25 décembre 2006
MANITOU , LE RASSEMBLEUR DES EGARES
Par Noémie Grynberg pour Guysen Israël News
Dimanche 24 décembre 2006
A l’occasion des dix ans de la disparition du Rav Léon Ashkénazi,
jeudi 21 décembre,
l’Université Bar Ilan organisait, en collaboration
avec la faculté de philosophie
et le "Centre du Judaisme Sépharade pour la société, la culture et l’éducation", un colloque ? sa mémoire intitulé :
"Le secret de l’hébra?sme : kabbale, philosophie et éducation".
Cette journée d’étude a rassemblé prés de 500 personnes, dont beaucoup de ses anciens éleves et disciples, venus écouter les enseignements du "Maître", et pour faire plus ample connaissance avec la personnalité si particuliere de Manitou.
37 personnalités du monde académique étaient présentes pour animer les différentes sessions dédiées ? la pensée et a l’?uvre de Manitou dans son ensemble : professeurs d’université, chercheurs, rabbins. Tous ont tenté de cerner un aspect de l’?uvre du Rav Léon Ashkénazi, de ce génie de l’humain et de l’homme juif en particulier.
Parmi les intervenants, on peut citer Shmuel Trigano,
Marc-Alain Ouaknine, le sociologue Erik Cohen
ou encore l’historien Yossef Sharvit, initiateur du colloque.
Manitou, homme d’exception,
c’est d’abord le parcours de la "Galout" a la renaissance hébra?que.
On est encore loin d’apprécier a sa juste valeur,
dix ans apres sa disparition, la portée incommensurable de sa pensée.
La figure de Manitou est multiple :
leader éducatif et spirituel, amoureux des textes et de la langue hébra?ques.
Ce qui définit plus particuli?rement Manitou,
c’est son sens de l’humour unique, révélant esprit et réflexion profonde, instaurant une distanciation a la fois entre sa condition d’homme mortel et son rôle intemporel de rabbin. Certains, non sans malice, ont interprété son totem en "Manie tout".
Manitou était avant tout un "EI", un éclaireur israélite.
C’est au sein de ce mouvement de jeunesse qu’il a hérité de son nom de totem qui retranscrit bien sa nature de meneur d’hommes, de guide spirituel, de chef.
Manitou voyait dans les "EI" l’expression d’un pluralisme juif (orthodoxe, sioniste, libéral), d’un mod?le pour les futures générations ? reconstruire apr?s le désastre de la Shoah en Europe. Manitou se définissait lui-m?me comme "un juif redevenu Hébreu".
Tel était son engagement :
redonner une identité hébra?que au Juif revenant d’exil sur sa terre,
un des grands messages de son enseignement.
Léon Ashkénazi était non seulement un enseignant,
un interpr?te de la Tora, un talmudiste
mais aussi un « passeur » du message biblique a travers ses diverses dimensions, un kabbaliste, un psychologue, un philosophe, un pédagogue, un visionnaire.
Il se voulait un éveilleur d’esprit.
Ayant étudié, au-del? de la simple tradition juive,
la philosophie, la sociologie, les lettres, l’anthropologie et m?me l’ethnologie, en un mot les sciences humaines et sociales, sa pensée en a gardé de profondes références, venant éclairer d’un angle nouveau la connaissance ancestrale de ses p?res.
Loin de rejeter les mati?res profanes,
Manitou s’en est servi pour approfondir et appuyer sa réflexion juive.
Plus qu’un simple rabbin ou précepteur,
Manitou était d’une curiosité intellectuelle sans borne
et d’une connaissance éclectique.
Son absence laisse encore un grand vide dans le monde de la pensée juive moderne. Son combat était pour un juda?sme orthodoxe moderne et éclairé, ancré dans la réalité du monde et du présent.
Il souhaitait des Juifs actifs dans la société civile,
la pratique des mitsvot dans la vie quotidienne,
dans les actes de tous les jours, dans le vrai rapport aux autres.
Manitou était pour l’action dans la sphere collective et nationale,
qui forme la nouvelle identité juive en Israël.
Héritier du renouveau de la pensée juive émanant de l’école de Paris,
Manitou a principalement enseigné en français.
Homme de l’oral, il n’a que tres peu écrit,
mais il a laissé derriere lui des milliers d’heures de cours enregistrées que ses disciples se chargent actuellement de retranscrire et de publier.
Il aura fallu une décennie apr?s sa disparition pour que son enseignement pénetre enfin les cercles israéliens et les universités.
L’école de Paris On ne peut comprendre Manitou
sans aborder ce que représente l’école de Paris.
Contrairement a l’école allemande de pensée prônant la symbiose universaliste,
l’école de Paris apparue au début de XX?me si?cle avec des penseurs comme Emmanuel Levinas, réintroduit la dimension intellectuelle du juda?sme.
L’école de Paris considere le juda?sme comme une pensée a part enti?re ;
le fait juif y trouve une nouvelle définition :
une tradition composée de notions claires et d’idéal contre la doctrine.
L’identité juive devient sujet d’étude.
L’ensemble de cette attitude méne la pensée juive française a une créativité intellectuelle qui invente des questions et une pensée universelle.
L’école de Paris voit également au travers du juda?sme
une philosophie de l’histoire.
Manitou va plus loin : pour lui, dieu est "in chronique" (dans le temps).
La pensée de Manitou Le Rav Ashkénazi est l’artisan d’une réconciliation entre juda?sme d’Orient et d’Occident, entre Tora et science.
Disciple de l’école de Paris et de la renaissance de la pensée juive,
Manitou insiste sur le caract?re éternel du peuple d’Israël
et sur sa capacité ? vivre la modernité.
Manitou proposait une synth?se entre les sciences juives d’érudition pratiquées dans les universités (philologie, ethnographie) et l’étude talmudique traditionnelle, synth?se qu’il appelait "la réunification des forces".
Ainsi, le maître ne se privait pas d’allier sources juives et exégeses modernes pour dispenser son enseignement original et riche, véritable reformulation en langage contemporain de haut niveau des textes les plus anciens de la tradition.
Il a retissé le lien entre juda?sme et esprit universitaire.
Le Rav Léon Ashkénazi prônait une philosophie du dialogue basée sur la dialectique et la logique des oppositions : la dialogique du messianisme.
Israël, porteur de liberté car ?tre en devenir,
s’oppose au déterminisme d’Essav, ?tre achevé.
Dans sa recherche comparée entre les cultures,
Manitou s’est attaché a confronter prophétie et mythologie,
hassidisme et psychologie, spiritualité et matérialité,
culture et morale, sujet et objet.
Il a ainsi cherché a expliquer la faillite de la morale
dans toutes les grandes civilisations.
Une des dimensions principales de l’enseignement de Manitou repose aussi et surtout sur le sionisme comme la premi?re étape de la délivrance.
Le sionisme devient un fait concret et politique,
une réalisation de la promesse divine.
Manitou insistera aussi sur le triptyque de l’identité juive originelle :
un peuple (Abraham), une terre (David), une Tora (Moise).
L’unité fait le sacré.
Manitou était également un traducteur,sur le mode midrashique,
c’est-?-dire une traduction adaptée selon les époques.
Il a redéfini une terminologie dépoussiérée du contexte chrétien de la "Galout" pour les termes hébreux en français moderne.
L’?uvre du Rav Léon Ashkénazi est immense.
Il serait vain de tenter de la résumer en quelques phrases.
Dans tout son enseignement,
Manitou a risqué de briser les carcans pour mieux respecter ensuite la tradition. Révolutionnaire dans sa démarche,
il a ouvert le monde de la pensée juive a de vastes horizons.
Sa pensée éclairante et éclairée reste un guide vers la profondeur toujours renouvelée des sources juives.
Sa lumi?re savante, éclectique, curieuse de tout,
tournée vers l’extérieur et vers l’autre
sans se couper de soi-m?me et de ses racines,
aura apporté une richesse formidable
a l’élite spirituelle religieuse orthodoxe d’aujourd’hui.
LE PERE DESBOIS : UN JUSTE HONORE a MARSEILLE
Un Juste honoré a Marseille …
le Pére Patrick Desbois
Par Jean Lévy pour Guysen Israël News
Dimanche 24 décembre 2006
Il avait déja reçu le 24 mai 2006,
le " Prix des Droits de l’Homme "
décerné par le B’nai B’rith France
lors du Gala de clôture du "Printemps des Droits de l’Homme"
dans le cadre prestigieux du Pavillon Dauphine a Paris.
Jeudi 22 décembre 2006,
il a été honoré par le Consistoire de Marseille,
présidé par Monsieur Zvi Ammar,
et par toute la Communauté juive de Marseille
en présence de Monseigneur Pontier,
archev?que de Marseille,
de Monsieur Reouven Ohana,
grand rabbin de Marseille,
des représentants du culte protestant,
des représentants du culte musulman,
de Monsieur Isidore Aragones,
Président du CRIF régional,
du représentant
de Monsieur Jean-Claude Gaudin, Maire de Marseille,
de Monsieur Michel Vauzelle,
Président du Conseil Régional,
de Monsieur Jean-Noël Guérini, Président du Conseil Général,
et de nombreux Présidents d’associations et responsables communautaires
et de nombreux journalistes.
Cette manifestation s’est déroulée dans les Salons de l’Etoile en présence de 500 personnes et d’un groupe d’enfants de la Chorale de Jérusalem .
Le Pére Patrick Desbois
est un homme simple "comme tout le monde."
Il a 50 ans, mince, cheveux noirs,
rev?tu de son habit de pr?tre.
C’est un pr?tre catholique.
Il est chargé des relations de l’Eglise catholique avec le Juda?sme.
C’est un proche du Cardinal Lustiger.
Il est le petit-fils d’un résistant déporté
dans un camp ukrainien qui lui avait raconté son histoire,
et , en particulier, qui avait vu les Juifs ukrainiens partir vers la mort pendant plusieurs années.
Tres marqué par le récit de son grand pere,
il a décidé il y a 3 ans, de s’investir dans un extraordinaire
travail de mémoire pour donner a tous les Juifs massacrés
par les nazis une sépulture juive.
Entourés d’experts, il parcourt l’Ukraine pour retrouver
des charniers remplis de cadavres .
Il a déja retrouvé 400 fosses sur les 1200 répertoriées.
Dans ces fosses, les Juifs étaient jetés apr?s avoir été fusillés.
Tous n’étaient pas morts immédiatement,
et remuaient pendant 2 a 3 jours avant de mourir.
Certains étaient jetés vivants
dans les fosses par manque de munitions.
En Ukraine,
le Pere Patrick Desbois interroge les habitants
des villes et des villages, jeunes enfants ou adolescents a l’époque,
et maintenant agés de 75 ou 80 ans
Au début, il se heurtait a une réticence importante.
Les gens ne parlaient pas.
Mais, le Pere Desbois, habillé en pr?tre, leur inspire confiance,
et ils sont souvent soulagés, ils racontent ce qu’ils ont vu.
Leurs témoignages sont terribles, hallucinants .
Les Nazis amenaient par train des milliers de Juifs
en leur faisant croire qu’il allaient rejoindre la Palestine,
puis, arrivés sur place, ils les faisaient se déshabiller,
et étaient immédiatement fusillés
et jetés dans les fosses comme des animaux.
Lorsqu’une fosse est découverte,
le P?re Desbois fait venir des rabbins
pour faire la priere des morts.
Par ailleurs, tout son travail est fait pour avoir des preuves
de cette "Shoah par balles" contre les négationnistes.
Le Pére Desbois fait part de plusieurs témoignages bouleversants.
Le nombre des morts dans ces charniers
avoisine 1,5 millions dans 1200 fosses,
mais le génocide en Ukraine n’est pas le seul,
et le Pére Desbois compte faire le m?me travail dans les Pays baltes.
Le Pére Patrick Desbois est un Homme avec un grand H ;
C’est véritablement un Juste.
Tous les Juifs du monde
doivent connaître son extraordinaire ?uvre de mémoire,
et lui doivent une reconnaissance infinie.
Par son ?uvre, il apporte sa pierre a notre Humanité ,
ses lettres de noblesse a la Fraternité.
24 décembre 2006
URI DAN , EST MORT
Le célebre journaliste et écrivain israélien Uri Dan (Z.L)
est mort dimanche 24 décembre
a l'hôpital Méir de Kfar Saba
des suites d'un cancer du poumon .Il avait 71 ans.
Il venait de publier :
"Ariel Sharon. Entretiens intimes avec Uri Dan."
