25 août 2006

JUSQU'A QUAND ? par A . AZOULAY



Jusqu’a quand ? Avraham Azoulay

Le P’tit Hebdo
24 ao?t 2006

Quand on a entendu le mot « cessez le feu »,
mon petit garçon m’a demandé tout naturellement « jusqu’a quand » ?
Je l’ai regardé et, mal a l’aise, je n’ai su quoi lui répondre.

Comme beaucoup d’entre vous, j’imagine,

je ne comprends pas ce qui s’est exactement passé. Je ne sais pas plus que mon voisin de droite a la synagogue, si nous aurions du aller plus vite pour entreprendre cette guerre, ni plus que mon voisin de gauche, qui affirme, au contraire, qu’on y est allé trop rapidement.

Je ne sais pas "prophétiser" comme ces pontes des médias, qui semblent avoir tout compris, tout entendu, et qui détiennent, eux, la vérité qui nous échappe.

Je ne sais pas vraiment si le Premier Ministre avait pensé a tout, si le ministre de la défense avait tout prévu, ou si le chef d’état-major avait tout programmé.

Comme nous tous, je m’interroge et je reconnais humblement que je ne sais pas.

Par contre, j’ai pu constater, pendant ces 33 jours de combat, des phénomenes uniques, spécifiques au pays, et qui, peut etre, ont échappé aux spécialistes de la guerre.

Nous avons tous entendu parler des souffrances d’un million d’habitants du nord d’Israël, qui, malgré un mois dans les abris, entre angoisse et promiscuité,

n’avaient qu’un mot a la bouche : « Continuez ».

J’ai été, comme chacun dans ce pays, impressionné par le courage de nos soldats qui, meme du front, n’hésitaient pas a envoyer des messages rassurants a tout un peuple dans l’attente. Nous avons été témoins d’actes de solidarité qui dépassent l’imagination : dons de cartables, de nourriture, de couches pour enfants ; offres de loisirs, visites d’artistes, et de tous les corps de métiers qui se sont donnés rendez-vous dans les abris ou dans les hôpitaux. Une solidarité qui persiste sans s’essouffler, pour construire l’apres, la suite.

Car la plus belle réponse a Amalek, qui veut nous détruire aussi moralement, c’est celle qu’ont apportée les Israéliens, des le lendemain de l’annonce du cessez le feu : Ils ont pris d’assaut les gîtes et les hôtels du nord du pays. C’est aussi celle qu’ont apportée un grand nombre de juifs de l’Hexagone : arrivés en masse dans le pays, ils témoignent ainsi, comme toujours, de leur soutien inconditionnel a Israël.

Alors, jusqu’a quand, le cessez le feu, mon fils ? - Je ne sais pas.

Jusqu’a quand les tensions entre nous ? - Je ne sais pas non plus.

Mais il y a une chose que je sais avec certitude, et dont toi aussi tu peux etre sur : c’est que nous faisons partie, toi et moi, d’un peuple étonnant, courageux et solidaire, un peuple plein d’une foi indestructible en D. et en Sa justice. Oui mon fils, ça je le sais !

Avraham Azoulay

© Le P’tit Hebdo

[Texte aimablement communiqué par Hector Chemla (Israël).]

Mis en ligne le 24 aout 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org