicateur de l’espoir et de la délivrance. Ainsi voit-il Jérusalem rétablie en sa royauté (62, 3) : « Tu seras (véhayit – un passé renversé par le vav qui en fait un futur) une couronne de splendeur (‘atereth tiféreth) dans la main (beyad) d’Adochem, une tiare royale (outsniyouf méloukhah) dans le paume (caf) de ton Elohim ». Oui, à Jérusalem, la fiancée royale, la couronne et la tiare.
C’est pourquoi il entame ce chant 62 par l’un de ses plus beaux versets : Léma’an Tsion lo éh’acheh , qu’on peut traduire « Pour toi Tsion je ne ferai pas mystère » (de la racine h’ashaï : « secret, mystère, calme »), ou comme Chouraqui : « Pour Sion, je ne me tairai pas », plus justement que Jean Kœnig dans la Pléiade, qui délaye inutilement la parole économe et efficace du prophète : « Pour l’amour de Sion, je ne garderai pas le silence ». Et la fin de ce verset, oulma’an yéroushalaïm lo eshkot, en parfaite réitération synonymique : « et pour toi Jérusalem je ne me tairai pas », que Chouraqui traduit en inversant les deux verbes : « pour Ieroushalaïm, je ne me calmerai pas », là où la Pléiade, pour sa part, traduit « pour l’amour de Jérusalem, je ne me tiendrai pas tranquille », ce qui n’est pas une formulation très heureuse.
En mettant en bouche ce dernier vers, comment ne pas voir et sentir et entendre qu’il est, aux deux premiers mots, toute gourmandise, avec cette accumulation des liquides « l », « r » et de la bilabiale « m », et, pour le jeu vocalique ces deux « ou » qui situent la voix tout au fond de la gorge pour mieux l’amener ensuite à l’ouverture béante du « a » répété à quatre reprises, ce tout savoureux étant couronné par le son « yod » qui ouvre et referme Yérouchalaïm. Je ne sais si dans l’histoire et la géographie il est une seule ville dont le nom soit aussi harmonieux, aussi doux à dire, aussi succulent aux lèvres. Qu’on m’en cite une seule, mais non ! Yérouchalaïm est une ville unique, déjà énigmatique par son étymologie et son histoire – certains l’interprétant comme une forme d’un mésopotamien uru ou ur, en hébreu ‘ir, signifiant « ville », et d’un Shalimou, dieu cananéen antérieur. (Et si pour les musulmans cette ville est nommée Al Quds, qui signifie « la Sainte », où l’on retrouve le mot hébreu kaddosh, tant mieux et grand bien ! ce nom n’a rien à voir avec la cité de David. Il s’agit d’une autre ville, d’un autre concept, et d’une perception différente du monde. Respectons-la, tout en marquant bien notre différence. Notons, d’ailleurs, que la ville de Jérusalem n’est jamais mentionnée sous ce nom dans le Coran.)

On peut accepter toutes les hypothèses. On peut même laisser en suspens ce curieux pluriel chalaïm, d’un chalom, lui, évident. Ce qui compte aux yeux de philologue poète que veut être ici le commentateur, c’est cette beauté charnelle du mot, qui fait penser que s’il échappe à l’analyse grammaticale et sémantique, s’il est l’objet de tant d’interprétations contradictoires ou complémentaires, s’il demeure mystérieux comme un diamant qui aurait surgi de la mine tout taillé et lumineux avec ses 58 facettes (5+8=13, et 13 est, ô merveille ! la guematria de Yerouchalaïm), c’est qu’il s’agit d’un mot sacré, d’une parole venue d’en haut, de la divinité. Sans être mystique tout en l’étant, on peut admettre que Yérouchalaïm a été donné par Celui qui a nommé la Création. Est-ce assez pour comprendre l’émotion que l’on peut ressentir en caressant ce mot sur ses lèvres ?
Albert Bensoussan

Sur le Blog de terredisrael.com

19 août 2007

DOUBLE LANGAGE

Sur le Site de MIGDAL, www.migdal.org.il

Stylistique sur la forme
DOUBLE LANGAGE,
Dans l'autorité palestinienne, nous accomplissons ce que nous promettons.
Seuls les imbéciles peuvent croire que
Nous ne lutterons pas contre le terrorisme.
Parce que, il y a quelque chose de certain pour nous :
L'honnêteté et la transparence sont fondamentales pour atteindre nos idéaux.
Nous démontrons que c'est une grande stupidité de croire que
Les mafias continueront à faire partie du paysage palestinien comme avec Arafat.
Nous assurons, sans l'ombre d'un doute, que
La justice sociale sera le but principal de notre devoir.
Malgré cela, il y a encore des gens stupides qui s'imaginent que
L'on puisse continuer à gouverner
Avec les ruses de la vieille politique « arafatienne »
Quand nous assumerons le pouvoir, nous ferons tout pour que
Soit mis fin aux assassinats de civils innocents juifs
Nous ne permettrons d'aucune façon que
Nos enfants meurent en martyr
Nous accomplirons nos desseins même si
Les réserves économiques se vident complètement
Nous exercerons le pouvoir jusqu'à ce que
Vous aurez compris qu'à partir de maintenant
Nous sommes la « nouvelle autorité palestinienne »

MAINTENANT, RELISEZ A PARTIR DE LA DERNIERE LIGNE ,
CHAQUE LIGNE, EN REMONTANT VERS LE HAUT.
Animation Migdal 2004 "Double langage"

16 août 2007

PUISQU'IL LE FAUT......JEAN MARIE LUSTIGER

PUISQU'IL LE FAUT....JEAN MARIE LUSTIGER

Puisqu’il le faut... Jean-Marie Lustiger -
Yediot Aharonot Janv 1982
Par webmaster, vendredi 10 août 2007 à 13:13

http://www.un-echo-israel.
net/article.php3?id_article=4714

Sur le Blog de :www.terredisrael.com

Le quotidien israélien Yediot Haharonot a publié une longue interview de Mgr J.-M. Lustiger, archevêque de Paris (ici désigné par les lettres M.L.), accordée à MM. Y. Ben Porat, journaliste (ici Q.), et D. Judkowski, rédacteur en chef du journal (ici Q.I.) Destinée à un public israélien, elle va au cœur d’un des problèmes les plus sensibles de l’histoire contemporaine, les rapports du judaïsme et du christianisme. Aucun lecteur ne pourra rester indifférent à la volonté d’aller au fond des choses, à l’autorité et la probité avec lesquelles cette question entre toutes difficile et douloureuse est ici traitée.

Q. - Je voudrais d’abord vous demander : Comment voyez-vous la différence actuelle entre le peuple juif et le peuple d’Israël ? Y a-t-il, à vos yeux, une différence entre les deux ?

M.L. - Il m’est difficile de répondre parce qu’il y a là des questions théoriques. Sur le rapport entre l’identité israélienne et l’identité du peuple juif, des réponses diverses sont données à l’intérieur même du peuple juif. Je ne peux donc pas prétendre avoir une opinion déterminante sur cette question-là. Mais je peux donner un sentiment personnel. Pour moi, l’un ne s’identifie pas à l’autre, mais l’un fait partie de l’autre. La notion de peuple juif est une notion qui a des aspects multiples, je veux dire qu’elle signifie ou bien une appartenance religieuse, ou bien une appartenance historique. Pour les juifs, le sentiment d’appartenance à un peuple est quelque chose d’à la fois très fort et très fluide, et il revêt des degrés divers. Historiquement, si l’on prend l’état actuel de la conscience juive, je ne vois pas comment on pourrait définir aujourd’hui l’appartenance au peuple juif (je ne dis pas au « judaïsme »), sans y inclure de quelque façon la référence à l’État d’Israël. Et je ne vois pas comment l’État d’Israël lui-même pourrait se définir sans inclure la notion plus vaste du peuple juif. Je sais qu’en disant cela je prends une distance par rapport à certaines opinions. Ainsi il a existé dans le passé, parmi les intellectuels israéliens, un courant « cananéen » (1), je ne sais pas s’il existe encore.

Q. - Oui, il existe toujours.

M.L. - À l’opposé, je sais qu’il y a des juifs en Israël, comme dans la Diaspora, qui ne s’estiment pas liés par Israël. La réponse ne peut donc être absolue. Mais pour moi ce lien existe.

Q. - Selon vous alors, Monseigneur, l’État d’Israël n’est pas un État comme les autres ?

M.L. - Je conçois très bien que les autres États, en présence de cet État particulier qui s’appelle l’État d’Israël, aient avec lui des relations identiques à celles qu’ils ont avec n’importe quel autre État. Je conçois fort bien que les hommes politiques de l’État d’Israël, ayant à gérer les problèmes politiques de leur État, en traitent logiquement comme les autres États, c’est-à-dire comme ceux-ci se comportent ou devraient se comporter s’ils étaient honnêtes et respectueux de leur propre finalité et de leurs propres idéaux. Mais cet État est quand même singulier. Sa naissance, son identité ne sont pas comparables à celles des autres États. Il porte en soi une extraordinaire utopie qui est devenue une réalité historique. Et cette utopie, mise au jour par les rêves du XIXe siècle européen, a été portée par une conscience collective pendant plusieurs millénaires. Je ne vois pas qu’il y ait dans toute l’Histoire un cas comparable.

Cependant, il est nécessaire et légitime de dire : « Israël est un État comme les autres », sinon on le met dans une singularité insupportable pour les nations. Sinon, l’on risque aussi de lui imposer une conscience faussement messianique, perverse moralement et pernicieuse politiquement. Des « États messianiques », il en a existé au cours de l’Histoire et cela a toujours très mal fini. Il faut qu’un État soit un État.

Mais cependant, qui, en Israël ou ailleurs, entendant cette phrase : « Nous voulons être un peuple comme les autres », n’en vient pas à se demander si cette volonté ne comporte pas aussi une tentation secrète, n’est pas aussi le moyen pour un juif d’échapper à sa vocation ? Donc il y a là une espèce de contradiction interne. Vous avez reconnu le texte du premier livre de Samuel (8, 20) où cette contradiction est déjà posée.

Q. - Je voudrais prendre cela sur un plan pratique, presque personnel. Vous avez en face de vous deux journalistes israéliens, qui sont en même temps des juifs. Est-ce que vous, Monseigneur, vous faites une différence ? Est-ce que vous considérez que vous avez devant vous deux juifs ou deux Israéliens, c’est-à-dire deux hommes qui ont des passeports d’un autre État, et qui ne sont pas français ?

