ISRAEL A T-IL UN PROJET GEOPOLITIQUE ?
ISRAËL A-T-IL UN PROJET GEOPOLITIQUE ?
par Emmanuel Navon,
Par webmaster, dimanche 27 mai 2007
Article paru aussi dans la revue Hérodote N° 124
– 1er trimestre 2007
Sur le Blog de TERREDISRAEL ( www.terredisrael.com )
Il y trois ans, Ariel Sharon surprit le monde avec
sa decision de se "couper" des Palestiniens.
Le moment et l'endroit qu'il choisit pour son coup
de théâtre n'étaient pas fortuits.
Après l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis
et la Grande-Bretagne au printemps 2003, Georges Bush
et –surtout— Tony Blair décidèrent de replacer la tentative
de résolution du conflit israélo-arabe au centre de
leur politique étrangère au Proche-Orient.
Le Parti travailliste et l'opinion publique britanniques n'avaient
pas admis que leur Premier Ministre envoie les soldats de
Sa Majesté en Iraq et ne fasse rien pour les Palestiniens.
Tony Blair le dit d'ailleurs ouvertement à Georges Bush à l'époque:
la Grande-Bretagne ne pouvait pas se permettre de s'engager
auprès des Etats-Unis en Irak sans que les Etats-Unis ne
prouvent aux opinions publiques arabe et européenne que
la liberté des Irakiens ne leur était pas moins chère
que celle des Palestiniens.
Ce scénario était similaire à celui qui suivit la première guerre du golfe: James Baker organisa la Conférence de Madrid en novembre 1991, car tel était le prix à payer pour le maintient de la délicate coalition que les Etats-Unis formèrent contre l'Irak. Les pays arabes de la coalition n'étaient prêts à soutenir les Etats-Unis pour la libération du Koweït que si les Américains étaient prêts à s'investir dans la "libération" de la Palestine. En 2003, la Grande-Bretagne avait besoin de prouver qu'elle ne pratiquait pas une politique de deux poids deux mesures au Proche-Orient. D'où la "feuille de route," ce document diplomatique publié en avril 2003 avec pour but de "résoudre le conflit israélo-arabe d'ici 2005."
Parrainée officiellement par les Etats-Unis, l'Union européenne, la Russie et les Nations Unies, la feuille de route plaça la résolution du conflit israélo-arabe sous l'égide de la communauté internationale. La feuille de route fut adoptée comme Résolution par le Conseil de Sécurité des Nations Unies en novembre 2003. Il s'agissait pour Israël d'un revers diplomatique. Après la Guerre de Kippour en 1973, un bras de fer diplomatique s'instaura entre les Etats-Unis et Israël d'une part, et entre l'Union soviétique et les pays arabes d'autre part. L'Union soviétique et les pays arabes voulaient imposer à Israël un retrait militaire par l'intermédiaire du Conseil de Sécurité. Les Etats-Unis souhaitaient quant à eux prouver aux pays arabes que le prix à payer pour un retrait israélien était la paix avec Israël et, surtout, le transfert d'allégeance de l'Union soviétique aux Etats-Unis.
Cette stratégie (conçue par Henry Kissinger) réussit avec l'Egypte, mais pas avec le reste du monde arabe. Avec la première Guerre du Liban (1981-82), la première Intifada (1987), et la première Guerre du Golfe (1991), l'aspiration arabo-soviétique d'imposition d'une "solution" par l'intermédiaire du Conseil de Sécurité marqua des points. La fin de la Guerre froide, la victoire américaine en Irak, et la volonté déclarée de James Baker de résoudre le conflit israélo-arabe réunirent les conditions pour la renonciation, par les Etats-Unis, à la stratégie de Kinssinger. D'où la Conférence de Madrid, à laquelle Israël n'accepta de se rendre qu'à condition que les Nations Unies n'aient pas l'autorité d'imposer aux parties une solution non-négociée du conflit.
C'est pourquoi la feuille de route constitua un revers diplomatique pour Israël, d'autant plus que trois de ses parrains internationaux (la Russie, l'Union européenne, et les Nations Unies) ont toujours ouvertement été plus enclins à soutenir les positions du monde arabe que celles d'Israël. Lorsque, le 19 novembre 2003, le Conseil de Sécurité adopte la feuille de route comme Résolution, il est clair que les Nations-Unies se sont emparées du dossier. Parallèlement, le 1er décembre 2003, des représentants de la gauche israélienne et de l'OLP signent à Genève un "accord de paix" virtuel, qui semble offrir une alternative à la politique du gouvernement israélien.
Ariel Sharon sent alors la pression tant de l'extérieur (la feuille de route) que de l'intérieur (les accords de Genève). Il a perdu l'initiative et se sent encerclé. Cela n'est pas du goût de ce stratège qui aime surprendre et déteste être surpris. Sa traversée légendaire du Canal de Suez et son encerclement de l'armée égyptienne pendant la Guerre de Kippour sont étudiés jusqu'à aujourd'hui dans les écoles militaires. Trente ans plus tard, il sent de nouveau qu'Israël est menacée si elle ne prend pas une initiative audacieuse. Il s'agit cette fois-ci d'une initiative diplomatique et non militaire, mais l'idée est la même: surprendre et encercler. Par ailleurs, on ne saurait faire abstraction du fait que Sharon est personnellement menacé au même moment par une enquête de police sur le financement de sa campagne électorale pour le leadership du Likud en 1999 et sur son intervention, en tant que Ministre des Affaires étrangères du Gouvernement Nétanyahou, en faveur de son fils pour l'obtention d'un contrat immobilier en Grèce. La presse commence à parler de la fin de Sharon, mais Sharon sait que cette même presse (ainsi que le Procureur du Gouvernement) le "gracieront" dès qu'il revêtira l'uniforme du "de Gaulle israélien."
Le 18 décembre 2003, Ariel Sharon doit prononcer son "Discours d'Herzliyah." La Conférence d'Herzliyah est une réunion annuelle où les plus grandes sommités israéliennes et internationales discutent des problèmes géopolitiques, économiques et démographiques d'Israël, avec pour but de proposer des solutions concrètes et des plans de travail pour le gouvernement. Les intervenants incluent le Premier Ministre, le Chef d'État major, et des experts dûment sélectionnés, tant Israéliens qu'étrangers. Fondée en 2000 par Uzi Arad, la Conférence d'Herzliyah s'est rapidement imposée comme un forum prestigieux, au point que le discours annuel du Premier Ministre est devenu l'équivalent israélien de l'Etat de l'Union ou du Discours du Trône. C'est dans son "Discours d'Herzliyah" qu'Ariel Sharon avait annoncé en décembre 2002 son accord de principe avec la vision exprimée par Georges Bush dans son discours du 24 juin 2002 –un discours dans lequel, pour la première fois dans l'histoire du conflit israélo-arabe, un Président américain défendit l'idée d'un État palestinien. Le fait qu'Ariel Sharon déclare accepter la création d'un État palestinien constituait une révolution copernicienne.
La première Conférence d'Herzliyah se réunit alors que vient
d'éclater la guerre d'Arafat et que le processus d'Oslo,
entamé sept ans plus tôt par la gauche israélienne, est discrédité.
Uzi Arad est issu du Mossad et fut le conseiller politique
du Premier Ministre Nétanyahou. La Conférence donne la parole,
entre autres, à Uzi Dayan, à Dan Schueftan, et à Arnon Soffer.
Leur message est similaire: il faut se séparer des Palestiniens. Uzi Dayan est alors Directeur du Conseil pour la Sécurité nationale. Dan Schueftan est politologue et Arnon Soffer démographe –tous deux de l'Université de Haïfa. Cela fait plusieurs années que ces deux universitaires mettent en garde contre la menace démographique arabe et qu'ils plaident pour la construction d'un mur entre Israël et les Palestiniens. La gauche les traite de racistes, la droite répudie leur appel à diviser physiquement la patrie. Comme Uzi Arad, Dan Schueftan se définit comme un réaliste pour qui seul importe l'intérêt national et qui méprise l'idéalisme, qu'il soit de gauche (la paix kantienne au Proche-Orient), ou de droite (l'intégrité de la Terre d'Israël).
Le "message réaliste" est en substance le suivant: 1) Le retrait des ou de territoires conquis en 1967 par Israël n'aboutira pas à la paix avec les Palestiniens (contrairement à ce que pensait la gauche) car les Palestiniens n'aspirent pas à un Etat pacifique en Cis-Jordanie et à Gaza, mais à la destruction d'Israël; 2) Garder les territoires conquis par Israël en 1967 est impossible (contrairement à ce que pensait la droite), car ils constituent une bombe démographique. Il faut donc renoncer et aux territoires et à la paix. Concrètement, il faut construire une muraille de Chine entre Israël et la barbarie arabe, et réinvestir les ressources de l'État juif dans la science et la culture.
Ce message devient l'un des leitmotivs de le Conférence d'Herzliyah. Il gagne progressivement en légitimité au sein de l'intelligentsia israélienne, alors que celle-ci était jusqu'alors en majorité acquise à la théorie des territoires contre la paix. Certains intellectuels tels que Shlomo Avinéri, le prestigieux politologue de l'Université hébraïque, et Amnon Rubinstein, le non moins prestigieux professeur de droit et ancien ministre, admettent l'échec d'Oslo et se démarquent de la gauche post-sioniste. De même qu'il y a un "Consensus de Washington," on peut à présent parler d'un "Consensus d'Herzliyah." C'est à Herzliyah qu'experts et têtes pensantes forgent le nouveau projet géopolitique d'Israël. Mais ce projet n'a pas encore été adopté par les décideurs et par le Premier Ministre.
Le discours d'Ariel Sharon à la quatrième Conférence d'Herzliyah (décembre 2003) constitue donc pour Uzi Arad une divine surprise et une rétribution. Sharon fait allusion aux Accords de Genève: ils répètent l'erreur d'Oslo et conduiront au même échec. C'est la feuille de route qui a été acceptée par les gouvernements élus, et c'est elle seule qui servira de base à un futur accord de paix avec les Palestiniens. Israël a rempli et continue de remplir ses obligations telles qu'elles ont été définies par la feuille de route. Sharon se tourne ensuite vers les Palestiniens: nous ne voulons ni vous occuper ni vous diriger; nous voulons que vous soyez indépendants dans votre propre État. Nous espérons que votre gouvernement, comme le mien, fera tout pour faire avancer la feuille de route afin que vous puissiez obtenir votre État. Mais si, dans les prochains mois, nous voyons que l'Autorité palestinienne ne fait rien pour remplir ses obligations telles que définies par la feuille de route, alors Israël initiera un processus unilatéral de séparation des Palestiniens. Nous préférons la négociation, mais nous n'avons pas l'intention de laisser la société israélienne être l'otage des Palestiniens. Israël construira une barrière entre elle et les Palestiniens, et certains villages juifs seront déplacés et délocalisés. La barrière ne constituera pas une frontière politique mais une frontière de facto jusqu'à la reprise des négociations en vertu de la feuille de route. Les villages juifs délocalisés seront ceux qui n'auraient pas été intégrés à l'État d'Israël dans le cadre d'un accord de paix. Les Palestiniens ont plus à gagner dans le cadre d'un accord de paix, et la balle est dans leur camp. Mais nous ne les attendrons pas éternellement et ne les laisserons pas nous tenir en otages. Merci, et bonne fête de Hannoukah.
La salle est saisie de stupeur, et Uzi Arad se lève pour conclure la conférence. "Monsieur le Premier Ministre," lui dit-il, "je souhaite m'adresser personnellement à vous en guise de conclusion. Vous avez fait allusion dans votre discours à David Ben-Gourion, qui a disparu il y a exactement trente ans. C'était un grand dirigeant, qui savait prendre des décisions difficiles. C'était un homme d'État au sens noble du terme, et nous avons beaucoup à apprendre de lui. L'histoire de l'État d'Israël est dans une large mesure votre histoire personnelle, celle de votre combat comme soldat, comme officier, comme homme d'État et comme Premier Ministre. Vous vous trouvez dans une position unique. Seul celui qui porte sur ses épaules la responsabilité du pays peut ressentir certains moments historiques et prendre des décisions historiques, telles que celle que vous avez présentée dans votre discours. À la Conférence d'Herzliyah, nous analysons les problèmes, mais vous seul pouvez prendre les décisions. Je vous souhaite tout le succès dans la nouvelle politique que vous venez d'annoncer, car ce succès sera le nôtre."
Le nouveau projet géopolitique d'Israël est lancé, avec le soutient très large des universitaires, des hommes d'affaires et des média. Son but est de "libérer" Israël du fardeau palestinien, de négocier les termes de la séparation avec les Etats-Unis, et de réinvestir les énergies nationales dans l'économie et l'éducation. Beaucoup s'accordent à dire qu'il s'agit là de la seule issue possible à l'éternel imbroglio moyen-oriental, et que seul Ariel Sharon peut mener à bien ce projet ambitieux.
Ariel Sharon charge le Conseil de la Sécurité nationale de formuler les détails de ce qui est à présent nommé le "plan de désengagement." Dov Weissglass, ami, avocat et chef de Cabinet du Premier Ministre, centralise la mise en place du plan de désengagement. Certains affirment qu'il en aurait été l'instigateur. Il négocie directement avec Condoleezza Rice le soutient américain.
En avril 2004, le plan est annoncé. Il diffère de ce qu'avait annoncé Sharon quatre mois plus tôt. Loin de "séparer" Israël des Palestiniens, le plan ne prévoit que le démembrement des localités juives de la Bande de Gaza ainsi que quatre localités juives au nord de la Samarie (la Bande de Gaza est déjà séparée d'Israël par une clôture depuis plusieurs années). Alors que Sharon avait parlé de "re-localisation" des localités juives, celles-ci seront en réalité rasées sans être reconstruites à l'intérieur d'Israël. Le plan prévoit le maintient de la présence militaire israélienne à la frontière entre la Bande de Gaza et l'Égypte (en pratique, Israël se retirera de la frontière en septembre 2005). Le plan affirme que la Bande de Gaza sera "démilitarisée" après le retrait israélien, ce qui est un vœu pieux à la limite du grotesque: comment Israël pourra-t-elle empêcher la militarisation de la Bande de Gaza après le retrait, alors même qu'elle n'avait pas réussi à empêcher cette militarisation avant le retrait? Israël continuera de pourvoir la Bande de Gaza en eau et en électricité, et les Palestiniens de la Bande de Gaza pourront continuer de travailler en Israël: on est loin de la "séparation" annoncée par Sharon.
Arafat meurt le 11 novembre 2004 et avec lui l'idée qu'il n'y a aucun espoir de négociation avec les Palestiniens. C'est en effet le refus obstiné d'Arafat de brider le terrorisme palestinien qui avait convaincu Sharon à agir unilatéralement. Mais une fois Arafat disparu, la logique même du retrait unilatéral perd de sa pertinence. Uzi Arad publie le 17 novembre 2004 un article dans Haaretz, appelant à revoir la stratégie du désengagement. Les Européens, explique-t-il, commencent déjà à faire pression pour passer à la deuxième étape de la feuille de route (la négociation entre Israël et les Palestiniens) avant même que les Palestiniens aient rempli les conditions de la première étape (le démantèlement des infrastructures terroristes). Israël s'oppose à cette tendance, mais en passant directement à l'une des étapes finales de la feuille de route (le retrait militaire et le démantèlement des structures et habitations juives au-delà de la ligne verte), Israël cautionne de facto l'"amnistie" souhaitée par les Palestiniens (obtenir un retrait israélien sans avoir à lutter contre le terrorisme). C'est le moment d'exiger des Palestiniens, explique Arad, de remplir leurs obligations et de lutter contre le terrorisme. Le plan de désengagement, dans les nouvelles circonstances, ne fera qu'accroître l'appétit des Palestiniens et la pression internationale sur Israël. Si Israël est prête à un retrait militaire sans que les Palestiniens aient rempli leurs conditions du contrat, pourquoi s'arrêter a la Bande de Gaza?
Sharon ne veut rien savoir. Les électeurs de son parti, le Likud, ont rejeté le plan de désengagement dans un référendum interne, mais Sharon passe outre ce rejet, et ce contrairement à son engagement de respecter la décision de son parti. Il rejette également l'idée d'un référendum national. Il forme une coalition avec le Parti travailliste, ce même parti qui a essuyé un échec cuisant aux élections législatives de 2003 précisément pour avoir proposé un retrait unilatéral de la Bande de Gaza en cas de blocage des négociations avec les Palestiniens.
En décembre 2004, quelques jours avant la Conférence d'Herzliyah, j'organise à l'Université de Tel-Aviv un débat entre Dov Weissglass, Dan Schueftan et Uzi Landau. Dan Schueftan plaide pour la séparation d'avec Palestiniens depuis plus de vingt ans. Dov Weissglass a conçu le retrait de Gaza. Uzi Landa mène l'opposition à Sharon au sein du Likud. "Te souviens-tu, Dan" lance-t-il à Schueftan, "que tu m'avais approché il a plusieurs années pour signer une déclaration publique appelant à une séparation physique entre Israël et les Palestiniens?" Schueftan opine. "Eh bien, j'étais prêt à signer (contrairement à Dan Méridor, d'ailleurs). Je suis pour la séparation. Mais ce plan que Dov nous a concocté n'a rien à voir avec une telle séparation. Je ne comprends pas ce qui est arrivé à Sharon, que j'ai par ailleurs toujours soutenu. Ce plan est absurde."
