17 janvier 2008

HOMMAGE à RUTH SHAHAR

JEUDI 17 JANVIER 2008
Pour ne pas oublier cet Hommage à RUTH SHAHAR (zal)
Sur Guysen International News

Hommage à Ruth Shahar, figure de l’Alya d’Algérie
Par Stephanie Zenati pour Guysen International News

Jeudi 17 janvier 2008 à 06:56

Lorsque les "évènements" d’Algérie éclatent en 1954, la communauté juive du pays se retrouve face à un dilemme qu’elle résume en ces mots : "la valise ou le cercueil". Et pour beaucoup, la valise c’est en France qu’ils iront la poser, faisant d’Israël une destination secondaire dans cet exil. Un reproche souvent lancé à tort contre les juifs d’Algérie, car certains s’étaient pourtant installés sur le sol hébreu bien avant le début des hostilités. Parmi eux, Ruth Shahar qui s’est éteinte le mois dernier, mais qui restera une pionnière dans l’Alya d’Algérie. Hommage.

Ruth Shahar, née Laurette Sebaoun, comprend très vite qu’Israël sera son pays et le lieu où elle pourra assouvir ses idéaux sionistes.

En avril 1945, à peine âgée d’une vingtaine d’années, cette jeune fille quitte sa famille, appartenant à la bourgeoisie algéroise, et part avec le groupe de Faty et Moshé Hababou, pour aller s’installer en Palestine, alors sous mandat britannique.

Une grande première pour ses juifs d’Afrique du nord, pionniers dans cette aventure. Ces derniers s’établissent dans un premier temps dans un kibboutz, Hachomer Atsour, avant de rejoindre une localité face à Kalkilya, actuellement située en Judée-Samarie.

Car ce petit groupe a un objectif clair : veiller à la sécurité de l’Etat hébreu en pleine construction, et s’assurer de son bon développement. Ainsi, en s’installant dans ce point de peuplement, ces derniers peuvent œuvrer pour protéger Kfar Saba, une ville qui dès 1949 deviendra frontalière avec la 'ligne verte', autrement dit à la limite du territoire israélien.

Faire d’Israël un territoire prospère est bien la devise de Ruth Shahar, qui pendant près de 60 ans poursuit cet idéal qui l’a conduite en Terre sainte. Elle est aidée par son mari, Gad Shahar, issu de l’Alya tunisienne, puis par les nouveaux immigrants venus d’Alger, d’Oran ou de Tunis, qui renforcent le groupe francophone.

De plus en plus nombreux, ces derniers fondent en juillet 1949 le kibboutz Regavim.
Un nouveau point de peuplement bâti entièrement par ces pionniers nord-africains et italiens, qui une fois encore, permet de veiller sur les villes à proximité, à savoir Zikron, située au pied de la chaîne du Carmel, et Cesarée, sur la côte méditerranéenne.

L’engagement profondément sioniste de ces immigrants se matérialise et se concrétise alors au sein de l’Etat hébreu.
A titre d’exemple, Ruth Shahar s’engage à aider Moriel, une association qui œuvre pour la mémoire et la tradition des Juifs d’Algérie, à organiser, chaque année, au kibboutz Regavim, le grand rassemblement de ‘Yom Hastmaout’, le jour de l’indépendance.

L’occasion d’une fête qui n’est pas sans rappeler l’histoire de ce petit pays et les épreuves qu’il a dû traverser. Une manière également pour elle de restaurer la dignité du judaïsme d’Algérie dont elle est issue, et qui a bien souvent souffert des critiques lancées à son encontre, l’accusant notamment d’avoir préféré la France à l’Etat hébreu, en 1962.

Un thème qui sera d’ailleurs au cœur des discussions lors du grand 'congrès mondial du judaïsme d’Algérie', un évènement qui se tiendra à Jérusalem en mars prochain.

En attendant, Guysen souhaitait rendre un dernier hommage à cette femme qui restera une figure marquante dans l’histoire des juifs d’Algérie en Israël.
Décédée le 27 décembre dernier,
la cérémonie des ‘chlochim’aura lieu ce vendredi 18 janvier.