M.L. - J’ai du mal à faire cette différence. Mais je peux dire ceci. J’ai eu l’occasion d’aller souvent au Proche-Orient et en Israël. Depuis 1950, presque chaque année, durant tout mon temps d’étudiant, puis d’aumônier d’étudiants. Et il me semble que les Israéliens ne sont pas des Juifs comme les autres.

Q. - C’est un bien, ou c’est un mal ?

M.L. - Je ne sais pas. Je peux seulement évoquer deux souvenirs. C’était entre 1950 et 1960, à peu près dans ces années-là. J’avais rencontré un juif belge, un médecin devenu instituteur dans un kibboutz, quelque part en Galilée. Il avait perdu toute sa famille pendant la guerre. Resté seul, il avait fait son alyah en Israël. Comme il y avait trop de médecins, il était devenu instituteur. Il me faisait l’éloge des sabras (2). Et soudain, il me dit : « Ils n’ont plus l’intelligence juive. Ils sont lents, calmes, gentils. » (Rires.) C’était absolument extraordinaire, cette description faite par un homme très cultivé. Je me souviens aussi d’avoir eu à la même époque une discussion passionnée qui a duré toute une nuit, avec le directeur de l’école d’agriculture, vous savez, en Galilée, cette école qui a une forme ronde. Je crois que Moshé Dayan en a été élève un certain temps.

Q. - Ygal Allon y a été.

M.L. - Ygal Allon aussi ? Le directeur dont je vous parle était un vieil homme extraordinaire, d’origine russe. Je lui avais fait part de mes interrogations : « Vous forgez ici une conscience nationale. Et c’est une bonne chose. Je vois bien le passif de la condition juive de l’Europe, par rapport à laquelle vous vous situez. Vous développez une utopie qui devient ici une réalité. Mais que va-t-il se passer dans une génération ? Vous, vous êtes enraciné dans une conscience historique précise. Mais, la génération d’après la vôtre, quelle sera sa ressource ? Le nationalisme apportera-t-il à lui seul une suffisante volonté de vivre ? Où sera, la cohérence interne du peuple ? Pourquoi voudra-t-on se sacrifier ? Est-ce que la force qui vous permet d’être "un peuple comme les autres" ne réside pas justement dans le fait que vous n’étiez pas un peuple comme les autres ? Le jour où vous ne serez plus qu’un peuple comme les autres, où vous ne serez plus que des Israéliens, comment maintiendrez-vous votre volonté de vivre autrement ? Et quel point commun aurez-vous encore avec les Juifs du monde entier ? »

Q. - C’est effectivement le problème que je vous pose. Mais comment voyez-vous les juifs ? Leur attribuez-vous un caractère spécial ?

M.L. - Que voulez-vous dire ?

Q.I. - Ont-ils la réputation d’être très intelligents ?

M.L - Il ne faut pas s’y fier puisque ce sont les autres qui le disent. (Rires.) J’aurais plutôt envie de donner une définition théologique, enfin, je veux dire, « religieuse ».

Q. - Donnez-la.

M.L. - C’est la Bible qui la donne : « Un ramassis de gens dont Dieu a fait un peuple. » Dieu en fait un peuple, en raison même du don qu’il lui fait, et pas pour ce peuple lui-même, mais pour le monde entier. Maintenant, quelle conséquence cette vocation a-t-elle eue sur la conscience historique du peuple juif ? De là est née aussi une culture, car la culture, pour la conscience juive, n’est pas accidentelle. Elle fait partie du commandement. Le commandement de transmettre les commandements à ses enfants et d’assurer l’avenir dans ses enfants fait partie à la fois de la promesse et des commandements. Donc, ce n’est pas par hasard que le judaïsme dure. C’est pourquoi, perdurant dans l’Histoire, il engendre une culture et façonne une attitude, une manière d’être originale. Ceci aussi est donc constitutif. Le peuple juif a conscience d’être un peuple historique et d’avoir un avenir dont il est responsable, non seulement pour lui-même, mais en raison de ce qu’il a reçu comme don initial. C’est là le fondement de l’attitude du peuple juif devant l’Histoire, une attitude qui lui a même permis, au cours des millénaires, bien avant l’apparition du christianisme, de faire face à sa condition diasporique. Ce qui est quand même quelque chose de tout à fait singulier. Il n’y a pas d’exemple comparable dans l’Histoire ! Les Tziganes ? Ce sont des « errants ». Mais ce n’est pas ainsi que les juifs se sont définis au cours des siècles.

Q. - Et la notion du « peuple élu » ? Est-ce que c’est une notion acceptable pour les chrétiens ? Est-ce que les chrétiens considèrent toujours, et vous est-ce que vous considérez toujours le peuple juif comme le « peuple élu » ?

M.L. - Je pense que, du point de vue de la foi, c’est une notion capitale. Sans cette notion il n’y a aucune compréhension possible ni du judaïsme, ni du christianisme. Mais si on sort de cette notion de la foi, si on la sécularise, cela donne Gott mit uns sur les ceinturons de la Wehrmacht. Ce qui est intolérable.

Q.I. - Est-ce que vous êtes d’accord avec la phrase du général de Gaulle : « Peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur ? Est-ce qu’il avait raison de dire cela ?

M.L. - Sur le moment, j’avais trouvé ce mot plein d’humour, parce que l’image du juif dans la portion d’Histoire dont je suis le témoin est celle du juif persécuté et qui se fait massacrer. Voilà les juifs désignés comme un « peuple d’élite ». Tant mieux si c’est la nouvelle image que les gens se font des juifs. (Rires.) Cela liquidait définitivement une caricature pluriséculaire. Mais il est vrai aussi que le général de Gaulle s’est exprimé avec une note de hauteur, non nécessairement péjorative dans sa bouche. Et c’est ce qui est resté de ce trait d’esprit. Il fut sans doute calculé.

Q.I. - Croyez-vous qu’il ait été antisémite ? Sans le savoir peut-être... ?

M.L. - Non, je ne le pense pas. Il me semble que de Gaulle appartenait par sa formation à cette fraction de la droite qu’on pourrait caractériser comme républicaine et sociale. C’est après lui que l’antisémitisme a tenté de refaire surface en France. Au temps du général de Gaulle, il ne le pouvait pas.

Q. - Monseigneur, la question que tout le monde se pose en Israël depuis votre nomination, et depuis le jour où vous êtes passé à la télévision israélienne^ où l’on a beaucoup apprécié ce que vous avez dit, la question est celle-ci : selon vous, quelle est la différence entre le judaïsme et le christianisme ? Je sais que c’est une question assez complexe.

M.L. - Très complexe.

Q. - Mais c’est pour vous poser cette question-là que je suis venu à Paris.

M.L. - Pour y répondre, je dois surmonter une grande difficulté : je ne vous parle pas seulement à vous deux, je dois parler pour vos lecteurs dont je ne sais pas qui ils sont ni où ils se situent. Et il peut y avoir toutes les incompréhensions possibles et imaginables. J’ai le respect des juifs et je suis parfaitement conscient de l’indignation ou des sentiments contradictoires qu’ils peuvent éprouver en face de ma position personnelle ainsi que des légitimes susceptibilités que je risque de heurter en tentant de vous répondre. Je ne suis pas complètement ignorant de ce que l’on peut penser d’un juif qui est devenu chrétien. Je n’ai envie ni de provoquer, ni de blesser. Quand j’ai dû donner quelques explications, ce fut à mon corps défendant.

Mais il y a un point que je veux préciser au préalable : j’ai revendiqué ma qualité de juif, mais ce n’était pas du tout pour entrer dans une querelle théologique. Je n’ai jamais prétendu que j’allais être simultanément un bon juif, selon la définition des rabbins, et un bon chrétien, selon la définition de l’Église. Mais vous comprendrez que je ne puisse pas, sans perdre ma propre dignité et la dignité que je dois à mes parents et celle que je dois à tous ceux dont je suis irrévocablement solidaire, ne pas revendiquer ma condition de juif. Dans les temps de persécution comme dans les temps de paix. Je l’ai fait, non pour blesser, mais par respect pour la vérité et pour ce qui lui est dû.

Je savais que j’allais au-devant d’un certain nombre de malentendus ou d’incompréhensions. Et si je dis que c’est par respect pour la dignité de la condition juive et pour la mienne, comment voudriez-vous que je cesse d’être juif ? Je ne suis évidemment pas « juif religieux » au sens où l’entendent ceux qui définissent l’orthodoxie juive. Mais ce que je puis dire, c’est qu’en devenant chrétien, je n’ai pas voulu cesser d’être le juif que j’étais alors. Je n’ai pas voulu fuir la condition de juif. Je la tiens d’une façon inaliénable de mes parents. Je la tiens donc d’une façon inaliénable de Dieu lui-même.

Q. - Mais enfin, c’est tout de même pour passer à quelque chose d’autre, même si c’est avec tout le respect que vous avez pour les juifs ?

M.L. - Oui.

Q. - C’est donc tout de même pour passer à quelque chose qui vous paraissait plus juste, meilleur, plus divin. Je ne sais pas quel mot il faut employer.

M.L. - Oui. Je pensais : une meilleure manière d’être juif, à la mesure de ce que je savais alors du judaïsme.

Q. - Enfin, vous êtes passé d’un état à un autre et vous avez choisi l’autre état ?

M.L. - Oui. Mais non de l’état de juif à l’état de non-juif. C’est impossible.

Q. - L’autre religion, parce qu’elle vous semblait vraie ?

M.L. - Oui. Mais comme portée dans le sein de la première.

Q.I. - Est-ce que je peux vous demander quelques détails personnels ? J’espère que vous ne m’en voudrez pas. Vous êtes passé au christianisme à l’âge de quatorze ans ?

M.L. - Oui.

Q.I. - Est-ce que vous vous souvenez comment c’est arrivé ? À la suite d’une révélation ou d’une évolution ? Vous souvenez-vous des sentiments qui étaient les vôtres à cette époque ?

