16 octobre 2007
LA LETTRE DE GUY MOQUET
DOCUMENT.
Lors d'une cérémonie au Monument de la Cascade du Bois de Boulogne,
Nicolas Sarkozy a annoncé que sa "première décision"
de président sera de faire lire chaque année dans tous
les lycées la dernière lettre du jeune résistant Guy Môquet,
fusillé à 17 ans en 1941.
Lefigaro.fr vous en propose le contenu.
"Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé,
Je vais mourir !
Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman,
c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant
que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu
vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur,
c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu
le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères
Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas !
J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles
pourront servir à Serge, qui je l'escompte sera fier de les
porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi
qu'à ma petite maman, bien des peines,
je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon
mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime
beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans 1/2, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret,
si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec
Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande,
ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse
et de surmonter ta peine.
Je ne peux en mettre davantage.
Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa,
en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant. Courage !
Votre Guy qui vous aime.
Guy
Dernières pensées :
Vous tous qui restez, soyez dignes de nous,
les 27 qui allons mourir !"