À la Conférence d'Herzliyah de 2004, Dov Weissglass plaide pour son plan (car c'est son plan) et il est vivement critiqué par Yaacov Amidror, l'ancien directeur de l’École militaire. "Lorsque je discute de ce plan avec mes amis de gauche" explique Amidror, dont les positions politiques sont clairement à droite, "ils n'ont pas un seul argument convaincant pour justifier le retrait unilatéral de Gaza. Ils admettent que ce plan est stratégiquement absurde. Et quand je leur demande: 'alors, pourquoi le soutenez-vous?' ils me répondent: 'parce que nous voulons virer les colons et que seul Sharon peut briser ce tabou. La gauche n'aurait pas pu faire ce que Sharon est en train de faire, et donc nous le soutenons."
En août 2005, Sharon passe à l'acte. Israël évacue près de 10,000 habitants juifs de la Bande de Gaza et du nord de la Samarie, et rase 22 localités. Les synagogues, restées en place, sont saccagées et brûlées par les Palestiniens. En novembre, Amir Peretz est élu à la tête du Parti travailliste et met immédiatement fin à la coalition présidée par Sharon. Des élections anticipées sont fixées au mois de mars 2006 et Sharon quitte le Likud pour former un nouveau parti, Kadima, dont le but déclaré et de poursuivre la politique de désengagement. Le 4 janvier 2006, Sharon est victime d'une hémorragie cérébrale et est remplacé par Olmert.
Le 24 janvier, Olmert prononce le "Discours d'Herzliyah" à la place de Sharon. Nous sommes littéralement à la veille des élections législatives palestiniennes. Olmert s'adresse aux Palestiniens: "Les élections qui se tiendront demain dans l'Autorité palestinienne sont une occasion historique pour les Palestiniens de réaliser leur aspiration à l'indépendance dans le cadre de leur propre État. Les Palestiniens ont rejeté en 1947 la proposition qui leur avait été faite d'établir un État. L'Histoire leur a offert d'autres occasions d'établir un État. Mais ils ne pourront saisir cette occasion que sur la base d'une renonciation partielle à leurs rêves nationaux, de la même manière que nous avons renoncé à une partie de nos rêves nationaux. Dans les élections qui se tiendront demain, les Palestiniens devront choisir entre deux voies: prendre leur destin en main ou se livrer encore une fois aux extrémistes." La réponse à l'appel d'Olmert est claire: le Hamas, qui plaide et agit ouvertement pour la destruction d'Israël, remporte les élections avec une écrasante majorité.
Du fait de la victoire du Hamas, la politique de retrait unilatéral a à la fois gagné et perdu en crédibilité. Elle a gagné en crédibilité car la victoire du Hamas confirme qu'Israël n'a pas avec qui négocier et doit donc agir unilatéralement. Mais elle a également perdu en crédibilité, car la victoire du Hamas est en partie due au retrait israélien de la Bande de Gaza. Les sondages révèlent en effet que l'électorat palestinien est convaincu du fait que c'est le terrorisme du Hamas et non les négociations byzantines de l'OLP qui on chassé les Israéliens. Par ailleurs, la politique de séparation et de retrait unilatéral s'avère être une arme à double tranchant pour Israël. D'un côté, elle soulage Israël de ses angoisses démographiques et diminue significativement le nombre des kamikazes palestiniens dans les rues israéliennes. Mais d'un autre côté, elle livre des territoires contigus aux centres névralgiques d'Israël à des organisations terroristes armées soutenus par des États comme l'Iran et la Syrie. Une politique de retrait face à un islamisme militant est perçue comme un acte de faiblesse par le Hamas, le Hizballah et l'Iran, qui n'ont que faire de compromis territoriaux et pour qui l'élimination d'Israël est un devoir religieux. Le texte officiel publié par le gouvernement israélien en avril 2004 sur le plan de désengagement stipulait entre autres que "L'espoir est que les Palestiniens prendront l'avantage de l'opportunité créée par le désengagement afin de briser le cycle de la violence et réengager un processus de dialogue." Or c'est précisément l'inverse qui s'est produit.
C'est dans ce climat d'incertitude et de confusion que le parti Kadima remporte une faible majorité aux élections législatives de mars 2005. Le gouvernement de centre-gauche constitué par Olmert a officiellement pour but de poursuivre la politique de désengagement, une politique sur laquelle les Israéliens ont de sérieux doutes, sans pour autant voir quelle est l'alternative. Olmert fait un tour des capitales pour obtenir le soutient des Etats-Unis et de l'Europe, mais en vain. À son retour, un soldat israélien, Gilad Shalit, est enlevé en plein cœur d'une base militaire israélienne mitoyenne de la Bande de Gaza par des Palestiniens qui se sont infiltrés par un tunnel souterrain. Depuis plusieurs semaines, les tirs de roquettes en provenance de la Bande de Gaza atterrissent en plein cœur de la ville israélienne de Sdérot. Israël a quitté Gaza, mais Gaza n'a pas quitté Israël. Un an à peine après s'être retiré de Gaza, Tsahal reçoit l'ordre d'y revenir pour mettre fin aux tirs de roquettes et libérer Gilad Shalit.
Puis c'est le Hizballah qui s'incruste en territoire israélien et capture deux soldats de Tsahal. Olmert répond par une guerre aérienne de plus d'un mois qui n'atteint aucun des objectifs fixés par le gouvernement: les soldats israéliens capturés n'ont pas été libérés et le Hizballah n'est pas désarmé. L'armée de l'air israélienne n'a pas réussi à mettre fin aux tirs de roquettes du Hizballah, qui pendant un mois ont ravagé le nord d'Israël et fait de nombreuses victimes.
La conclusion est claire: les retraits unilatéraux d'Israël (du Liban en 2000 et de Gaza en 2005) ont généré des dangers graves auxquels Israël n'a pas de réponse militaire aérienne. Conçus pour prouver les bonnes intentions d'Israël et pour convaincre les Palestiniens qu'Israël est prête à payer le prix territorial de la paix, les retraits unilatéraux ont eu l'effet inverse. Au lieu de rassurer les Palestiniens sur la bonne foi d'Israël, la politique de retrait les a en réalité renforcés dans leur conviction que le terrorisme marche et que la "libération" de la Palestine par étapes est une méthode fiable. Les intentions étaient bonnes: se conformer au droit international, prouver aux Palestiniens qu'Israël est réellement prête aux "compromis douloureux" souvent évoqués par Sharon, se sortir d'un guet-apens démographique, et répondre aux pressions d'une société israélienne qui se demande de plus en plus ce que ses soldats font au sud-Liban et à Gaza. Mais, comme le dit l'adage, la voie de l'enfer est pavée avec de bonnes intentions.
L'année 2007 marque le quarantième anniversaire de la Guerre des Six Jours, et le quarantième anniversaire des tentatives annuelles de trouver une solution territoriale à un conflit qui ne l'est pas. La conquête, par Israël, de territoires au-delà des lignes d'armistices de 1949 fut la conséquence et non la cause du conflit israélo-arabe. Si Israël se retirait de la totalité de ces territoires (ce que n'exige pas la Résolution 242 du Conseil de Sécurité des Nations Unies), le Hamas (qui dirige l'Autorité palestinienne) continuera d'en appeler à la "libération" du reste de la Palestine (et d'agir en ce sens), et Ahmadinejad continuera d'œuvrer pour l'élimination de l'"entité sioniste" par l'arme nucléaire. Un retrait territorial israélien est peut-être une condition nécessaire mais certainement pas suffisante à la paix au Proche-Orient. Tant que les voisins d'Israël continueront de nier, pour des raisons idéologiques, le droit d'Israël à exister, les retraits territoriaux israéliens seront impuissants à établir la paix au Proche-Orient. De tels retraits, lorsqu'ils sont unilatéraux, ne font que renforcer la conviction des Palestiniens que la violence est efficace et le compromis inutile.
L'ancien ambassadeur de France en Israël, Gérard Araud, utilisa le mot "aporie," dans un entretien que j'eus avec lui, pour définir l'état actuel des relations israélo-arabes. Ce fut la première fois que j'entendis un haut représentant français admettre ne pas avoir de solution au conflit israélo-arabe. Le mot "aporie" décrit parfaitement la situation géopolitique d'Israël aujourd'hui: "Difficulté d'ordre rationnel paraissant sans issue."
Israël cherche une solution rationnelle face à des interlocuteurs qui pensent en termes mystiques. La rationalité porta ses fruits avec le Président Sadat et le Roi Hussein de Jordanie. Mais de tels dirigeants font cruellement défaut dans le Proche-Orient d'aujourd'hui. Ahmadinejad, Nassralah et les dirigeants du Hamas se déclarent être les représentants de la volonté divine sur Terre, une volonté qui d'après eux exige la reconquête sans compromis des terres d'Islam perdues, l'effacement d'Israël, et la conversion des infidèles. Face à cette démence, Israël et le monde chrétien n'ont d'autre issue que de se battre et de se renforcer dans leurs convictions. Les propos d'Oriana Fallaci et du Pape Bénédict XVI ont enragé les musulmans précisément parce qu'ils conjuraient l'Occident à avoir le courage de ses convictions, de sa foi et de ses valeurs. Le fait que de telles injonctions provinrent d'une athée déclarée et d'un Pape est révélateur: la fidélité à ses racines n'est pas nécessairement religieuse; elle signifie avoir le courage d'être soi-même. Israël et l'Occident sont puissants économiquement et militairement, mais faibles idéologiquement. C'est sur cette faiblesse que joue l'islamisme –avec un succès certain.
Être fort et ferme dans son droit et ses valeurs est l'ultime
ligne de défense d'Israël. Après la signature des accords d'Oslo,
l'un de mes collègues proposa d'engager un dialogue avec
un notable Palestinien récemment libéré de prison par Israël.
Celui-ci refusa. Étonné, mon collègue lui demanda la raison
de son refus. "Je suis un Musulman fidèle" lui répondit-il.
"Après avoir étudié la Bible et le Coran,
j'ai finis par comprendre que cette terre appartient à Israël,
et que se révolter contre le droit d'Israël à sa terre,
c'est se révolter contre Dieu.
Mais Israël a un contrat avec Dieu et doit mériter sa terre.
Or, lorsque j'étais dans la prison israélienne,
j'ai vu l'un de mes gardes manger un sandwich pendant
la Pâque juive. Je lui ai fait remarquer que cela était interdit
d'après la Bible. Il m'a répondu qu'il s'en foutait.
Depuis, je suis convaincu que les Musulmans peuvent gagner.
" À méditer.
Dr. Emmanuel Navon
Partner, Navon-Levy Group Ltd.
Lu sur Le Blog : www.terredisrael.com
29 mai 2007
25 mai 2007
40 ANS APRES LA REUNIFICATION DE JERUSALEM
40 ANS APRES LA REUNIFICATION DE JERUSALEM
Commentaires
1. Le mercredi 16 mai 2007 à par ftouh souhail
40 ANS APRES LA REUNIFICATION DE JERUSALEM :
la communauté international reste partiale contre Israël !
A l’approche du Yom Yerouchalaim ,
les partisans occidentaux de la paix ,
qui ont sautés sur l’occasion pour boycotter la célébration
de la réunification israélienne de Jérusalem
son ancienne capitale davidique, devraient à présent mieux
reconsidérer leurs positions : trente années durant,
ils ont pensés que la paix ne pouvait se faire tant qu´Israël
est présente sur certains territoires.
Ils ont même avancé que c´est parce qu´Israël s´obstinait
à administré Gaza que la paix vous échappait.
Mais votre gouvernement ne s´obstine plus guère !!!
Il s’est retiré unilatéralement de Gaza, du sud Liban ….
il a fait des expulsions des habitants de Gush Katif
et du nord du Shomron .Toutes ces mesures ,
que je considère courageuses , étaient censées ouvrir
une nouvelle ère, celle d’un « Israël pragmatique ».
Le résultat ne s’est pas fait attendre :
la montée du Hamas, du Jihad islamique,
une offensive sans précèdent du Hezbollah iranien …
Pour l´heure, la Ligue des pays arabes suggère à Israël
un « plan de paix saoudien » douteux,
fondé sur les frontières de 1967 et comportant
des modifications esthétiques.
Il propose de démanteler les implantations juives dispersées
au sein de la Cisjordanie, de faire de la vieille ville
de Jérusalem-Est la capitale de la Palestine,
d’ouvrir les frontières pour des millions de palestiniens
et de placer les soit disant « Lieux saints musulmans »
sous souveraineté arabe !!
C´est l´offre la plus dangereuse que puisse accepter Israël
de la part des Palestiniens.
Et ce, au prix d´une fracture sans précédent de la société
israélienne et d´un séisme politique que votre pays va courir
derrière une offre fastidieuse et incertaine.
Je me demande comment Le peuple juif doit renoncer radicalement
à plusieurs de ses prétentions historiques et théologiques,
à nombre de ses vieux rêves légitimes et à ses aspirations religieuses,
alors que la doctrine fâcheuse des ennemis d’Israël
demeure toujours intacte !
Mais il est clair que Les palestiniens rejetteront une paix durable.
Leurs responsables réclament à présent ouvertement le soit disant
" droit au retour " , tout en méconnaissant cyniquement le sort
de centaines de milliers de juifs chassés ou ayant fuis
leurs foyers dans les pays arabes au cours de cette même guerre.
La reconnaissance du " droit au retour " palestinien
revient touts simplement à abolir le droit à
l´autodétermination du peuple juif. Il fera du peuple juif
une minorité ethnique à la merci des musulmans,
une " minorité protégée ", des dhimmis comme
le souhaiteraient les intégristes musulmans.
La reconnaissance du " droit au retour " équivaut
à l´annihilation d´Israël et aux valeurs démocratiques
qu’elle représente. C’est normal donc qu’Israël soit prêt
à un compromis, mais pas au suicide démographique que veut
lui imposer les palestiniens et derrière eux notre ligue arabe.
Si La résolution initiale de l´ONU, en novembre 1947,
adoptait la création de deux Etats, arabe et juif,
sur cette terre convoitée.
Cependant, le droit au retour revendiqué aujourd´hui
par les Palestiniens signifie qu´" au lieu de deux Etats
pour deux nations ", il y aura en fin de compte
deux Etats arabes sur cette terre.
Face à l´absolue radicalisation des revendications palestiniennes,
encouragée par des pays arabes (que je m’abstiens à nommer ici)
les pacifistes israéliens ne peuvent plus prétendre qu’il faut
seulement qu’Israël fait des concessions.
Ils ne peuvent plus soutenir non plus, comme ils l´ont fait
durant des décennies, que " l´occupation israélienne
des territoires palestiniens est le seul obstacle à la paix ".
Il conviendrait que les colombes d´Israël revoient leur position.
Au lieu de proclamer que l´occupation des zones palestiniennes
fait obstacle à la paix, ils devraient reconnaîtrent,
que même après le retrait de Gaza
(qui était à mon avis une erreur fatale) les palestiniens
ne sont même pas prêts pour renoncer à la violence aujourd’hui .
Encore leurs hostilités internes qui perdurent à l’heure actuel
témoignent bien d’une immaturité et d’un échec total à s’auto gouverner.
Le retrait et le démantèlement des dizaines de petites
implantations catapultées dans le territoire de Gaza,
dans l´intention de trouver un vraie partenaire palestinien
pour la paix et un futur compromis, a fragilisé Israël
plus qu´il ne la renforcé.
Israël en ressort affaibli et dans une situation contestable.
Je n´adhère pas à l´idée fallacieuse et stérile que le retrait
des israéliens aux limites de 1967 amènera la paix
car Gaza nous illustre un exemple. Maintenant Israël est invité
à déployer ses forces le long de lignes de Gaza pour faire face
aux réalités des menaces qui font de ce territoire le centre
du terrorisme palestinien.
La ligne du retrait de Gaza ne devait pas être prise pour
des frontières qui protége les terroristes d’une nouvelle
incursion israélienne.
Entre-temps, toutes ces attaques de roquettes palestiniennes
menées contre ces lignes devaient être considérées comme
un frein à la folie des concessions israéliennes et un motif pour la nécessité de la poursuite des criminels, bref comme une agression, habilitant donc Israël à exercer son plein droit à l´autodéfense. J’espère que les exercices des instances de commandement de Tsahal, et les différentes simulations des officiers supérieurs de l’armée ont bien aboutis.
Au plan politique, tout futur signe du revirement de l´attitude des Palestiniens serait la volonté de négocier avec Israël non " le droit au retour " (comme le préconise la ligue arabe) mais une solution globale, au problème de la sécurité dans la bande Gaza.
L’autorité palestinienne devrait s´engager en ce sens à sanctionner le trafic des armes et détruire les ateliers qui fabriquent ou cachent les roquettes Kassam, car cette condition n’a pas été remplie par les autorités palestiniennes depuis la constitution de ce gouvernement d’unité national. Le courage et volonté de faire régner la paix ont toujours fait défaut chez les responsables palestiniens.
Rappelons nous par contre que Le gouvernement d'union nationale d'Ariel Sharon qui fut soutenu par une écrasante majorité d’Israéliens, dont la volonté d'arriver à la paix, a été bafoué par une autorité palestinienne laxiste et manipulatrice (dirigé à l’époque par Arafat)
En attendant un revirement de l’attitude palestinienne, j’espère que l’actuel cabinet israélien a l’intention de faire des opérations limités dans la bande de Gaza, car il ne fera dans ce cas qu'appliquer le droit à l'autodéfense le plus légitime d’un gouvernement démocratique, en éliminant les roquettes du kassam avant qu'elles ne tombent sur les écoles et les rues piétonnes.
L’espoir pour les palestiniens ne reviendra que lorsqu’ils remplaceront le gouvernement du Hamas terroriste impénitent, qui les mène à leur perte, par des dirigeants plus raisonnables et moins lâches.
Pour les israéliens , la commémoration de la réunification de la ville de Jérusalem restera à jamais la meilleure victoire que l'armée Israélienne a offert à son peuple après des siècles que les juifs n'ont pas eu accès aux lieux saint du judaïsme . Malgré ce boycottage inapproprié de la part de l’occident, le Yom Yérouchalaim devra rester un jour de fête et de joie proclamant sans peur que "Jérusalem réunifiée est la capitale éternelle et indivisible du peuple juif ".