M.L. - J’ai toujours refusé de répondre à ces questions par pudeur. Je n’ai pas du tout le goût de l’exhibitionnisme. Mais évidemment, quand on ne dit rien, on laisse courir les imaginations. La seconde raison qui fait que je ne voulais pas trop parler est la suivante. On pourrait après coup accuser mes parents en disant : « Voilà, c’étaient de mauvaises gens. S’ils avaient donné à leurs enfants une éducation juive, ça ne se serait pas passé ainsi. » Je sais bien qu’il doit y avoir des réactions de ce genre. Mais puisque vous me posez la question, je vais y répondre. Étant enfant, ma conscience d’être juif était rigoureusement identique à celle de n’importe quel fils d’immigré juif en France. Je ne suis vraiment pas un cas original. Je ne m’appelle ni Durand, ni Dupont. Je m’appelle Aaron, du nom de mon grand-père paternel. C’est mon prénom. Je le portais à l’école. Ma mère est venue tout enfant en France. Mon père est venu à l’âge de dix-huit ans, il parle mal le français. Nous étions pauvres. Je n’étais pas habillé comme les autres enfants. Mais j’étais assez souvent le premier en classe et c’était une raison de plus pour me faire remarquer. À la porte du lycée Montaigne, je me suis fait casser la figure parce que juif. Quand je m’approchais des garçons qui discutaient entre eux, ils me disaient : « Ça ne te regarde pas, tu es un sale juif. » Tout cela, je le sais. Et je savais aussi qu’être juif, cela a un contenu propre. Mes parents n’étaient pas croyants ; je me souviens encore des phrases dites par mes parents : « Les rabbins, les curés, ils racontent tous les mêmes bêtises... » Mais j’avais reçu le sens de Dieu et je m’en souviens bien. Il suffit d’un presque rien pour que le sens de Dieu s’éveille dans l’esprit d’un enfant. Je me souviens de la manière dont ma mère récitait la bénédiction sur les fruits nouveaux. C’est tout. Ça m’a suffi. Et il se trouve que, à dix ans, j’ai lu la Bible tout entière en cachette...

Q.I. - À l’âge de dix ans ?

M.L. - Oui. J’étais censé jouer du piano ou faire mes devoirs. Mes parents tenaient leur magasin, ils n’étaient pas là pour nous surveiller.

Q.I. - C’était avant la guerre alors ?

M.L. - C’était en 1936 ou 1937... Il y avait chez mes parents une bibliothèque fermée à clef, où j’étais censé ne rien lire. Il y avait dedans toutes sortes de livres que mes parents avaient achetés, parce qu’ils avaient un très grand respect pour les livres. Ils achetaient un peu n’importe quoi. La clef était au-dessus de la bibliothèque. Ce n’était pas compliqué. En montant sur une chaise, j’ai trouvé la clef. J’ai ouvert. J’ai lu toutes sortes de choses. J’ai lu Zola. J’ai lu Abel Her-mant. J’ai lu toute la collection des romans insipides de l’entre-deux-guerres, vous savez, la collection Flammarion, une collection verte reliée. Mais il y avait la Bible. Une Bible protestante que j’ai lue en entier.

Q.I. - L’Ancien Testament...

M.L. - L’Ancien Testament et aussi le Nouveau Testament. J’ai lu la Bible avec passion et je n’en ai rien dit à personne. Je ne sais plus si j’étais en sixième ou en cinquième, mais dès ce moment-là j’ai commencé à penser à ces questions et à y réfléchir. Tout au long de mon éducation, j’étais dans une école publique, je n’étais pas dans une école catholique. Les professeurs que j’ai eus étaient des hommes parfaitement respectueux de la laïcité. En sixième, j’ai eu un professeur de latin : j’ai su après la guerre qu’il était juif. Je me souviens aussi de l’enseignement de l’Histoire en sixième : quand on m’a enseigné « les Hébreux », j’ai trouvé que c’était bien peu à côté de ce que je savais. Et la littérature ; tout cela a fait un chemin à partir duquel j’ai réfléchi. Je me souviens aussi, en quatrième, de vacances à Berck. Enfant, je me suis trouvé devant la souffrance des enfants, le problème du mal palpable, la mort. J’ai reçu là, en mon intelligence, comme une confirmation absolue de l’existence de Dieu, seul juste devant l’injustice faite à l’homme.

Mais auparavant il y avait eu la découverte concrète du nazisme : mes parents ont eu l’audace ou l’inconscience, quand j’étais en sixième et en cinquième, de m’expédier, à deux reprises, un mois en Allemagne, l’été, tout seul, dans une famille, pour que j’apprenne l’allemand. Avec mon vrai nom sur le passeport de mon père. C’était chez des antinazis. Mais la seconde année, en 1937, je me trouvai dans une famille d’instituteurs dont les enfants étaient un peu plus âgés que moi et qui, eux, étaient - obligatoirement - de la Hitlerjugend. Et j’ai vu, de mes yeux, à l’âge de onze ans, le nazisme. Le nazisme, vu au ras de l’oeil d’un enfant de onze ans discutant avec un gamin de treize ans qui était dans les Hitlerjugend et qui lui expliquait en montrant son couteau : « Au solstice d’été, on va tuer tous les juifs », etc. J’ai entendu cela. J’ai lu les feuilles antisémites du Sturmer placardées dans les rues. Je savais qui était Hitler. Et rien ne m’a étonné de la suite du nazisme. Dès 1937, pour un gamin juif français de onze ans, parlant avec des enfants allemands de douze ou treize ans, tout était clair. Je voyais ce que les juifs français, les adultes, ne voyaient peut-être pas encore. Et pas même les juifs allemands. C’est vous dire que toutes ces choses-là m’ont fortement marqué. Rien ne m’a surpris de ce qui a suivi. Je veux dire que je ne pouvais pas être surpris devant quelque chose qu’enfant j’avais intuitivement compris d’emblée. C’est en Allemagne que pour la première fois j’ai vu de près des adultes chrétiens : ils étaient antinazis. C’est la seule chose que j’aie alors apprise sur leur compte. C’est là aussi que j’ai deviné pourquoi Dieu s’est lié aux juifs : à cause du Messie. À l’inverse du Gott mit uns sur les ceinturons.

C’est dans ces années-là qu’en fait je me suis approché du christianisme. En réfléchissant. En lisant. Je n’ai subi aucune autre influence que ces lectures et la culture qui m’était dispensée au lycée par des professeurs divers, dont certains, je l’ai su par la suite, étaient juifs, d’autres très catholiques, d’autres incroyants, d’autres agnostiques. Mais il y a eu tout un chemin intérieur et, au fond, c’est la figure du Christ comme Messie et figure du peuple juif qui fut la clef de ma réflexion. À ce même moment, je savais aussi qu’il y avait un poids de persécution historique, qui était le lot des juifs, et qui était en même temps leur dignité.

À cette époque, je voulais être médecin. Parce que c’était la meilleure manière de servir les hommes. Mes parents m’avaient appris que si nous étions considérés comme différents des autres, c’est parce que nous devions être meilleurs et plus justes, que nous devions servir tous les hommes, défendre les pauvres et les malheureux. Et pour « servir les hommes », je ne voyais pas de meilleure manière que d’être médecin. C’était... enfin, c’était l’hypothèse du moment. Ou alors grand écrivain, comme Zola, pour défendre les opprimés.

Q.I. - Mais vous dites que vous avez été influencé par la Bible.

M.L. - Oui.

Q.I. - Dans la Bible, est-ce qu’il y a quelque chose qui vous a choqué ? Qu’est-ce qui s’est passé au juste ?

M.L. - Je ne sais plus. Tout m’a surpris. Rien ne m’a choqué.

Q.I. - Vous vous êtes ouvert de vos conceptions à vos parents ?

M.L. - Non. Pas du tout.

Q. - Alors, ce fut la conversion proprement dite ?

M.L. - Plutôt une cristallisation. Les circonstances ont fait que quand, pour la première fois, je me suis trouvé réellement face à des chrétiens, je savais mieux qu’eux ce qu’ils croyaient. Quand j’ai relu à ce moment-là les Évangiles, je les connaissais déjà. Je dis : à ce moment-là, car à ce moment-là mes parents n’ont absolument pas accepté ma conviction qui leur a paru révoltante. Je leur ai dit : « Je ne vous quitte pas. Je ne passe pas dans le camp de l’ennemi. Je deviens ce que je suis. Je ne cesse pas d’être juif, bien au contraire. Je découvre une manière de l’être. » Je sais que c’est scandaleux pour des juifs d’entendre cela. Mais c’est cela que j’ai vécu. Les prénoms chrétiens que j’ai choisis alors : Aaron-Jean-Ma-rie. Trois noms juifs. En hébreu, c’est évident. J’ai gardé le nom que j’ai reçu à ma naissance.Q.I. - Vous avez parlé de la permanence des valeurs du judaïsme dans le christianisme et puis vous dites : « Je découvrais les valeurs du judaïsme en embrassant le christianisme. » Que voulez-vous dire ? Quelles sont ces valeurs ?

M.L. - Je veux dire l’appel de Dieu à un peuple, pour le connaître, l’aimer et le servir. La promesse d’un salut universel, destiné à tous les hommes. La joie d’être avec Dieu et d’être aimé de lui. Toute l’Histoire sainte comme Histoire du salut, alors que la guerre mettait sous mes yeux une perdition de l’Histoire. Et en même temps, la valeur de cette appartenance historique, qui n’est pas simplement un fait de hasard, mais comme le déploiement d’un amour de Dieu, d’un amour pour Dieu, d’un amour que Dieu porte aux hommes.

Q. - Vous vous êtes converti à l’âge de quatorze ans, je crois. À Orléans ?

M.L. - Oui, à Orléans.

Q. - Est-ce que, à ce moment-là, vous vouliez devenir homme d’Église ?

M.L. - Oui.

Q. - Dès le premier instant, vous avez perçu que vous deviendriez prêtre ?

M.L. - Oui. Pour moi, c’était évident dès le même moment. Je ne l’ai dit à personne.

Q. - C’était, au fond, cette idée de servir. Comme vous vouliez être médecin auparavant ?

M.L. - Oui.

Q. - Il ne vous a pas semblé que vous pouviez servir à l’intérieur du judaïsme ?

M.L. - Le judaïsme n’avait alors pour moi pas d’autre contenu que celui que je découvrais dans le christianisme. Le judaïsme pour moi à l’époque était une condition historique persécu- tée, qu’il n’était pas question un instant de quitter, mais qui ne trouvait son achèvement et ne trouvait sa signification que dans l’accueil et la reconnaissance de la figure de Jésus, messie d’Israël.

Q. - Est-ce que vous aviez l’idée de la persécution d’Israël comme un châtiment ?

M.L. - Non.

Q. - L’idée que Dieu avait puni le peuple juif parce qu’il n’avait pas reconnu Jésus ?

M.L. - Non, jamais une telle idée ne m’est venue.

Q. - Je crois vous avoir dit que, pendant la guerre, j’étais moi-même caché chez un prêtre. Je ne vous dirai pas son nom, parce qu’il doit être toujours vivant. J’ai servi la messe chez lui, pendant trois mois, c’était dans le sud de la France. J’avais quinze ans à l’époque. J’étais caché chez lui, il a sauvé beaucoup d’enfants. Il n’a pas essayé de nous convertir,, pas du tout. Mais il a essayé de nous dire : « Tu vois, mon enfant, tu es persécuté parce que ton peuple n’a pas reconnu le Messie. » N’est-ce pas la doctrine chrétienne ?