A l'occasion de la parution de son huitieme
et dernier ouvrage il y a quelques semaines seulement,
Uri Dan avait reçu des journalistes de Guysen.TV
dans son appartement de Jaffa.
Malade et fatigué, il avait cependant accepté
de nous accorder un long entretien que nous mettrons
en ligne des aujourd'hui.
Grand témoin de la vie politique israélienne,
Uri Dan était l'ami intime
et l'un des principaux conseillers d'Ariel Sharon :
"Depuis 1954, j'étais de tous ses combats, militaires
et politiques, mais aussi le témoin de toutes ses blessures
intimes, de mari et de pere endeuillé",
nous confiait-il récemment.
Partisan d'une politique ferme en matiere de sécurité,
Uri Dan ne cachait pas son désir fort de voir revenir
Ariel Sharon au premier plan de la vie politique israélienne.
"En Israël, prier Dieu,
c'est le prix d'un appel téléphonique local !
Au pays des miracles, tout est possible.
Et puis Ariel Sharon nous a appris l'optimisme...
" Journaliste au "Jerusalem Post"
et correspondant du "New York Post" en Israël,
Uri Dan était un auteur intransigeant,
optimiste et préoccupé, comme son ami Ariel Sharon,
par l'avenir des Israéliens et des Juifs de la Diaspora.
Uri Dan (Z.L) sera enterré mardi 26 décembre au cimetiere de Guivat Shaoul.
23 décembre 2006
LES BEIGNETS DE HANOUKA
Les beignets de Hanouka SOUFGANIOTH
Par Roxane Rouas pour Guysen Israël News
Lundi 18 décembre 2006 .
Comme toujours les f?tes juives sont autant d’occasion
de retrouver sur nos tables des mets alléchants
trouvant leurs origines dans quelque allégorie.
Ainsi, pour Hanouka,
le miracle de l’huile, th?me central de la célébration,
est rappelé dans la cuisine par la présence plus importante
qu’? l’accoutumée d’huile utilisée pour frire les mets traditionnels.
Moins connues, en revanche,
sont les origines de la consommation de nombreux produits laitiers.
Ceci proviendrait de la commémoration des exploits de Judith.
Cette derni?re sauva sa ville assiégée –Béthulie en Judée ,
de l’ennemi Holopherne en lui offrant a déguster un fromage salé
lui ayant donné soif, de sorte que pour se désaltérer,
il but beaucoup de vin et qu’elle put l’éliminer, un fois ce dernier aviné.
A l’occasion de Hanouka,
les juifs Ashkénazes mangent des latkes de pomme de terre
(beignets de pomme de terre rapée),
ainsi que des mets contenant du fromage blanc
et de la cr?me aigre tels que les blintzes ou du gâteau au fromage.
Tr?s spécifique chez les juifs d origine russes
est la cérémonie du « thé enflammé » qui représente la lumi?re du feu.
Tout le monde met un morceau de sucre dans une cuillere,
verse du cognac dessus, puis l’enflamme et le laisse tomber dans un verre de thé.
Les Séfarades, eux, mangent des beignets au sirop
dont l’appellation varie : zalabias, loukoumades, sfenj et yoyos
ainsi que des bimuelos au fromage.
Les Italiens mangent des morceaux de poulets plongés dans la pâte a cr?pes et frits.
Les Marocains mangent du « couscous au coq »
dont la chair a été frite ? l’huile au lieu d’?tre bouillie.
Quant au couscous au beurre, il est accompagné de lait.
Enfin, en Israël,
les étals des marchés et des viennoiseries regorgent de beignets
fantaisies appelés soufganioth.
Il s’agit de beignets décorés avec imagination de toutes sortes de couleurs,
et fourrés a des parfums tr?s variés (chocolats blanc, au lait, noir, noisette ; confiture de lait, confitures de fruits…).Nous vous en communiquons ci-apr?s la recette de base, avec une garniture ? la confiture…. A vous de jouer de votre imagination pour inventer toutes les garnitures gourmandes qui vous plaisent. Hag Saméah et Bon appétit. SOUFGANIOTH Ingrédients pour environ 20 beignets : * 500 g de farine* 10g de levure boulang?re* 1 verre de sucre en poudre* 2 ?ufs entiers* ? verre d’huile * 1 pincée de sel* confiture* sucre glaceProcédé : • Diluer la levure dans ? verre d’eau ti?de. Réserver• Dans un saladier ? part, mélanger tous les ingrédients restants, ? l’exception de la confiture et du sucre glace. Si l’on dispose d’un robot muni d’un crochet, travailler la pâte ? l’aide de ce dernier de sorte ? obtenir une pâte molle, ni s?che ni liquide (la pâte doit se décoller du bord sans attacher mais ne pas ?tre s?che). Sinon, on doit aboutir au m?me résultat mais en pétrissant ? la main (plus long et moins pratique mais ça marche quand m?me…)• Couvrir et laisser reposer dans un endroit chaud et humide de préférence, le temps que la pâte double de volume. En fonction des conditions atmosphériques, cette opération peut mettre 2 ? 3 heures ? aboutir. • Une fois la pâte levée, la retravailler (manuellement ou au crochet), puis l’abaisser au rouleau sur un plan fariné sur une épaisseur de 1 cm. •
Une fois la pâte ainsi abaissée, découper des ronds ? l’aide d’un verre.
• Au centre du rond, disposer une cuill?re de confiture (ou toute autre garniture)
• Recouvrir d’un autre rond de pâte et souder les 2 bords de pâte avec un peu d’eau en pinçant tout autour avec les doigts
• Poser les beignets crus sur une tôle huilée. Les recouvrir d’un linge propre et laisser de nouveau lever pendant environ ? heure
• Parall?lement, préparer un bain de friture et plonger les beignets dans l’huile chaude
• Retourner les beignets a l’aide d’un écumoire, de sorte ? faire dorer les 2 faces
• Servir les beignets chauds, saupoudrés de sucre glace .
THANK YOU , ORIANA !
Par Cyrano pour Guysen Israël News
Mardi 18 janvier 2005 .
«thankyouoriana.it»
victime d’un lynchage médiatique apres la publication
de la « La rage et l’orgueil »
(1). La parution de la traduction française de son nouveau livre « La force de la raison »
(2) – ? lire absolument et a faire lire -
est l’occasion de rendre hommage a cette journaliste italienne.
« Un intellectuel est un homme qui pense
et qui, a toute occasion, dit ce qu’il pense » (Jean-Paul Sartre)
Oriana Fallaci se défendrait d’?tre présentée comme une intellectuelle, mais le combat qu’elle mene est bien celui de l’intelligence face ? l’obscurantisme et ? la tyrannie. Elle exprime haut et fort sa vision prophétique des menaces qui p?sent sur nos sociétés, vision qui se confirme chaque jour. Une professionnelle non-conformisteOriana Fallaci est une femme d’action, une journaliste de talent, un écrivain engagé. Adolescente, elle participe avec sa famille ? la résistance anti-nazie ? Rome. Encore mineure, elle écrit des chroniques judiciaires pour un journal local.Elle deviendra cél?bre en tant que grand reporter :- correspondante de guerre au Vietnam, au Pakistan, au Bangladesh, au Proche-Orient... et envoyée spéciale dans des zones de turbulence. Ces missions ne sont pas sans risques : en 1968, elle est gri?vement blessée au cours des émeutes étudiantes de Mexico ;- elle réalise des interviews de personnalités politiques de premier plan. Elle osera interviewer l’ayatollah Khomeiny, et lui faire baisser les yeux (oh blasph?me : elle s’est dévoilée devant le maître de l’Iran !) ; elle fera bégayer Yasser Arafat qui s’était emp?tré dans son discours ;- elle se trouve ? New York pendant les attentats du 11 septembre 2001. Elle prend alors conscience du péril que représente ce « fascisme vert » et m?ne désormais un combat contre l’islamisme conquérant, par ses articles et ses livres.On se souvient de son fameux pamphlet « La honte de l’Europe » o? elle crie son mépris et sa haine de ceux qui, ? gauche comme ? droite, soutiennent le terrorisme islamiste et ne font rien pour lutter contre la résurgence de l’antisémitisme en Europe. Paru ? l’un des pires moments de l’Intifada en avril 2002, cet article a été perçu comme une bouffée d’oxyg?ne par une communauté juive française se sentant abandonnée.La publication en France de « La rage et l’orgueil », on le sait, lui a valu un proc?s o? le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) et la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) ont cherché sans succ?s ? en interdire la diffusion en France (« racisme-racisme ! »).Des articles diffamatoires, des caricatures injurieuses ont paru dans la presse du monde entier, en Italie notamment, véritables proc?s en sorcellerie ? l’époque o? les écrits tiennent lieu de b?chers et d’autodafés.Un passé oubliéOriana Fallaci, avec la fougue qu’on lui connaît, brosse l’histoire de l’islam conquérant qui, trois ans apr?s la mort du proph?te, envahit l’Egypte, le Maghreb, l’Espagne et une partie de la France.Quelques si?cles plus tard, le relais est pris par les Turcs islamisés de l’empire ottoman. Les armées de la «Sublime Porte» sont arr?tées devant Vienne par une coalition de pays européens (avec l’Angleterre, mais sans la France).Ces conqu?tes sont accompagnées de tueries, de viols, de destructions d’églises ou de leur transformation en mosquées. Mais le reflux de l’islam apr?s la bataille navale de Lepante (7 octobre 1571) et l’échec du si?ge de Vienne (12 septembre 1683) n’a pas mis un terme ? ses ambitions.Une capitulation au grand jourPour Oriana Fallaci, nous vivons une période o? l’islam cherche ? faire main basse sur l’Europe sans recourir aux armes, grâce ? une immigration croissante, ? la fécondité de ses femmes et, ? une moindre échelle, au prosélytisme.Elle dénonce la complicité des dirigeants européens qui en 1974 ont abdiqué devant les exigences de la Ligue arabe et de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) usant de l’arme du pétrole.Les membres du Parlement européen ont cédé sur tout : - sur le Proche-Orient, en épousant les conditions de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine). L’Union européenne a pris des positions qui n’ont gu?re évolué depuis ;- sur la coopération euro-arabe. La création d’un comité permanent vise ? promouvoir la culture arabe et sa diffusion. Son credo s’exprime dans la revue “Eurabia” qui soutient inlassablement la propagande des pays arabes (4).
Les accords pris par l’Union européenne en notre nom transforment certaines de nos villes et de nos banlieues en colonies musulmanes, véritables Etats dans l’Etat. Les activistes, nouveaux conquérants, cherchent, au nom de la liberté et des droits de l’homme, ? imposer leurs m?urs et ? faire taire toute critique. Et lorsque la résistance est trop vive, ils recourent aux menaces et ? l’assassinat, comme récemment aux Pays-Bas.Oriana Fallaci dénonce un clergé catholique qui ferme les yeux sur tout cela et fait des concessions sans contrepartie comme la construction d’une grande mosquée ? Rome alors qu’aucune chapelle n’est autorisée en Arabie Saoudite. Que l’on ne nous dise pas qu’il s’agit l? des élucubrations d’une excitée. Elles sont corroborées de toutes parts :- Cette th?se de l’invasion rampante est clairement exprimée par Gilles Kepel, éminent géopoliticien : « Les affidés de Ben Laden [estiment] que l’Espagne est terre d’islam depuis l’Andalousie musulmane et que le djihad y est licite contre les « occupants ». Dans cette logique, le 11 Mars n’est que la premi?re bataille d’une Reconquista ? l’envers, dont l’Europe est l’horizon » (5) .
- C’est encore dans “Le Monde” qu’est décrite la mutation de Vénissieux, ville de 60 000 habitants proche de Lyon, en fief de l’islam. André Gerin, maire communiste de Vénissieux, est ? la t?te d’une commune comptant aujourd’hui douze mosquées. « Toutes les femmes sont voilées, on a l’impression d’?tre au bled... » et les plaques des rues en langue française ont un parfum d’anachronisme (6).
- Enfin, le juge Jean-Louis Brugui?re vient de déclarer publiquement le 12 janvier 2005 que « l’évaluation de la menace terroriste n’invite pas ? l’optimisme. Le nombre de mises en examen ? Paris dans les procédures relevant de l’islamisme radical a augmenté de 166% entre 2003 et 2004 » (7).
