Parachat de la semaine: Chémot
PARACHA : CHEMOTH Le 29 DECEMBRE 2007
La vraie compassion
« Moïse grandit, il alla parmi ses frères et vit leur profonde détresse » (Chemot 2 : 11).
Rachi commente : « Moïse leur prêta une grande attention, entrevit leurs souffrances et en fut très affligé ». Conscient de la peine endurée par le peuple juif, Moïse fit plus que partager leur douleur par la pensée… Moïse, pour sa part, délaissa son bien-être et son confort pour partager le difficile sort de ses frères juifs… et il s’empressa de leur apporter son aide effective.
Le Midrash rapporte que Moïse vit leurs souffrances et s’épancha dans un sanglot : « Cela me désole de vous voir ainsi. Si seulement, je pouvais mourir pour vous éviter tant de peines… et Moïse les aida à transporter leurs lourds chargements sur ses épaules ».
Moïse insista pour partager leurs souffrances afin, d’une part, d’alléger leur tâche, mais surtout, pour mieux les connaître et les comprendre…
Son implication, profondément sincère et affective, fut la raison pour laquelle il ne put admettre l’injustice dont ils étaient victimes.
Lorsqu’il vit deux juifs se battre, il intervint promptement « Pourquoi vous battez-vous l’un l’autre ? »
Cette même sensibilité poussa Moïse à secourir les filles de Yithro des mains des bergers malfaisants qui les empêchaient d’abreuver leur troupeau.
Moïse, profondément peiné à la vue de la souffrance humaine, s’ingénia toujours à assister les personnes en danger ou dans le besoin.
Le Rabbi de Gour, Sfat Emet, avait l’habitude de dire que l’habilité de chacun à s’aider soi-même se mesurait à l’aune de ses facultés à aider son prochain.
Une femme enceinte rendit un jour visite au Rav Haïm Brisker et lui dit qu’elle devait accoucher incessamment mais qu’elle n’avait pas les moyens de subvenir à ses besoins ni à ceux de l’enfant à naître.
Le Rav demanda à son épouse « Pourquoi n’y a-t-il pas d’association humanitaire qui s’occupe de venir en aide à des femmes dans cette situation ? » La Rabbanite lui dit qu’elle connaissait cette dame et qu’elle avait appris que son mari l’avait abandonnée depuis plusieurs mois, la laissant sans ressources… « Dans ce cas, nous devons accueillir cette jeune femme, prendre soin d’elle pour l’accouchement et lui accorder des subsides pendant deux ans, le temps qu’elle puisse rétablir sa situation », affirma le Rav .
C’est ce qui arriva. Le Rav Haïm s’occupa de la Brit Mila qui eut lieu chez eux et il assura la subsistance de la mère et de l’enfant comme promis (Ouvdot vé Anhagot le Beth Brisk).
Le fait d’avoir partagé la peine de son prochain représentait pour le Rav Haïm Brisker une mitsva aussi importante que celle de prier ou d’étudier la Torah « Quand une âme en peine me rend visite, disait-il, ses problèmes me touchent tant que j’en perds mon appétit et mon sommeil » (Er’Ah le Anav).
Le Rav Zalman Montzapi organisa un jour une grande manifestation au profit des couples sans enfants. Il demanda qu’une liste des noms de ces couples soit établie afin qu’il puisse prier pour eux…
Quand les gens arrivèrent à la Maison d’études où se déroulait la manifestation, le Rav Zalman, à la vue du très grand nombre de personne, éclata en sanglots « C’en est trop, c’est au-dessus de mes forces, pleurait-il. Je ne puis assumer le fardeau de tous ces gens ! Hakadoch Barouh Hou, vois le chagrin de tous ces gens en grand désarroi… Que leurs noms s’élèvent vers Toi pour que Tu leur accordes la joie d’enfanter » (Olamo shel Tsadik).
Source: cyber-contact.com.
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PARACHAT : VAERA SAMEDI 5 JANVIER 2008
La Patience et l’Ecoute
« L’Eternel parla à Moïse et à Aaron et leur ordonna au sujet des enfants d’Israël… »(Chemot 6 : 13).