M.L. - Cela a été dit. Cela a été l’une des thématisations du sort d’Israël dans les pays chrétiens. C’est sûr. Mais je n’y ai jamais adhéré.

Q. - Le Vatican ne vous en voudra-t-il pas d’avoir dit cela dans une interview ?

M.L. - De vous avoir dit quoi ?

Q. - Que la phrase : « Les juifs sont persécutés parce qu’ils ont refusé Jésus » n’est pas une espèce de credo. M.L. - Non, car cela ne fait pas partie de la foi catholique.

Q. - Donc, si un prêtre m’a dit cela, c’était son interprétation à lui ?

M.L. - C’était son interprétation à lui. Interprétation reçue, répandue, mais qui ne fait pas partie de la foi. En vous disant que je n’admets pas cette opinion, je ne suis donc pas suspect de professer une opinion déviante.

Q. - Ce que vous dites ne va-t-il pas contre les idées reçues ?

M.L. - Ce que je dis surprendra sans doute les gens qui s’en tiennent aux idées reçues, aux préjugés. Car la réflexion chrétienne sur le sort d’Israël, sur la condition juive, sur la place du judaïsme dans l’histoire du salut, en est encore à ses débuts dans l’époque moderne.

Q. - Mais vous devriez tout de même nous dire : « Écoutez, si vous voulez être de bons juifs, si vous voulez vraiment le salut, vous devriez devenir chrétiens. » Vous ne le dites et je ne vous incite pas à le dire. Mais, enfin, je crois que ce serait logique !

M.L. - Pas nécessairement, et pour la raison suivante : il n’appartient pas à l’homme de décider ce qu’il doit être. Mais d’abord à Dieu, C’est à Dieu de décider qui je dois être, et ce que je dois faire. À Dieu d’abord et à moi ensuite. D’autre part, votre question renvoie à un problème plus fondamental - et je reviendrai ensuite à la question telle que vous l’avez posée -, un problème que j’aborde sur la pointe des pieds, en tremblant : qu’est-ce que cela signifie être juif aujourd’hui ? Comment faut-il être juif pour être fidèle au judaïsme ? Cela ne me paraît pas si évident. De même, il n’est pas évident d’être chrétien et il y a différentes façons d’être chrétien.

Il me semble que la condition diasporique actuelle est devenue très différente de la condition diasporique antécédente à la ruine du Temple. Le judaïsme a fait une expérience spirituelle singulière. Il y a eu, tout au long des deux millénaires, une expérience spirituelle singulière, celle du rabbinisme. Celui-ci a permis une chose fantastique, la sauvegarde de l’identité juive. Il a fait pour cela des choix particuliers. Mais il y a beaucoup d’autres aspirations, d’autres questions, d’autres courants intérieurs au judaïsme, qui n’ont pas été identifiés ni reconnus par la majorité officielle. De plus, depuis l’avènement de la modernité, depuis le XVIIIe siècle, depuis le début de l’émancipation, sont nés des problèmes nouveaux. Le problème de l’identité juive n’est pas seulement celui de l’identité juive au point de vue juridique, mais celui de la fidélité juive. Cette question ne m’est pas indifférente.

Et elle n’est pas indifférente à la question que vous me posiez. Car le contentieux historique entre le judaïsme et le christianisme est un contentieux bilatéral. Comment le judaïsme lui-même se situe-t-il par rapport à ses propres affirmations et à sa propre tradition ? Comment les milieux chrétiens, disons plutôt les milieux de culture chrétienne, identifient-ils et reconnaissent-ils le patrimoine propre du judaïsme, dans sa richesse et sa diversité présentes ?

Le rapport entre judaïsme et christianisme est dans la théologie chrétienne moderne une question encore à peine abordée. Toutes les données du problème sont là, elles sont posées, et parfois de façon très profonde. Mais l’Histoire a fait que cette question a été jusqu’ici laissée de côté, occultée. Notamment, la question de la naissance du christianisme, de son rapport au judaïsme et de la réaction du judaïsme à son égard. Quand le Nouveau Testament fut écrit, les positions étaient déjà en partie fixées, mais en partie seulement. La divergence s’est aggravée ensuite. La question est d’abord celle du rapport entre Israël et les nations ; il y a là un premier point capital : la révélation faite à Israël est aussi pour les Nations. Il y a dans la tradition la succession des alliances, l’alliance noachique, etc. Or précisément, l’alliance noachique est-elle la seule qui soit offerte aux Nations ? N’y a-t-il pas dans les Prophètes d’autres réponses ? L’alliance noachique, c’est déjà beaucoup, c’est déjà tout puisque cela représente la droiture morale. Mais les Nations n’étaient-elles pas appelées à recevoir quelque chose du judaïsme lui-même ? La Bible n’annonce-t-elle pas davantage ? Que dit la tradition de la promesse faite à Abraham ? Qu’en est-il de la révélation du Sinaï ?

Q. - Oui, dans la tradition, il y a d’autres réponses.

M.L. - Il y a d’autres réponses ? Eh bien, c’est précisément autour de cette question de l’accès des païens, d’hommes pris parmi les goyim, à l’Alliance que se noue la crise des années 70 à 140, au cours du premier siècle, et à la naissance du christianisme. Et la deuxième question est : dans quelle mesure y a-t-il eu, à ce moment, un certain accomplissement des promesses et desquelles ?

Quand les titres messianiques furent appliqués à Jésus, que devint, pour les juifs, la figure messianique ? Et quelle fut et quelle est la figure du Messie à laquelle adhèrent les chrétiens ? Ce sont là des questions qu’ils se renvoient fatalement les uns aux autres. Mais les chrétiens furent en majorité des pa-gano-chrétiens au moment de leur entrée dans l’Alliance et ils ont oublié qu’ils étaient nés païens. Vous savez que le mot Église est la traduction du mot hébreu « Kahal ».

Q. - Comme l’Ecclésiaste, c’est Kohelet ?

M.L. - Oui. Bon. Donc l’Église c’est un rassemblement opéré par Dieu.

Q.I. - C’est ça.

M.L. - Quand on dit que l’Église est « catholique », cela vient d’un mot grec : kat’holon, « selon la totalité », ce qui veut dire : « selon la totalité des juifs et des Nations ». Ce qui est différent du mot « universel » qui évoque simplement la totalité des Nations. Dans les traductions, on traduit facilement un mot pour l’autre. Notamment dans la traduction du Credo, les protestants ont parfois gommé le mot « catholique » pour ne garder que le mot « universel ». L’universalité signifierait alors simplement l’universalité horizontale, comme les Nations Unies.

Q. - C’est ça.

M.L. - Alors que « kat’holon », « selon la totalité » en grec, signifie : le Kahal formé « des juifs qui ont reçu l’élection » et « des nations païennes qui ont accès désormais à l’élection ». La « totalité » de l’humanité selon Dieu, c’est Israël et les nations qui doivent finalement être réunis dans l’unique Alliance. Alors, si on dit cela, il est clair que les temps eschatologiques n’ont pas encore achevé d’arriver. Vous me direz : « Mais où voyez-vous que les promesses du Messie sont déjà accomplies ? » Certes, c’est la question entre nous. Elles ne le sont pas. L’Histoire a continué. La condition présente de l’Histoire est que cet accomplissement reste caché : telle est la foi chrétienne. La figure du Messie est une figure cachée. Les chrétiens ont parfois perdu de vue qu’ils attendent, dans la plénitude des temps, la venue en gloire du Messie dont ils sont les disciples. Israël, comme tel, tant que les temps ne sont pas accomplis, doit demeurer dans la fidélité, aimé de Dieu en raison de l’élection, à cause des Pères. Car les dons et l’appel de Dieu son irrévocables. C’est évidemment une question très difficile. Pour le judaïsme, le christianisme est une anticipation, une hâte. Et c’est vrai. Le judaïsme garde ainsi un droit de regard sur le christianisme. Il a un avis pertinent. Mais il n’est pas vrai de dire, comme pour les marxistes, que le christianisme s’est réfugié dans le spirituel, dans l’au-delà. Il est très réaliste, au contraire. Dès qu’on aborde ce point, on heurte beaucoup de préjugés et de conceptions. Il faudrait, probablement, pour m’expliquer, plus de pages que votre journal n’est prêt à m’en consacrer.

Q. - Selon vous, alors, le christianisme est un judaïsme « ouvert », qui a été ouvert au monde, aux païens. Le christianisme, c’est de faire participer les païens au judaïsme. Cela a donné le christianisme ?

M.L. - Oui. Si vous voulez, mais d’une façon déconcertante pour Israël comme pour les païens.

Q. - Et on a dit aux païens : « Vous pouvez y participer » ?

M.L. - Oui, c’est ce que la première communauté chrétienne de Jérusalem composée exclusivement de juifs de naissance a fini par accepter, non sans débat. Et la figure de Jésus, reconnu comme Messie, a fait apparaître un contenu spirituel propre, lié à tout un faisceau d’espérances juives, qui ont été vécues à ce moment-là comme réalisées dans l’expérience chrétienne.

Q.I. - Donc, étant enfant, si vous vous en souvenez, vous considériez Jésus le Christ comme un Messie juif ?

M.L. - Oui.

Q.I. - Et vous avez gardé cette notion ?

M.L. - Oui, sûrement. Mais pas moi seulement. Les Écritures chrétiennes disent de Jésus qu’il est le Messie juif. Les traductions nous font oublier que « Jésus-Christ » signifie « Jésus le Messie ».

Q. - Alors, si je vous comprends bien, vous dites en quelque sorte : « D’un côté, il faut être chrétien, c’est normal ; mais, d’autre part, rester juif, parce que nous avons besoin des juifs en tant que juifs, c’est normal aussi. »

M.L. - Oui, selon ce que Dieu dispose.

Q. - Pour que se réalise cette vision de l’avenir ?

M.L. - Oui. Vous me conduisez sur un terrain théologique, spirituel.