Ftouh Souhail , Tunis
tunirael@laposte.net
( Le Blog :www.terredisrael.com )
Commentaires
1. Le mercredi 16 mai 2007 à par ftouh souhail
40 ANS APRES LA REUNIFICATION DE JERUSALEM :
la communauté international reste partiale contre Israël !
A l’approche du Yom Yerouchalaim ,
les partisans occidentaux de la paix ,
qui ont sautés sur l’occasion pour boycotter la célébration
de la réunification israélienne de Jérusalem
son ancienne capitale davidique, devraient à présent mieux
reconsidérer leurs positions : trente années durant,
ils ont pensés que la paix ne pouvait se faire tant qu´Israël
est présente sur certains territoires.
Ils ont même avancé que c´est parce qu´Israël s´obstinait
à administré Gaza que la paix vous échappait.
Mais votre gouvernement ne s´obstine plus guère !!!
Il s’est retiré unilatéralement de Gaza, du sud Liban ….
il a fait des expulsions des habitants de Gush Katif
et du nord du Shomron .Toutes ces mesures ,
que je considère courageuses , étaient censées ouvrir
une nouvelle ère, celle d’un « Israël pragmatique ».
Le résultat ne s’est pas fait attendre :
la montée du Hamas, du Jihad islamique,
une offensive sans précèdent du Hezbollah iranien …
Pour l´heure, la Ligue des pays arabes suggère à Israël
un « plan de paix saoudien » douteux,
fondé sur les frontières de 1967 et comportant
des modifications esthétiques.
Il propose de démanteler les implantations juives dispersées
au sein de la Cisjordanie, de faire de la vieille ville
de Jérusalem-Est la capitale de la Palestine,
d’ouvrir les frontières pour des millions de palestiniens
et de placer les soit disant « Lieux saints musulmans »
sous souveraineté arabe !!
C´est l´offre la plus dangereuse que puisse accepter Israël
de la part des Palestiniens.
Et ce, au prix d´une fracture sans précédent de la société
israélienne et d´un séisme politique que votre pays va courir
derrière une offre fastidieuse et incertaine.
Je me demande comment Le peuple juif doit renoncer radicalement
à plusieurs de ses prétentions historiques et théologiques,
à nombre de ses vieux rêves légitimes et à ses aspirations religieuses,
alors que la doctrine fâcheuse des ennemis d’Israël
demeure toujours intacte !
Mais il est clair que Les palestiniens rejetteront une paix durable.
Leurs responsables réclament à présent ouvertement le soit disant
" droit au retour " , tout en méconnaissant cyniquement le sort
de centaines de milliers de juifs chassés ou ayant fuis
leurs foyers dans les pays arabes au cours de cette même guerre.
La reconnaissance du " droit au retour " palestinien
revient touts simplement à abolir le droit à
l´autodétermination du peuple juif. Il fera du peuple juif
une minorité ethnique à la merci des musulmans,
une " minorité protégée ", des dhimmis comme
le souhaiteraient les intégristes musulmans.
La reconnaissance du " droit au retour " équivaut
à l´annihilation d´Israël et aux valeurs démocratiques
qu’elle représente. C’est normal donc qu’Israël soit prêt
à un compromis, mais pas au suicide démographique que veut
lui imposer les palestiniens et derrière eux notre ligue arabe.
Si La résolution initiale de l´ONU, en novembre 1947,
adoptait la création de deux Etats, arabe et juif,
sur cette terre convoitée.
Cependant, le droit au retour revendiqué aujourd´hui
par les Palestiniens signifie qu´" au lieu de deux Etats
pour deux nations ", il y aura en fin de compte
deux Etats arabes sur cette terre.
Face à l´absolue radicalisation des revendications palestiniennes,
encouragée par des pays arabes (que je m’abstiens à nommer ici)
les pacifistes israéliens ne peuvent plus prétendre qu’il faut
seulement qu’Israël fait des concessions.
Ils ne peuvent plus soutenir non plus, comme ils l´ont fait
durant des décennies, que " l´occupation israélienne
des territoires palestiniens est le seul obstacle à la paix ".
Il conviendrait que les colombes d´Israël revoient leur position.
Au lieu de proclamer que l´occupation des zones palestiniennes
fait obstacle à la paix, ils devraient reconnaîtrent,
que même après le retrait de Gaza
(qui était à mon avis une erreur fatale) les palestiniens
ne sont même pas prêts pour renoncer à la violence aujourd’hui .
Encore leurs hostilités internes qui perdurent à l’heure actuel
témoignent bien d’une immaturité et d’un échec total à s’auto gouverner.
Le retrait et le démantèlement des dizaines de petites
implantations catapultées dans le territoire de Gaza,
dans l´intention de trouver un vraie partenaire palestinien
pour la paix et un futur compromis, a fragilisé Israël
plus qu´il ne la renforcé.
Israël en ressort affaibli et dans une situation contestable.
Je n´adhère pas à l´idée fallacieuse et stérile que le retrait
des israéliens aux limites de 1967 amènera la paix
car Gaza nous illustre un exemple. Maintenant Israël est invité
à déployer ses forces le long de lignes de Gaza pour faire face
aux réalités des menaces qui font de ce territoire le centre
du terrorisme palestinien.
La ligne du retrait de Gaza ne devait pas être prise pour
des frontières qui protége les terroristes d’une nouvelle
incursion israélienne.
Entre-temps, toutes ces attaques de roquettes palestiniennes
menées contre ces lignes devaient être considérées comme
un frein à la folie des concessions israéliennes et un motif pour la nécessité de la poursuite des criminels, bref comme une agression, habilitant donc Israël à exercer son plein droit à l´autodéfense. J’espère que les exercices des instances de commandement de Tsahal, et les différentes simulations des officiers supérieurs de l’armée ont bien aboutis.
Au plan politique, tout futur signe du revirement de l´attitude des Palestiniens serait la volonté de négocier avec Israël non " le droit au retour " (comme le préconise la ligue arabe) mais une solution globale, au problème de la sécurité dans la bande Gaza.
L’autorité palestinienne devrait s´engager en ce sens à sanctionner le trafic des armes et détruire les ateliers qui fabriquent ou cachent les roquettes Kassam, car cette condition n’a pas été remplie par les autorités palestiniennes depuis la constitution de ce gouvernement d’unité national. Le courage et volonté de faire régner la paix ont toujours fait défaut chez les responsables palestiniens.
Rappelons nous par contre que Le gouvernement d'union nationale d'Ariel Sharon qui fut soutenu par une écrasante majorité d’Israéliens, dont la volonté d'arriver à la paix, a été bafoué par une autorité palestinienne laxiste et manipulatrice (dirigé à l’époque par Arafat)
En attendant un revirement de l’attitude palestinienne, j’espère que l’actuel cabinet israélien a l’intention de faire des opérations limités dans la bande de Gaza, car il ne fera dans ce cas qu'appliquer le droit à l'autodéfense le plus légitime d’un gouvernement démocratique, en éliminant les roquettes du kassam avant qu'elles ne tombent sur les écoles et les rues piétonnes.
L’espoir pour les palestiniens ne reviendra que lorsqu’ils remplaceront le gouvernement du Hamas terroriste impénitent, qui les mène à leur perte, par des dirigeants plus raisonnables et moins lâches.
Pour les israéliens , la commémoration de la réunification de la ville de Jérusalem restera à jamais la meilleure victoire que l'armée Israélienne a offert à son peuple après des siècles que les juifs n'ont pas eu accès aux lieux saint du judaïsme . Malgré ce boycottage inapproprié de la part de l’occident, le Yom Yérouchalaim devra rester un jour de fête et de joie proclamant sans peur que "Jérusalem réunifiée est la capitale éternelle et indivisible du peuple juif ".
Ftouh Souhail , Tunis
tunirael@laposte.net
( Le Blog :www.terredisrael.com )
24 mai 2007
LA FAMILLE JUIVE SEPHARADE de Mme Andree MALLAH Mere de SARKOZY
La famille juive sépharade de Mme Andrée Mallah,
mère de SARKOZY par David Rosenfeld - Israelvalley
Par webmaster, dimanche 20 mai 2007: France - Israel
Le Blog : www.terredisrael.com
Le nouveau Président est « différent » :
il n’est pas énarque et ne termine pas ses études à Science Po.
Il est avocat, proche des milieux d’affaires et issu de
la nouvelle génération d’après-guerre.
Mais la dissemblance avec ses prédécesseurs ne s’arrête pas là :
c’est le seul président français issu de l’immigration.
Le jour d’intronisation du nouveau Président Sarkozy,
tous les journaux ont écrit sur son père Pal
et ses origines hongroises.
Rares sont ceux qui se penchent sur la vraie famille de Sarkozy,
les Mallah. Nous allons donc vous présenter la famille juive
sépharade de Mme Andrée Mallah, mère de Nicolas Sarkozy.
Car Nicolas Sarkozy va grandir dans la famille de sa mère.
Le jeune Nicolas n’a que 4 ans lorsque son père
Pal Sárközy de Nagybocsa quitte le domicile conjugal
et divorce de Mme Andrée Mallah.
Pour les 3 garçons Guillaume, François et Nicolas,
la figure paternelle devient Bénédict Mallah, le père d’Andrée Mallah.
Bénédict Mallah, né Aaron “Beniko” Mallah,
est un megorashim, c’est-à-dire un descendant des juifs sépharades
expulsés d’Espagne en 1492 par le Roi Ferdinand,
à l’instar du sénateur UMP Roger Karoutchi, un des proches de Nicolas Sarkozy.
Le grand-père Bénédict Mallah est un « Juif de Grèce »,
né à Salonique en 1890. Il appartient à la famille Mallah
(« Messager » ou « ange » en hébreu)
qui s’installe au 16ème siècle dans le Sud de la France
avant de s’installer à Salonique, 2ème ville de Grèce, au 17ème siècle.
Salonique est une communauté juive installée dès le 1er siècle,
et St Paul de Tarse prêcha dans la synagogue de la ville sur son chemin vers Rome. St Paul y écrivit ses célèbres 2 Epîtres aux Thessaloniciens. Salonique est devenu le centre du mouvement messianique juif des Sabbatéens, déclenché par Sabbataï Tsevi, du 17ème siècle jusqu’au début du 20ème siècle. A cette époque, la communauté juive représente plus de la moitié de la population de Salonique (on y parle le ladino) jusqu’au grand incendie de 1917 qui détruisit la ville et ruina ses habitants, forcés à l’exile.
Bénédict Mallah est l’aîné de 7 enfants. A la mort de son père en 1913, sa mère part avec tous ses enfants en France où le jeune Bénédict devient médecin et sert en tant que docteur au sein de l’armée française durant la Première guerre Mondiale. C’est pendant la Grande Guerre qu’il rencontre sa femme, Adèle Bouvier, une jolie infirmière catholique avec qui il aura 2 filles : Suzanne et Andrée Mallah, la mère de Nicolas Sarkozy. Bénédict Mallah s’installe ensuite à Paris 17ème en tant que médecin urologue.
Lors d’un voyage à Salonique en 2006, la communauté juive de la ville a remis à Nicolas Sarkozy l’arbre généalogique de la famille Mallah. On y retrouve le père de Bénédict, joaillier, son oncle Moshé, rabbin et éditeur du journal grec El Avenir. On trouve également deux cousins Asher Mallah, sénateur grec qui en 1912 participa à établir l’université du Technion à Haïfa en Israël, et Peppo Mallah, également sénateur grec appelé à devenir le premier représentant diplomatique d’Israël en Grèce.
Durant la Seconde Guerre Mondiale, la plupart de la famille Mallah de Salonique périt dans l’Holocauste (les nazis ayant tué 96% des Juifs de Grèce). Les survivants sont établis en France, en Angleterre, en Israël et en Suisse. En France, la famille Mallah se cache en Corrèze pour échapper aux rafles.
Après la naissance des 3 frères Sarkozy et le départ de Pal en 1959 lorsque Nicolas a 4 ans, Mme Andrée Mallah reprend ses études d’avocat et élève ses fils avec l’aide du grand-père Bénédict. Nicolas est le plus proche de Bénédict Mallah qu’il considère dans un récit biographique comme son père. Bénédict transmet à son petit-fils sa passion pour la France et pour De Gaulle. En 1972, lors du décès de Bénédict Mallah, Nicolas Sarkozy a 17 ans et c’est la déchirure, une profonde tristesse. L’idéal judéo-grec n’est plus auprès de lui mais aura su laisser des traces profondes dans ses valeurs. La famille quitte Paris pour s’installer à Neuilly sur Seine, où habite Pal, et dont Nicolas deviendra à l’âge de 28 le plus jeune maire. La suite appartient à l’Histoire.
Nicolas Sarkozy a effectué plusieurs visites en Israël. Il entretient des liens amicaux avec plusieurs personnalités dont Benjamin Netanyahu, ancien Ministre israélien et favori des prochaines élections en Israël. Sa position par rapport à Israël était déjà résumé dans son « Discours d’Herzliya » prononcé en décembre 2004 dans la capitale de la high-tech israélienne.
Nicolas Sarkozy rappelle dans ce discours tout ce qui rapproche nos 2 pays, la francophonie forte de 500,000 personnes en Israël et la coopération intense avec des compagnies comme BNP-Paribas, Calyon, CIC, Dexia, Rothschild ou Teva.
Source : Site Israelvalley
Lu sur Le Blog : www.terredisrael.com -
mère de SARKOZY par David Rosenfeld - Israelvalley
Par webmaster, dimanche 20 mai 2007: France - Israel
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Le nouveau Président est « différent » :
il n’est pas énarque et ne termine pas ses études à Science Po.
Il est avocat, proche des milieux d’affaires et issu de
la nouvelle génération d’après-guerre.
Mais la dissemblance avec ses prédécesseurs ne s’arrête pas là :
c’est le seul président français issu de l’immigration.
Le jour d’intronisation du nouveau Président Sarkozy,
tous les journaux ont écrit sur son père Pal
et ses origines hongroises.
Rares sont ceux qui se penchent sur la vraie famille de Sarkozy,
les Mallah. Nous allons donc vous présenter la famille juive
sépharade de Mme Andrée Mallah, mère de Nicolas Sarkozy.
Car Nicolas Sarkozy va grandir dans la famille de sa mère.
Le jeune Nicolas n’a que 4 ans lorsque son père
Pal Sárközy de Nagybocsa quitte le domicile conjugal
et divorce de Mme Andrée Mallah.
Pour les 3 garçons Guillaume, François et Nicolas,
la figure paternelle devient Bénédict Mallah, le père d’Andrée Mallah.
Bénédict Mallah, né Aaron “Beniko” Mallah,
est un megorashim, c’est-à-dire un descendant des juifs sépharades
expulsés d’Espagne en 1492 par le Roi Ferdinand,
à l’instar du sénateur UMP Roger Karoutchi, un des proches de Nicolas Sarkozy.
Le grand-père Bénédict Mallah est un « Juif de Grèce »,
né à Salonique en 1890. Il appartient à la famille Mallah
(« Messager » ou « ange » en hébreu)
qui s’installe au 16ème siècle dans le Sud de la France
avant de s’installer à Salonique, 2ème ville de Grèce, au 17ème siècle.
Salonique est une communauté juive installée dès le 1er siècle,
et St Paul de Tarse prêcha dans la synagogue de la ville sur son chemin vers Rome. St Paul y écrivit ses célèbres 2 Epîtres aux Thessaloniciens. Salonique est devenu le centre du mouvement messianique juif des Sabbatéens, déclenché par Sabbataï Tsevi, du 17ème siècle jusqu’au début du 20ème siècle. A cette époque, la communauté juive représente plus de la moitié de la population de Salonique (on y parle le ladino) jusqu’au grand incendie de 1917 qui détruisit la ville et ruina ses habitants, forcés à l’exile.
Bénédict Mallah est l’aîné de 7 enfants. A la mort de son père en 1913, sa mère part avec tous ses enfants en France où le jeune Bénédict devient médecin et sert en tant que docteur au sein de l’armée française durant la Première guerre Mondiale. C’est pendant la Grande Guerre qu’il rencontre sa femme, Adèle Bouvier, une jolie infirmière catholique avec qui il aura 2 filles : Suzanne et Andrée Mallah, la mère de Nicolas Sarkozy. Bénédict Mallah s’installe ensuite à Paris 17ème en tant que médecin urologue.
Lors d’un voyage à Salonique en 2006, la communauté juive de la ville a remis à Nicolas Sarkozy l’arbre généalogique de la famille Mallah. On y retrouve le père de Bénédict, joaillier, son oncle Moshé, rabbin et éditeur du journal grec El Avenir. On trouve également deux cousins Asher Mallah, sénateur grec qui en 1912 participa à établir l’université du Technion à Haïfa en Israël, et Peppo Mallah, également sénateur grec appelé à devenir le premier représentant diplomatique d’Israël en Grèce.
Durant la Seconde Guerre Mondiale, la plupart de la famille Mallah de Salonique périt dans l’Holocauste (les nazis ayant tué 96% des Juifs de Grèce). Les survivants sont établis en France, en Angleterre, en Israël et en Suisse. En France, la famille Mallah se cache en Corrèze pour échapper aux rafles.