Avis aux détracteursLa premi?re édition de « La Force de la raison » a été mise sous presse 24 heures apr?s le carnage de Madrid (11 mars 2004). Au travers du compte-rendu de ce livre, nous souhaitons saluer le courage d’Oriana Fallaci, lui dire notre admiration pour son combat, lui signaler qu’elle n’est pas seule. D’autres femmes se battent au sein m?me de la société musulmane telles l’écrivain bengali Talisma Nasrin, la députée néerlandaise d’origine somalienne Yaan Hirsi Ali, l’avocate iranienne Chirine Ebadi, Prix Nobel de la Paix, qui fait actuellement l’objet dans son pays de tracasseries judiciaires, la journaliste canadienne Irshad Manji (8),
enfin l’anthropologue Dounia Bouzar qui vient de démissionner du Conseil français du culte musulman (CFCM). Mme Bouzar estime qu’un probl?me fondamental n’y est jamais abordé, celui d’une définition claire du Musulman dans « le contexte de pluralisme démocratique la?c français ».Des critiques ne manqueront pas de s’élever contre ce br?lot anti-islamiste. Nous suggérons ? leurs auteurs d’éviter les accusations globales et les injures en privilégiant une analyse contestant les faits qu’elle rapporte, ce qui leur sera sans doute beaucoup plus difficile.
Références 1 – Oriana Fallaci. « La rage et l’orgueil ». Editions Plon, 2002 – Oriana Fallaci. « La force de la raison ». Editions du Rocher 2004 –
Oriana Fallaci. « La honte de l’Europe ». Article publié dans la revue “Panorama » et repris dans « Il Corriere della Serra ». 12 avril 2002 -
Bat Ye'or. « Le dialogue Euro-Arabe et la naissance d'Eurabia ». « Observatoire du monde juif », Bulletin n° 4/5, décembre 2002 -
Gilles Kepel. « L’islamisme gagnera-t-il la bataille de l’Europe ? ». « Le Monde », 11 janvier 2005.
Mustapha Kessous. « La longue dérive de Vénissieu ». « Le Monde », 14 janvier 2005..
« Le Monde », 14 janvier 2005. Irshad Manji. « Musulmane mais libre ». Grasset, 2004
LES RELIGIONS MEURTRIERES
Par Cyrano pour Guysen Israël NewsJeudi 21 décembre 2006 .
Dans cet ouvrage publié chez Flammarion,
Elie Barnavi,
ancien ambassadeur d’Israël en France (2000-2002),
met sa connaissance de l’histoire au service d’une interprétation de l’actualité.
(1)Comment et pourquoi une religion peut-elle ?tre ? l’origine de tueries ?
Comment s’opposer a ce fléau ?
C’est pour Elie Barnavi la grande affaire du XXIe si?cle.
Le titre peut choquer. La « part meurtriere des religions »
eut été plus juste, car les religions ont aussi des effets positifs,
mais le titre retenu met l’accent sur les innombrables victimes du djihad
des débuts de l’islam et des déviations du christianisme qu’ont été
les Croisades, l’Inquisition et les guerres de religion.
Elie Barnavi est professeur d’histoire a l’université de Tel-Aviv.
Ses travaux d’historien l’ont amené a s’intéresser a la Sainte-Ligue,
« parti de Dieu », mouvement extrémiste catholique du XVIe si?cle.
Les structures mentales des membres de ce parti totalitaire
occidental lui sont apparues tres proches de celles des « fous de Dieu »
du Hezbollah («parti de Dieu» en arabe) libanais.
Il est clair pour Elie Barnavi que le fondamentalisme révolutionnaire
est une déviation de l’esprit humain, une déraison sans spécificité de pays,
d’époque ni de religion et qu’il nous faut faire un effort d’imagination
pour tenter de comprendre ces mentalités,
tr?s éloignées de notre univers culturel.Essayons de résumer ce livre dont le but est de nous apprendre « comment la foi peut faire de certains des assassins » et de nous armer contre un tel adversaire.Un préalable : des mots-clefs ? définirSi l’on veut savoir de quoi il est question, il nous faut retenir «que le fondamentalisme est une lecture particuli?re de la religion», un retour aux premiers textes sacrés - la Bible, les Evangiles ou le Coran -, déclarant nul et non avenu ce qui ne s’y trouve pas et, bien entendu, écartant toute tentative de réforme. Ceci, souligne Elie Barnavi, est particuli?rement vrai pour le Coran « loi divine, éternelle et immuable ».Les fondamentalismes révolutionnaires sont « une lecture totalitaire de la religion ». Ces fondamentalistes sont violemment exclusifs et cherchent par tous les moyens ? imposer leurs convictions, au mépris de la vie de ceux qui ne les partagent pas. Ils sont ou ont été présents dans les trois grandes religions monothéistes.Les fondamentalismes révolutionnaires? Le fondamentalisme révolutionnaire juif est une réalité. Il a mené et m?ne un combat pour la sauvegarde de la terre d’Israël biblique. Il est ? l’origine de l’assassinat d’Yitzhak Rabin et des désordres d’ao?t 2005 au moment du désengagement de la bande de Gaza. Mais l’Etat israélien a eu le dessus et ces groupes minoritaires sont de peu de poids dans les décisions politiques.? Le fondamentalisme révolutionnaire chrétien en France s’est exprimé pour la derni?re fois de façon violente au XVIe si?cle et la défaite de la Sainte-Ligue catholique devant les troupes d’Henri de Navarre, futur Henri IV, a été son ultime sursaut. Depuis, le fondamentalisme chrétien est devenu de plus en plus marginal, tandis que s’affirmait la la?cité en France avec la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat (9 décembre 1905). Elie Barnavi évoque bri?vement les activistes chrétiens aux Etats-Unis, lanceurs de bombes sur des cliniques qui pratiquent des avortements. Ce activistes appartiennent ? des groupuscules non représentatifs.? Le fondamentalisme révolutionnaire musulman est, ? l’évidence, le plus nocif, toujours menaçant et ses ambitions sont planétaires : l’instauration d’un califat mondial avec la charia pour tous et le voile pour les femmes. ? Les Islamistes militants, héritiers des Fr?res musulmans, sont nombreux dans le monde arabo-musulman et leur objectif immédiat est de déstabiliser les régimes en place pour les transformer en républiques islamiques. La situation s’est compliquée avec l’enlisement américain en Irak, la montée en puissance du Hezbollah et du Hamas, la volonté affichée de l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.En Europe ils constituent des réseaux de quelques centaines de membres, néanmoins redoutables comme l’ont montré les attentats de Madrid et de Londres. Certains islamistes vivent comme des poissons dans l’eau au sein de communautés fermées et la réactivation de leurs cellules dormantes frappe un pays occidental au moment choisi pour infléchir sa politique. Des musulmans modérés condamnent ces actions, mais leurs voix sont faiblement perçues. Que faire ? Les propositions d’Elie BarnaviL’auteur ne dissimule pas son embarras : il propose des « bouts de réponse qui seront peut-?tre des débuts de solutions ». Il est plus ? l’aise lorsqu’il décrit les causes du fiasco américain en Afghanistan, en Somalie ou en Irak. Pour lui, les mesures ? prendre sont multiples :- vis-?-vis du monde arabo-musulman, il préconise des mesures d’ordre militaire, économique et diplomatique en insistant sur la nécessité d’une coopération entre les Etats-Unis et l’Europe sur ces trois plans ;- vis-?-vis des musulmans d’Europe, il propose de miser sur la la?cité et de s’opposer au communautarisme. Il est capital pour Elie Barnavi de défendre « bec et ongles » l’héritage de la civilisation des Lumi?res contre l’obscurantisme et de le faire partager par les populations issues de nations qui ignorent ce que sont la démocratie et la liberté.Ne nous y trompons pas : il s’agit d’un livre important, écrit par un homme ayant l’expérience de la diplomatie et une connaissance approfondie de l’histoire, rigoureux dans son argumentation, dépourvu de tout sectarisme, et qui nous conjure de prendre au sérieux les menaces d’un Ahmadinejad, comme on aurait d? le faire de celles de l’auteur de Mein Kampf.Elie Barnavi nous exhorte ? ne pas croire que le r?glement des conflits locaux mettra fin au terrorisme international. Son message s’adresse aux dirigeants plus qu’aux citoyens des pays concernés.Souhaitons qu’il soit entendu par les uns et les autres.Le péril islamiste diversement appréhendéElie Barnavi n’est pas le premier ? dénoncer le péril islamiste. On se souvient des prises de position d’Oriana Fallaci.
? Dans ses articles et ses livres, la grande journaliste italienne, aujourd’hui disparue, exprimait les m?mes craintes que l’historien sur le risque islamiste et la nécessité de lutter : « C’est contraire ? la Raison que d’espérer que l’incendie s’éteindra tout seul ». Elle écrivait ces lignes dans « La force de la Raison » ? la veille des attentats de Madrid (3).
Dans le m?me ouvrage, elle mettait en garde les Américains qui s’appr?taient ? attaquer l’Irak - les populations chiites et sunnites ignorent le sens de démocratie et de liberté - et elle prédisait pour les Etats-Unis un second Vietnam ou pire. Comme Elie Barnavi, elle considérait que le concours actif de l’Europe est nécessaire pour vaincre le terrorisme, mais elle doutait de la volonté des dirigeants d’une « Europe devenue Eurabie »
(2) ? Tous les observateurs ne partagent pas ces craintes.Des points de vue opposés s’expriment ici ou l? sur la réalité du « fascisme vert », tel celui de Jean-Claude Guillebaud.
? Pour cet éminent journaliste, les violences quotidiennes des islamistes sont comparables aux clapots des temp?tes maritimes tandis que le calme r?gne dans les profondeurs. Il fait allusion au travail constructif d’un groupe d’amitié islamo-chrétienne fondé en 1993 et dont le dynamisme est pour lui une source d’espoir !
(3) Jean-Claude Guillebaud croit-t-il que les candidats islamikazes et les él?ves des Madrasas noueront demain un dialogue constructif avec les chrétiens ? Incroyable na?veté d’un journaliste chevronné qui se rév?le aujourd’hui un adepte de la méthode Coué (4).
Pourtant, cette méthode qui consiste ? ne voir que le bon côté des choses n’a pas fait ses preuves dans la gestion des conflits. L’heure des choix Ne rien faire ? la façon des Munichois ou se déterminer en faveur d’une option radicale, notamment ? l’égard de l’Iran ? Existe-t-il d’autres solutions pour régler la grande affaire du XXIe si?cle ? Je n’aimerais pas ?tre ? la place des hommes politiques qui seront confrontés ? ce type de décisions.
Vous pouvez lire :THANK YOU, ORIANA !
Sources1- Elie Barnavi. Les religions meurtri?res. Collection Café Voltaire. Flammarion. Paris, 2006. 140 pages. ISBN : 2080690477.
2- Oriana Fallaci. La force de la Raison. Editions du Rocher. 2004. 232 pages.
3- Jean–Claude Guillebaud. Pour en finir avec le go?t du sang. in Le Nouvel Observateur N° 2135 du 30 novembre au 6 décembre 2006.
4- Emile Coué. La méthode Coué. Préface de Roger Dadoun. Ed. Manucius, 2006. 182 pages.
LES RELIGIONS MEURTRIERES
«Les religions meurtri?res» de Elie Barnavi
Par Cyrano pour Guysen Israël News
Jeudi 21 décembre 2006
Dans cet ouvrage publié chez Flammarion,
Elie Barnavi, ancien ambassadeur d’Israël en France (2000-2002),
met sa connaissance de l’histoire au service d’une interprétation de l’actualité. (1)
Comment et pourquoi une religion peut-elle ?tre a l’origine de tueries ?
Comment s’opposer a ce fléau ?
C’est pour Elie Barnavi la grande affaire du XXIe si?cle.
Le titre peut choquer. La « part meurtri?re des religions » e?t été plus juste, car les religions ont aussi des effets positifs, mais le titre retenu met l’accent sur les innombrables victimes du djihad des débuts de l’islam et des déviations du christianisme qu’ont été les Croisades, l’Inquisition et les guerres de religion.