Q. - Mais c’est notre sujet.

M.L. - Il faut alors que l’interlocuteur accepte certaines prémisses, sinon le discours devient insensé, délirant. C’est pour cela que vous me voyez toujours au frein. Sinon, on est devant un langage fou, insensé. Nous sommes dans le temps de l’Histoire où Dieu accomplit la promesse faite à Israël « jusqu’à ce que soit achevée la plénitude des temps ». Et l’Église est aux prises aussi avec une question historique. Dans la primitive Église, celle des deux premiers siècles, il y avait une « église de Jérusalem », c’est-à-dire une église chrétienne de juifs. Elle existait dans tout l’Empire romain. Et l’un des problèmes constants de l’Église primitive fut la cohabitation entre judéo-chrétiens et pagano-chrétiens à l’intérieur de la nouvelle Église, du nouveau Kahal, du Kahal du Messie. Pour la coexistence des juifs et des païens, la question des prescriptions rituelles a été le gros problème : fallait-il que les païens, en devenant disciples du Christ, soient obligés à toutes les prescriptions du judaïsme ? Fallait-il les circoncire ? Fallait-il leur imposer des obligations alimentaires ? Quelles obligations devait-on leur imposer ? C’étaient là des questions que les chrétiens se posaient au sujet des païens, comme les juifs se les posaient eux-mêmes au sujet des prosélytes. Ce n’étaient pas des mises en cause du judaïsme.

Q. - Lorsque vous manifestez ce respect du judaïsme et des juifs, est-ce que tout de même ce n’est pas parce que vous êtes « Aaron », parce que vous êtes juif ? Beaucoup d’autres chrétiens, même des prêtres, même des gens de l’Église, ne parlent pas avec ce respect du judaïsme.

M.L. - C’est possible. Mais c’est triste pour eux. C’est triste pour eux, parce que les chrétiens qui, de par leur origine, sont, en quasi-totalité, des « païens », ne devraient pas avoir gardé cette mentalité de « païens ». Jésus ne s’est jamais appelé « Roi des Juifs », c’est un païen, Pilate, un Romain, qui a dit cela, parce que dans les milieux juifs d’Israël à cette époque les juifs ne se désignaient pas communément eux-mêmes comme « juifs ». Ils disaient « le peuple d’Israël ». Ce sont les gens de l’extérieur qui disaient « les juifs ». L’Évangile de Matthieu, élaboré dans des milieux juifs, a là-dessus un vocabulaire extrêmement précis.

Si les chrétiens étaient fidèles au don que Dieu leur a fait, en devenant à leur tour « enfants de Dieu », « fils de Dieu », comme le sont les enfants d’Israël, mais d’une autre façon, en la personne du Messie qui les accueille, ils comprendraient qu’ils sont entrés d’une manière sur-éminente dans le don qui est fait à Israël, un don dont Israël lui-même ne mesure peut-être pas toujours la grandeur. Ce que je souhaite au fond de moi-même, c’est ceci : une double reconnaissance. Je souhaite que les chrétiens n’oublient pas - je suis en train de commenter saint Paul en ce moment -qu’ils ont été greffés sur une racine unique. Et la racine, c’est Israël. Et la racine demeure.

Q. - C’est une image.

M.L. - Oui, et l’image est étrange, parce qu’elle dit : « Le greffon sauvage a été greffé sur l’olivier franc. » Alors que le jardinier fait toujours l’inverse. On prend un plant sauvage et le greffon est pris d’une plante cultivée. Pour expliquer le rapport des pagano-chrétiens avec les juifs, saint Paul dit : <• Vous - les païens - êtes un greffon sauvage et vous avez été greffés sur l’olivier franc - les juifs - », et « vous êtes devenus des branches de l’arbre conformément à votre nature », ajoute Paul.

Il est un autre point que je considère comme une grande espérance. Grâce à la liberté spirituelle et culturelle suscitée par la nationalité israélienne, qui déplace les problèmes, et grâce à la modification de l’attitude des chrétiens, le judaïsme pourra peut-être reconnaître dans le christianisme une filiation donnée par Dieu. Après tout, le judaïsme en restant lui-même fidèle à l’appel de Dieu pourra-t-il un jour admettre que les nations devenues chrétiennes sont aussi des enfants inattendus qui ont été donnés au peuple juif. Ce don serait celui d’une descendance inattendue et non encore reconnue. Si les chrétiens n’ont pas reconnu les juifs comme leurs frères aînés, et la racine sur laquelle ils ont été greffés, il faudrait peut-être que les juifs eux-mêmes reconnaissent les nations païennes devenues chrétiennes comme leur frère cadet. Mais pour cela il faudrait que le pardon intervienne car il y a eu persécution, guerre fratricide. À cause même de l’identité, il y a eu une guerre de légitimité. On veut toujours tuer le frère pour avoir l’héritage en entier. La raison de la persécution ce fut la jalousie, au sens spirituel du mot. Elle peut être changée en émulation et source de bénédiction.

Q. - Vous avez étudié le judaïsme ?

M.L. - J’ai lu, par intérêt personnel. Je n’ai pas fait d’études talmudiques au sens strict du mot. Il faut se spécialiser à outrance. Mais j’ai lu un certain nombre de choses.

Q. - Vous avez appris l’hébreu ?

M.L. - À peine. Je lis l’hébreu biblique, mais je n’ai pas appris l’hébreu moderne. J’avais commencé et puis j’ai dû arrêter.

Q.I. - Ressentiez-vous une attitude particulière qui s’exprime à votre endroit du fait de votre origine juive ?

M.L. - Vous voulez dire de la part des chrétiens ?

Q.I. - De la part des chrétiens, de la part de vos confrères, etc.

M.L. - C’est assez difficile à dire parce que je me soucie assez peu de l’opinion que l’on a de moi. Il est malsain de se demander l’effet que l’on produit. Si on faisait un sondage pour savoir ce que les gens pensent de moi en ce qui concerne le judaïsme, je serais très mécontent. Cela me paraîtrait une question indiscrète et malsaine. Ceci dit, il se peut qu’il y ait de-ci de-là des relents d’antisémitisme mal maîtrisés, je ne vois pas comment il en serait autrement. Et il se peut aussi que, dans des périodes de crises, on veuille faire de moi une cible, un bouc émissaire. Mais ce que je constate, c’est que je suis porteur de beaucoup plus de significations que ma personne elle-même. Ce n’est pas seulement l’individu que je suis qui est en jeu, c’est tout ce dont je suis chargé historiquement. Je vois bien que, pour beaucoup de chrétiens, le geste qui a consisté à me donner des responsabilités aussi voyantes est pour eux un rappel de cette réalité historique et spirituelle que j’ai appelée : « les racines ». Un rappel vivant de la part d’Histoire qu’ils ont souvent été tentés de se cacher à eux-mêmes. Ce que j’évoque ici est un problème propre aux chrétiens. Si la foi chrétienne reconnaît en Jésus le Messie, le Fils de Dieu au sens où la Bible le dit du Messie-Roi et aussi au sens de la Sagesse éternelle (en grec, il faut dire métaphysique), c’est sur la base de certains critères, qui ne peuvent venir que du judaïsme. C’est cela seulement qui peut la préserver de la tentation de s’emparer de Jésus comme d’un personnage mythique et de l’approprier à toutes les situations et à toutes les cultures. Telle est la condition pour que la foi chrétienne demeure réelle et authentique. Tout au long de l’histoire du christianisme, et actuellement en particulier, a existé la tentation d’accueillir la figure du Christ comme une figure divine que l’on investit de ce dont une culture est porteuse. Mais c’est la Bible qui nous dit ce qu’est l’élection et c’est cela qui empêche de confondre le Christ avec Apollon ou Dionysos. De cette élection unique, le judaïsme est le témoin. Pour les chrétiens, les juifs sont les témoins vivants de la réalité historique, unique de la foi chrétienne. On ne peut rien comprendre à la foi chrétienne si l’on n’accepte pas l’élection du Messie et on ne peut rien compren- dre à l’élection du Messie si on n’accepte pas et si l’on ne respecte pas l’élection d’Israël. Et quand on a envie de se défaire de ce fondement du christianisme, on commence à persécuter les juifs et à vouloir les faire disparaître. Cette attitude négative à l’égard du judaïsme est connue dans l’histoire du christianisme et elle a été condamnée : il s’agit de l’hérésie de Marcion, qui voulut corriger les Évangiles en leur ôtant toute trace de la Bible. Cette hérésie condamnée a eu des reviviscences à l’époque contemporaine. Vous savez que des historiens protestants allemands, s’appuyant sur le fait que Jésus était gali-léen, l’ont présenté comme aryen. Mais les chrétiens d’Occident peuvent être tentés aussi de passer sous silence l’appartenance juive de Jésus quand ils s’adressent aux hommes d’Afrique ou d’Asie. Ils disent seulement : « L’Évangile est un certain idéal de vie. » De là découle le risque que des Africains devenus chrétiens disent : « Notre Ancien Testament à nous, peuples africains, c’est la culture africaine », et des Asiatiques : « Notre Ancien Testament à nous, ce sont les écritures sacrées de l’Asie ». Ont-ils raison, ont-ils tort ? Où est l’équilibre de la foi chrétienne ? Le cardinal Marty, lors du synode des Évêques à Rome en 1974, avait vigoureusement rappelé la nécessité de recevoir toute l’Écriture : on ne peut faire l’économie de l’Ancien Testament pour être fidèle au Nouveau dans sa confrontation aux cultures païennes, son « inculturation » comme nous disons.

Q. - Parce que les Dix Commandements, c’est tout de même dans l’Ancien Testament.

M.L. - Les Dix Commandements et leur double résumé traditionnel dans le judaïsme : « Écoute, Israël : tu aimeras le Seigneur ton Dieu, etc. » (Dt. 6, 5) et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lév. 19, 18) sont au centre de la prière et de l’enseignement de Jésus et de la fidélité chrétienne (Luc 10, 25-28). Ce n’est pas par hasard que toute la réflexion anthropologique du christianisme, telle qu’elle est notamment développée aujourd’hui par Jean Paul II, se réfère expressément et avec une extraordinaire insistance au début de la Thora, aux premiers chapitres de la Genèse. Cependant il faut reconnaître qu’il y a un risque non illusoire de déformer de l’intérieur la foi chrétienne en la paganisant. Bien des époques et des cultures ont été tentées de basculer dans une paganisation du christianisme. Le christianisme vit à coup sûr ici dans une certaine tension selon sa vocation d’être « lumière pour les nations ». Mais dans l’état actuel des choses, il ne peut être fidèle à lui-même que s’il continue d’accueillir lui-même le don fait à Israël. Il est vrai qu’il y a eu quelque part une double rupture. Un moment donné où les autorités juives ont dit : « On ne peut pas être fidèle à la synagogue, en étant disciple de Jésus. » Et où les chrétiens ont dit : « On ne peut être chrétien en continuant de faire partie de l’institution juive. » Il y a eu une sorte de clivage profond, un partage des eaux.