Rachi commente « L’Eternel recommanda à Moïse et à Aaron de les conduire avec beaucoup de patience et de tolérance. »
Hakadoch Baroukh Hou les prévint : « Mes enfants sont irritables et difficiles à convaincre. Soyez-en avertis ! Ils risquent de vous agresser et peut-être vous lyncheront-ils ! » (Midrach Rabba Chemot 7 : 2).
Le devoir pour un dirigeant Juif d’être patient et bienveillant est rapporté dans la Guemara (Sanhédrin 8a) qui décrit les qualités requises pour devenir Juge (Dayan). « Jusqu’à quel degré peut-il être à l’écoute des gens et tolérer leurs turpitudes ? » demande-t-elle. « Porte-le dans ton sein comme la nourrice porte le nourrisson » (Behaalotekha 11 : 12).
La comparaison avec la nourrice, explique la Torah Temima, situe le degré de patience qu’elle doit avoir à l’égard d’un enfant qui peut être très irritable et insupportable… Une maman peut être exaspérée par les pleurs de son enfant et pourtant elle ne le repousse jamais avec colère… Au contraire, elle s’habitue à redoubler de patience pour l’élever, le cajoler et lui dispenser tendresse et caresses…
Lorsque nos Sages comparent un Dayan à une nourrice ce n’est pas seulement pour l’effet allégorique mais pour bien préciser que son degré de patience et de considération à l’égard de son prochain doit lui être comparable… Un Dayan ne peut pas dire : « Ce n’est pas dans mes attributions de subir vos discours insensés et vos lamentations » car écouter est son devoir …
Même si un plaideur a un comportement particulièrement impétueux, le Dayan se doit de rester calme et patient et l’écouter jusqu’à la fin de son plaidoyer…
L’importance de la patience ne se limite pas au seul devoir des dayanim mais s’applique à toutes les relations humaines : Maître à élève, parent à enfant, dirigeant à subordonné… Tout leader se doit de retenir ses impulsions; il se doit d’écouter les avis de son entourage comme un Rav se doit de comprendre les préoccupations de ses élèves, à défaut, il ne sera pas entendu.
« Le Maître irascible enseigne mal » (Pirké Avot 2 :5) parce qu’il perdra patience lorsque ses élèves se tromperont… De même le Meiri (Taanit 4a) écrit « Si on peut comprendre qu’un Talmid ‘Hakham puisse s’emporter lorsqu’il voit une personne se comporter d’une façon contraire aux enseignements de la Torah, il doit cependant contrôler son ressentiment, se montrer patient à son égard et lui expliquer avec douceur ce que la Torah attend de lui… ». A défaut, il poussera son interlocuteur à s’éloigner encore plus de l’enseignement de nos Sages…
Le Roi Salomon disait « Chasse la colère de ton coeur et éloigne ainsi les souffrances de ton corps » (Kohelet 11 : 10).
Avoir de la patience est une qualité particulièrement recommandée dans les relations familiales; c’est la meilleure façon de communiquer avec son épouse, ses enfants, ses frères et sœurs… Le manque de retenue ne rapportera rien, au contraire, il ne fera que détruire.
La Michna enseigne les trois sujets qu’un maître de maison se doit de vérifier la veille du Chabat : « Avez-vous prélevé la dîme ? Avez-vous fait le Erouv ? Allumez les lumières du Chabat ! » Rabba bar Rav Huna précise que l’on doit dire ces paroles avec calme et pondération pour que les personnes à qui elles s’adressent soient attentives et réalisent la Mitsva avec ferveur.
De nos ancêtres, de mémoire bénie, nous apprenons la manière de procéder pour l’éducation des enfants… Le verset dit : « Itzhak appela Yaacov et le bénit, puis il lui ordonna : ne prends pas femme parmi les filles de Canaan » (Toledot 28 : 1).
