De WEIZMANN David ,
Transmis par SEMHOUN Sylvain.
Mon cher Yves,
Je trouve que le texte que tu m'adresses en copie est grave.
Parce qu'il engage son auteur et que son auteur
est une femme politique qui préside a la fois
l'ADFI et l'UNIFAN dont la plupart des membres
ne font certainement pas partie des 9%.
Pour qui parle-t-elle ? Pourquoi parle-t-elle ?
Au nom de quoi ? Au nom de qui ?
J'ai passé 2 jours dans le Nord la semaine derniere
pour réaliser un reportage photo que j'adresserai demain
a tous les services de presse des ambassades israéliennes en Europe.
Ces dernirres n'ont, tu t'en doutes, aucun matériel de communication.
La petite Fondation pour l'Image d'Israël
que j'ai mise en place avec quelques copains s'en occupe.
J'ai vu des gamins de 19 ans revenir en morceaux.
J'ai vu des enfants enfermés depuis des jours dans leurs abris,
sans air, sans jouet, sans espoir.
J'ai vu des handicapés qui ne peuvent pas descendre dans les abris.
Des pauvres qui n'ont pas 100 NIS pour prendre un bus
avec leurs enfants pour aller "au sud".
La guerre, et c'est la un discours marxiste,
exacerbe toutes les tensions, y compris les tensions sociales.
Oui, ce sont les pauvres et les malheureux qui en souffent
le plus et je ne le supporte pas plus que toi.
Tu sais que je suis un homme de la gauche française,
que la gauche a été en France pendant vingt ans
ma famille politique et que je garde des contacts avec
des membres de cette famille.
Mais ils comprennent, comme moi, que cette guerre-la
n'est pas celle d'Odessa que Jean Ferra dénonçait
"un marin ne tirera pas sur un autre marin"
ou celle que Jabotinsky dénonçait bien avant lui
entre la Russie et la Pologne au début des années 1920,
"un juif ne tirera plus sur un autre juif".
Cette guerre la mon cher Yves ne laisse aucune place
a l'analyse marxienne, parce qu'elle n'exprime pas un conflit de classe,
mais un conflit encore plus douloureux et misérable,
plus dangereux et détestable.
Mme Poznanski ne l'a pas compris,
or il s'agit bien encore et toujours du refus
que nous les Juifs puissions vivre en Israël.
Le Nord est, vu de Tel Aviv ou de Raanana, un autre pays.
Cela ne me plait pas. Alors j'y retournerai, dans les abris,
dans les villages arabes, dans les zones militaires
pour continuer mon travail d'information.
Meme mes amis journalistes politiques d'Haaretz
ou notre actuel ministre de la Défense,
qui avaient autrefois leur carte a Shalom Archav,
ne s'y trompent pas.
Parce qu'ils ont vu que les soldats du Hezbollah crient
"vive la mort", font le salut nazi,
tout comme le grand Mufti de Jérusalem a l'époque nazie.
Nos soldats se battent pour la vie.
Et il s'agit-la d'une cause juste,
celle de la survie du peuple d'Israel.
Jusqu'ici, jusque la, l'histoire du peuple juif
depuis 2000 ans a été celle d'un massacre.
"Jusqu'ici" a dit Ehud Olmert. Et je suis solidaire de ses propos,
de son action, de son ambition.
Daphna Poznanski est une amie qui n'entend pas
le vol noir des corbeaux dans la plaine.
Qu'elle se taise.
Je t'embrasse,
David.