Q. - Alors on pourrait presque dire... Vous, vous ne pouvez peut-être pas le dire, mais moi, en vous écoutant, j’ose le dire : ne vous sentez-vous pas quelque part plus juif que non-juif ?

M.L. - Je ne sais pas. Je me sens très juif en tout cas.

Q. - En passant au domaine non spirituel, non religieux, éprouvez-vous un sentiment de solidarité avec les juifs dans le monde ? Qu’éprouvez-vous quand vous lisez dans le journal qu’en Russie soviétique par exemple les juifs sont persécutés en tant que juifs ?

M.L. - Quand Votre père, votre mère, votre cousin, votre cousine est malade ou persécuté, comment ne vous sentiriez-vous pas solidaire ? Comment voulez-vous que je réponde autrement ?

Q. - Est-ce que...

M.L. - Ce sont mes frères.

Q.I. - Est-ce que ce serait très indiscret de notre part si on vous demandait de retracer les étapes importantes de votre vie ? Vous avez raconté ce qui s’est passé à l’âge de quatorze ans, et puis ensuite ? En 1940, en 1942 ?

M.L. - J’ai une grande répugnance à me raconter en public...

Q.I. - Nous nous adressons à un public très compréhensif...

M.L. - Non, je ne souhaite pas...

Q.I. - Qui a beaucoup de sympathie pour vous...

M.L. - Je n’en doute pas un instant, mais ce que je vous dirai ira ailleurs. Fatalement, tôt ou tard.

Q.I. - Pas forcément.

Q. - Ce sera en hébreu.

M.L. - Puisqu’il le faut, je vais essayer de vous dire quelques souvenirs. C’était la guerre J’ai été obligé de quitter la ville où j’étais, pour me cacher parce que je risquais d’être l’objet d’une dénonciation. Il y a eu des menaces précises dont j’ai été averti. Vous savez, c’était le moment où il fallait s’inscrire à la préfecture. Mes parents, au début, ne s’étaient pas déclarés. Et puis, ils se sont finalement déclarés. Alors.

Q.I. - C’était à Orléans ?

M.L. - Oui, mais mes parents étaient restés à Paris. Pour le baptême, mes parents m’avaient donné l’autorisation, en 1940, mais avec un violent dissentiment intérieur. C’est moi qui l’avais demandé. Pour eux, ils se sont résignés à ma demande obstinée. Je pense qu’ils se sont imaginé que cela représenterait quelque peu une protection en face des persécutions qui s’annonçaient dès l’été 1940. Pour moi, non : c’était autre chose. Alors le port de l’étoile fut rendu obligatoire. On a tout essayé, les faux papiers, etc., je passe sur les détails. Mon père est parti en zone libre pour se cacher, en avant-garde. Ma mère est restée pour garder un moyen de vivre, pour tenir le commerce. Il fallait bien manger. Et puis elle a été arrêtée. Le magasin, « surveillé » par un administrateur « aryen », comme tous les magasins appartenant à des juifs, a été confisqué, l’appartement, pillé et occupé par des « aryens ». Ma mère a été arrêtée parce que dénoncée comme ne portant pas l’étoile jaune. Elle a été internée à Drancy. On a fait tout ce que l’on pouvait pour essayer de la sauver, d’une manière ou d’une autre. Et puis elle a été emmenée, elle a fini par partir. J’ai appris que c’était pour Auschwitz en lisant le mémorial des juifs de France édité par S. Klarsfeld. On n’a plus jamais eu de nouvelles. Elle savait que tous les juifs allaient être tués. Cela se savait à Drancy. Elle nous l’a écrit dans des lettres passées clandestinement par les gardiens de Drancy, moyennant finance. J’avais quitté Orléans. J’étais dans un collège où j’ai achevé mes études secondaires et passé mon baccalauréat. Je suis passé clandestinement en zone libre rejoindre mon père. J’ai travaillé pendant un an en usine, tout en commençant à préparer une licence de chimie. J’ai participé à des mouvements clandestins, à la diffusion des brochures du Témoignage chrétien. Enfin, j’ai fait ce qu’un certain nombre de jeunes gens qui avaient dix-sept, dix-huit ans à cette époque-là en France ont fait. Et puis, là-dessus, la Libération. Je voulais être prêtre. C’était mon idée fixe. Mon père était tout à fait hostile. Alors, pendant deux ans, j’ai fait des études supérieures de Lettres. Je me suis mêlé de syndicalisme étudiant.

Q.I. - À Paris ?

M.L. - À Paris. En 1946, je suis entré au séminaire universitaire à Paris. En 1954, j’ai été ordonné. J’ai été aumônier des étudiants jusqu’en 1969. Responsable de l’aumônerie de la Sorbonne et d’autres universités parisiennes, j’ai connu beaucoup de monde dans le milieu intellectuel parisien à ce moment-là. Ensuite, pendant dix ans, j’ai été curé d’une paroisse au bout de Paris, près de Boulogne. Et puis, j’ai été nommé par le Pape, à ma grande surprise, évêque d’Orléans et, à ma plus grande surprise encore, archevêque de Paris. Voilà.

Q.I. - Comment se prennent ces décisions ? Savez-vous par quel processus vous avez été nommé archevêque de Paris ? Vous connaissiez le Pape personnellement ?

M.L. - Je l’ai connu seulement après avoir été nommé évêque. C’est lui qui a pris la décision. Le nonce du Pape présente des candidatures. Il dit : on pense à un tel, un tel. Et il prend des renseignements.

Q. - Alors il s’est dit : « Ce monsieur-là est d’origine juive » ?

M.L. - Oui, certainement.

Q.I. - Et c’est pour cette raison que vous avez été choisi ?

M.L. - Je n’en sais rien ; comment voulez-vous que je sache ?

Q.I. - Vous n’en avez jamais discuté avec le Pape ?

M.L. - Non, jamais. Mais quand j’ai été nommé, je lui ai écrit une lettre en lui expliquant que mes parents étaient de Bendzyn, que la majorité de ma famille était morte à Ausch-witz ou ailleurs en Pologne. Il le savait parfaitement au moment où il a décidé de me confier cette charge.

Q. - C’est une question vraiment très importante pour nous.

M.L. - Oui.

Q. - En quoi consiste votre travail comme archevêque ? Nous ne le savons pas.

M.L. - Si je le savais moi-même ! Je me bats contre une nuée de problèmes. Je dois aider les chrétiens qui se trouvent dans le département de la Seine, à Paris, à vivre dans la foi chrétienne, à vivre leur foi. Il y a aussi d’autres aspects. Comme la France est assez organisée et que Paris a un rôle important et que l’archevêque de Paris est un personnage, en un sens, officiel, il a fatalement un rôle de contacts avec toutes sortes de gens - cela, c’est ce qui paraît... c’est l’aspect le plus connu, c’est pourquoi je le mentionne en premier pour ne pas l’omettre. Les ambassadeurs des pays étrangers ont voulu me rendre des visites de courtoisie, mais je n’ai pas encore accepté ces visites parce que je n’ai pas eu le temps. Si je n’y prenais pas garde, je passerais tout mon temps à ces fonctions officielles. Car je dois le faire. Par exemple, il n’y a pas d’évêque étranger passant à Paris qui ne souhaite par courtoisie me rencontrer. Et ainsi de suite. Tout cela tient à la place qu’occupe Paris dans le monde actuel. Il y a par ailleurs le travail demandé à l’ensemble des évêques de France et parfois du monde entier en vue de certaines décisions. Les discussions sont très démocratiques, contrairement à ce qu’on croit peut-être. Beaucoup de gens se représentent le fonctionnement de l’Église comme celui du Comité central du parti communiste. (Rires.)

Q. - Vous possédez un appareil administratif ?

M.L. - Peu important et pas à la mesure des nécessités. Mais je reviens à ce que je considère comme la tâche principale. Être fidèle à la mission de prêtre et d’homme de Dieu pour ceux que je rencontre, des croyants pour la plupart, mais aussi des incroyants. Aider les communautés, les paroisses, les mouvements, les groupements à vivre de la foi, à vivre la vie chrétienne. En effet, les fidèles sont affrontés à des problèmes extrêmement difficiles étant donné le changement très rapide qui s’est opéré dans les moeurs, dans les conditions de vie et dans la situation de la foi. Il y a eu une évolution énorme en quelques dizaines d’années. Il est vrai que je pourrais très facilement me laisser enfermer dans un rôle officiel. Tout s’y prête. Je veux dire : toute la tradition française s’y prête. Et je souhaite ne pas le faire. Mais je dois lutter contre le courant pour y arriver.

Q. - Est-ce que vous avez le temps pour méditer ?

M.L. - Je le prends de force.

Q. - Et ça fait partie d’un emploi du temps ? Entre telle et telle heure, pas de rendez-vous...

M.L. - Oui, c’est ce que je fais. C’est la seule manière possible. Je prends une journée complète par semaine et chaque jour, je prends au moins une heure en plus des prières quotidiennes. Mais c’est la seule liberté que j’ai.

Q. - Maintenant, permettez-moi cette question : est-ce qu’un archevêque lit des livres non religieux ? Est-ce qu’il voit des projections de films ? Est-ce qu’il a la télévision ? Est-ce qu’il lit France-Soir ?

M.L. - Lorsque j’étais curé d’une paroisse, je considérais comme une nécessité de consacrer disons un tiers de mon temps à un travail personnel de lecture, de réflexion. Depuis que j’ai été projeté dans mes nouvelles responsabilités d’évê-que, j’ai été dévoré par les urgences. Je suis donc en grand danger de devenir abruti. (Rires.) Je ne plaisante pas. Je suis très conscient du danger. Je rentre très tard. Je n’ai plus le temps de regarder la télévision, je ne l’ai d’ailleurs jamais beaucoup regardée. Je n’ai plus le temps d’écouter la radio. Je ne vais plus au cinéma et je ne lis plus. Je considère que c’est une situation anormale.

Q. - Vous lisez les journaux ?

M.L. - Je les parcours. Je lis en vitesse les hebdomadaires. Mais ça ne peut pas durer comme ça.

Q. - Ça n’a pas l’air d’être très amusant votre situation ?

M.L. - Vous savez, je fais ce qui est demandé par ma responsabilité. Je ne le fais pas parce que je l’ai choisi, ni parce que ça m’amuse, mais parce que Dieu me le demande. C’est d’ailleurs ce qui rend cette vie possible dans la paix du cœur et de l’esprit.

Q. - Il est préférable d’être curé alors ?

M.L. - Oui.