Après la naissance des 3 frères Sarkozy et le départ de Pal en 1959 lorsque Nicolas a 4 ans, Mme Andrée Mallah reprend ses études d’avocat et élève ses fils avec l’aide du grand-père Bénédict. Nicolas est le plus proche de Bénédict Mallah qu’il considère dans un récit biographique comme son père. Bénédict transmet à son petit-fils sa passion pour la France et pour De Gaulle. En 1972, lors du décès de Bénédict Mallah, Nicolas Sarkozy a 17 ans et c’est la déchirure, une profonde tristesse. L’idéal judéo-grec n’est plus auprès de lui mais aura su laisser des traces profondes dans ses valeurs. La famille quitte Paris pour s’installer à Neuilly sur Seine, où habite Pal, et dont Nicolas deviendra à l’âge de 28 le plus jeune maire. La suite appartient à l’Histoire.
Nicolas Sarkozy a effectué plusieurs visites en Israël. Il entretient des liens amicaux avec plusieurs personnalités dont Benjamin Netanyahu, ancien Ministre israélien et favori des prochaines élections en Israël. Sa position par rapport à Israël était déjà résumé dans son « Discours d’Herzliya » prononcé en décembre 2004 dans la capitale de la high-tech israélienne.
Nicolas Sarkozy rappelle dans ce discours tout ce qui rapproche nos 2 pays, la francophonie forte de 500,000 personnes en Israël et la coopération intense avec des compagnies comme BNP-Paribas, Calyon, CIC, Dexia, Rothschild ou Teva.
Source : Site Israelvalley
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20 mai 2007
DISCOURS de Mr. Nicolas SARKOSY a HERZLIYA en 2004
Discours Conférence 2004 d’Herzliya le 16 décembre 2004
de M. Nicolas Sarkozy, Président de l’UMP
Par webmaster, dimanche 20 mai 2007 à 06:37 :: France - Israel ::
Blog : www.terredisrael.com -
Conférence 2004 d’Herzliya le 16 décembre 2004
Mesdames et messieurs,
C’est un plaisir et un honneur pour moi d’être votre invité aujourd’hui.
Je remercie Uzi Arad de cette invitation,
qui m’a donné l’occasion de revenir en Israël.
Je sais le très grand prestige de votre conférence pourtant de création récente. S’il n’y avait la francophilie d’Uzi Arad, qui connaît bien la France
pour y avoir vécu à plusieurs reprises,
j’aurais été étonné de cette invitation.
Après tout, je ne suis plus ministre et je suis français.
Finalement je n’en suis que d’autant plus libre pour évoquer
avec vous quelques grands sujets.
Puis-je d’abord vous dire ma conviction que la politique internationale,
la diplomatie, les relations entre les Etats doivent gagner en transparence, en simplicité, en sincérité. Si l’on veut que les peuples comprennent les enjeux, y adhèrent, les partagent il faut qu’ils puissent appréhender les éléments de chaque situation. Le parler vrai, le parler simple, le parler direct va devenir un impératif de la scène internationale comme il l’est devenu de la scène nationale. Obtenir des résultats, affronter des réalités, se dire des choses me semble une méthode toujours préférable à celle qui consiste à contourner les problèmes, à emprunter un langage codé et à imaginer que le temps, comprenez la perte de temps, finit toujours par arranger les choses.
La diplomatie ne peut plus être une affaire de spécialistes dans un monde interdépendant où tous nous dépendons de chacun. Les limites entre ce qui est international et ce qui est national s’estompent. Les mêmes règles doivent donc s’appliquer. La démocratie a ses exigences et au premier rang la transparence. La diplomatie n’a rien à redouter de cette dernière.
Puis-je ensuite défendre l’idée que dans le monde multipolaire qui est le nôtre depuis la chute du mur de Berlin, il n’y a plus de pays qui sous prétexte qu’il soit petit par la taille, par l’économie ou par la démographie puisse accepter que d’autres parlent en son nom ou que lorsqu’il parle sa voix ne soit pas respectée. Je ne suis pas venu en Israël pour donner des conseils, d’ailleurs à quel titre. Je suis venu pour écouter, pour comprendre et pour partager. Je sais, ce ne sont que des mots. On ne partage pas la souffrance et la peur de l’extérieur. Mais c’est ma façon de vous dire que la souffrance et parfois la peur du peuple israélien sont des éléments de sa dignité. C’est pour cela que vous devez bénéficier du respect du monde pour cette démocratie que vous avez réussi à construire ici.
Je sais très bien qu’au-delà des grandes déclarations d’amitié entre Israël et la France, il y a eu entre nous beaucoup de malentendus qui ont pu conduire à des incompréhensions. Vous aimez la France, mais vous doutez que la réciproque soit vraie. En particulier, pourquoi cacher les choses ? Vous êtes inquiets de la vague d’actes d’antisémitisme qu’a connu la France ces dernières années. Disons même les choses comme elles sont : selon un sondage de mai 2004, 86 % des Israéliens interrogés pensent que les Français sont antisémites. Vous le voyez, c’est ma manière de faire. Je dis les choses telles qu’elles sont. J’essaye d’établir un diagnostic sans complaisance. C’est la seule solution pour trouver les bonnes réponses et surtout rétablir la confiance.
Alors je vous demande de me croire lorsque j’affirme que la France n’est pas antisémite même si hélas il y a de l’antisémitisme en France. Ceux qui me connaissent savent que la première chose que j’ai faite lorsque je suis devenu en 2002 ministre de l’Intérieur de la République française, ce fut de reconnaître l’ampleur du problème, qui avait trop longtemps été sous-estimé. Nier le problème, c’était ajouter à la souffrance de ceux qui avaient été agressés l’humiliation de se voir dénier le statut de victime.
J’ai demandé aux services de police d’harmoniser leurs statistiques avec celles des organisations juives de France.
J’ai ensuite fait protéger par la police les synagogues et les écoles juives. J’ai demandé aux forces de police d’agir sans faiblesse, de ne rien laisser passer, et j’ai fait poursuivre ceux qui s’étaient rendus coupables d’actes antisémites.
De même je n’ai pas accepté que l’on outrage le drapeau d’Israël : ceux qui au cours d’une manifestation l’ont souillé d’une croix gammée ont été mis à la disposition de la justice qui les a condamnés à de la prison ferme. Cette stratégie de refus de toute complaisance a fini par porter ses fruits puisque ceux qui avaient tenté de détruire un local de la synagogue de Montpellier ont été condamnés à des peines allant jusqu’à quatre ans de prison ferme, comme ceux qui avaient tenté de détruire la synagogue de Cronenbourg, en Alsace. Cette année-même, le tribunal correctionnel de Dijon a condamné un homme qui avait tenu des propos antisémites à deux mois de prison ferme. Et dernièrement, le jeune homme de 22 ans qui avait profané le mémorial de Fleury-devant-Douaumont dans la Meuse a été condamné à deux ans de prison dont un an de prison ferme.
Enfin à l’initiative du parlementaire Pierre Lellouche, nous avons à l’unanimité de toutes les forces politiques françaises aggravé les peines punissant les infractions à caractère raciste ou antisémite. Vous le voyez, c’est maintenant la France entière qui est engagée dans la lutte contre l’antisémitisme. Nous le devons à tous ceux qui ont disparu dans l’horreur de la Shoah, comme à tous ceux qui en sont revenus. Nous vous le devons.
J’ajoute deux choses. La première, c’est que l’antisémitisme ne s’explique pas puisqu’il est inexcusable. Il se combat. Chercher à expliquer l’inexplicable, c’est se préparer à excuser l’inexcusable. La deuxième, c’est que la lutte contre l’antisémitisme n’est pas l’affaire des juifs de France. C’est l’affaire de tous les Français. Insulter un juif parce qu’il est juif, c’est insulter la république dans son ensemble. Et la république doit réagir, comme elle doit réagir contre toutes les formes de racisme et de xénophobie.
S’agissant de la diplomatie, je sais aussi que les Israéliens se demandent parfois si la France est toujours votre amie. Et je sais qu’alors qu’Israël a fait presque quotidiennement l’épreuve cruelle du terrorisme aveugle et barbare, vous avez eu le sentiment qu’en France, on restait trop insensible à votre souffrance, et qu’à tout le moins vous n’aviez pas toujours ressenti notre compassion.
Alors soyons clairs : la France n’a jamais transigé et ne transigera jamais avec la sécurité d’Israël. A nos yeux il n’y a pas plusieurs formes de terrorisme dont certaines seraient plus acceptables que d’autres : toutes sont abjectes. Je sais l’horreur de ces attentats : le Dolphinarium, Netanya, la pizzeria Sbarro, les deux enfants de Sderot… Nous sommes solidaires de la souffrance de vos victimes. Face à ce fléau commun, notre détermination est totale : rien n’excuse, rien n’explique un attentat.
Je n’oublie pas non plus que 27 Français ont été tués en Israël dans des attentats. Qu’il me soit donné ici l’occasion de redire ma compassion sans réserve pour toutes les victimes du terrorisme, et mon admiration pour le courage et la force de caractère des citoyens israéliens, qui font face à ce danger permanent et continuent de bâtir un grand Etat, une démocratie vivante et une économie vigoureuse. Je ne dis pas cela parce que je suis votre invité. Je le dis parce que je le pense !
Je voudrais aborder maintenant trois questions avec vous. Où en est la relation entre Israël et la France ? J’ai lu que des sondages récents montraient une faible sympathie des Israéliens pour les Français. Je le regrette, car malgré les désaccords, cette situation est à bien des égards paradoxale, c’est même un contre-sens. Il y a 80 000 Français et 500 000 francophones en Israël et 600 000 Français de culture ou de confession juive en France, qui représentent la troisième communauté juive au monde par le nombre, après les Etats-Unis et Israël.
L’histoire elle-même nous a davantage rapprochés qu’elle nous a séparés. C’est à Paris que Ben Gourion établit son quartier général après la deuxième guerre mondiale. C’est en combattant en Syrie au côté des forces françaises libres que Moshe Dayan perdit son œil. Nos soldats ont combattu ensemble en 1956. Et je sais d’expérience que nos services de renseignement travaillent très étroitement ensemble, y compris sur des missions difficiles. Quant aux liens économiques et commerciaux entre nos deux pays, ils sont chaque jour plus solides. Le commerce franco-israélien a quasiment doublé depuis le début des années 1990, atteignant aujourd’hui près de 2 milliards d’Euros. Nous constatons à la fois une forte progression de nos exportations vers Israël et de celles d’Israël vers la France. Et, preuve de la vitalité de l’économie israélienne, cette progression n’est pas limitée à tel ou tel secteur. Tout au contraire, elle concerne en pratique tous les secteurs d’activité.
Concrètement, les entreprises françaises qui ont fait le choix stratégique de s’implanter en Israël sont de plus en plus nombreuses ces dernières années : Veolia, Danone, Schneider, l’Oréal, Aventis, Alcatel, Vilmorin, Rhodia, … Dans le secteur bancaire : BNP-Paribas, Calyon, CIC, Dexia ou la Compagnie Edmond de Rothschild. Réciproquement, un véritable courant d’investissements israéliens en France tend désormais à se développer. C’est le cas en particulier dans l’électro-ménager, avec le rachat de Brandt par le groupe israélien ELCO, de la filiale française de Bayer par le groupe pharmaceutique israélien TEVA, ou plus récemment d’Allibert par le groupe israélien de plasturgie KETER.
Les investisseurs français ne doutent pas du potentiel de votre économie. Plus profondément encore, ils ont confiance en Israël et en sa population. Je citerai à cet égard deux projets exemplaires où nos entreprises se sont engagées.
En premier lieu, le groupe Véolia, avec ses partenaires israéliens, est en train de construire à Ashkelon une usine de dessalement d’eau de mer de 120 millions de mètres cubes, la plus grande du Moyen Orient, qui devrait être opérationnelle dès l’année prochaine. Par ailleurs, Alstom et Connex vont construire et exploiter, avec leurs partenaires israéliens, la première ligne de tramway de Jerusalem. Ces deux projets représentent chacun plusieurs centaines de millions d’Euros d’investissements et sont parmi les plus importants d’Israël en termes d’infrastructures publiques : il n’y a pas je crois de meilleure illustration de l’intensité et de la qualité de notre coopération.
Je souligne d’ailleurs que les entreprises françaises n’ont pas eu tort de faire le pari israélien puisque l’économie israélienne a retrouvé le chemin d’une croissance vigoureuse, qui avoisinera cette année les 4%. Je voudrais à cet égard saluer la courageuse politique de réformes structurelles mise en œuvre en Israël en termes de fiscalité, de transferts sociaux, de privatisations ou de réformes du système financier. Ces réformes sont le gage d’une meilleure compétitivité et d’une croissance durable.
Au-delà des malentendus de circonstance, la réalité, c’est que nous avons beaucoup en commun et que nous ne pouvons nous permettre des désaccords durables qui n’auraient comme résultat que de nuire à nos deux pays.
Comment pouvons-nous construire une relation désormais indispensable entre l’Europe et Israël ?
Là aussi, je veux parler librement. Je sais que l’Europe évoque encore parfois pour vous les souffrances indicibles du peuple juif, des persécutions du Moyen Age, de l’expulsion des Juifs d’Espagne et du Portugal en 1492, à la Shoah. Mais regardons en face les choses. Notre avenir est commun, car nous sommes voisins, et ni vous ni nous n’allons changer d’adresse. Nous partageons la même mer : la Méditerranée. Vos valeurs sont celles des Européens. Vous êtes plus proches de nous culturellement que de certains de vos voisins. L’Union européenne est votre premier partenaire économique : 40% de vos importations, 30% de vos exportations. Par ailleurs, et ce n’est pas rien, nous n’avons pas besoin de visa pour venir en Israël, et vous non plus pour venir dans l’espace Schengen. Alors, même si votre premier réflexe est de vous tourner vers les Etats-Unis, vous ne devez pas oublier l’Europe.
Quel est mon raisonnement ?
L’Europe doit être un pôle de stabilité pour elle-même, et un garant de stabilité pour les autres. L’Europe est une puissance économique qui peut vous aider à développer la croissance dans votre région, à faire reculer la pauvreté dont se nourrissent tous les extrémismes, à créer des intérêts entre vous et vos voisins qui mieux que tous les traités enracinent la paix. L’Europe ne doit pas, ne peut pas oublier qu’elle est une puissance méditerranéenne. Derrière la question de la Turquie, c’est en fait toute la problématique de nos rapports avec la Méditerranée qui se profile. Question vitale pour toute l’Europe du Sud mais également pour l’identité européenne qui doit tant à la civilisation méditerranéenne. C’est la raison pour laquelle je milite pour des partenariats privilégiés avec les pays de la région, au premier rang desquels j’inscris Israël. Cette solution me semble bien préférable à celle de l’adhésion à l’Union européenne.
L’Union fonctionnait déjà difficilement à 15, nous découvrons maintenant la difficulté de prendre des décisions à 25, et nous devons dès maintenant préparer un nouvel élargissement à la Bulgarie, la Roumanie et, très vite sans doute, la Croatie.
Mais tout nouvel élargissement, qu’il apparaisse légitime ou non au regard de l’histoire et de la géographie des nouveaux candidats, reviendrait à revoir nécessairement à la baisse les objectifs de l’Union européenne. Plus nous serons nombreux, moins nous serons intégrés. Moins nous serons intégrés, plus nous serons fragiles. C’est ce que je ne veux pas. L’Union européenne est un projet en soi. Elle ne doit pas être une simple zone de libre-échange. Le cadre européen doit nous permettre de bénéficier d’effets d’échelle et de partager des valeurs bien au delà du seul grand marché de 450 millions de consommateurs.
Je crois à la logique, à l’intérêt mutuel et surtout à la nécessité de Partenariats euroméditerranéens pour organiser la coopération autour de notre mer commune. D’ailleurs, les outils de coopération se sont multipliés depuis 10 ans : Fondation Anna Lindh pour le dialogue des cultures, Facilité euroméditerranéenne d’investissement et de partenariat, Fonds Meda, sans il est vrai que des résultats concrets puissent d’ores et déjà être valablement mis en avant.
Ma conviction est que nous devons ensemble être plus pragmatiques pour être plus efficaces. Nous, les Européens, nous avons entamé la construction européenne pour enraciner la paix. La première pierre de cet édifice, la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA), était un projet extrêmement concret, avec une logique supranationale. Pourquoi ne pas imaginer pour vous et vos voisins immédiats une organisation régionale en charge de la gestion des ressources en eau ? Pourquoi ne pas réfléchir à des réseaux régionaux de transport, et concevoir des voies de communication entre Israël et ses voisins ? Nous devrions aussi favoriser l’intégration de la zone euroméditerranéenne par des grands projets régionaux dans le domaine des télécommunications. Israël, avec sa très grande compétence en matière de haute technologie, doit y prendre toute sa part.
Et, pour aller encore un peu plus loin, pourquoi ne pas envisager un marché commun de la Méditerranée de l’Est, avec Israël, le futur Etat palestinien et la Jordanie ? Pourquoi à plus court terme ne pas étendre à Israël le bénéfice de ce que les spécialistes appellent les « droits consolidés » et qui dans le cadre des dispositions de l’OMC permettront de créer entre l’Europe et les pays de la Méditerranée une zone de solidarité favorisée par des droits de douane réduits, pour mieux faire face à la concurrence de l’Asie ? De façon générale, lorsque les modalités d’une paix juste auront été agréées par chacun, c’est bien un véritable Plan Marshall européen qu’il faudra mettre en œuvre dans la région. On n’a jamais rien imaginé de mieux pour enraciner la paix que le développement d’intérêts économiques partagés et croisés.