Elie Barnavi est professeur d’histoire ? l’université de Tel-Aviv. Ses travaux d’historien l’ont amené a s’intéresser ? la Sainte-Ligue, « parti de Dieu », mouvement extrémiste catholique du XVIe si?cle. Les structures mentales des membres de ce parti totalitaire occidental lui sont apparues tr?s proches de celles des « fous de Dieu » du Hezbollah («parti de Dieu» en arabe) libanais. Il est clair pour Elie Barnavi que le fondamentalisme révolutionnaire est une déviation de l’esprit humain, une déraison sans spécificité de pays, d’époque ni de religion et qu’il nous faut faire un effort d’imagination pour tenter de comprendre ces mentalités, tr?s éloignées de notre univers culturel.Essayons de résumer ce livre dont le but est de nous apprendre « comment la foi peut faire de certains des assassins » et de nous armer contre un tel adversaire.Un préalable : des mots-clefs ? définirSi l’on veut savoir de quoi il est question, il nous faut retenir «que le fondamentalisme est une lecture particuli?re de la religion», un retour aux premiers textes sacrés - la Bible, les Evangiles ou le Coran -, déclarant nul et non avenu ce qui ne s’y trouve pas et, bien entendu, écartant toute tentative de réforme. Ceci, souligne Elie Barnavi, est particuli?rement vrai pour le Coran « loi divine, éternelle et immuable ».Les fondamentalismes révolutionnaires sont « une lecture totalitaire de la religion ». Ces fondamentalistes sont violemment exclusifs et cherchent par tous les moyens ? imposer leurs convictions, au mépris de la vie de ceux qui ne les partagent pas. Ils sont ou ont été présents dans les trois grandes religions monothéistes.Les fondamentalismes révolutionnaires? Le fondamentalisme révolutionnaire juif est une réalité. Il a mené et m?ne un combat pour la sauvegarde de la terre d’Israël biblique. Il est ? l’origine de l’assassinat d’Yitzhak Rabin et des désordres d’ao?t 2005 au moment du désengagement de la bande de Gaza. Mais l’Etat israélien a eu le dessus et ces groupes minoritaires sont de peu de poids dans les décisions politiques.? Le fondamentalisme révolutionnaire chrétien en France s’est exprimé pour la derni?re fois de façon violente au XVIe si?cle et la défaite de la Sainte-Ligue catholique devant les troupes d’Henri de Navarre, futur Henri IV, a été son ultime sursaut. Depuis, le fondamentalisme chrétien est devenu de plus en plus marginal, tandis que s’affirmait la la?cité en France avec la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat (9 décembre 1905). Elie Barnavi évoque bri?vement les activistes chrétiens aux Etats-Unis, lanceurs de bombes sur des cliniques qui pratiquent des avortements. Ce activistes appartiennent ? des groupuscules non représentatifs. ? Le fondamentalisme révolutionnaire musulman est, ? l’évidence, le plus nocif, toujours menaçant et ses ambitions sont planétaires : l’instauration d’un califat mondial avec la charia pour tous et le voile pour les femmes. ? Les Islamistes militants, héritiers des Fr?res musulmans, sont nombreux dans le monde arabo-musulman et leur objectif immédiat est de déstabiliser les régimes en place pour les transformer en républiques islamiques. La situation s’est compliquée avec l’enlisement américain en Irak, la montée en puissance du Hezbollah et du Hamas, la volonté affichée de l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.En Europe ils constituent des réseaux de quelques centaines de membres, néanmoins redoutables comme l’ont montré les attentats de Madrid et de Londres. Certains islamistes vivent comme des poissons dans l’eau au sein de communautés fermées et la réactivation de leurs cellules dormantes frappe un pays occidental au moment choisi pour infléchir sa politique. Des musulmans modérés condamnent ces actions, mais leurs voix sont faiblement perçues. Que faire ? Les propositions d’Elie BarnaviL’auteur ne dissimule pas son embarras : il propose des « bouts de réponse qui seront peut-?tre des débuts de solutions ». Il est plus ? l’aise lorsqu’il décrit les causes du fiasco américain en Afghanistan, en Somalie ou en Irak. Pour lui, les mesures ? prendre sont multiples :- vis-?-vis du monde arabo-musulman, il préconise des mesures d’ordre militaire, économique et diplomatique en insistant sur la nécessité d’une coopération entre les Etats-Unis et l’Europe sur ces trois plans ;- vis-?-vis des musulmans d’Europe, il propose de miser sur la la?cité et de s’opposer au communautarisme. Il est capital pour Elie Barnavi de défendre « bec et ongles » l’héritage de la civilisation des Lumi?res contre l’obscurantisme et de le faire partager par les populations issues de nations qui ignorent ce que sont la démocratie et la liberté.Ne nous y trompons pas : il s’agit d’un livre important, écrit par un homme ayant l’expérience de la diplomatie et une connaissance approfondie de l’histoire, rigoureux dans son argumentation, dépourvu de tout sectarisme, et qui nous conjure de prendre au sérieux les menaces d’un Ahmadinejad, comme on aurait d? le faire de celles de l’auteur de Mein Kampf.Elie Barnavi nous exhorte ? ne pas croire que le r?glement des conflits locaux mettra fin au terrorisme international. Son message s’adresse aux dirigeants plus qu’aux citoyens des pays concernés.Souhaitons qu’il soit entendu par les uns et les autres.Le péril islamiste diversement appréhendéElie Barnavi n’est pas le premier ? dénoncer le péril islamiste. On se souvient des prises de position d’Oriana Fallaci.? Dans ses articles et ses livres, la grande journaliste italienne, aujourd’hui disparue, exprimait les m?mes craintes que l’historien sur le risque islamiste et la nécessité de lutter : « C’est contraire ? la Raison que d’espérer que l’incendie s’éteindra tout seul ». Elle écrivait ces lignes dans « La force de la Raison » ? la veille des attentats de Madrid (3). Dans le m?me ouvrage, elle mettait en garde les Américains qui s’appr?taient ? attaquer l’Irak - les populations chiites et sunnites ignorent le sens de démocratie et de liberté - et elle prédisait pour les Etats-Unis un second Vietnam ou pire. Comme Elie Barnavi, elle considérait que le concours actif de l’Europe est nécessaire pour vaincre le terrorisme, mais elle doutait de la volonté des dirigeants d’une « Europe devenue Eurabie » (2) ? Tous les observateurs ne partagent pas ces craintes.Des points de vue opposés s’expriment ici ou l? sur la réalité du « fascisme vert », tel celui de Jean-Claude Guillebaud. ? Pour cet éminent journaliste, les violences quotidiennes des islamistes sont comparables aux clapots des temp?tes maritimes tandis que le calme r?gne dans les profondeurs. Il fait allusion au travail constructif d’un groupe d’amitié islamo-chrétienne fondé en 1993 et dont le dynamisme est pour lui une source d’espoir ! (3) Jean-Claude Guillebaud croit-t-il que les candidats islamikazes et les él?ves des Madrasas noueront demain un dialogue constructif avec les chrétiens ? Incroyable na?veté d’un journaliste chevronné qui se rév?le aujourd’hui un adepte de la méthode Coué (4). Pourtant, cette méthode qui consiste ? ne voir que le bon côté des choses n’a pas fait ses preuves dans la gestion des conflits. L’heure des choixNe rien faire ? la façon des Munichois ou se déterminer en faveur d’une option radicale, notamment ? l’égard de l’Iran ? Existe-t-il d’autres solutions pour régler la grande affaire du XXIe si?cle ? Je n’aimerais pas ?tre ? la place des hommes politiques qui seront confrontés ? ce type de décisions
.Vous pouvez lire :THANK YOU, ORIANA ! Sources1- Elie Barnavi. Les religions meurtri?res. Collection Café Voltaire. Flammarion. Paris, 2006. 140 pages. ISBN : 2080690477
.2- Oriana Fallaci. La force de la Raison. Editions du Rocher. 2004. 232 pages.
3- Jean–Claude Guillebaud. Pour en finir avec le go?t du sang. in Le Nouvel Observateur N° 2135 du 30 novembre au 6 décembre 2006.
4- Emile Coué. La méthode Coué. Préface de Roger Dadoun. Ed. Manucius, 2006. 182 pages.
22 décembre 2006
CE QUE LES PAYS MUSULMANS DEVRAIENT ENSEIGNER
Ce que les pays musulmans
devraient enseigner sur l'Holocauste -
par Ayaan Hirsi Ali
Par webmaster, jeudi 21 décembre 2006
Le Figaro - le 20 décembre 2006
Un jour de 1994, je vivais alors a Ede,
une petite ville hollandaise,
ma demi-soeur est venue me rendre visite.
Elle et moi avions toutes deux demandé asile en Hollande.
Je l'ai obtenu, pas elle.
L'obtention du droit d'asile m'a donné la chance de pouvoir étudier.
Ma demi-soeur n'a pas eu cette possibilité.
Afin d'etre admise A étudier dans l'institut
d'enseignement supérieur pour lequel je postulais,
je devais réussir trois examens,
un de langue, un d'éducation civique et un d'histoire.
C'est au cours de la session de préparation a l'épreuve
d'histoire que j'ai, pour la premiere fois, entendu parler de l'Holocauste.
J'avais 24 ans a cette époque, et ma demi-soeur 21 ans.
A cette époque, le génocide rwandais et le nettoyage ethnique
en ex-Yougoslavie occupaient la une des médias.
Le jour ou ma demi-soeur est venue,
ma tete résonnait encore des horreurs qui avaient
frappé 6 millions de Juifs en Allemagne, en Hollande,
en France et en Europe de l'Est.
J'ai alors appris que des innocents -
hommes, femmes et enfants - avaient été séparés
les uns des autres. L'épaule marquée d'une étoile jaune,
déportés dans les camps par trains entiers,
ils avaient été gazés pour la seule raison qu'ils étaient juifs.
Ce fut l'entreprise génocidaire la plus cruelle
et la plus systématique de toute l'histoire de l'humanité.
J'ai vu des images montrant des amoncellements de squelettes,
dont certains d'enfants. J'ai entendu les témoignages horrifiants
des rescapés de la terreur d'Auschwitz et de Sobibor.
J'ai raconté tout cela a ma demi-soeur et lui ai montré ces images
dans mon manuel d'histoire.
Ce qu'elle m'a répondu me choqua bien plus
que les horribles informations contenues dans mon livre.
«C'est un mensonge, cria-t-elle avec beaucoup de conviction.
Les Juifs savent s'y prendre pour aveugler les gens.
Ils n'ont été ni tués, ni gazés, ni massacrés.
Mais je prie Allah pour qu'un jour,
tous les Juifs du monde soient détruits. »
Ma jeune soeur de 21 ans ne disait pas grand-chose de nouveau.
De mon enfance en Arabie saoudite,
je me souviens que mes professeurs, ma mere et nos voisins
nous répétaient quasi quotidiennement que les Juifs étaient
l'incarnation du mal, les ennemis jurés des musulmans
et que leur seul but était de détruire l'Islam.
Nous ne recevions jamais aucune information sur l'Holocauste.
(... )
On estime la population juive globale actuelle
aux alentours de 15 millions.
Elle doit meme dépasser les 20 millions.
En termes de fertilité, leur croissance démographique
est comparable a celle des pays développés,
tout comme l'est la pyramide des âges.
Les musulmans, eux sont entre 1,2 et 1,5 milliard
et ils sont en moyenne tres jeunes.
Le consentement (certes tacite) de la grande majorité
des musulmans au theme de la conférence négationniste
en est l'élément le plus choquant.
Je ne peux pas m'empecher de me demander :
Pourquoi personne, a Riyad, au Caire, a Jakarta,
a Lahore, n'a organisé de contre-conférence
condamnant Ahmanidejad ?
Pourquoi les 57 membres de l'Organisation
de la conférence islamique ont-ils gardé le silence ?
La réponse pourrait etre aussi simple qu'horrible :
pendant des générations, les dirigeants de ces pays
prétendument musulmans ont bourré le crâne
de leurs populations avec une propagande similaire
a celle qu'ont connu, en leur temps, les Allemands :
a savoir que les Juifs étaient la vermine et devaient
etre traités comme telle.
En Europe, la conclusion logique de cette propagande
fut la Shoah. Si Ahmadinejad continue sur sa lancée,
il n'aura pas besoin de pousser beaucoup les musulmans complaisants.
Peut-etre devrions-nous faire le compte des organisations caritatives musulmanes tissées d'antisémitisme.
Leurs collegues occidentaux et chrétiens oeuvrant
dans le tiers-monde devraient endosser la responsabilité
d'informer les musulmans -
tout comme les non-musulmans - sur l'Holocauste.
Ayaan Hirsi Ali est une ancienne député hollandaise
, d'origine somalienne,
elle a écrit le scénario du film Soumission
dont l'auteur,
Theo Van Gogh a été assassiné par un islamiste radical.
Copyright 2006 Global viewpoint .
12 décembre 2006
LES TROIS EXILS : " JUIFS d' ALGERIE "
Juifs d’Algérie» de Benjamin Stora
Par Cyrano pour Guysen Israël News
Mercredi 29 novembre 2006
La présence juive en Afrique du Nord remonte a l’Antiquité ;
elle a précédé de plus de 1000 ans la conquete arabe.