Q. - En contact direct.

M.L. - Oui, de prêcher, de célébrer, de discuter avec des gens qui se posent les problèmes de la foi, d’aider les gens à vivre, d’annoncer l’amour que Dieu porte aux hommes.

Q. - Est-ce que vous remplissez aussi une fonction publique ?

M.L. - Pas directement. Que voulez-vous dire exactement ?

Q. - Un rapport avec le gouvernement ?

M.L. - Oui, je pense que c’est de mon devoir. La mission que j’ai reçue implique que je puisse, au moment venu, dire les exigences de la conscience morale, humaine et chrétienne. Pas d’abord et seulement en faisant une déclaration à la près- se. Car, souvent, l’appel à l’opinion publique est le signe qu’on en est arrivé aux derniers outrages. (Rires.) Si l’on veut dire quelque chose d’utile à un responsable politique, il faut le lui dire personnellement. Je pense donc qu’il est de mon devoir de connaître les principaux représentants des forces sociales, politiques et économiques de façon à ce que, nous connaissant, ils sachent à qui ils ont affaire, et que moi je sache à qui j’ai affaire. Homme de Dieu, je souhaite que mes interlocuteurs comprennent bien mon point de vue de croyant, au nom de quoi je parle en cherchant à être témoin de la justice, de la paix et de la vérité. Je dois avoir donné la preuve que je ne suis pas un partenaire intéressé qui va défendre des intérêts partisans ou faire pression dans le jeu politique. J’estime donc que j’ai le devoir d’avoir des relations aussi bien avec l’Elysée et avec le chef du gouvernement qu’avec les représentants de l’opposition et avec les représentants des principaux organismes de la vie publique.

Q. - Est-ce que la politique du Vatican est aussi discutée au niveau de l’Archevêché ?

M.L. - Plus ou moins. Je veux dire : ce qui se discute, ce sont les intérêts propres de l’Église. Par exemple, savoir ce que le Vatican va dire ou faire en Amérique du Sud n’est pas directement de notre ressort. Mais nous pouvons exprimer notre avis.

Q.I. - Est-ce que vous avez des rapports assidus avec le Vatican ? Est-ce que vous envoyez des rapports très souvent ?

M.L. - Non. Mais vraiment, je suis neuf, moi, là-dedans. Il y a des rapports institutionnels prévus : les évêques viennent tous les cinq ans rendre visite au Pape.

Q.I. - Une fois tous les cinq ans ?

M.L. - Une fois tous les cinq ans, les épisco-pats se déplacent et font une espèce de point de la situation dans leur pays. Mais Jean Paul II, lui, a inauguré un autre mode de rapports : c’est lui qui se déplace et qui, du coup, provoque le rassemblement des responsables d’une population. Mais sur les problèmes particuliers, il y a des groupes de travail, les organisations nationales des Églises délèguent quelqu’un. Il y a à Rome des traditions multiséculaires concernant la conduite des affaires de l’Église. Un des problèmes de l’après-concile fut précisément de les rénover et de faire en sorte que l’ensemble des Églises nationales puisse y participer. C’est actuellement l’un des soucis majeurs du Pape d’éviter que l’administration vaticane ne devienne une administration centrale pesante. Il veut, selon les orientations du second concile du Vatican, faire en sorte que l’ensemble des évêques du monde entier puisse participer, apporter leur concours pour le gouvernement de l’Église entière. Je prends un exemple. Le Droit interne à l’Église est très important. Il a été plusieurs fois réformé au cours des siècles. La dernière rédaction date du début du siècle. Une refonte du Droit est en cours. Elle a été élaborée par une commission composée d’experts internationaux, d’évêques et cardinaux, au travail depuis plus de dix ans. Avant de la promulguer, le Pape a fait un dernier appel à des évêques du monde entier pour qu’ils viennent critiquer ce texte et le soumettre à une nouvelle et dernière élaboration.

Q. - Vous savez sans doute que nous avons en Israël des partis politiques qui sont des partis religieux.

M.L. - Oui.

Q. - Au moins trois, sinon plus actuellement.

M.L. - Oui...

Q. - Comment considérez-vous ce mariage entre la politique proprement dite et la religion ?

M.L. - Vous me posez une question piégée. Je ne peux pas me prononcer sur une question de politique intérieure à l’État d’Israël...

Q. - Est-ce que, automatiquement, pour vous, un parti religieux chrétien serait un parti de droite ? M.L. - Non. Il pourrait aussi bien être de gauche. On peut très bien avoir un parti d’inspiration chrétienne qui serait progressiste. Mais votre question est de savoir s’il est légitime de transformer un État démocratique en théocratie ?

Q. - Notre question concerne Israël.

M.L. - Pour Israël, c’est une autre affaire, encore plus grave en raison de la signification religieuse héritée de la Bible au sujet de la Royauté en Israël.

Q. - Nous avons des partis politiques que nous appelons d’extrême droite et qui veulent imposer leur loi à l’État. Vous aviez suivi l’histoire des fouilles à Jérusalem... ?

M.L. - Oui.

Q. - Notre « Église », excusez-moi du terme, la Rabbanout a été à ce propos en conflit déclaré avec le gouvernement.

M.L. - Comment puis-je répondre sans porter un jugement...

Q. - Alors, quel est votre dernier avis sur cette question ?

M.L. - Il ne faut pas que vous vous serviez de moi pour régler vos comptes ! (Rires.)

Q. - Pourrait-il être interdit par le chef des chrétiens de faire des fouilles à l’endroit où l’on suppose qu’il peut y avoir eu, il y a deux mille ans, un cimetière ?

M.L. - Certainement pas.

Q. - Pour lui, ces fouilles ne sont pas un manque de respect ?

M.L. - Certainement pas...

Q. - Nos partis religieux ont essayé de nous dire le contraire. Quand nous les avons attaqués dans les journaux, ils nous ont dit : mais dans toutes les autres communautés religieuses, par exemple chez les chrétiens, c’est la même chose. On n’a pas le droit de faire des fouilles à l’endroit où l’on suppose qu’il y a eu des ossements.

M.L. - Au contraire ! À Rome, c’est Pie XII et ses successeurs qui ont voulu les fouilles au Vatican sur un cimetière. Il n’y aurait profanation sacrilège que s’il y avait volonté d’insulter ou s’il y avait un manque de respect à l’égard de ce qu’un homme peut penser ou à l’égard de ce qui lui paraît vénérable. Mais ce n’est pas le cas, j’imagine ? Je sais que ces fouilles ont soulevé des réactions véhémentes aussi bien du côté musulman que du côté des juifs orthodoxes. Mais ces fouilles ont un intérêt inappréciable pour la connaissance de l’histoire du judaïsme et du christianisme.

Ql. - Quand êtes-vous allé pour la dernière fois à Jérusalem ?

M.L. - En 1977.

Q.I. - Quand vous y allez, quel genre de gens rencontrez-vous ?

M.L. - Le plus de gens possible. N’importe qui.

Q. - Pas seulement les gens d’Église ?

M.L. - Non. J’y suis allé dans des conditions différentes. Pendant dix ou quinze ans, j’y suis allé presque tous les étés avec des groupes d’étudiants.

Q. - Dans un but d’enseignement ?

M.L. - En pèlerinage. Pour la découverte des lieux saints. Et puis, nous avions des rencontres organisées systématiquement aussi bien avec des musulmans et des chrétiens palestiniens qu’avec des Israéliens. Nous avons eu des rencontres régulières à l’université de Jérusalem. Nous visitions toujours un kibboutz. Bref, ce qu’il est convenu de faire habituellement quand on fait un voyage de quinze jours ou de trois semaines et qu’on veut montrer différentes réalités. Ces voyages répétés m’ont permis de nombreux contacts, bien que, conducteur de groupe, j’eusse alors peu de temps personnel, je ne pouvais pas m’échapper pour faire des visites. Mais, chaque fois que je le pouvais, je tâchais de rencontrer des gens, dans la vie... au hasard des rencontres.

Q.I. - Est-ce que vous avez connu des hommes d’État israéliens ?

M.L. - Pratiquement pas. J’ai rencontré Ben Gourion dans son kibboutz.

Q.I. - À Sdé-Boker ?

M.L. - À Sdé-Boker. Mais je ne peux pas dire du tout que je l’aie bien connu.

Q. - Et Israël vous a plu ?

M.L. - Ah oui ! (Rires.) Qu’est-ce que ça veut dire, cette question : « Ça vous a plu » ?

Q.I. - Eh bien, la solution israélienne pour Jérusalem ?

M.L. - Ce qui me semble être la position minimale, c’est que les lieux saints soient accessibles à tous, soient sortis du champ d’appropriation nationale, d’une manière ou d’une autre. Qu’ils soient accessibles aux hommes de différentes religions qui y sont effectivement représentés, musulmans, juifs ou chrétiens, avec une garantie internationale.

Q. - Est-ce que vous avez des rapports avec la communauté juive en France ? Est-ce que vous avez vu le Grand Rabbin Sirat ?

M.L. - J’ai rencontré le Grand Rabbin Sirat. Et le Grand Rabbin de Paris, Alain Goldmann, également. Ainsi que le Grand Rabbin Chouchena. Mais disons que je débute seulement dans mes fonctions d’archevêque de Paris...

Q. - Il n’y a pas de méfiance mutuelle, entre vous et le chef de la communauté juive ?

M.L. - Je sais que certains de mes propos ont été vivement relevés par le Grand Rabbin Sirat dans des articles que vous connaissez bien. Dans les rencontres ultérieures que nous avons eues, il m’a témoigné amitié et cordialité. Il avait pris mes paroles adressées aux journalistes en un sens différent de celui où je les avais employées. Je ne parlais pas juridiquement ; j’employais le langage de tout le monde et j’exprimais un attachement, une conviction personnelle. Donc je pense que les choses sont claires. Je l’espère, en tout cas. Quant à la communauté juive, je n’ai pas encore eu l’occasion de la rencontrer vraiment. Pour vous dire la vérité, je ne suis pas sépharade. J’ai des amis sépharades, mais je connais mieux les juifs d’Europe que ceux d’Afrique du Nord.

(...)

Q. - J’ai une autre question. Puisque vous avez vécu à l’époque de l’holocauste, vous en avez souffert. Comment est-ce que l’holocauste s’inscrit dans la logique de l’Histoire ? Qu’est-ce qui s’est produit pour qu’une telle chose puisse arriver... ? Et comment un homme religieux comme vous peut-il expliquer cela ?