Il m’apparaît légitime enfin que l’Union européenne accorde sa confiance et son aide en priorité à ceux de ses voisins dont les valeurs sont les plus proches des siennes. Je crois plus juste d’engager une coopération approfondie avec une démocratie vivante et stable qu’avec un régime autoritaire. Israël fait partie de ces pays avec lesquels l’Union européenne doit travailler plus étroitement. Elle le fait déjà dans un certain nombre de domaines, et notamment en matière de recherche et de technologie, puisque l’Europe lui a déjà ouvert son Programme Européen de Recherche et de Développement, et puisque Israël a décidé de s’associer au projet européen Galileo. Israël et ses entreprises seront associés au développement de ce projet destiné à doter l’Europe, en 2008, de son propre système de radionavigation par satellite à couverture mondiale, concurrent et complément du GPS américain. Tout ceci est bien, mais on doit faire beaucoup mieux encore. Dans la recherche-développement par exemple, que ce soit par l’échange scientifique ou par la création d’outils financiers adaptés aux entreprises naissantes, ou bien dans l’échange d’étudiants : j’appelle de mes vœux la création de cursus universitaires qui permettent aux jeunes d’obtenir leurs diplômes en alternant les études dans les universités européennes et dans les universités israéliennes.
Un lien renforcé nous permettrait de travailler ensemble plus étroitement sur un certain nombre de politiques communes. Nous devons aller beaucoup plus loin que l’accord d’association de 1995. Et à cet égard je souhaite faire une proposition de méthode. L’Union européenne a passé des accords d’association avec plusieurs pays. Je suggère qu’une revue de ces accords soit faite et que, secteur par secteur, l’Union européenne et Israël s’efforcent de rechercher le meilleur niveau d’association qui a été atteint. C’est un niveau exceptionnel de coopération qui serait ainsi atteint. Je me félicite que les négociations entre la Commission européenne et Israël aient enfin abouti il y a quelques jours à l’adoption du plan d’action pour la politique de voisinage avec Israël. Je serai toutefois attentif à sa portée réelle. Je souhaite que soit véritablement ouverte la possibilité pour Israël de prendre part aux programmes communautaires, de mieux participer au marché unique européen, et de bénéficier également des aides ciblées en matière d’énergie, de transport et de lutte contre les trafics et l’immigration illégale.
Alors bien sûr, ce rapprochement que nous appelons de nos vœux sera facilité par l’établissement d’une paix juste et durable dans la région. Soyez-en persuadés : rien de ce qui se passe dans votre pays n’est indifférent aux Européens en général et aux Français en particulier. Nous suivons de près la situation en Israël et au Moyen Orient.
Les Français comme leurs voisins sont également attentifs à la cause des Palestiniens. Acceptez que je vous dise quelques mots en ami sur ce sujet.
Ma conviction est non seulement que les Palestiniens dans leur majorité ont intérêt à la paix pour leurs enfants, mais surtout que cette paix n’est pas nécessairement lointaine. Et quoi que vous pensiez des Palestiniens, c’est finalement avec eux que vous ancrerez la sécurité dans une paix juste. Cette paix sera juste parce qu’elle sera négociée, et parce que vos ennemis d’hier comme vous y trouveront leur compte.
Les Palestiniens vont choisir leur nouveau dirigeant. J’imagine bien que vous, qui avez toujours vécu en démocratie, avez des opinions bien arrêtées sur la personnalité des candidats déclarés. Mais quel que soit celui que les Palestiniens élisent, il sera pour vous le bon interlocuteur pour bâtir la paix. Il sera le bon partenaire parce qu’il sera celui que les Palestiniens auront choisi démocratiquement, et le peuple a toujours raison lorsqu’il s’exprime par la voie des urnes. La démocratie, ce n’est pas que les élections, mais sans les élections, il n’y a pas de démocratie. Il est essentiel pour vous comme pour eux que ces élections se déroulent dans la transparence, et que chaque Palestinien puisse s’exprimer en toute liberté. Cela suppose de votre part des gestes pour faciliter l’exercice du vote, et donc pour faciliter la circulation des candidats et des électeurs.
Je veux rendre hommage au Premier ministre d’Israël, Ariel SHARON, qui a eu le courage politique et physique de prendre une décision historique et de s’y tenir. Rares sont les hommes politiques qui prennent le risque d’aller un moment contre leur camp, contre leurs alliés, contre leurs ministres, pour imposer une idée qu’ils croient juste. C’est une opportunité pour Israël. Ce n’est pas la première fois qu’un grand chef de guerre –et Ariel SHARON est le héros de toutes les guerres d’Israël- deviendrait un faiseur de paix.
Je sais que pour les 8.000 Israéliens qui sont installés a GAZA, qui y ont travaillé la terre et l’ont faite prospérer, partir sera un déchirement. Je sais qu’il y a des enjeux bien plus importants que ceux que nous pouvons connaître en Europe, nous qui avons la chance de vivre en paix avec nos voisins. Mais je connais l’esprit de raison du peuple israélien, qui, est comme bien des peuples, en avance sur certaines de ses élites, puisqu’il soutient le plan de retrait de GAZA à une très large majorité.
Mais la sincérité m’oblige à rappeler que vous n’aurez pas réglé le problème de votre coexistence avec les Palestiniens quand vous vous serez retirés de Gaza. Il vous faudra encore aider vos voisins à se constituer en un État viable du point de vue économique, un Etat dont ils ont besoin du point de vue politique. Il faudra aussi trouver une solution pour la Cisjordanie. La situation ne pourra durablement rester ce qu’elle est aujourd’hui. Personne ne saurait perdre de vue cette réalité fondamentale : un peuple occupé ne renoncera jamais, quoi qu’il endure, l’histoire le montre.
Mesdames et Messieurs, je suis venu en ami d’Israël.
J’arrive maintenant au terme de mon voyage chez vous.
J’ai beaucoup appris en me confrontant à la géographie des lieux
et au peuple israélien.
Je vous souhaite le meilleur pour les mois et les années qui viennent.
Ne l’oubliez jamais. La paix chez vous,
c’est davantage de paix dans le monde.
Ce que vous réussirez pour vous, vous le réussirez pour le monde.
Source site : UMP
( Blog : www.terredisrael.com )
de M. Nicolas Sarkozy, Président de l’UMP
Par webmaster, dimanche 20 mai 2007 à 06:37 :: France - Israel ::
Blog : www.terredisrael.com -
Conférence 2004 d’Herzliya le 16 décembre 2004
Mesdames et messieurs,
C’est un plaisir et un honneur pour moi d’être votre invité aujourd’hui.
Je remercie Uzi Arad de cette invitation,
qui m’a donné l’occasion de revenir en Israël.
Je sais le très grand prestige de votre conférence pourtant de création récente. S’il n’y avait la francophilie d’Uzi Arad, qui connaît bien la France
pour y avoir vécu à plusieurs reprises,
j’aurais été étonné de cette invitation.
Après tout, je ne suis plus ministre et je suis français.
Finalement je n’en suis que d’autant plus libre pour évoquer
avec vous quelques grands sujets.
Puis-je d’abord vous dire ma conviction que la politique internationale,
la diplomatie, les relations entre les Etats doivent gagner en transparence, en simplicité, en sincérité. Si l’on veut que les peuples comprennent les enjeux, y adhèrent, les partagent il faut qu’ils puissent appréhender les éléments de chaque situation. Le parler vrai, le parler simple, le parler direct va devenir un impératif de la scène internationale comme il l’est devenu de la scène nationale. Obtenir des résultats, affronter des réalités, se dire des choses me semble une méthode toujours préférable à celle qui consiste à contourner les problèmes, à emprunter un langage codé et à imaginer que le temps, comprenez la perte de temps, finit toujours par arranger les choses.
La diplomatie ne peut plus être une affaire de spécialistes dans un monde interdépendant où tous nous dépendons de chacun. Les limites entre ce qui est international et ce qui est national s’estompent. Les mêmes règles doivent donc s’appliquer. La démocratie a ses exigences et au premier rang la transparence. La diplomatie n’a rien à redouter de cette dernière.
Puis-je ensuite défendre l’idée que dans le monde multipolaire qui est le nôtre depuis la chute du mur de Berlin, il n’y a plus de pays qui sous prétexte qu’il soit petit par la taille, par l’économie ou par la démographie puisse accepter que d’autres parlent en son nom ou que lorsqu’il parle sa voix ne soit pas respectée. Je ne suis pas venu en Israël pour donner des conseils, d’ailleurs à quel titre. Je suis venu pour écouter, pour comprendre et pour partager. Je sais, ce ne sont que des mots. On ne partage pas la souffrance et la peur de l’extérieur. Mais c’est ma façon de vous dire que la souffrance et parfois la peur du peuple israélien sont des éléments de sa dignité. C’est pour cela que vous devez bénéficier du respect du monde pour cette démocratie que vous avez réussi à construire ici.
Je sais très bien qu’au-delà des grandes déclarations d’amitié entre Israël et la France, il y a eu entre nous beaucoup de malentendus qui ont pu conduire à des incompréhensions. Vous aimez la France, mais vous doutez que la réciproque soit vraie. En particulier, pourquoi cacher les choses ? Vous êtes inquiets de la vague d’actes d’antisémitisme qu’a connu la France ces dernières années. Disons même les choses comme elles sont : selon un sondage de mai 2004, 86 % des Israéliens interrogés pensent que les Français sont antisémites. Vous le voyez, c’est ma manière de faire. Je dis les choses telles qu’elles sont. J’essaye d’établir un diagnostic sans complaisance. C’est la seule solution pour trouver les bonnes réponses et surtout rétablir la confiance.
Alors je vous demande de me croire lorsque j’affirme que la France n’est pas antisémite même si hélas il y a de l’antisémitisme en France. Ceux qui me connaissent savent que la première chose que j’ai faite lorsque je suis devenu en 2002 ministre de l’Intérieur de la République française, ce fut de reconnaître l’ampleur du problème, qui avait trop longtemps été sous-estimé. Nier le problème, c’était ajouter à la souffrance de ceux qui avaient été agressés l’humiliation de se voir dénier le statut de victime.
J’ai demandé aux services de police d’harmoniser leurs statistiques avec celles des organisations juives de France.
J’ai ensuite fait protéger par la police les synagogues et les écoles juives. J’ai demandé aux forces de police d’agir sans faiblesse, de ne rien laisser passer, et j’ai fait poursuivre ceux qui s’étaient rendus coupables d’actes antisémites.
De même je n’ai pas accepté que l’on outrage le drapeau d’Israël : ceux qui au cours d’une manifestation l’ont souillé d’une croix gammée ont été mis à la disposition de la justice qui les a condamnés à de la prison ferme. Cette stratégie de refus de toute complaisance a fini par porter ses fruits puisque ceux qui avaient tenté de détruire un local de la synagogue de Montpellier ont été condamnés à des peines allant jusqu’à quatre ans de prison ferme, comme ceux qui avaient tenté de détruire la synagogue de Cronenbourg, en Alsace. Cette année-même, le tribunal correctionnel de Dijon a condamné un homme qui avait tenu des propos antisémites à deux mois de prison ferme. Et dernièrement, le jeune homme de 22 ans qui avait profané le mémorial de Fleury-devant-Douaumont dans la Meuse a été condamné à deux ans de prison dont un an de prison ferme.
Enfin à l’initiative du parlementaire Pierre Lellouche, nous avons à l’unanimité de toutes les forces politiques françaises aggravé les peines punissant les infractions à caractère raciste ou antisémite. Vous le voyez, c’est maintenant la France entière qui est engagée dans la lutte contre l’antisémitisme. Nous le devons à tous ceux qui ont disparu dans l’horreur de la Shoah, comme à tous ceux qui en sont revenus. Nous vous le devons.
J’ajoute deux choses. La première, c’est que l’antisémitisme ne s’explique pas puisqu’il est inexcusable. Il se combat. Chercher à expliquer l’inexplicable, c’est se préparer à excuser l’inexcusable. La deuxième, c’est que la lutte contre l’antisémitisme n’est pas l’affaire des juifs de France. C’est l’affaire de tous les Français. Insulter un juif parce qu’il est juif, c’est insulter la république dans son ensemble. Et la république doit réagir, comme elle doit réagir contre toutes les formes de racisme et de xénophobie.
S’agissant de la diplomatie, je sais aussi que les Israéliens se demandent parfois si la France est toujours votre amie. Et je sais qu’alors qu’Israël a fait presque quotidiennement l’épreuve cruelle du terrorisme aveugle et barbare, vous avez eu le sentiment qu’en France, on restait trop insensible à votre souffrance, et qu’à tout le moins vous n’aviez pas toujours ressenti notre compassion.
Alors soyons clairs : la France n’a jamais transigé et ne transigera jamais avec la sécurité d’Israël. A nos yeux il n’y a pas plusieurs formes de terrorisme dont certaines seraient plus acceptables que d’autres : toutes sont abjectes. Je sais l’horreur de ces attentats : le Dolphinarium, Netanya, la pizzeria Sbarro, les deux enfants de Sderot… Nous sommes solidaires de la souffrance de vos victimes. Face à ce fléau commun, notre détermination est totale : rien n’excuse, rien n’explique un attentat.
Je n’oublie pas non plus que 27 Français ont été tués en Israël dans des attentats. Qu’il me soit donné ici l’occasion de redire ma compassion sans réserve pour toutes les victimes du terrorisme, et mon admiration pour le courage et la force de caractère des citoyens israéliens, qui font face à ce danger permanent et continuent de bâtir un grand Etat, une démocratie vivante et une économie vigoureuse. Je ne dis pas cela parce que je suis votre invité. Je le dis parce que je le pense !
Je voudrais aborder maintenant trois questions avec vous. Où en est la relation entre Israël et la France ? J’ai lu que des sondages récents montraient une faible sympathie des Israéliens pour les Français. Je le regrette, car malgré les désaccords, cette situation est à bien des égards paradoxale, c’est même un contre-sens. Il y a 80 000 Français et 500 000 francophones en Israël et 600 000 Français de culture ou de confession juive en France, qui représentent la troisième communauté juive au monde par le nombre, après les Etats-Unis et Israël.
L’histoire elle-même nous a davantage rapprochés qu’elle nous a séparés. C’est à Paris que Ben Gourion établit son quartier général après la deuxième guerre mondiale. C’est en combattant en Syrie au côté des forces françaises libres que Moshe Dayan perdit son œil. Nos soldats ont combattu ensemble en 1956. Et je sais d’expérience que nos services de renseignement travaillent très étroitement ensemble, y compris sur des missions difficiles. Quant aux liens économiques et commerciaux entre nos deux pays, ils sont chaque jour plus solides. Le commerce franco-israélien a quasiment doublé depuis le début des années 1990, atteignant aujourd’hui près de 2 milliards d’Euros. Nous constatons à la fois une forte progression de nos exportations vers Israël et de celles d’Israël vers la France. Et, preuve de la vitalité de l’économie israélienne, cette progression n’est pas limitée à tel ou tel secteur. Tout au contraire, elle concerne en pratique tous les secteurs d’activité.
Concrètement, les entreprises françaises qui ont fait le choix stratégique de s’implanter en Israël sont de plus en plus nombreuses ces dernières années : Veolia, Danone, Schneider, l’Oréal, Aventis, Alcatel, Vilmorin, Rhodia, … Dans le secteur bancaire : BNP-Paribas, Calyon, CIC, Dexia ou la Compagnie Edmond de Rothschild. Réciproquement, un véritable courant d’investissements israéliens en France tend désormais à se développer. C’est le cas en particulier dans l’électro-ménager, avec le rachat de Brandt par le groupe israélien ELCO, de la filiale française de Bayer par le groupe pharmaceutique israélien TEVA, ou plus récemment d’Allibert par le groupe israélien de plasturgie KETER.
Les investisseurs français ne doutent pas du potentiel de votre économie. Plus profondément encore, ils ont confiance en Israël et en sa population. Je citerai à cet égard deux projets exemplaires où nos entreprises se sont engagées.
En premier lieu, le groupe Véolia, avec ses partenaires israéliens, est en train de construire à Ashkelon une usine de dessalement d’eau de mer de 120 millions de mètres cubes, la plus grande du Moyen Orient, qui devrait être opérationnelle dès l’année prochaine. Par ailleurs, Alstom et Connex vont construire et exploiter, avec leurs partenaires israéliens, la première ligne de tramway de Jerusalem. Ces deux projets représentent chacun plusieurs centaines de millions d’Euros d’investissements et sont parmi les plus importants d’Israël en termes d’infrastructures publiques : il n’y a pas je crois de meilleure illustration de l’intensité et de la qualité de notre coopération.
Je souligne d’ailleurs que les entreprises françaises n’ont pas eu tort de faire le pari israélien puisque l’économie israélienne a retrouvé le chemin d’une croissance vigoureuse, qui avoisinera cette année les 4%. Je voudrais à cet égard saluer la courageuse politique de réformes structurelles mise en œuvre en Israël en termes de fiscalité, de transferts sociaux, de privatisations ou de réformes du système financier. Ces réformes sont le gage d’une meilleure compétitivité et d’une croissance durable.
Au-delà des malentendus de circonstance, la réalité, c’est que nous avons beaucoup en commun et que nous ne pouvons nous permettre des désaccords durables qui n’auraient comme résultat que de nuire à nos deux pays.
Comment pouvons-nous construire une relation désormais indispensable entre l’Europe et Israël ?
Là aussi, je veux parler librement. Je sais que l’Europe évoque encore parfois pour vous les souffrances indicibles du peuple juif, des persécutions du Moyen Age, de l’expulsion des Juifs d’Espagne et du Portugal en 1492, à la Shoah. Mais regardons en face les choses. Notre avenir est commun, car nous sommes voisins, et ni vous ni nous n’allons changer d’adresse. Nous partageons la même mer : la Méditerranée. Vos valeurs sont celles des Européens. Vous êtes plus proches de nous culturellement que de certains de vos voisins. L’Union européenne est votre premier partenaire économique : 40% de vos importations, 30% de vos exportations. Par ailleurs, et ce n’est pas rien, nous n’avons pas besoin de visa pour venir en Israël, et vous non plus pour venir dans l’espace Schengen. Alors, même si votre premier réflexe est de vous tourner vers les Etats-Unis, vous ne devez pas oublier l’Europe.