Publié par les éditions Stock,
le livre de Benjamin Stora
porte sur une période récente, 1830-1962.
Pour l’historien,
les juifs d’Algérie ont depuis 1830 vécu trois exils :
le premier est leur détachement progressif
de la communauté musulmane,
détachement dont l’aboutissement est le décret Crémieux qui,
en 1870, leur accorde collectivement la nationalité française.
Le deuxieme est l’abrogation de ce décret en 1940
par le gouvernement de Vichy.
Le troisieme est leur «rapatriement» massif en métropole en 1962.
Notre propos est de résumer ce livre
et notamment certains passages particulierement édifiants
sur les suites inattendues du débarquement
des Alliés en Afrique du Nord (8 novembre 1942).
La plupart de ceux qui ont vécu cette période
ne connaissent pas les luttes qu’il a suscitées
parmi les différents protagonistes :
- instances dirigeantes de l’Algérie, émanation de Vichy ;
- représentants de la «France combattante» de Charles de Gaulle,
qui militaient pour prendre le pouvoir ;
- autorités américaines, au jeu ambigu ;
- et une communauté juive désemparée.
Le premier exil, fruit d’une assimilation accélérée
En 1830, les 25 000 juifs d’Algérie ont bien des ressemblances avec les musulmans :
ils en partagent la langue,
les habitudes vestimentaires et alimentaires ;
ils s’en distinguent bien sur par la religion
mais aussi par leur statut humiliant de « dhimmis »
.L’arrivée des Français leur fera perdre ce statut de sujets
de seconde zone de l’Empire Ottoman...
C’est sans doute l’une des raisons du bon accueil fait aux colonisateurs.
Peu a peu, le français s’impose comme deuxieme langue apres l’arabe, puis comme la premiere langue pour les plus jeunes ; les vetements « indigenes », le sarouel, la ceinture en tissu et la chéchia seront remplacés par les vetements « européens ».
Tout cela demandera des dizaines d’années.Pour couronner cette volonté d’assimilation, le décret Crémieux (1870) accorde aux juifs la nationalité française avec les obligations militaires et la possibilité d’accéder aux postes administratifs.De 1870 a 1940, donc sur plusieurs générations, les juifs d’Algérie sont des Français a part entiere.
A la veille de la Deuxieme Guerre mondiale,
nombre d’entre eux ne comprennent plus que la langue de Moliere,
l’école laique est plus fréquentée que les écoles religieuses
et seule une minorité d’éleves déserte la classe le samedi.
Le deuxieme exil : retour a l’indigénat.
La défaite française devant l’armée allemande en mai 1940
et l’Armistice signée par la France transforment
la République en Etat français avec Vichy pour capitale
et le maréchal Pétain a la tete de son gouvernement.
Des lois raciales sont promulguées en France et en Algérie.
En octobre 1940, le décret Crémieux est abrogé :
la mention « nationalité française »
est remplacée sur les papiers d’identité des citoyens déchus
par celle de « juif indigene ».
Les juifs sont chassés de l’administration ;
leurs biens, leurs commerces, leurs entreprises sont aryanisés
et un numerus clausus est instauré dans les écoles,
conduisant a l’éviction d’éleves juifs des lycées.
Le 8 novembre 1942, une libération a retardement
L’arrivée des troupes américaines en Algérie est perçue
par la communauté juive, on s’en doute, comme une libération.
Chacun imagine qu’il pourra tres vite réintégrer son administration,
son école ou son université ;
les jeunes gens en âge de servir esperent quitter immédiatement les camps du Sud algérien ou ils sont internés et rejoindre des unités combattantes pour lutter contre les Allemands…
Il faudra attendre plusieurs mois pour cela. Mais il y a pire, l’abrogation du décret Crémieux est confirmée au Journal officiel du 18 mars 1943... Et cela, au nom de l’antiracisme ! C’est seulement le 23 octobre 1943, pres d’un an apres le débarquement américain que le décret Crémieux est rétabli. Ainsi les héros algérois du 8 novembre 1942, commandés par José Aboulker, juifs pour la plupart et parmi lesquels figurait Jean Daniel, sont demeurés « juifs indigenes » jusqu’en octobre 1943 !
Et l’on sait que ce groupe de 400 conjurés a permis l’entrée des Américains a Alger sans coup férir en paralysant le commandement et les organes de transmission des troupes aux ordres de Vichy, épargnant ainsi la vie de milliers de soldats des deux camps.
Le troisieme exil : les juifs ont choisi la France
En 1962 la majorité des juifs, au nombre de 130 000, quittent l’Algérie pour la Métropole et ceux qui avaient souhaité devenir les citoyens de la jeune République algérienne les y rejoindront peu de temps apres.
On pourrait s’étonner de ce choix,
alors que l’Etat d’Israël existe depuis 1948.
Manifestement, a de rares exceptions pres,
la question ne s’est pas posée, tant les liens entre les juifs d’Algérie
et la France étaient étroits et cela malgré la blessure infligée par l’abrogation du décret Crémieux et les atermoiements qui ont précédé sa restauration.
Ainsi, écrit Benjamin Stora «les juifs d’Algérie
se sont déplacés trois fois :
hors de la tradition juive en terre d’islam,
hors de la communauté française de 1940 a 1943,
hors de la terre algérienne en 1962».
Avec la guerre des Six Jours en 1967,
l’attachement profond a l’Etat Juif s’est revivifié
et depuis quelques années les enfants
et les petits-enfants des juifs rapatriés d’Algérie
sont de plus en plus nombreux a faire leur aliyah...
Est-ce la l’amorce d’un quatrieme exil ?
Benjamin Stora, Les trois exils - Juifs d’Algérie.
Editions Stock, 2006. 236 pages. ISBN : 2234058635
LES ANNEES NOIRES DES JUIFS d' ALGERIE
Par Cyrano pour Guysen Israël News
Lundi 11 décembre 2006
L’excellent livre de Benjamin Stora
« Les trois exils, Juifs d’Algérie »
a laissé plus d’un lecteur sur sa soif.
Soif d’informations sur les camps d’internement du Sud Algérien,
sur l’engagement des Juifs d’Algérie dans la guerre,
et sur les raisons du retour si tardif a la légalité républicaine apres le débarquement allié en Afrique du Nord.
Le but de cet article est de tenter de répondre a ces interrogations.
L’enquete n’a pas été facile : de nombreux livres ont été publiés sur cette période, mais la plupart ne traitent du sort de la communauté juive d’Algérie que de façon succincte.
Une exception : le livre de Michel Ansky
« Les Juifs d’Algérie du décret Crémieux a la libération »
(1). Publié par le Centre de documentation juive contemporaine (CDJC), cet ouvrage est préfacé par le Professeur Henri Aboulker, grande figure de la résistance française a Alger en 1942.
Il aborde les themes cités plus haut de façon exhaustive.
Des entretiens avec un ancien des Forces Françaises Libres,
Charles C., et un ancien du camp de Bedeau,
Albert S. m’ont permis de recueillir des témoignages inédits
(2). Les camps d’internement du Sud Algérien-
Avant le 8 novembre 1942 Entre 1940 et 1942,
les autorités de Vichy
ont créé une douzaine de camps d’internement,
pour la plupart dans le Sud Algérien.
Les premiers occupants furent des étrangers,
Juifs ou non, ayant servi comme volontaires dans les Forces françaises pendant la guerre contre les puissances de l’Axe et devenus indésirables apres l’armistice. D’abord internés dans des camps du midi de la France, ils ont été transférés en Algérie en 1940 et 1941.
Ils ont été bientôt rejoints par des prisonniers politiques, francs-maçons et communistes, puis par les conscrits Juifs régulierement mobilisés avec leur classe, mais enrôlés « a part ». Le réseau des camps comportait des régimes de sévérité inégale : il valait mieux etre dans un « groupement de travailleurs étrangers » que dans un « centre de séjour surveillé ». Les plus redoutables étaient les camps disciplinaires, comme celui de Djenen-bou-Rezg (Sud Oranais), véritable bagne dont les gardiens - souvent des sous-officiers ou d’anciens sous-officiers la Légion étrangere, parfois des membres d’une milice fasciste, le « Service d’Ordre Légionnaire » - maniaient la cravache et usaient de sévices corporels, notamment le cruel « supplice du tombeau ». Les conditions de détention – notamment la sous-alimentation, les températures extremes, l’hygiene déplorable - ont provoqué chez les captifs des maladies graves et parfois la mort. -
Apres le 8 novembre 1942
Le nombre de camps et de détenus s’est accru a partir de janvier 1943 -
deux mois apres le débarquement américain ! -,
avec la mobilisation de nouveaux conscrits,
« Juifs indigenes » exclus des unités combattantes
et dont le statut officiel était celui de « pionniers israélites ».
Le tristement célebre camp de Bedeau (Sud Oranais),
« l’un des plus durs, reçut en quelques mois plus
de 12 000 Juifs des classes 33 a 43 »
(1). Une mesure lourde de signification :
dans ce camp, les tenues militaires ont été remplacées
par des tenues civiles noires,
ce qui valait aux conscrits le surnom de « corbeaux ».
Donnons la parole a un ancien de Bedeau :
« Pour un jeune soldat, débarquer d’un train
dans le sud désertique et se voir encadré par
d’autres soldats baionnette au canon,
tout comme des prisonniers, c’était légerement offensant déja…
Puis nous connaissons notre premier rassemblement,
le capitaine De Lisane s’adresse a nous :
« Vous autres Juifs, vous n’aurez pas l’honneur de porter les armes,
mais vous aurez des pelles et des pioches »
(3). Et en effet les « pionniers »
ont passé le plus clair de leur temps a casser des cailloux
ou a ramasser de l’alfa, ce qui occasionnait des lésions aux mains) sous le soleil africain.
Ceux qui exprimaient des sentiments pro-Alliés étaient insultés,
battus et punis de prison. Paradoxalement,
on offrait a ces « Juifs indigenes » la possibilité de s’engager dans des troupes de choc, les « Corps Francs » mais ils ont vite compris qu’un tel engagement équivalait a un arret de mort.
-Une dissolution laborieuse La dissolution des camps n’a commencé que fin avril 1943; encore faut-il préciser que les libérations se sont faites au compte-gouttes pour les différentes catégories de détenus. Le rétablissement d’une situation normale a duré plusieurs mois et s’est effectué dans la plus grande confusion.
Ce n’est qu’en juin-juillet 1943 que les nouvelles recrues et quelques anciennes furent affectées dans les corps de leur choix.
-Le jugement des bourreaux En 1944, quelques responsables des camps ont été jugés par des tribunaux militaires et deux des pires tortionnaires ont été fusillés. Certains gardes ont été condamnés a des peines de prison, mais la plupart n’ont pas été inquiétés. L’engagement des Juifs d’Algérie dans les forces alliées, de Cassino a Belfort
La politique antisémite ouvertement déclarée de Giraud
(comme celle de Darlan) était d’écarter les Juifs du combat contre les Allemands. Malgré le pouvoir vichyste, la participation des Juifs algériens a la guerre a été massive : - Il y eut d’abord de nombreuses évasions de conscrits juifs des centres ou ils étaient parqués. Ces « désertions » s’effectuaient dans des conditions périlleuses, en raison du zele de gendarmes a la gâchette facile.
Certains « pionniers » ont rejoint la division Leclerc
(la future 2e DB) en Libye ou en Tunisie.
D’autres, comme Charles C., en mai 1943,
apres un périple depuis le camp de Cheragas,
(localité proche d’Alger), jusqu’a Tunis dans un camion de l’armée britannique, ont été incorporés dans la « Premiere Division Française Libre » ; cette division, sous les ordres du général Koenig, s’était illustrée a Bir-Hakeim et El-Alamein. -Lorsque les camps ont été enfin dissous, d’anciens
« pionniers », en grand nombre, ont été intégrés
dans les unités combattantes,
la plupart préférant les Forces Françaises Libres (FFL)
a« l’armée Giraud ». Ainsi de nombreux Juifs d’Algérie ont participé a la campagne d’Italie avec la sanglante bataille de Cassino, puis au débarquement allié sur la côte méditerranéenne française et a la libération de la France.
Le retour (tardif) a la légalité républicaine Au nom du réalisme, un dialogue s’est noué entre les autorités américaines et les représentants de Vichy, Darlan et Giraud. De ce fait, on a mis de côté le « probleme juif » laissant en l’état la situation des 125 000 Juifs d’Algérie.