M.L. - Dans ce monde, l’homme est aux prises avec le pire. Il est aux prises avec sa propre négation. Dans ce monde, l’absolu pour lequel l’homme est fait, qui est sa condition divine, s’inverse en une condition infernale, insondable, vraiment insoutenable. Dans le cas de la Shoa (je préfère dire la Shoa plutôt que l’holocauste, parce que l’holocauste cela veut dire autre chose, c’est l’offrande apportée volontairement pour rendre gloire à Dieu), il y a eu une volonté d’extermination. Et ce qui est le plus intolérable, ce n’est pas seulement que des hommes aient été ainsi massacrés, exterminés, comme le sont encore aujourd’hui quantité de gens de par le monde pour une raison ou pour une autre ; mais que ces hommes l’aient été sans autre raison que le fait qu’ils étaient juifs. Les nazis ont eu d’autres ennemis, d’autres adversaires, et ils n’ont pas subi le même sort pour la même raison infernale. La seule raison, c’était qu’ils étaient juifs. C’est donc un crime qui va au-delà de tout ce qu’on peut imaginer. La négation même d’autrui. Au début, vous m’avez demandé : « Qu’est-ce que c’est qu’un juif ? » J’ai dit un homme porteur d’une élection pour autrui. Et voici que pour cette raison-là, il est rejeté et tué. On arrive là à une limite de la haine homicide. Cette haine projette une lumière extrême et insoutenable sur le destin du peuple juif et le destin de l’humanité. Car cette lumière dévoile en fait un abîme d’obscurité dans l’homme. Je pense que la seule réponse possible c’est le silence. On ne peut pas en parler. Même quand on veut en parler, on ne peut pas en parler, parce que c’est insoutenable. La seule chose que je pense au fond de moi-même, c’est que, d’un mal qui est absolu, Dieu cependant peut tirer un bien absolu. De quelle façon ? Je ne sais, mais je crois que tous ceux qui ont été victimes ainsi sont sûrement bien-aimés de Dieu.

Q. - Il faut la foi, pour parler ainsi.

M.L. - Oui, je sais... Je vous parle comme je peux. Deuxièmement, je pense que, quelque part, ceux-là appartiennent à la souffrance du Messie. Mais seul Dieu peut le dire, pas moi. Et que, un jour, ceux qui les ont persécutés reconnaîtront que c’est grâce à eux que nous sommes sauvés. Je ne sais pas... Il ne faut sans doute pas dire des choses pareilles. Et pourtant, c’est ce que je pense, mais ce n’est pas une justification. En tout cas, Israël joue un rôle de révélateur par rapport à quelque chose qui est dans l’Histoire et à ce qui est dans le cœur des hommes.

Q. - Mais cela peut se reproduire.

M.L. - Cela peut se reproduire et cela se reproduit. On frémit à la pensée qu’un pareil malheur pourrait arriver à nouveau. Car ce qui est arrivé ne fut pas simplement un accident. Ce qui est arrivé met à nu la condition humaine. Il faut donc demeurer constamment vigilant. Nous savons maintenant ce qui peut exister au cœur des sociétés. Les hommes qui veulent le bien, qui veulent la dignité, qui ont la foi, doivent donc demeurer vigilants. Car le pire dans cette affaire, ce n’est pas seulement que des crimes aient été commis, mais que des hommes aient voulu se justifier de les avoir commis. Il y a donc deux crimes. Il y a celui qui a été commis. Mais on savait déjà que les hommes sont cruels. Et il y a celui, plus grave encore peut-être, et qui s’étale sur notre temps, de vouloir justifier le crime, de chercher des raisons aux actes de ceux qui l’ont accompli, de lui trouver une raison d’être au lieu de le dénoncer. Voyez, ces jours derniers encore, on a cherché à expliquer l’assassinat du président Sadate. On cherche les raisons du criminel. Le courage des victimes, des innocents, lui, ne peut se dire ni s’expliquer. On veut aujourd’hui justifier la violence. Cela révèle un obscurcissement de l’esprit. Une espèce de voile sur le jugement. Et la Shoa ne s’est pas produite dans des temps barbares, au temps des Huns, je ne sais où. Elle s’est produite dans l’Europe, après le XVIIIe siècle, après le Siècle des Lumières.

Q. - J’ai lu dans le journal une phrase de vous qui m’a frappé et que je trouve très belle. J’aurais voulu que vous la répétiez pour nous et que vous l’expliquiez. Vous avez dit : « Ma nomination, pour moi, ce fut comme si tout à coup les crucifix s’étaient mis à porter l’étoile jaune. »

M.L. - Oui, je vous la redis, mais je peux difficilement ajouter quelque chose.

Q. - C’est une phrase qui rend justice aux juifs qui ont été persécutés et qui ont été obligés de porter l’étoile jaune.

M.L. - Oui. Malgré eux, sans qu’ils l’aient voulu, ils ont été la figure de l’innocence dans ce monde. Malgré eux : oh ne choisit pas d’être un héros. Je sais bien que tous ceux qui sont morts là-bas n’étaient pas des héros. Mais, injustement persécutés, ils ont porté la figure de l’innocence et du droit. Des gens veulent nier la réalité des faits, les camps de concentration, etc. Par là, se révèle non seulement leur mauvaise conscience mais aussi leur vouloir secret de nier l’innocence, d’écarter le regard de l’innocence. Dans ce monde, on accepte que l’innocence soit bafouée. Et ensuite on ne supporte plus que l’innocence soit reconnue. Prendre sur soi la figure de l’innocence, voilà qui est au cœur de la foi d’Israël : c’est la figure du Serviteur, dans Isaïe.

Q.I. - En tant que l’un des grands prélats de l’Église catholique, vous sentez-vous une obligation morale envers le peuple juif ?

M.L. - Bien sûr. Mais j’ai ce sentiment depuis le début. Et j’estime que tout homme doit l’avoir. Ma fonction ne change rien à ce sentiment et à cette obligation. J’ajouterais seulement que, chaque fois qu’il y a eu persécution des juifs, il y a eu reniement du christianisme. Les chrétiens qui ont persécuté les juifs, que ce soient des hommes politiques, que ce soient des hommes d’Église ont péché gravement contre Dieu et contre les juifs. Ces actes furent autant de reniements de leur fidélité chrétienne. Ce n’est pas un contentieux national ou ethnique. Cela touche à la foi elle-même. Et la preuve, c’est que leur attitude fut souvent habillée par eux de raisons religieuses.

Q. - Avez-vous des intentions de visite en Israël ?

M.L. - Je le voudrais. Je ne sais pas encore.

(...)

Q. - J’aurais encore une question. Je voudrais savoir si vous croyez que l’Église aurait pu faire plus pendant la guerre pour sauver des juifs ?

M.L. - Des études historiques sont encore en cours. Le jugement que l’on porte après les événements est toujours différent de celui que l’on porte sur le moment. Rappelez-vous l’attitude des dirigeants alliés à cet égard pendant la guerre... Il y a sur ce sujet les recherches de Saul Friedlander, de Léon Papeleux. Il faudra qu’elles se poursuivent. Il y a eu de véritables réseaux de chrétiens qui se constituèrent pour sauver les juifs. De toutes les institutions morales et sociales, l’Église est sans doute celle qui a. sauvé le plus de juifs. Elle pouvait, elle devait le faire. Certains reprochent qu’elle s’y soit mise assez tard pour dénoncer l’antisémitisme. Pie XI déjà l’avait fait...

Q.I. - Est-ce que vous connaissez l’attitude du Pape présent envers Israël et les juifs ?

M.L. - Il est sûrement le Pape qui, dans l’Histoire, est le mieux placé pour comprendre ce qu’a été la condition juive. Parce qu’il l’a vue à travers l’expérience de l’Europe de l’Est et avec sympathie. Ce qui est tout différent que de le voir à travers celle de l’Europe occidentale. Un Italien n’a qu’une idée très partielle de ce qu’est la condition juive. Étant donné ce qu’était la Pologne comme pivot de la condition juive d’Europe centrale, il est au courant de façon tout à fait singulière, parce que directe, y compris des préjugés, y compris de l’antisémitisme, dans ce qu’il a de plus irrationnel et antichrétien. On ne connaît cela nulle part aussi bien qu’en Pologne et en Lituanie. Si l’on veut comprendre les origines du nationalisme juif, du sentiment national juif, avant la naissance de l’État d’Israël, il faut se rappeler que c’est en Pologne, ou en Europe centrale, qu’il s’est formé. Et d’autre part, il y a de sa part certainement une très grande estime, un très grand respect spirituel à l’égard du judaïsme.

Q.I. - Une dernière question : comment expliquez-vous la séduction qu’a exercée l’État d’Israël sur l’opinion publique chrétienne au moment de sa fondation ?

M.L. - Dans son origine, l’État d’Israël fut une utopie, il s’est bâti comme devant être une réalisation d’équité et de justice. Je me rappelle les premières phrases que j’ai entendues en Israël en 1950 : « Ici, la police est honnête... Ici, personne ne triche... »

Q.I. - On a évolué... (Rires.)

M.L. - Il y avait une espèce de sentiment d’innocence. En Israël, il n’y avait pas de voleurs. Il y avait quand même des prisons, mais enfin, pas de mauvais brigands. Héritier du patrimoine juif, cet État devait être une réalisation exemplaire. Mais après cela, il y a eu le même écart visible qu’entre une nation qui se dit chrétienne et sa politique.

Q. - Cependant, lorsque vous lisez dans le journal qu’Israël a fait telle ou telle chose en tant qu’État, dans son comportement envers les Palestiniens par exemple, il est toujours jugé très durement.

M.L. - Oui, tout se passe comme si le reproche était redoublé.

Q. - On attend donc plus d’Israël que d’un autre pays ?

M.L. - Oui. Parce que l’on a souvent d’Israël une vision idéale et chimérique. On garde l’idée qu’en avaient les fondateurs, nourrie de toute l’exigence biblique de justice et de vérité.

Q. - Mais c’est un malheur pour nous, si l’on attend trop d’Israël ?

M.L. - Oui, je sais. Car, en fait, c’est un pays qui, comme tout autre, ne peut pas ne pas faire des erreurs !

Q.I. - Et pécher, bien sûr ! (Rires.)

M.L. - Et pécher. À condition de ne pas oublier que ce sont les Prophètes d’Israël qui ont appelé les hommes au repentir.


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(1) Courant de pensée qui s’est manifesté en Israël parmi les pionniers et qui préconisait l’abandon de toute qualification juive. Par la suite, le mouvement appela les juifs d’Israël à fusionner avec les non-juifs dans un système politique et culturel local.

(2) 3. Nom de la figue de Barbarie, coriace à l’extérieur mais douce à l’intérieur. Nom donné aux juifs nés dans le pays d’Israël.