Quel est mon raisonnement ?
L’Europe doit être un pôle de stabilité pour elle-même, et un garant de stabilité pour les autres. L’Europe est une puissance économique qui peut vous aider à développer la croissance dans votre région, à faire reculer la pauvreté dont se nourrissent tous les extrémismes, à créer des intérêts entre vous et vos voisins qui mieux que tous les traités enracinent la paix. L’Europe ne doit pas, ne peut pas oublier qu’elle est une puissance méditerranéenne. Derrière la question de la Turquie, c’est en fait toute la problématique de nos rapports avec la Méditerranée qui se profile. Question vitale pour toute l’Europe du Sud mais également pour l’identité européenne qui doit tant à la civilisation méditerranéenne. C’est la raison pour laquelle je milite pour des partenariats privilégiés avec les pays de la région, au premier rang desquels j’inscris Israël. Cette solution me semble bien préférable à celle de l’adhésion à l’Union européenne.
L’Union fonctionnait déjà difficilement à 15, nous découvrons maintenant la difficulté de prendre des décisions à 25, et nous devons dès maintenant préparer un nouvel élargissement à la Bulgarie, la Roumanie et, très vite sans doute, la Croatie.
Mais tout nouvel élargissement, qu’il apparaisse légitime ou non au regard de l’histoire et de la géographie des nouveaux candidats, reviendrait à revoir nécessairement à la baisse les objectifs de l’Union européenne. Plus nous serons nombreux, moins nous serons intégrés. Moins nous serons intégrés, plus nous serons fragiles. C’est ce que je ne veux pas. L’Union européenne est un projet en soi. Elle ne doit pas être une simple zone de libre-échange. Le cadre européen doit nous permettre de bénéficier d’effets d’échelle et de partager des valeurs bien au delà du seul grand marché de 450 millions de consommateurs.
Je crois à la logique, à l’intérêt mutuel et surtout à la nécessité de Partenariats euroméditerranéens pour organiser la coopération autour de notre mer commune. D’ailleurs, les outils de coopération se sont multipliés depuis 10 ans : Fondation Anna Lindh pour le dialogue des cultures, Facilité euroméditerranéenne d’investissement et de partenariat, Fonds Meda, sans il est vrai que des résultats concrets puissent d’ores et déjà être valablement mis en avant.
Ma conviction est que nous devons ensemble être plus pragmatiques pour être plus efficaces. Nous, les Européens, nous avons entamé la construction européenne pour enraciner la paix. La première pierre de cet édifice, la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA), était un projet extrêmement concret, avec une logique supranationale. Pourquoi ne pas imaginer pour vous et vos voisins immédiats une organisation régionale en charge de la gestion des ressources en eau ? Pourquoi ne pas réfléchir à des réseaux régionaux de transport, et concevoir des voies de communication entre Israël et ses voisins ? Nous devrions aussi favoriser l’intégration de la zone euroméditerranéenne par des grands projets régionaux dans le domaine des télécommunications. Israël, avec sa très grande compétence en matière de haute technologie, doit y prendre toute sa part.
Et, pour aller encore un peu plus loin, pourquoi ne pas envisager un marché commun de la Méditerranée de l’Est, avec Israël, le futur Etat palestinien et la Jordanie ? Pourquoi à plus court terme ne pas étendre à Israël le bénéfice de ce que les spécialistes appellent les « droits consolidés » et qui dans le cadre des dispositions de l’OMC permettront de créer entre l’Europe et les pays de la Méditerranée une zone de solidarité favorisée par des droits de douane réduits, pour mieux faire face à la concurrence de l’Asie ? De façon générale, lorsque les modalités d’une paix juste auront été agréées par chacun, c’est bien un véritable Plan Marshall européen qu’il faudra mettre en œuvre dans la région. On n’a jamais rien imaginé de mieux pour enraciner la paix que le développement d’intérêts économiques partagés et croisés.
Il m’apparaît légitime enfin que l’Union européenne accorde sa confiance et son aide en priorité à ceux de ses voisins dont les valeurs sont les plus proches des siennes. Je crois plus juste d’engager une coopération approfondie avec une démocratie vivante et stable qu’avec un régime autoritaire. Israël fait partie de ces pays avec lesquels l’Union européenne doit travailler plus étroitement. Elle le fait déjà dans un certain nombre de domaines, et notamment en matière de recherche et de technologie, puisque l’Europe lui a déjà ouvert son Programme Européen de Recherche et de Développement, et puisque Israël a décidé de s’associer au projet européen Galileo. Israël et ses entreprises seront associés au développement de ce projet destiné à doter l’Europe, en 2008, de son propre système de radionavigation par satellite à couverture mondiale, concurrent et complément du GPS américain. Tout ceci est bien, mais on doit faire beaucoup mieux encore. Dans la recherche-développement par exemple, que ce soit par l’échange scientifique ou par la création d’outils financiers adaptés aux entreprises naissantes, ou bien dans l’échange d’étudiants : j’appelle de mes vœux la création de cursus universitaires qui permettent aux jeunes d’obtenir leurs diplômes en alternant les études dans les universités européennes et dans les universités israéliennes.
Un lien renforcé nous permettrait de travailler ensemble plus étroitement sur un certain nombre de politiques communes. Nous devons aller beaucoup plus loin que l’accord d’association de 1995. Et à cet égard je souhaite faire une proposition de méthode. L’Union européenne a passé des accords d’association avec plusieurs pays. Je suggère qu’une revue de ces accords soit faite et que, secteur par secteur, l’Union européenne et Israël s’efforcent de rechercher le meilleur niveau d’association qui a été atteint. C’est un niveau exceptionnel de coopération qui serait ainsi atteint. Je me félicite que les négociations entre la Commission européenne et Israël aient enfin abouti il y a quelques jours à l’adoption du plan d’action pour la politique de voisinage avec Israël. Je serai toutefois attentif à sa portée réelle. Je souhaite que soit véritablement ouverte la possibilité pour Israël de prendre part aux programmes communautaires, de mieux participer au marché unique européen, et de bénéficier également des aides ciblées en matière d’énergie, de transport et de lutte contre les trafics et l’immigration illégale.
Alors bien sûr, ce rapprochement que nous appelons de nos vœux sera facilité par l’établissement d’une paix juste et durable dans la région. Soyez-en persuadés : rien de ce qui se passe dans votre pays n’est indifférent aux Européens en général et aux Français en particulier. Nous suivons de près la situation en Israël et au Moyen Orient.
Les Français comme leurs voisins sont également attentifs à la cause des Palestiniens. Acceptez que je vous dise quelques mots en ami sur ce sujet.
Ma conviction est non seulement que les Palestiniens dans leur majorité ont intérêt à la paix pour leurs enfants, mais surtout que cette paix n’est pas nécessairement lointaine. Et quoi que vous pensiez des Palestiniens, c’est finalement avec eux que vous ancrerez la sécurité dans une paix juste. Cette paix sera juste parce qu’elle sera négociée, et parce que vos ennemis d’hier comme vous y trouveront leur compte.
Les Palestiniens vont choisir leur nouveau dirigeant. J’imagine bien que vous, qui avez toujours vécu en démocratie, avez des opinions bien arrêtées sur la personnalité des candidats déclarés. Mais quel que soit celui que les Palestiniens élisent, il sera pour vous le bon interlocuteur pour bâtir la paix. Il sera le bon partenaire parce qu’il sera celui que les Palestiniens auront choisi démocratiquement, et le peuple a toujours raison lorsqu’il s’exprime par la voie des urnes. La démocratie, ce n’est pas que les élections, mais sans les élections, il n’y a pas de démocratie. Il est essentiel pour vous comme pour eux que ces élections se déroulent dans la transparence, et que chaque Palestinien puisse s’exprimer en toute liberté. Cela suppose de votre part des gestes pour faciliter l’exercice du vote, et donc pour faciliter la circulation des candidats et des électeurs.
Je veux rendre hommage au Premier ministre d’Israël, Ariel SHARON, qui a eu le courage politique et physique de prendre une décision historique et de s’y tenir. Rares sont les hommes politiques qui prennent le risque d’aller un moment contre leur camp, contre leurs alliés, contre leurs ministres, pour imposer une idée qu’ils croient juste. C’est une opportunité pour Israël. Ce n’est pas la première fois qu’un grand chef de guerre –et Ariel SHARON est le héros de toutes les guerres d’Israël- deviendrait un faiseur de paix.
Je sais que pour les 8.000 Israéliens qui sont installés a GAZA, qui y ont travaillé la terre et l’ont faite prospérer, partir sera un déchirement. Je sais qu’il y a des enjeux bien plus importants que ceux que nous pouvons connaître en Europe, nous qui avons la chance de vivre en paix avec nos voisins. Mais je connais l’esprit de raison du peuple israélien, qui, est comme bien des peuples, en avance sur certaines de ses élites, puisqu’il soutient le plan de retrait de GAZA à une très large majorité.
Mais la sincérité m’oblige à rappeler que vous n’aurez pas réglé le problème de votre coexistence avec les Palestiniens quand vous vous serez retirés de Gaza. Il vous faudra encore aider vos voisins à se constituer en un État viable du point de vue économique, un Etat dont ils ont besoin du point de vue politique. Il faudra aussi trouver une solution pour la Cisjordanie. La situation ne pourra durablement rester ce qu’elle est aujourd’hui. Personne ne saurait perdre de vue cette réalité fondamentale : un peuple occupé ne renoncera jamais, quoi qu’il endure, l’histoire le montre.
Mesdames et Messieurs, je suis venu en ami d’Israël.
J’arrive maintenant au terme de mon voyage chez vous.
J’ai beaucoup appris en me confrontant à la géographie des lieux
et au peuple israélien.
Je vous souhaite le meilleur pour les mois et les années qui viennent.
Ne l’oubliez jamais. La paix chez vous,
c’est davantage de paix dans le monde.
Ce que vous réussirez pour vous, vous le réussirez pour le monde.
Source site : UMP
( Blog : www.terredisrael.com )
15 mai 2007
INTERWIEW du GRAND RABBIN de FRANCE : JOSEPH -HAIM SITRUK
Interview du Grand Rabbin de France, Joseph Haïm Sitruk
« La vie devant soi »
jeudi 2 novembre 2006
par Olivia Cattan
" JUDEOCITE "
Dans son dernier ouvrage, « rien ne vaut la vie »,
ce n’est pas le grand Rabbin de France, Joseph Haïm Sitruk,
qui s’exprime mais l’homme de réflexion, militant,
et proche de son peuple qui nous livre sa vie :
ses souvenirs d’enfance à Tunis, son amour pour sa femme,
son attachement à Israël, ses épreuves, sa nouvelle vision du monde.
Suite à une attaque cérébrale et à une miraculeuse guérison,
il a éprouvé le besoin de s’adresser à sa communauté afin de partager
son expérience et « la guider sur le chemin de la lumière ».
C’est un rescapé de la prière, revenu une deuxième fois à la vie
qui nous enseigne que RIEN NE VAUT LA VIE.
Olivia Cattan :
Dans votre livre, « RIEN NE VAUT LA VIE »,
vous dévoilez presque sans pudeur, votre intimité familiale,
votre côté humain, oubliant presque votre fonction
de Grand Rabbin de France, est-ce votre terrible accident
qui vous a poussé à prendre la plume ?
Grand Rabbin Joseph Sitruck :
J’ai eu envie d’écrire ce livre afin de raconter cette brisure mais aussi cette expérience unique que je venais de vivre. J’avais envie de partager ce moment d’exception avec les gens de la communauté afin de les remercier du soutien qu’ils n’ont cessé de me donner. Je voulais aussi donner du courage à ceux qui autour de moi sont malades, handicapés, à ceux qui parfois baissent les bras. Je ne voulais pas mettre en avant le grand rabbin dans sa fonction, mais l’homme que je suis. Je voulais que les gens se rendent compte que je suis un homme avant tout avec son propre parcours et ses épreuves, un homme proche de son peuple. J’aimerais que mon expérience serve d’exemple à beaucoup d’autres. Cela ne me gêne pas de me dévoiler et de parler de ma vie personnelle. D’après la Thora, lorsque l’on est un homme public, comme je le suis depuis 30 ans, on a plus de vie privée. Il y a un épisode dans le Talmud qui raconte qu’un jour, le Rav Kahanan a trouvé un de ses élèves, sous son lit, dans sa chambre à coucher. Il lui demande alors mais qu’est-ce que tu fais là ? L’élève lui répond, c’est la Thora, je suis venu apprendre. En d’autre terme, un Maître n’a rien a cacher à ses élèves. Un bon Rav fait parti de la vie des autres. J’espère que le récit de ma vie en animera et en illustrera d’autres.
O.CATTAN :
Vous dites avoir entendu lors de votre accident, le bruissement d’ailes des anges, devant en quelque sorte votre survie au miracle de D et à la force de la prière collective de la communauté juive ?
Ce livre est tout d’abord le témoignage de ma gratitude à l’égard de D. Les médecins ont fait un travail fantastique mais c’est la main de D qui les a guidé. La prière de mes proches et de tout ceux qui m’ont manifesté sans relâche leur affection ont participé à modifier le décret divin. Grâce à leur insistance fervente, ces fidèles ont réussi à toucher D. Le monde tient par le souffle des enfants qui récitent la Thora.
O.CATTAN :
Parlons de vos souvenirs d’enfance et de « Tunis, une ville que l’on porte en soi », que pensez-vous de ce « retour aux sources » des juifs séfarades et de ces pèlerinages actuels ?
La Tunisie n’est pas un paradis perdu ni un endroit où je préconise de vivre, la page est tournée. J’ai gardé de cette enfance, passée à Tunis, des souvenirs heureux, probablement idéalisés. Lors de mon dernier voyage, à l’occasion d’un pèlerinage sur la tombe d’un très grand maître, le Rabbin Haï Taïeb, j’ai découvert surtout que l’émotion y était intacte et qu’il n’y avait pas d’érosion dans le temps. Les parfums, les couleurs ont ressuscité des émotions que j’avais enfouies en moi depuis mon enfance. ce n’est pas le décor ni le paysage qui me parlait mais ce que j’y avait connu.
O.CATTAN
: Vous écrivez : « Juifs, Chrétiens, Musulmans, une évidence s’impose, ce qui nous rapproche est plus grand que ce qui nous sépare », de Marseille à Tunis, vous décrivez une entente idyllique entre les différentes communautés, n’est-ce pas une vision un peu loin de la réalité ?
Si l’on mettait au placard tous les extrémismes, il n’y aucune raison pour que fondamentalement les masses du monde musulman et du monde juif ne puisse s’entendre. Dans le fond, nous sommes proches et nous avons beaucoup de choses à partager. Il suffit d’aller au-delà de nos querelles.
O.CATTAN
: Concernant le dialogue judéo-chrétien, vous avez condamné les propos du pape Benoît XVI qui, lors de son voyage à Auschwitz, a attribué la responsabilité des crimes nazis à « un groupe de criminels » ayant abusé du peuple allemand…
J’ai été très déçu par ce discours qui semblait dédouaner le peuple allemand de sa responsabilité dans les crimes nazis. Je pense qu’une marche silencieuse aurait été plus à propos. J’ai été surpris de voir qu’il existait encore cette valse hésitation de l’Eglise qui tout en reconnaissant la Shoah, veut la récupérer d’abord puis la minimiser et taire son caractère spécifique. La démarche du Pardon de l’Eglise vis à vis du Peuple juif était très belle. En dire trop c’est retrancher. Comme je l’ai déjà dit, quelque part l’Eglise ne se sent pas à l’aise avec cet épisode, il y a eu un silence coupable. Aujourd’hui, il ne faudrait pas qu’il y ait des paroles accablantes.
O.CATTAN : Face au meurtre antisémite d’Ilan Halimi et aux derniers incidents de la milice noire Tribu Ka, venue menacer les commerçants juifs de la rue des rosiers, comment pouvez-vous tout au long de votre ouvrage être si optimiste ?
Je suis inquiet pour la France. Notre pays, notre civilisation, est capable encore de sécréter de telles choses. Pourtant, je suis d’un optimisme délibéré. Je crois en la force de la Parole et en la vertu de l’Education. Un temps viendra où la violence, le racisme et l’antisémitisme seront éradiqués du monde. Les Prophètes le disent, Isaï en particulier, quand il disait, il y a 2600 ans : « on enterrera les armes et on remplacera les glaives ». Un juif ne peut pas être pessimiste.
O.CATTAN : Certains médias ont affirmé que devant la peur de l’antisémitisme, l’électorat juif voterait pour une droite radicale, comme celle de De Villiers, qu’en pensez-vous ?
Je crois qu’il n’y a pas d’électorat juif et qu’il y en aura jamais. Les juifs ont tous des convictions politiques différentes. Nous vivons dans un pays laïque où la liberté d’opinion demeure une liberté fondamentale. Nous vivons dans une Démocratie où l’on ne demande pas aux urnes, quelle est votre religion. Certains juifs sont inquiets mais je ne crois pas que les faits récents et dramatiques auront une influence sur leur vote.
O.CATTAN : La Thora est un monde de liberté mais aussi de responsabilité, en tant que juif quelle devoir avons- nous de plus que les autres ?
D- nous a confié la Thora donc nous bénéficions peut-être plus que les autres de son écoute. Il nous a dit : « Je vous ai donné un beau cadeau, ne le négligez pas ». Cela même nous confère des devoirs. Cela veut dire que s’il y a des guerres dans le monde, des souffrances, des famines, nous en sommes un peu responsables. De ce fait, tout ce qui se passe dans le monde me concerne et rien ne m’indiffère. Notre rôle à jouer est majeur.