La conférence d’Anfa (Casablanca, Maroc)
a réuni en janvier 1943 Roosevelt, Churchill, Giraud et de Gaulle.
Sous la pression, Giraud, alors seul au pouvoir a Alger, a du s’engager a libérer les 27 résistants du 8 novembre 1942 jetés en prison apres l’assassinat de Darlan. Mais le retour a la légalité a demandé de longs mois malgré l’éviction de Giraud et la prise des commandes par de Gaulle, car les cadres administratifs, civils et militaires, antisémites et pétainistes, « sabotaient les notes de service et les circulaires ministérielles »
(1). Le poids de la presse
La presse a joué un rôle de premier plan dans le renversement du pouvoir de Vichy en Algérie. Des journalistes français exprimaient leur opposition aux autorités dans des publications semi-clandestines comme Combat et Le Canard dissident.Surtout, des correspondants de guerre américains et britanniques ont alerté l’opinion publique des Etats-Unis et de Grande-Bretagne par leurs reportages sur l’Afrique du Nord «libérée», tandis que les fameux éditorialistes Walter Lipmann et Dorothy Thompson interpellaient avec virulence leurs dirigeants, jugés responsables d’écrire une « page noire de l’histoire des Etats-Unis »
(4). Il est terrible d’apprendre que :
- le Président Franklin D. Roosevelt,
qui n’appréciait guere le général de Gaulle,
a approuvé les accords déshonorants passés avec les représentants de Vichy, accords inspirés par une politique « d’expédients militaires » ;
- Robert Murphy, consul américain a Alger, a fermé les yeux sur les arrestations arbitraires du 30 décembre 1942, considérant qu’il s’agissait d’une « affaire franco-française ». Le maintien du régime de Vichy et des lois raciales en Algérie n’aurait pas été possible sans le « laisser-faire » des Etats-Unis. Le silence des historiens Les victimes du régime de Vichy ont gardé un souvenir amer de cette période, tel Albert S. « incorporé » a Bedeau, qui n’a pas oublié les humiliations quotidiennes, la faim, le froid nocturne du désert - comme ses camarades, il dormait sous la tente a mzme le sol -, les coupures des mains provoquées chaque jour par le ramassage de l’alfa… Le terme d’inconfort est bien faible pour décrire ces conditions de vie ; mais cet ancien de Bedeau n’ose pas se plaindre outre mesure, en évoquant le sort des internés du Sud algérien qui ont été torturés ou y ont laissé la vie.
On comprend que la plupart de nos contemporains
ignorent ces faits : vous n’en trouverez aucune trace
dans des livres d’histoire relatant la Deuxieme Guerre mondiale
et, a de rares exceptions pres, ces faits sont rapportés de façon sommaire dans les ouvrages spécialisés.
Sources1- Michel Ansky. Les Juifs d’Algérie du décret Crémieux a la Libération. Préface de Henri Aboulker. Postface de André Philip et Pierre Paraf. Editons du CDJC. Paris, 1950. 374 pages.
2- Interviews réalisées par l’auteur en décembre 2006 de Charles C. et Albert S. 3- Docteur Claude Lasry.
Une petite guerre. Texte inédit. 19894- Wikipédia. Régime de Vichy en Afrique libérée (1942-1943) : www.wikipedia.orgPour en savoir plus : Norbert Belange .
OBSERVATIONS Suite a ces deux Articles
( ce 11 Janvier 2007 )
Quelques observations sur « Les trois exils »
de Benjamin Stora
Par Yves Maxime Danan pour Guysen Israël News
Jeudi 11 janvier 2007
Deux récents articles de Cyrano –
la critique du livre Les trois exils-Juifs d’Algérie de Benjamin Stora et En savoir plus sur les années noires des Juifs d’Algérie (1940-1944) – ont suscité des réactions nombreuses, et souvent passionnées des lecteurs. Notre collaborateur, Cyrano, a recueilli le témoignage du professeur Yves Maxime Danan, adolescent en Algérie lors de la Seconde Guerre mondiale, et proche parent de deux des leaders de la résistance, les professeurs Henri et José Aboulker. Nous avons convaincu Yves Maxime Danan de livrer ses critiques argumentées de cet ouvrage.
L’initiative de Benjamin Stora de relater l’histoire moderne des Juifs en Algérie, de façon distincte de celle de tout le Maghreb constitue une initiative intéressante. Mais cet ouvrage comporte certaines lacunes et de sérieux défauts. En premier lieu, son titre est critiquable. Certes, les Juifs d’Algérie ont subi deux exils, ceux-l? bien réels : l’un sous le régime de Vichy qui leur a retiré leur citoyenneté française, et l’autre, définitif, lors de l’indépendance qui les a poussés au départ, en 1962, d’un pays o? ils étaient présents depuis l’antiquité. Par contre, loin d’avoir été un « exil », l’arrivée des Français en 1830 a constitué pour ces Juifs une véritable libération. En effet, les Français ont fait cesser du jour au lendemain le terrible apartheid musulman imposé depuis le VIIIe si?cle aux Juifs en raison de leur statut de dhimmis, dans un pays qui était le leur, bien des si?cles avant l’invasion arabe. L’importance des juifs était telle dans ce pays que ce fut une reine guerri?re juive, la Kahena des Djeraouas de l’Aur?s, qui dirigea la résistance berb?re apr?s la mort du roi chrétien Koceila (1). Une fois la Kahena vaincue, de nombreux juifs et chrétiens se convertirent ? l’islam sous la pression de l’envahisseur arabe. Quant ? ceux qui refusaient cette conversion, ils se sont trouvés réduits ? la condition de dhimmis, sujets de seconde zone, soumis ? une série d’interdits infamants. L’oppression des juifs dhimmis dans la Régence d’AlgerL’humiliation et l’oppression ont été le quotidien des juifs de la future Algérie pendant 11 si?cles, notamment dans la Régence d’Alger intégrée depuis 1529 ? l’Empire ottoman. C’est ce que nous rappellent les témoignages précis et concordants de témoins, ni juifs ni musulmans, relevés par Philippe Danan dans ses recherches de doctorat (2) : ceux du P?re Diego de Haego en 1612, de Laugier de Tassy en 1724, du consul de France Dubois–Thainville en 1805 et de son homologue américain William Schaler en 1825. Benjamin Stora a signalé beaucoup trop allusivement (p. 31 et 32) cette situation tragique qui allait expliquer toute la suite. Citons quelques éléments caractérisant la condition de dhimmi : - interdiction absolue de se défendre en cas d’agression par un musulman, et soumission permanente aux insultes de n’importe lequel d’entre eux. A noter que certaines obligations vestimentaires relevées par Benjamin Stora - manches trop amples et savates non retenues ? l’arri?re – étaient destinées ? emp?cher les juifs de se défendre ou de fuir ; - en cas de litige avec un musulman, obligation de se soumettre au verdict d’un tribunal coranique, devant lequel tout témoignage de juif était considéré comme nul (3) ; - interdiction de sortir de la Régence, sauf ? avoir garanti son retour par une forte caution ; - interdiction de blasphémer sous peine d’?tre br?lé vif. En cas de transgression de l’un de ces interdits par un juif, la sanction était le b?cher. A Alger, les b?chers destinés aux juifs étaient établis ? la porte Bab El Oued, l? o? les Français les ont remplacés par leur Grand lycée Bugeaud. A ce régime permanent s’ajoutaient périodiquement les pogroms pratiqués avant chaque départ en expédition par les janissaires (Ndlr : fantassins au sein de la troupe d’élite de l’Empire ottoman), suivis de la populace. Dans un rapport ? l’empereur Napoléon 1er du 11 messidor an XIII, le consul Dubois-Thainville a relaté le grand pogrom de juin 1805 ? Alger, au cours duquel il a sauvé 200 juifs de la mort en leur donnant asile. Enfin, pour couronner ces onze si?cles d’oppression, le Dey, détenteur du pouvoir au sein de la Régence, en avait chassé les juifs lors de la marche sur Alger des troupes françaises. Ces juifs s’étaient donc trouvés pris entre deux feux, et victimes des tirs de soldats français qui les prenaient, du fait de leurs v?tements orientaux, pour des combattants musulmans. Par conséquent il était bien normal que les juifs accueillissent les Français en libérateurs d?s leur entrée dans Alger, comme l’aurait fait toute autre minorité opprimée en de telles conditions. A l’encontre de tous les témoignages de l’accueil favorable réservé par les juifs aux Français, l’ouvrage de Benjamin Stora, indique dans un renvoi (p.166, r. 2), sans citer de source, que lors de la prise de Constantine, en 1837, des juifs auraient fait le coup de feu aux cotés des Turcs. Selon cet auteur, « les juifs aimaient leur Bey [Ahmed] et leur ville ». Or, aucun des témoins visuels français qui ont relaté la prise de Constantine apr?s y avoir participé - Lamorici?re, Saint-Arnaud, Canrobert et Mercier - n’a parlé de combattants juifs. Ce qu’ils n’auraient pas manqué de faire s’ils en avaient rencontrés. Seul Mercier mentionne les juifs pour rapporter qu’ils ont été requis pour rassembler les corps des combattants morts en deux tas, et deux seulement : l’un pour les cadavres français, et l’autre pour les musulmans. Bien plus, aux archives du Service historique de l’Armée de Terre (4), Philippe Danan a examiné une douzaine de rapports d’officiers subalternes, dont certains datés du surlendemain de la prise de Constantine. Il a constaté qu’aucun d’entre eux n’indiquait la participation de juifs aux combats. Quant ? l’allégation par Benjamin Stora d’un prétendu amour des juifs constantinois pour leur Bey [Ndlr : chef d’une des trois provinces de la Régence], on en reste confondu si l’on sait que ce m?me Bey avait fait enlever dans sa ville quelque temps auparavant, en 1818, 17 jeunes filles juives pour les offrir en cadeau au Dey d’Alger ! C’est pourquoi, le Grand Rabbin Michel Aron Weill a écrit, en 1850, dans un rapport sur Constantine : « Si jamais population a du accueillir avec reconnaissance, avec bonheur, un changement de régime, c’est la communauté israélite de Constantine. Elle était, dans les derniers temps surtout, sous la domination du farouche Achmed Bey et de Seid ben A?ssa, la plus opprimée des populations israélites d’Algérie, la plus exposée aux caprices d’un pouvoir tyrannique, la plus sujette aux vexations de toute nature… » (5). Les juifs d’Algérie libérés par l’autorité française, ou le prétendu « premier exil » De fait, les Français, d?s leur installation, ont immédiatement mis fin ? la dhimma en application de l’acte de capitulation du 5 juillet 1830 négocié préalablement avec le Dey, et selon lequel « l’exercice de la religion mahométane restera libre. La liberté des habitants de toutes les classes, leur religion, leurs propriétés, leur commerce ne recevront aucune atteinte ». Les juifs obtenaient ainsi la liberté de se déplacer, de pratiquer n’importe quel métier, de se v?tir ? leur convenance, de monter ? cheval, de s’armer et de se défendre en cas d’agression. De plus, leur parole valant désormais celle d’un autre, le général Clausel, commandant en chef, voulut établir un tribunal mixte o? deux rabbins et deux muftis siégeraient aux cotés de juges français, afin que les non musulmans cessent de dépendre pour leurs litiges inter religieux du seul tribunal coranique. Malheureusement, ce tribunal mixte ne vit pas le jour, car les muftis refus?rent de siéger aux cotés de juges juifs, et l’on eut recours ? d’autres solutions. Il n’en reste pas moins, que loin d’?tre un « exil », l’indigénat sous l’autorité de l’armée de Charles X, qui n’avait pourtant rien de révolutionnaire, a constitué pour les juifs une véritable libération. L’adhésion des juifs d’Algérie ? l’influence françaiseLes juifs allaient montrer leur reconnaissance en adhérant d’emblée aux valeurs françaises. Les premi?res écoles françaises de garçons ouvertes aux enfants indig?nes ? partir de 1831 connurent un succ?s immédiat aupr?s des parents juifs qui, ? la différence des musulmans, y envoy?rent leurs enfants. De m?me, d?s l’apparition des écoles chrétiennes, les m?res juives, pourtant tr?s traditionalistes, n’hésit?rent pas ? confier leurs filles aux bonnes s?urs, instaurant ainsi une tradition qui allait subsister jusqu’? la