Le Hafets Haïm précise que si un parent veut influencer favorablement son enfant et l'aider véritablement à faire de bons choix, il doit conseiller son enfant dans un climat d’amour et de bénédiction. Un enfant a, en effet, beaucoup plus de mal à suivre les conseils de ses parents quand leurs instructions sont formulées avec rigueur et autorité que lorsqu’ils sont donnés calmement et avec tendresse…
C’est pourquoi, Itzhak commença d’abord par bénir son fils et qu’il lui ordonna par la suite de ne pas épouser une cananéenne. Fort de l’enseignement de son père, Yaacov put se sortir de toutes les situations difficiles – avec Esaü et Laban notamment – grâce à son calme et à sa patience.
Le Hazon Ich enseignait que l’habilité à influencer les autres tenait surtout à la vertu du silence… Une haute personnalité de l’Education Nationale lui demanda un jour de s’élever vivement contre une certaine politique menée dans ce domaine « Ne comprenez-vous pas ? » lui dit-il « Les gens m’écoutent justement parce que je m’ingénie à ne jamais parler avec emportement » (Peer Hador).
Source: cyber-contact.com
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PARACHAT : BO du 12 JANVIER 2008
Parachat de la semaine: Bo
Les trois dernières plaies sont énoncées dans cette sidra. Il y a bien entendu la sortie d’Egypte après les dix coups. Entre cette fin d’esclavage et le début de l’ère de la liberté un texte attire notre attention.
D. annonce à Moshé de demander au futur peuple libre de traîner un agneau et de l’abattre. C’est le premier agneau pascal avant qu’il ne devienne une règle principale dans la cérémonie future de la fête de Pessah. En Terre d’Israël, l’abattage de cet agneau n’a pu avoir lieu que dans l’enceinte du Temple de Jérusalem. Depuis deux mille ans nous mentionnons dans le Séder l’exigence d’un tel sacrifice sans pouvoir l’accomplir faute de lieu adéquat.
Pourquoi donc Moshé exige de ce peuple une si grande épreuve sachant que l’agneau est aussi l’emblème de la divinité égyptienne.
Le sang de cet agneau est aspergé sur les liteaux des maisons des hébreux comme un signe de reconnaissance ou un signe d’affranchissement de ce peuple longtemps esclave. Grâce à ce signe, l’ange de la mort va épargner les premiers nés hébreux. Il fallait se débarrasser du carcan de l’homme qui veut asservir son semblable. Il fallait aussi se débarrasser de la force idolâtre qui est souvent une autre forme d’esclavage plus courante même dans une société que se déclare monothéiste.
La Mézouza à chaque entrée dans nos appartements symbolise le courage de nos ancêtres face à leurs bourreaux et leur volonté d’acquérir la liberté définitivement. Un cinquième parmi les hébreux ont réussi le test et ont traîné l’agneau dans les rues égyptiennes. Ce chiffre donne raison à ceux parmi les sages qui considèrent que les quatre cinquièmes sont morts lors de la neuvième plaie : les ténèbres.
Le judaïsme est un mode de vie fait d’actions qui mettent à l’épreuve notre liberté. Si nous ne prenons pas garde, nous avons tant de facilités qui nous plongent dans un monde tentaculaire, un monde qui s’accapare de nos pensées et fatalement de nos actes.
Les lois dictées par D. pour son peuple à peine libéré lui donnent le choix d’agir ou le contraire. Par exemple, Moshé exige que les hébreux se reposent le Chabbat. Ce n’est pas seulement un jour de repos donc un jour de cessation d’activités que les syndicats de tout pays ont obtenu grâce à des actions musclées. Il est aussi notre volonté de nous soumettre au Saint Béni Soit-Il. Il faut que l’esprit de liberté qui a soufflé le jour de notre sortie d’Egypte s’exprime par cette Mitsva. C’est pourquoi nous ajoutons dans le Kiddouch : « en souvenir de la sortie d’Egypte ».
A chaque événement calendaire nous nous rappelons le formidable départ d’un peuple au milieu d’un autre. Seul D. pouvait arriver à cette fin.
Source: Psemaine.
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