O.CATTAN : Les juifs, Peuple du livre sont « le Peuple de la prophétie qui a diffusé la parole des Prophètes », le Verbe est-il suffisant pour faire face à nos maux d’aujourd’hui ?
Lorsque vous regardez autour de nous, les gens sont d’une inquiétude extrême. Le progrès de la communication nous permet d’être au courant, en direct, de toutes les catastrophes qui se déroulent dans le monde et tout cela nous paralyse. Grâce à la Thora, un juif peut être heureux tout le temps sans être affecté par les évènements. Voilà notre force. Notre religion donne à l’homme, un projet de vie au dessus des circonstances. L’évènement ne doit pas nous importer par son déroulement mais par son sens.
O.CATTAN : Vous écrivez : « Un juif ne peut pas faire l’impasse de la Terre d’Israël », comment gérer notre double attachement sans être déchiré ?
Nous pouvons nous rendre tant que nous le voulons en Israël. Malgré les incertitudes face aux menaces iraniennes et au conflit israélo-palestinien, Israël nous offre des sujets de satisfaction. Il s’y passe des choses merveilleuses, au niveau de la Recherche, des Universités…Je ne vis pas la vie en Diaspora comme un déchirement ni un traumatisme. Le Rabbi Yehuda Halevy disait : « je suis en Occident mais mon cœur en Orient ». Chaque chose est une étape. Il faut vivre au jour le jour en appréciant son bonheur et se dire que demain il y en aura d’autres.
O.C : Concernant Israël, vous parlez du fossé entre la ville de Bnéï Brack, ville d’étude et de prière et Tel Aviv, ville moderne et matérielle, pourquoi parler de fossé entre religieux et laïques, au lieu d’y voir des richesses complémentaires ?
Au niveau du Prisme moral, Tel Aviv et Bnéï Brack sont à l’opposé. Tel Aviv est la capitale de la Gay Pride. C’est une ville aux quartiers mal famés où malheureusement de nombreux méfaits sont commis. Bnéï Brack, se consacre à la prière et au service divin, c’est une ville étrangère au bruit et à la fureur du monde, détachée des contingences matérielles. Je suis triste de voir que des frontières invisibles séparent des villes aussi proches. Mais Israël reste un pays merveilleux qui me bouleverse, quelque soit le lieu.
O.CATTAN : N’est-il pas temps que les religieux lèvent les yeux de leurs livres de prières pour aller partager leur savoir avec les autres, pour qu’ils se confrontent à la dure réalité de la société israélienne ?
Nous sommes d’accord sur ce point. Il serait bien, pour combler ce fossé, que les Rabbanim des Yeshiva de Bnéï Brack jouent un peu « au missionnaire » en faisant partager leur savoir, leur sagesse et leurs acquis. J’espère que leur richesse irradiera les habitants de Tel Aviv.
O.CATTAN : Vous qualifiez de « barbare, les mots : orthodoxes, libéraux, religieux, non-religieux », disant qu’avant « tout le monde acceptait l’autre tel qu’il était », unifier les différents courants du Judaïsme, fait-il parti de votre fonction de Grand Rabbin de France ?
Je suis par ma culture et ma nature un homme de consensus. Le grand responsable de l’état actuel des choses c’est la civilisation occidentale cartésienne qui a besoin de classer, de nommer les choses. Elle a pénétré tous les compartiments de la société y compris la Religion et elle a contribué au fossé naturel qui s’était crée. Je crois en la vertu de l’amour. En me levant chaque matin, je récite ce passage : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » et je réaffirme chaque jour que j’aime tous mes frères juifs.
O.CATTAN : Lorsque vous évoquez la femme, vous dîtes qu’une femme doit se couvrir la tête « par pudeur », que les hommes et les femmes doivent être impérativement séparés à la synagogue, cette vision stricte de la femme n’est-elle pas réductrice ?
La Thora, qui est un univers normatif, a fixé des règles. La chevelure est un des atours les plus évidents de la femme, il est donc important que la femme se couvre la tête afin de ne séduire que son mari et pas les autres hommes. Le soucis de la Thora c’est de ne pas percevoir quelqu’un par son aspect physique. Ce qui me scandalise dans le monde actuel, c’est que l’on fasse de la femme un objet, que l’on dénude. L’homme a réussi à faire de la femme ce qu’il voulait et la femme a laissé faire. L’attirance des sexes et le besoin de séduction qui existe des deux côtés joue un rôle majeur. Mais en déshabillant la femme, on la déprécie. Le vêtement est une manière de mettre un écran entre l’homme et la femme, pour apprendre à chercher autre chose.
O.CATTAN : C’est aussi ce que prétendent les femmes musulmanes qui se voilent…
Nous n’allons pas si loin. La Thora ne veut pas avilir ni contraindre la femme. Nous portons à la femme beaucoup plus de considération et la femme juive qui obéit à ces préceptes est épanouie.
O.CATTAN : Depuis votre attaque cérébrale, votre rapport au temps
a changé, comment le définissez-vous ?
Dans le Talmud, la tradition dit que un homme qui a atteint l’age de 60 ans a vécu la majeure partie de sa vie, puisqu’il a le droit à 120 ans. Depuis toujours, j’avais une sorte d’intuition et je savais que j’aurais du mal à atteindre mes 60 ans. Lorsque j’ai eu mon accident, à 57 ans, j’ai eu l’impression d’un mur, d’une étape à franchir pour accéder et recommencer une nouvelle vie. Une fois ce cap passé, j’étais terriblement soulagé. J’étais comme quelqu’un qui arrive le vendredi à l’approche du Chabbath et qui rentre dans un temps où la montre n’existe pas, où l’on accède à une nouvelle dimension. Les 26 jours de coma sont semblables aux 9 mois de la conception, c’est une deuxième naissance que D m’a offert. Depuis ce saut qualitatif dans un autre temps, je vis dans un temps messianique. Une épreuve peut paradoxalement devenir une chance. Aujourd’hui, je prend le temps de faire les choses qui me plaisent et qui me captivent. Je fais tout difficilement mais au lieu de me plaindre de mon état, je fais les choses avec bonheur. J’ai acquis un sens plus aigu de ce don de D qu’est la vie et j’ai le sentiment de participer au temps biblique de la Création.
O.CATTAN : Pour affirmer cette re-naissance, vous avez même changé de nom…
En effet, le prénom Haïm a été ajouté à mon nom. Je repars de zéro, c’est une façon de me projeter dans une autre vie comme quelqu’un de différent.
O.CATTAN : Vous dites que « Hachem ne retire jamais un homme de ce monde tant qu’il a quelque chose à faire », que vous reste-t-il à accomplir ?
Je ressens le temps comme une mission. Lorsque j’étais à l’hôpital, il y a eu un événement qui m’a particulièrement ému. Après deux mois et demi en réanimation, l’équipe de médecins était réuni pour me dire au revoir. Le chef de service fait un discours en mon honneur et me dit : « si D vous a laissé en vie, c’est que vous avez sûrement quelque chose à faire, est-ce que cela ne serait pas pour que les mères israéliennes et les mères palestiniennes arrêtent de pleurer leurs enfants ? vous avez peut-être un rôle à jouer pour la Paix entre ces deux peuples ? » Cela faisait deux mois que je n’avais pas parlé, j’étais sur une chaise roulante et je lui ai répondu : « J’ai sûrement encore des choses à faire et je fais confiance à D pour me le dire. Concernant ce que vous évoquiez, c’est vrai qu’il faut oeuvrez pour la Paix mais comme le disait le Prophète Isaï : « Aimer la vérité et la Paix ». Il ne pourra jamais y avoir de Paix si il n’y a pas de vérité, alors comme on ment sur Israël, la paix n’est pas encore devant nos portes. Si l’on veut faire la Paix, il faut d’abord rétablir la vérité. J’ai su, à ce moment là, que j’étais guéri.
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Messages de forum :
« La vie devant soi »
lundi 7 mai 2007
par BETTY ARTICLE QUI APPORTE BEAUCOUP DE SERENITE ET DE FOI ET SURTOUT D’ESPOIR ET A ISRAEL ET AUX MALADES ET GRACE AU RAV SITRUCK IL NOUS DONNE DE LA FORCE POUR CONTINUER QUELQUESOIT NOTRE STATUT ET NOS MOYENS. BRAVO ET MERCI POUR CES VERITES.
Répondre à ce message
« La vie devant soi »
jeudi 1er mars 2007
par judith L’oeuvre du rav Sitruck n’est pas seulement une autobiographie, c’est surtout un moyen de répandre la sagesse de la Thora. Elle est une sorte de réponse à l’oeuvre d’Annaëlle Chimoni, la petite fille autiste et handicapée qui a "écrit" son livre grace à un appareil spécial mais qui n’a pas survécu à cette étrange maladie neurologique. Le rav Sitruck, lui a survécu à une attaque cérébrale et comme tous les survivants, il possède cette force particulière, propre à ceux qui reviennent de loin. Sa sagesse était déjà grande avant cet accident, aujourd’hui, elle s’est amplifiée et magnifiée car elle est celle d’un homme qui revient d’un grand voyage vers l’autre monde : le monde de la vérité.
Rien ne vaut la vie
« La vie devant soi »
jeudi 2 novembre 2006
par Olivia Cattan
" JUDEOCITE "
Dans son dernier ouvrage, « rien ne vaut la vie »,
ce n’est pas le grand Rabbin de France, Joseph Haïm Sitruk,
qui s’exprime mais l’homme de réflexion, militant,
et proche de son peuple qui nous livre sa vie :
ses souvenirs d’enfance à Tunis, son amour pour sa femme,
son attachement à Israël, ses épreuves, sa nouvelle vision du monde.
Suite à une attaque cérébrale et à une miraculeuse guérison,
il a éprouvé le besoin de s’adresser à sa communauté afin de partager
son expérience et « la guider sur le chemin de la lumière ».
C’est un rescapé de la prière, revenu une deuxième fois à la vie
qui nous enseigne que RIEN NE VAUT LA VIE.
Olivia Cattan :
Dans votre livre, « RIEN NE VAUT LA VIE »,
vous dévoilez presque sans pudeur, votre intimité familiale,
votre côté humain, oubliant presque votre fonction
de Grand Rabbin de France, est-ce votre terrible accident
qui vous a poussé à prendre la plume ?
Grand Rabbin Joseph Sitruck :
J’ai eu envie d’écrire ce livre afin de raconter cette brisure mais aussi cette expérience unique que je venais de vivre. J’avais envie de partager ce moment d’exception avec les gens de la communauté afin de les remercier du soutien qu’ils n’ont cessé de me donner. Je voulais aussi donner du courage à ceux qui autour de moi sont malades, handicapés, à ceux qui parfois baissent les bras. Je ne voulais pas mettre en avant le grand rabbin dans sa fonction, mais l’homme que je suis. Je voulais que les gens se rendent compte que je suis un homme avant tout avec son propre parcours et ses épreuves, un homme proche de son peuple. J’aimerais que mon expérience serve d’exemple à beaucoup d’autres. Cela ne me gêne pas de me dévoiler et de parler de ma vie personnelle. D’après la Thora, lorsque l’on est un homme public, comme je le suis depuis 30 ans, on a plus de vie privée. Il y a un épisode dans le Talmud qui raconte qu’un jour, le Rav Kahanan a trouvé un de ses élèves, sous son lit, dans sa chambre à coucher. Il lui demande alors mais qu’est-ce que tu fais là ? L’élève lui répond, c’est la Thora, je suis venu apprendre. En d’autre terme, un Maître n’a rien a cacher à ses élèves. Un bon Rav fait parti de la vie des autres. J’espère que le récit de ma vie en animera et en illustrera d’autres.
O.CATTAN :
Vous dites avoir entendu lors de votre accident, le bruissement d’ailes des anges, devant en quelque sorte votre survie au miracle de D et à la force de la prière collective de la communauté juive ?
Ce livre est tout d’abord le témoignage de ma gratitude à l’égard de D. Les médecins ont fait un travail fantastique mais c’est la main de D qui les a guidé. La prière de mes proches et de tout ceux qui m’ont manifesté sans relâche leur affection ont participé à modifier le décret divin. Grâce à leur insistance fervente, ces fidèles ont réussi à toucher D. Le monde tient par le souffle des enfants qui récitent la Thora.
O.CATTAN :
Parlons de vos souvenirs d’enfance et de « Tunis, une ville que l’on porte en soi », que pensez-vous de ce « retour aux sources » des juifs séfarades et de ces pèlerinages actuels ?
La Tunisie n’est pas un paradis perdu ni un endroit où je préconise de vivre, la page est tournée. J’ai gardé de cette enfance, passée à Tunis, des souvenirs heureux, probablement idéalisés. Lors de mon dernier voyage, à l’occasion d’un pèlerinage sur la tombe d’un très grand maître, le Rabbin Haï Taïeb, j’ai découvert surtout que l’émotion y était intacte et qu’il n’y avait pas d’érosion dans le temps. Les parfums, les couleurs ont ressuscité des émotions que j’avais enfouies en moi depuis mon enfance. ce n’est pas le décor ni le paysage qui me parlait mais ce que j’y avait connu.
O.CATTAN
: Vous écrivez : « Juifs, Chrétiens, Musulmans, une évidence s’impose, ce qui nous rapproche est plus grand que ce qui nous sépare », de Marseille à Tunis, vous décrivez une entente idyllique entre les différentes communautés, n’est-ce pas une vision un peu loin de la réalité ?
Si l’on mettait au placard tous les extrémismes, il n’y aucune raison pour que fondamentalement les masses du monde musulman et du monde juif ne puisse s’entendre. Dans le fond, nous sommes proches et nous avons beaucoup de choses à partager. Il suffit d’aller au-delà de nos querelles.
O.CATTAN
: Concernant le dialogue judéo-chrétien, vous avez condamné les propos du pape Benoît XVI qui, lors de son voyage à Auschwitz, a attribué la responsabilité des crimes nazis à « un groupe de criminels » ayant abusé du peuple allemand…
J’ai été très déçu par ce discours qui semblait dédouaner le peuple allemand de sa responsabilité dans les crimes nazis. Je pense qu’une marche silencieuse aurait été plus à propos. J’ai été surpris de voir qu’il existait encore cette valse hésitation de l’Eglise qui tout en reconnaissant la Shoah, veut la récupérer d’abord puis la minimiser et taire son caractère spécifique. La démarche du Pardon de l’Eglise vis à vis du Peuple juif était très belle. En dire trop c’est retrancher. Comme je l’ai déjà dit, quelque part l’Eglise ne se sent pas à l’aise avec cet épisode, il y a eu un silence coupable. Aujourd’hui, il ne faudrait pas qu’il y ait des paroles accablantes.
O.CATTAN : Face au meurtre antisémite d’Ilan Halimi et aux derniers incidents de la milice noire Tribu Ka, venue menacer les commerçants juifs de la rue des rosiers, comment pouvez-vous tout au long de votre ouvrage être si optimiste ?
Je suis inquiet pour la France. Notre pays, notre civilisation, est capable encore de sécréter de telles choses. Pourtant, je suis d’un optimisme délibéré. Je crois en la force de la Parole et en la vertu de l’Education. Un temps viendra où la violence, le racisme et l’antisémitisme seront éradiqués du monde. Les Prophètes le disent, Isaï en particulier, quand il disait, il y a 2600 ans : « on enterrera les armes et on remplacera les glaives ». Un juif ne peut pas être pessimiste.
O.CATTAN : Certains médias ont affirmé que devant la peur de l’antisémitisme, l’électorat juif voterait pour une droite radicale, comme celle de De Villiers, qu’en pensez-vous ?
Je crois qu’il n’y a pas d’électorat juif et qu’il y en aura jamais. Les juifs ont tous des convictions politiques différentes. Nous vivons dans un pays laïque où la liberté d’opinion demeure une liberté fondamentale. Nous vivons dans une Démocratie où l’on ne demande pas aux urnes, quelle est votre religion. Certains juifs sont inquiets mais je ne crois pas que les faits récents et dramatiques auront une influence sur leur vote.
O.CATTAN : La Thora est un monde de liberté mais aussi de responsabilité, en tant que juif quelle devoir avons- nous de plus que les autres ?
D- nous a confié la Thora donc nous bénéficions peut-être plus que les autres de son écoute. Il nous a dit : « Je vous ai donné un beau cadeau, ne le négligez pas ». Cela même nous confère des devoirs. Cela veut dire que s’il y a des guerres dans le monde, des souffrances, des famines, nous en sommes un peu responsables. De ce fait, tout ce qui se passe dans le monde me concerne et rien ne m’indiffère. Notre rôle à jouer est majeur.
O.CATTAN : Les juifs, Peuple du livre sont « le Peuple de la prophétie qui a diffusé la parole des Prophètes », le Verbe est-il suffisant pour faire face à nos maux d’aujourd’hui ?
Lorsque vous regardez autour de nous, les gens sont d’une inquiétude extrême. Le progrès de la communication nous permet d’être au courant, en direct, de toutes les catastrophes qui se déroulent dans le monde et tout cela nous paralyse. Grâce à la Thora, un juif peut être heureux tout le temps sans être affecté par les évènements. Voilà notre force. Notre religion donne à l’homme, un projet de vie au dessus des circonstances. L’évènement ne doit pas nous importer par son déroulement mais par son sens.
O.CATTAN : Vous écrivez : « Un juif ne peut pas faire l’impasse de la Terre d’Israël », comment gérer notre double attachement sans être déchiré ?
Nous pouvons nous rendre tant que nous le voulons en Israël. Malgré les incertitudes face aux menaces iraniennes et au conflit israélo-palestinien, Israël nous offre des sujets de satisfaction. Il s’y passe des choses merveilleuses, au niveau de la Recherche, des Universités…Je ne vis pas la vie en Diaspora comme un déchirement ni un traumatisme. Le Rabbi Yehuda Halevy disait : « je suis en Occident mais mon cœur en Orient ». Chaque chose est une étape. Il faut vivre au jour le jour en appréciant son bonheur et se dire que demain il y en aura d’autres.