Premi?re Guerre mondiale. Simultanément, les juifs consentirent sans difficulté ? réduire progressivement certaines spécificités, en renonçant d’abord ? leurs juridictions mosa?ques, puis en abandonnant compl?tement leur statut civil religieux, au profit du statut civil français de droit commun. Certes, cet élan de reconnaissance envers la France ne fut pas forcément payé de retour par certains officiers ou fonctionnaires français, eux-m?mes antisémites, dont le plus violent, Bugeaud - qui avait eu maille ? partir avec un témoin juif, lors de son affaire de corruption par Abd El Kader - proposa en 1838 et 1842 leur expulsion d’Algérie. Mais, sur le plan des actes, la France fit tout pour encourager l’émancipation des indig?nes juifs d’Algérie. Conscientes de cette évolution, les autorités françaises, sous le roi Louis-Philippe et sous l’empereur Napoléon III, projet?rent d’ouvrir l’acc?s ? la citoyenneté, avec l’appui des conseils généraux d’Alger, d’Oran et de Constantine. Ce qui déboucha d’abord sur le sénatus-consulte de 1865 permettant l’acc?s individuel ? la citoyenneté française de tout indig?ne algérien qui consentirait ? adopter le statut civil français de droit commun. Jusqu’? ce que, en 1870, le décret Crémieux attribue en bloc la citoyenneté française aux juifs indig?nes d’Algérie, tout en supprimant d’office leur statut civil mosa?que, et en lui substituant globalement le statut civil la?c de droit commun. Benjamin Stora évoque, sans les réfuter, les allégations fallacieuses selon lesquelles le décret Crémieux aurait provoqué l’insurrection kabyle (p.97, r.1). Or, cette insurrection est née avant tout de la rébellion de Spahis (Ndlr : cavalerie provinciale) qui refusaient de partir combattre en métropole et du refus du notable Mokrani d’?tre l’agent d’un Gouvernement civil (6). Le décret Crémieux a constitué aussi un facteur indiscutable de la?cisation des juifs d’Algérie. Se fondant sur les confidences de deux rabbins actuels (pages 54 et 55), M. Stora affirme que certains rabbins du XIXe si?cle auraient été défavorables « ? ce la?cisme extr?mement pernicieux » et qu’ils auraient attribué ? ce décret la désertion des écoles rabbiniques. On peut regretter que cet auteur n’ait pas présenté de traces écrites du prétendu mécontentement des centaines de rabbins en Algérie. Car, en réalité, ces rabbins, qui n’oubliaient pas la situation d’avant 1830, se sont montrés favorables ? l’accession des juifs ? la citoyenneté, comme le prouve le discours prémonitoire prononcé en chaire et en français, d?s 1836, par Grand Rabbin Amar d’Alger, devant la population juive et les autorités rassemblées ? la grande synagogue de la place de Chartres (2). Cette haute autorité religieuse y affirmait déj? : « Vous jouissez des droits civils, vous ?tes citoyens français ». Plus tard, c’est le Grand Rabin Charleville d’Oran qui remet ? Napoléon III, en 1865, des pétitions demandant l’attribution de la citoyenneté française aux juifs d’Algérie.Ainsi, loin d’avoir été une mesure de circonstance, le décret Crémieux a constitué l’aboutissement naturel de 40 ans d’évolution vers l’égalité des droits, et une premi?re mesure de décolonisation qu’il aurait fallu étendre aux musulmans. C’est ce qu’ont ressenti de nombreux juifs dont l’acc?s ? la citoyenneté n’a pas emp?ché, comme Benjamin Stora l’a rappelé, de manifester leur solidarité avec les musulmans. Ainsi des notables, comme Elie Gozlan, ou les professeurs Henri Aboulker et Raymond Bénichou, sont-ils intervenus chaque fois qu’ils l’ont pu, en faveur de l’attribution de l’égalité des droits civiques aux indig?nes musulmans. Par ailleurs, ? propos des v?tements portés par les juifs, Benjamin Stora tient ce propos stupéfiant : « Si les plus âgés conservent leur costume ? l’orientale, ? la veille de la guerre de 1939, tous les jeunes sont v?tus ? l’européenne ». Or, né ? Alger, en 1930, je n’ai jamais rencontré de juifs v?tus autrement qu’? l’européenne, quels qu’aient été leur milieu ou leurs âges. En outre, si je m’en rapporte aux photos de jeunesse de mes grands-parents, c’est non seulement avant 1939, mais m?me, bien avant 1900, que les v?tements orientaux avaient été abandonnés. En réalité, en dehors des cartes postales exotiques, spécialement composées pour les touristes, ces v?tements n’étaient plus gu?re portés, dans les années 1930, sauf par certains juifs des Territoires du sud. Quoi qu’il en soit, il est incroyable que Benjamin Stora ait écrit : « Apr?s cette séparation [par le décret Crémieux], les juifs algériens changent de camp et se solidarisent avec l’envahisseur » (p. 54). En effet, les juifs n’ont jamais été admis dans le m?me camp que la communauté musulmane, qui pendant 11 si?cles, les a traités en parias, sauf quelques exceptions individuelles. Ils n’ont donc pas eu ? « changer de camp » ? l’arrivée des Français, qui leur ont immédiatement rendu leurs droits humains élémentaires. C’est pourquoi, d?s 1830, et sans attendre le décret Crémieux, les juifs algériens ont manifesté leur attachement ? la France. Au demeurant, l’Histoire nous rappelle que, pour les juifs, présents dans le pays depuis l’antiquité, les « envahisseurs » ont été les Arabes qui les ont asservis. L’apport des réfugiés d’Espagne n’ayant été que minoritaire, pour eux, comme pour les musulmans. Les juifs d’Algérie au service de la FranceLes nouveaux citoyens n’ont pas obtenu que des avantages en accédant ? la citoyenneté : ils ont aussi du satisfaire aux obligations militaires, comme tous les autres citoyens français. Or, Benjamin Stora omet de souligner l’engagement militaire des juifs d’Algérie au service de la France, lors des deux guerres mondiales. Pendant la Premi?re Guerre mondiale, les juifs d’Algérie ont satisfait avec ferveur ? leurs obligations militaires. Le Livre d’Or du juda?sme algérien (1919) (7) rend compte des milliers de citations obtenues sur tous les fronts par les soldats juifs, sans parler de ceux morts au combat pour la France en laissant de nombreux pupilles juifs de la nation. De m?me, tout en faisant allusion ? la contribution des juifs d’Alger au débarquement allié de novembre 1942, Benjamin Stora ne rend pas compte de l’importance décisive de cette action pour le succ?s de l’opération. Pourtant, c’est bien grâce ? la neutralisation des points stratégiques d’Alger et des batteries côti?res de Sidi-Ferruch par 400 volontaires français, dont les deux tiers étaient juifs, sous les ordres de José Aboulker, âgé de 22 ans, et d’Henri d’Astier de La Vigerie (1897-1952), que les forces alliées ont pu débarquer sans opposition, puis encercler la ville, et l’occuper le soir m?me, pendant que les forces vichystes s’absorbaient dans la reconqu?te des points tenus par les résistants. Le caract?re décisif de cette action a officiellement été reconnu en 1947 par le War Department (Pentagone) alors dirigé par Eisenhower, ? travers la personne de José Aboulker, dont la citation accompagnant sa Medal of Freedom commençait par : « A rendu des services exceptionnels ? la cause alliée… » Il est incompréhensible qu’un tel fait d’armes, ? porter en grande partie au crédit des juifs d’Alger, n’ait pas davantage été mis en relief, si l’on consid?re que l? o? les forces vichystes n’avaient pu ?tre neutralisées - ? Oran et au Maroc -, leurs généraux ont sév?rement combattu les Alliés pendant trois jours, alors m?me qu’ils livraient la Tunisie ? d’infimes forces allemandes. Sans attendre ce débarquement, de nombreux juifs d’Algérie avaient servi en 1939-40, puis dans les Forces françaises libres (FFL). Ils allaient aussi se battre en Tunisie dans le Corps franc d’Afrique en 1942, malgré les restrictions racistes édictées par le général Henri Giraud (1879-1949), puis, une fois ces restrictions levées par le Comité français de la Libération nationale (C.F.L.N), comme les autres Français d’Algérie, sur tous les fronts, en Italie, en Normandie, ? Paris, en Provence et en Allemagne jusqu’en 1945. Ainsi est-il établi que les juifs d’Algérie, qui ont beaucoup reçu de la France depuis 1830, ont tout fait pour lui manifester leur reconnaissance, y compris depuis 1914 en payant l’impôt du sang. Les tensions antisémites en AlgérieS’il est faux de voir dans le décret Crémieux, la cause de l’insurrection kabyle, il n’est pas douteux que cette réforme ait causé un vif mécontentement au sein de la population européenne. Certes ses représentants s’étaient sous l’Empire montrés maintes fois favorables cette réforme. Mais on réalisait soudain que l’accession de ces indig?nes ? la citoyenneté, constituait le premier acte d’une décolonisation par assimilation. Benjamin Stora a mis longuement en relief, et ? juste titre, les manifestations anti-juives périodiques de certains européens depuis la fin du XIXe si?cle, et leurs dérives nazies ? la veille de la Seconde Guerre mondiale. Des juifs y ont m?me perdu la vie. Mais, en 70 ans, grâce au pouvoir central français qui y a mis le hol?, on a pu compter les morts, victimes du terrorisme européen sur les doigts d’une main, tandis qu’en un seul pogrom musulman, en 1934, ? Constantine, ce sont 25 juifs innocents, dont cinq femmes et quatre enfants de quatre ? dix ans, qui ont perdu la vie. Tels sont les faits, m?me si les musulmans algériens, dans leur ensemble, ont été loin d’approuver ce massacre. Ajoutons que ces faits n’ont pas emp?ché les leaders juifs déj? cités de lutter pour l’acc?s ? l’égalité civique de tous les indig?nes, notamment dans le Cercle des croyants monothéistes, aux côtés de l’éminent ouléma (Ndlr : théologien de l’islam), Cheikh El Okbi (1889-1960). Le véritable « premier exil » des juifs d’AlgérieBenjamin Stora est fondé ? qualifier d’« exil » - mais en réalité, il s’agit du premier - l’exclusion des juifs de la citoyenneté française par le gouvernement de Vichy. Cet exil fut d’autant plus pénible que ces juifs, privés comme ceux de métropole de leurs métiers et de leurs biens, ont de plus été déchus de leur citoyenneté. Cet auteur a bien rendu compte de leur sentiment d’aliénation. A juste titre, il a rappelé aussi (p. 97 et 107) la bonne tenue des leaders indig?nes, qui, tels Ferhat Abbas (1899-1985) ou Me Ahmed Boumendjel, ont refusé d’approuver les mesures d’exclusion du maréchal Pétain, et préféré que l’égalité entre indig?nes se fasse par le haut, plutôt que vers le bas. Cependant, on s’étonne que Benjamin Stora ait oublié de citer les mesures ségrégatives supplémentaires ayant frappé les juifs d’Algérie, comme leur exclusion des Chantiers de jeunesse et surtout celle des écoles et lycées publics, sur la base d’une simple note de service (n°343QJ du 30 septembre 1941) prise par le général Maxime Weygand (1867-1965), délégué général en Afrique française au sein du gouvernement de Vichy, avec la complicité du Recteur Georges Hardy. Le difficile rétablissement du décret CrémieuxMais surtout, ? propos du difficile rétablissement du décret Crémieux apr?s le débarquement, on ne peut pas mettre sur le m?me plan le régime vichyste prolongé de Darlan et de Giraud en Afrique libérée (novembre 1942-mai 1943) et celui du Comité français de libération nationale (C.F.L.N.) (juin 1943-juin 1944). Or, apr?s avoir mis en lumi?re la responsabilité personnelle de Giraud (p.96) – qui est une réalité -, Benjamin Stora étend ? tort cette responsabilité ? l’ensemble des autorités françaises réunifiées (p.98) : « Dans l’esprit des nouvelles autorités, la république restaurée doit aller de l’avant, construire la France nouvelle ? Alger, capitale de la France Libre. Tels sont les mots d’ordre. On avance donc sans se préoccuper du statut des juifs… ». Apr?s quoi, cet auteur étend la responsabilité ? de Gaulle (page 99) : « Le plus simple ? leurs yeux [des porte-parole juifs] était donc de rétablir le décret Crémieux et d’abroger la législation de Vichy. Décision que ni Giraud, ni