Nicolas Sarkozy, plaidoyer pour la Paix
Editorial de la semaine du 27/10/2007
Par Guy Senbel pour Guysen International News
Sur le Site de GUYSEN
Vendredi 26 octobre 2007
Cette semaine, nous souhaiterions attirer l’attention
de nos lecteurs sur le projet de Forum Méditerranéen
présenté mardi 23 octobre au Maroc par le Président
français Nicolas Sarkozy. L’enthousiaste appel lancé
depuis la ville de Tanger en faveur d’une Union
méditerranéenne pour la paix et la coopération entre
les cultures et les peuples, invitant les pays concernés
à « surmonter leurs différends », n’aura malheureusement
pas rencontré l’enthousiasme mérité.
Journaux et magazines auront plutôt marqué leur intérêt
pour l’infra-politique, remettant en scène la saga d’un
couple présidentiel désuni et dont le divorce attendu
rassure plutôt les Français sur la sincérité des rapports
humains au plus haut niveau de l’Etat.
Tout le monde a compris le drame intime qui les a faits
souffrir, en silence ; l’inélégante impudeur des grands
titres n’était donc pas nécessaire.
Car pour Nicolas Sarkozy, la première dame de France
s’appelle République, synonyme de responsabilité et de
partage, et de lucidité aussi. Car dans le berceau marin
de la civilisation occidentale, « nous gagnerons tout,
ou nous perdrons tout ».
La résistance aux fatalismes aura suscité plus de méfiance
que d’enthousiasme. Méfiance à Bruxelles où l’on craint
un projet qui viendrait faire concurrence avec une
coopération inégale et partielle entre l’Union européenne
et les pays de la Méditerranée.
Méfiance dans la presse qui a plutôt souligné les fastes
d’un accueil royal, moqueuse de la solennité d’un appel,
enthousiaste aussi, qui invite les pays méditerranéens à
tenir une réunion au sommet en France au mois de juin 2008.
Pessimiste et lassante méfiance de ceux qui ne croient pas
que les pays de la Méditerranée pourraient partager le rêve
des « pères fondateurs de l’Europe, qui ont fait travailler
ensemble des gens qui se haïssaient pour les habituer à ne
plus se haïr ».
Rêve audacieux mais courageux, rêve de dialogue et de paix.
En témoigne le discours enthousiaste prononcé par Ehoud Olmert
lundi 22 octobre devant des Juifs de France rassemblés par le
CRIF, quelques heures après sa rencontre avec le Président
français : « J’ai rencontré un homme qui est un ami sincère
et véritable de l’Etat d’Israël et du peuple juif » a
répété le Premier ministre israélien, visiblement encouragé
et ému par l’amitié et l’authenticité contenues dans leurs
échanges.
Impopulaire en Israël, Ehoud Olmert a pu mesurer sa popularité
européenne. Rassurant, il a voulu rappeler que la rencontre
d’Annapolis ne sera pas une conférence de paix au sens où le
furent Oslo et Camp David, symboles de l’échec israélien
à vouloir une paix que les Palestiniens n’étaient pas prêts
à appliquer.
Dans son discours réaliste et visionnaire, Nicolas Sarkozy a eu
raison d’affirmer son lyrisme pour valoriser « le plus beau et
le plus grand idéal humain, au nom de nos enfants qui un jour
nous demanderont compte de ce que nous avons fait »…
Trois de nos enfants se demandent en ce moment ce que nous
faisons. Ils croupissent dans les geôles du Hamas et du
Hezbollah.
Ce soir, nous pensons à Guilad Shalit, Eldad Reguev et
Ehoud Goldwasser, privés de liberté depuis seize mois.
Ce soir, nous pensons à leurs parents, à leurs familles,
à leurs amis, privés d’espoir.