de Gaulle lorsqu’il arrive au pouvoir en mai 1943, ne se résoudront ? prendre ». De plus, Benjamin Stora cite, sans émettre la moindre réserve, ce raccourci fallacieux du philosophe Jacques Derrida : « Puis les Alliés débarquent : c’est la période du Gouvernement bicéphale (De Gaulle-Giraud) : les lois raciales maintenues plus de 6 mois sous un gouvernement français « libre » (p. 103). Cette présentation est ? la fois fausse et injuste. D?s juillet 1940, tant dans les Forces françaises libres (F.F.L.) que dans tous les territoires ralliés au général de Gaulle, celui-ci, assisté du professeur René Cassin (1887-1976), avait tenu pour nul le gouvernement de Vichy, comme dépourvu de toute validité constitutionnelle et sous la dépendance de l’ennemi (Manifeste de Brazzaville du 27 octobre 1940), et donc toute la législation émanant de ce gouvernement (Ordonnance n°1 de la France libre du 27 octobre 1940 : « Les pouvoirs publics, dans toutes les parties de l’Empire libérées du contrôle de l’ennemi, seront exercés sur la base de la législation française antérieure au 28 juin 1940… ») (8). Au contraire, en Afrique vichyste, les dirigeants anglo-saxons, désireux d’écarter de Gaulle, ont maintenu au pouvoir apr?s le débarquement de novembre 1942 l’amiral collaborateur Darlan, puis le général Giraud, grand admirateur du maréchal Pétain, qui ont laissé en vigueur toutes les lois d’exclusions de Vichy. M?me apr?s l’exécution de Darlan par le patriote de 20 ans Bonnier de la Chapelle - acte de résistance que Benjamin Stora qualifie d’« assassinat » (p. 95) au mépris de la réhabilitation de Bonnier par la Chambre des révisions de la cour d’appel d’Alger le 21 décembre 1945 -, Giraud, successeur de l’amiral, a maintenu le régime de Vichy, et immédiatement fait arr?ter les chefs de la résistance. Par la suite, pour apaiser les critiques des presses libres américaine et britannique, alertées par les correspondants de guerre alliés, Roosevelt et Churchill ont fait pression sur Giraud pour qu’il supprime les lois d’exclusion de Pétain. Ce que Giraud a fini par se résigner ? faire par une ordonnance du 14 mars 1943, tout en renouvelant l’abrogation du décret Crémieux. Un peu plus tard, les chefs alliés ont contraint Giraud ? fusionner son Commandement d’Alger avec le Comité français de Londres. De Gaulle est arrivé ? Alger le 30 mai 1943. Le C.F.L.N. n’a vu le jour que le 3 juin, initialement sous les coprésidences de de Gaulle et Giraud - ce dernier toujours appuyé par Roosevelt -, mais avec, ? l’arri?re-plan, l’état-major et l’armée pétainistes, ainsi que les services secrets de Vichy toujours en place. Aussi de Gaulle n’a-t-il pu que progressivement acquérir une liberté de man?uvre suffisante pour réformer le syst?me. C’est donc seulement apr?s l’élimination de Giraud de sa coprésidence du C.F.L.N., au mépris de la protection de Roosevelt, le 2 octobre 1943, que le rétablissement du décret Crémieux est enfin devenu possible. Et ce fut sans tarder, 18 jours plus tard, que le retour rétroactif au décret Crémieux fut prononcé le 20 octobre 1943, sur la base de l’invalidation de l’ordonnance de Giraud du 14 mars 1943, compte tenu de la non-adoption en temps voulu de son décret d’application. Quant ? Giraud, encore membre du Comité, il n’allait en ?tre totalement évincé que le 9 novembre 1943, tout en conservant le commandement de l’armée. Par conséquent, c’est au général de Gaulle, et ? la presse indépendante anglo-saxonne alertée par les correspondants de guerre alliés, qu’est due la restitution aux juifs d’Algérie de leur citoyenneté et la fin de leur « exil » de la communauté française. Quant aux centaines de protestations bien intentionnées évoquées par Benjamin Stora (p.99 et 100), elles ont été utiles certes, mais sans aucun effet sur Giraud et son protecteur Roosevelt. J’ajoute que si le temps a paru long aux juifs d’Algérie, dont moi-m?me, entre le débarquement allié et le recouvrement complet de leurs droits, les auteurs de ces lettres et démarches de protestations, dont certains prirent de grands risques en les émettant, n’ont jamais sous-estimé le rôle décisif du général de Gaulle dans le rétablissement du décret Crémieux. On a, en effet, le droit de ne pas apprécier la politique ultérieure de ce général, mais il convient de ne pas se méprendre sur son action libératrice pendant la Seconde Guerre mondiale. Ayant été témoin de ces év?nements et auteur d’un ouvrage sur la question (9), je sais ce qui s’est réellement passé. Aussi recommanderai-je, pour se faire une idée plus exacte de cette période, les livres de Christine Levisse-Touzet et de Jacques Cantier (10). En conclusion, je suis tenté de me demander pourquoi Benjamin Stora, qui consid?re la libération des juifs par la France en 1830 comme un « exil », ne retournerait pas s’installer en Algérie indépendante o? sa qualité de juif lui vaudrait certainement une extr?me considération. Yves Maxime Danan est Professeur Emérite ? la Sorbonne (Paris IV) o? il a enseigné le droit public et la science politique. Vous pouvez lire ces deux articles de Cyrano :«Les trois exils - Juifs d’Algérie» de Benjamin Storahttp://www.guysen.com/articles.php?sid=5302En savoir plus sur les années noires des Juifs d’Algérie (1940-1944)http://www.guysen.com/articles.php?sid=5340PHOTOS : De haut en bas - Reproduction de la couverture de la réédition du Livre d’Or du juda?sme algérien en fac-similé réalisée en 2000 par le Cercle de généalogie juive (CGJ). - Esther Sasport?s (1813-1887), petite-fille d'Israël Sasport?s, assassiné ? Alger lors du pogrom de 1805 (archive de la famille Aboulker). - Samuel Aboulker (1815-1890), rabbin et dayan (Ndlr : juge rabbinique), petit-fils du Grand Rabbin Isaac Aboulker décapité sur l’ordre du dey d'Alger le 7 juin 1815. Anc?tre direct des professeurs Henri et José Aboulker (archive de la famille Aboulker). - la bar mitzva (cérémonie marquant la majorité religieuse du jeune garçon juif de 13 ans) de Raymond Bénichou âgé de 13 ans en 1903 ? droite ? côté de sa grande s?ur Berthe qui épousera le professeur Henri Aboulker (archive de la famille Aboulker) - le professeur Henri Aboulker (1876-1957) en 1916 (archive de la famille Aboulker). - le futur professeur Raymond Bénichou en uniforme au début de la Premi?re Guerre mondiale, ? la veille de sa promotion de sous-lieutenant (archive de la famille Bénichou). BIBLIOGRAPHIE :1 - Ibn Khaldoun, « Histoire des Berb?res ». Traduction du Baron de Slane, Alger, 1852-1856, et Professeur Émile Félix Gauthier, « Les si?cles obscurs du Maghreb », Paris, Payot 1927, p. 245 et s. 2 - Philippe Danan, « La communauté juive d’Alger dans les premi?res années de la présence française ». Mémoire de D.E.A. de l’Université de Paris VIII, Paris, 2004. 3 – Pierre Genty de Bussy, « De l’installation des Français dans la Régence d’Alger et des moyens d’en assurer la prospérité ». Firmin Didot, Paris 1839. 4 - Service historique de l’Armée, Archives de l’Armée de Terre, ? Vincennes, dossier 3, Cote 1H52. 5 - Simon Schwarzfuchs, « Les juifs d’Algérie et la France (1830-1855) », p.243. Institut Ben- Zwi, Tel Aviv, 1981. 6 – Lettre de Mokrani au Général Augerand, en page 768 du rapport de la Commission d’enqu?te sur l’insurrection. 7 – Comité Algérien d’Etudes Sociales, « Le livre d’or du juda?sme algérien », Alger, septembre 1919. 8 – J.O. de la France Libre, Londres, 20 janvier 1941, p.3. 9 – Yves Maxime Danan, « La vie politique ? Alger, de 1940 ? 1944 », Librairie Générale de Droit et de Jurisprudence, Paris, 1963. 10 – Christine Levisse-Touzet, « L’Afrique du Nord, dans la guerre (1939-1945) », Albin Michel, Paris 1998, et Jacques Cantier, « L’Algérie sous le régime de Vichy ». Odile Jacob, Paris, 2002.
LES GUERRES d' ISRAEL
Combinaison de documents rares et informatifs,
"les guerres d’Israël "
vous propose un compte rendu exhaustif
de l’histoire militaire de l’Etat d’Israël.
Apres l’expérience de la guerre (1948),
lorsque 5 armées modernes attaquent l’Etat juif
le jour de sa naissance, obligeant ses habitants
a abandonner leurs instruments agricoles pour des armes.
On découvre alors le géni militaire
qui triomphe de la guerre des six jours (1967),
dans laquelle s’illustre l’aviation militaire israélienne,
alors que ses pilotes buvaient leurs cafés du matin,
ce triomphe est avant tout la célébration
de la réunification de Jérusalem et
la destruction des murs de division de la ville.
Troisieme étape le guerre du Yom Kippour (1973),
durant laquelle des tanks israéliens
ont défait les armées arabes.
Témoin des miracles de la guerre du golfe (1991),
la premiere guerre ou les Israéliens
« se sont assis et ont regardé ce qui se passait »,
a travers leurs masques a gaz,
et les systemes de défenses américaines
qui détruisaient les missiles Scuds dans les airs.
A travers des documentaires, des discussions au sommet,
apprenez plus au sujet des guerres d’Intifada d’Israël,
guerre d’usure (1987-1993, 2000),
dans laquelle Israël est toujours embourbée.
La campagne du Sina? en 1956,
la guerre d’usure de 1967 ? 1970,
et l’invasion du Liban en 1982
sont également incluses dans ce DVD
pour vous offrir une vision plus exacte de ce pays de guerre.
Interviews privées, discours et commentaires de Golda Meir,
Shimon Péres, Yitzhak Rabin ainsi que Yasser Arafat
vous donneront une vision détaillée de la réalité de l’époque,
du processus de prise de décision au niveau politique.
Important bonus :
• Discussion autour des sources bibliques,
historiques et politique du conflit au Moyen-Orient •
Cartes détaillées nous renseignant sur la géopolitique
de la région, apres et avant chaque guerre •
illustration visuelle des zones d’attaque•
Compte-rendu des stratégies sur terre,
aérienne et anti-terroriste d’Israel
Producteur : Nissim Mosekdurée : 1 heure
LES GUERRES d' ISRAEL
Combinaison de documents rares et informatifs,
"les guerres d’Israël "
vous propose un compte rendu exhaustif
de l’histoire militaire de l’Etat d’Israël.
Apres l’expérience de la guerre (1948),
lorsque 5 armées modernes attaquent l’Etat juif
le jour de sa naissance, obligeant ses habitants
a abandonner leurs instruments agricoles pour des armes.
On découvre alors le géni militaire
qui triomphe de la guerre des six jours (1967),
dans laquelle s’illustre l’aviation militaire israélienne,
alors que ses pilotes buvaient leurs cafés du matin,
ce triomphe est avant tout la célébration
de la réunification de Jérusalem et
la destruction des murs de division de la ville.
Troisieme étape le guerre du Yom Kippour (1973),
durant laquelle des tanks israéliens
ont défait les armées arabes.
Témoin des miracles de la guerre du golfe (1991),
la premiere guerre ou les Israéliens
« se sont assis et ont regardé ce qui se passait »,
a travers leurs masques a gaz,
et les systemes de défenses américaines
qui détruisaient les missiles Scuds dans les airs.
A travers des documentaires, des discussions au sommet,
apprenez plus au sujet des guerres d’Intifada d’Israël,
guerre d’usure (1987-1993, 2000),
dans laquelle Israël est toujours embourbée.
La campagne du Sinai en 1956,
la guerre d’usure de 1967 ? 1970,
et l’invasion du Liban en 1982
sont également incluses dans ce DVD
pour vous offrir une vision plus exacte de ce pays de guerre.
Interviews privées, discours et commentaires de Golda Meir,
Shimon Péres, Yitzhak Rabin ainsi que Yasser Arafat
vous donneront une vision détaillée de la réalité de l’époque,
du processus de prise de décision au niveau politique.
Important bonus :
• Discussion autour des sources bibliques,
historiques et politique du conflit au Moyen-Orient •
Cartes détaillées nous renseignant sur la géopolitique
de la région, apres et avant chaque guerre •
illustration visuelle des zones d’attaque•
Compte-rendu des stratégies sur terre,
aérienne et anti-terroriste d’Israel
Producteur : Nissim Mosek ,
durée : 1 heure