O.C : Concernant Israël, vous parlez du fossé entre la ville de Bnéï Brack, ville d’étude et de prière et Tel Aviv, ville moderne et matérielle, pourquoi parler de fossé entre religieux et laïques, au lieu d’y voir des richesses complémentaires ?
Au niveau du Prisme moral, Tel Aviv et Bnéï Brack sont à l’opposé. Tel Aviv est la capitale de la Gay Pride. C’est une ville aux quartiers mal famés où malheureusement de nombreux méfaits sont commis. Bnéï Brack, se consacre à la prière et au service divin, c’est une ville étrangère au bruit et à la fureur du monde, détachée des contingences matérielles. Je suis triste de voir que des frontières invisibles séparent des villes aussi proches. Mais Israël reste un pays merveilleux qui me bouleverse, quelque soit le lieu.
O.CATTAN : N’est-il pas temps que les religieux lèvent les yeux de leurs livres de prières pour aller partager leur savoir avec les autres, pour qu’ils se confrontent à la dure réalité de la société israélienne ?
Nous sommes d’accord sur ce point. Il serait bien, pour combler ce fossé, que les Rabbanim des Yeshiva de Bnéï Brack jouent un peu « au missionnaire » en faisant partager leur savoir, leur sagesse et leurs acquis. J’espère que leur richesse irradiera les habitants de Tel Aviv.
O.CATTAN : Vous qualifiez de « barbare, les mots : orthodoxes, libéraux, religieux, non-religieux », disant qu’avant « tout le monde acceptait l’autre tel qu’il était », unifier les différents courants du Judaïsme, fait-il parti de votre fonction de Grand Rabbin de France ?
Je suis par ma culture et ma nature un homme de consensus. Le grand responsable de l’état actuel des choses c’est la civilisation occidentale cartésienne qui a besoin de classer, de nommer les choses. Elle a pénétré tous les compartiments de la société y compris la Religion et elle a contribué au fossé naturel qui s’était crée. Je crois en la vertu de l’amour. En me levant chaque matin, je récite ce passage : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » et je réaffirme chaque jour que j’aime tous mes frères juifs.
O.CATTAN : Lorsque vous évoquez la femme, vous dîtes qu’une femme doit se couvrir la tête « par pudeur », que les hommes et les femmes doivent être impérativement séparés à la synagogue, cette vision stricte de la femme n’est-elle pas réductrice ?
La Thora, qui est un univers normatif, a fixé des règles. La chevelure est un des atours les plus évidents de la femme, il est donc important que la femme se couvre la tête afin de ne séduire que son mari et pas les autres hommes. Le soucis de la Thora c’est de ne pas percevoir quelqu’un par son aspect physique. Ce qui me scandalise dans le monde actuel, c’est que l’on fasse de la femme un objet, que l’on dénude. L’homme a réussi à faire de la femme ce qu’il voulait et la femme a laissé faire. L’attirance des sexes et le besoin de séduction qui existe des deux côtés joue un rôle majeur. Mais en déshabillant la femme, on la déprécie. Le vêtement est une manière de mettre un écran entre l’homme et la femme, pour apprendre à chercher autre chose.
O.CATTAN : C’est aussi ce que prétendent les femmes musulmanes qui se voilent…
Nous n’allons pas si loin. La Thora ne veut pas avilir ni contraindre la femme. Nous portons à la femme beaucoup plus de considération et la femme juive qui obéit à ces préceptes est épanouie.
O.CATTAN : Depuis votre attaque cérébrale, votre rapport au temps
a changé, comment le définissez-vous ?
Dans le Talmud, la tradition dit que un homme qui a atteint l’age de 60 ans a vécu la majeure partie de sa vie, puisqu’il a le droit à 120 ans. Depuis toujours, j’avais une sorte d’intuition et je savais que j’aurais du mal à atteindre mes 60 ans. Lorsque j’ai eu mon accident, à 57 ans, j’ai eu l’impression d’un mur, d’une étape à franchir pour accéder et recommencer une nouvelle vie. Une fois ce cap passé, j’étais terriblement soulagé. J’étais comme quelqu’un qui arrive le vendredi à l’approche du Chabbath et qui rentre dans un temps où la montre n’existe pas, où l’on accède à une nouvelle dimension. Les 26 jours de coma sont semblables aux 9 mois de la conception, c’est une deuxième naissance que D m’a offert. Depuis ce saut qualitatif dans un autre temps, je vis dans un temps messianique. Une épreuve peut paradoxalement devenir une chance. Aujourd’hui, je prend le temps de faire les choses qui me plaisent et qui me captivent. Je fais tout difficilement mais au lieu de me plaindre de mon état, je fais les choses avec bonheur. J’ai acquis un sens plus aigu de ce don de D qu’est la vie et j’ai le sentiment de participer au temps biblique de la Création.
O.CATTAN : Pour affirmer cette re-naissance, vous avez même changé de nom…
En effet, le prénom Haïm a été ajouté à mon nom. Je repars de zéro, c’est une façon de me projeter dans une autre vie comme quelqu’un de différent.
O.CATTAN : Vous dites que « Hachem ne retire jamais un homme de ce monde tant qu’il a quelque chose à faire », que vous reste-t-il à accomplir ?
Je ressens le temps comme une mission. Lorsque j’étais à l’hôpital, il y a eu un événement qui m’a particulièrement ému. Après deux mois et demi en réanimation, l’équipe de médecins était réuni pour me dire au revoir. Le chef de service fait un discours en mon honneur et me dit : « si D vous a laissé en vie, c’est que vous avez sûrement quelque chose à faire, est-ce que cela ne serait pas pour que les mères israéliennes et les mères palestiniennes arrêtent de pleurer leurs enfants ? vous avez peut-être un rôle à jouer pour la Paix entre ces deux peuples ? » Cela faisait deux mois que je n’avais pas parlé, j’étais sur une chaise roulante et je lui ai répondu : « J’ai sûrement encore des choses à faire et je fais confiance à D pour me le dire. Concernant ce que vous évoquiez, c’est vrai qu’il faut oeuvrez pour la Paix mais comme le disait le Prophète Isaï : « Aimer la vérité et la Paix ». Il ne pourra jamais y avoir de Paix si il n’y a pas de vérité, alors comme on ment sur Israël, la paix n’est pas encore devant nos portes. Si l’on veut faire la Paix, il faut d’abord rétablir la vérité. J’ai su, à ce moment là, que j’étais guéri.
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Messages de forum :
« La vie devant soi »
lundi 7 mai 2007
par BETTY ARTICLE QUI APPORTE BEAUCOUP DE SERENITE ET DE FOI ET SURTOUT D’ESPOIR ET A ISRAEL ET AUX MALADES ET GRACE AU RAV SITRUCK IL NOUS DONNE DE LA FORCE POUR CONTINUER QUELQUESOIT NOTRE STATUT ET NOS MOYENS. BRAVO ET MERCI POUR CES VERITES.
Répondre à ce message
« La vie devant soi »
jeudi 1er mars 2007
par judith L’oeuvre du rav Sitruck n’est pas seulement une autobiographie, c’est surtout un moyen de répandre la sagesse de la Thora. Elle est une sorte de réponse à l’oeuvre d’Annaëlle Chimoni, la petite fille autiste et handicapée qui a "écrit" son livre grace à un appareil spécial mais qui n’a pas survécu à cette étrange maladie neurologique. Le rav Sitruck, lui a survécu à une attaque cérébrale et comme tous les survivants, il possède cette force particulière, propre à ceux qui reviennent de loin. Sa sagesse était déjà grande avant cet accident, aujourd’hui, elle s’est amplifiée et magnifiée car elle est celle d’un homme qui revient d’un grand voyage vers l’autre monde : le monde de la vérité.
Rien ne vaut la vie
12 mai 2007
ISRAEL VERITABLE PROTOTYPE DE DEMOCRATIE
Israel,
un pays qui est un véritable prototype de démocratie
par Ftouh Souhail , Tunis
www.terredisrael.com
Chalom chers amis
La Commission Winograd et les affaires qui pèsent aujourd’hui sur le schéma politique israélien sont en très mauvaise posture, mais elle relève une vérité fondamentale, pour nous qui vivons hors d’Israël : vous avez un pays qui est un véritable prototype de démocratie.
Prochainement donc des changements se produiront chez vous alors que le monde musulman depuis CasaBlanca à Jakarta, continuera son long sommeil pour se lever sur un avenir plus sombre .
La seule chose qui me console c'est que dans ce pays on peut s'attaquer à un chef de gouvernement et à certains de ses proches. Ce qui prouve le rôle d’une justice libre et impartiale que vous avez et qui devrait servir d'exemple.
Concernant vos ennemis extérieurs et intérieurs l'heure du règlement se rapproche.
L'affaire de ce député Bishara qui a vendu des secrets au Hezbollah pendant la dernière guerre, tout en étant payé par l'état d'Israël de par ses fonctions, mérite plus d’attention par mes médias, que les règlements de comptes politiques contre un premier ministre qui na fais que défendre son peuple contre la barbarie du Hezbollah
L’intelligence de ce député arabe avec un pays comme la Syrie, est une honte pour ceux qui sont content de profiter de Votre démocratie pour mieux Vous trahir. Lui comme beaucoup d’autres crachent sur un pays qui leur laisse la liberté d'expression et font ce qu'ils ne pourraient pas faire dans tous les Etats qui Vous entourent .Cette trahison ne servira certainement pas à ces quelques lâchent qui vivent le jour sous la parapluie de la démocratie israélienne et creusent des mines, le soir, sous les pieds des israéliens.
Il est temps qu'en parles ouvertement, car de plus en plus d'évènements démontrent que la population arabe israélienne montre son vrai visage et ne veut surtout pas s'intégrer car une nouvelle fois ils sont manipulés et seront de toutes façons victimes de leur trahisons.
Un ami en Israël m’a fait savoir qu’au moment de la cérémonie du souvenir pour les soldats et les victimes du terrorisme, (yom Hazikaron) des arabes israéliens lancent le feu d'artifice à Haïfa et dans d'autres endroits pour bien montrer a quel point ils ne respectent la mémoire des victimes et cela en plein coeur de votre pays.
Alors il est temps que commence vraiment une idée chez la majorité d'israéliens qu'il faudra bientôt faire le ménage. Les grands perdants se sera cette population arabe israélienne qui est sûrement celle qui vit le plus librement au moyen-orient. Il leur faut choisir maintenant. !
Concernant les organisations terroristes et l'Iran une confrontation est inévitable.
Bien des surprises les attendent et s'ils pensent qu'Israël est affaibli ils en seront pour leurs frais.
Alors que la commission Winograd tombe sur un chef de cabinet, qui n’avait de tort que de vouloir défendre son peuple, une prochaine guerre syro iranienne du Hezbollah contre Israël se mettra en place sous le nez d'une FINUL qui, trop occupée à surveiller et dénoncer les survols israéliens, ferme les yeux sur ce qui se passe autour d'elle et laisse faire sans mot dire !
Une nouvelle Guerre peut-être imposée à Israël, à replacer cette fois dans un contexte de déstabilisation de la région par une République islamiste se voulant nucléaire, et généreuse avec ses alliés en Syrie et au Liban
Violant allégrement la résolution 1701 des Nations Unies d'août 2006, Syrie et Iran continuent à réarmer le Hezbollah. La frontière syro-libanaise est bel et bien une passoire par laquelle ont dores et déjà transité la moitié au moins des missiles à courte portée dont disposait le Hezbollah avant l'été 2006.
L’Iran continue à manoeuvrer également dans les Territoires palestiniens et la caricature du pauvre Palestinien, affamé de surcroît, armé de seules pierres, combattant un « occupant » israélien surarmé pour retrouver sa liberté, ne peut plus être de mise que chez les propagandistes d'une idéologie victimaire n'ayant rien à voir avec la réalité sur le terrain.
Enfin la commission de Winograd aurait du réfléchir sur les responsables de la situation de violence engendrée par les groupes terroristes qui continuent à tiré des dizaines de roquettes dans le sud du pays, sur les populations israéliennes depuis le début de l'année, faisant morts et blessés, et détiennent toujours le soldat Guilad Shalit enlevé le 25 juin dernier.
Cordial chalom
Ftouh Souhail , Tunis
un pays qui est un véritable prototype de démocratie
par Ftouh Souhail , Tunis
www.terredisrael.com
Chalom chers amis
La Commission Winograd et les affaires qui pèsent aujourd’hui sur le schéma politique israélien sont en très mauvaise posture, mais elle relève une vérité fondamentale, pour nous qui vivons hors d’Israël : vous avez un pays qui est un véritable prototype de démocratie.
Prochainement donc des changements se produiront chez vous alors que le monde musulman depuis CasaBlanca à Jakarta, continuera son long sommeil pour se lever sur un avenir plus sombre .
La seule chose qui me console c'est que dans ce pays on peut s'attaquer à un chef de gouvernement et à certains de ses proches. Ce qui prouve le rôle d’une justice libre et impartiale que vous avez et qui devrait servir d'exemple.
Concernant vos ennemis extérieurs et intérieurs l'heure du règlement se rapproche.
L'affaire de ce député Bishara qui a vendu des secrets au Hezbollah pendant la dernière guerre, tout en étant payé par l'état d'Israël de par ses fonctions, mérite plus d’attention par mes médias, que les règlements de comptes politiques contre un premier ministre qui na fais que défendre son peuple contre la barbarie du Hezbollah
L’intelligence de ce député arabe avec un pays comme la Syrie, est une honte pour ceux qui sont content de profiter de Votre démocratie pour mieux Vous trahir. Lui comme beaucoup d’autres crachent sur un pays qui leur laisse la liberté d'expression et font ce qu'ils ne pourraient pas faire dans tous les Etats qui Vous entourent .Cette trahison ne servira certainement pas à ces quelques lâchent qui vivent le jour sous la parapluie de la démocratie israélienne et creusent des mines, le soir, sous les pieds des israéliens.
Il est temps qu'en parles ouvertement, car de plus en plus d'évènements démontrent que la population arabe israélienne montre son vrai visage et ne veut surtout pas s'intégrer car une nouvelle fois ils sont manipulés et seront de toutes façons victimes de leur trahisons.
Un ami en Israël m’a fait savoir qu’au moment de la cérémonie du souvenir pour les soldats et les victimes du terrorisme, (yom Hazikaron) des arabes israéliens lancent le feu d'artifice à Haïfa et dans d'autres endroits pour bien montrer a quel point ils ne respectent la mémoire des victimes et cela en plein coeur de votre pays.
Alors il est temps que commence vraiment une idée chez la majorité d'israéliens qu'il faudra bientôt faire le ménage. Les grands perdants se sera cette population arabe israélienne qui est sûrement celle qui vit le plus librement au moyen-orient. Il leur faut choisir maintenant. !
Concernant les organisations terroristes et l'Iran une confrontation est inévitable.
Bien des surprises les attendent et s'ils pensent qu'Israël est affaibli ils en seront pour leurs frais.
Alors que la commission Winograd tombe sur un chef de cabinet, qui n’avait de tort que de vouloir défendre son peuple, une prochaine guerre syro iranienne du Hezbollah contre Israël se mettra en place sous le nez d'une FINUL qui, trop occupée à surveiller et dénoncer les survols israéliens, ferme les yeux sur ce qui se passe autour d'elle et laisse faire sans mot dire !
Une nouvelle Guerre peut-être imposée à Israël, à replacer cette fois dans un contexte de déstabilisation de la région par une République islamiste se voulant nucléaire, et généreuse avec ses alliés en Syrie et au Liban
Violant allégrement la résolution 1701 des Nations Unies d'août 2006, Syrie et Iran continuent à réarmer le Hezbollah. La frontière syro-libanaise est bel et bien une passoire par laquelle ont dores et déjà transité la moitié au moins des missiles à courte portée dont disposait le Hezbollah avant l'été 2006.
L’Iran continue à manoeuvrer également dans les Territoires palestiniens et la caricature du pauvre Palestinien, affamé de surcroît, armé de seules pierres, combattant un « occupant » israélien surarmé pour retrouver sa liberté, ne peut plus être de mise que chez les propagandistes d'une idéologie victimaire n'ayant rien à voir avec la réalité sur le terrain.
Enfin la commission de Winograd aurait du réfléchir sur les responsables de la situation de violence engendrée par les groupes terroristes qui continuent à tiré des dizaines de roquettes dans le sud du pays, sur les populations israéliennes depuis le début de l'année, faisant morts et blessés, et détiennent toujours le soldat Guilad Shalit enlevé le 25 juin dernier.
Cordial chalom
Ftouh Souhail , Tunis
UNE HISTOIRE d' ALYAH d' ETHIOPIE.
Une histoire d'alyah d'Ethiopie:
"Je suis l'enfant que vous avez amené du désert"
Par NEHAMA DOUEK , YEDIOT AHARONOT.
A première vue, il est difficile de déceler le lien unissant
le pilote israélien chevronné à l'immigrant d'Ethiopie
assis près de lui.
Le général Dan Ganot, commandant du département des ressources
humaines de l'armée de l'air, faisait partie de l'équipage de
l'avion qui a sauvé Naftali Avraham dans le désert soudanais
et l'a transporté en Israël.
Vingt ans plus tard, une rencontre entre le pilote de haut rang et l'immigrant éthiopien, devenu depuis ingénieur dans l'armée de l'air, a permis de découvrir d'étonnantes similarités entre leurs deux vies.
De telles similarités ne peuvent voir le jour que dans une imagination fertile ou dans la réalité si particulière d'Israël.
Par Nehama Douek, Yediot Aharonot
Lorsque l'on est assis en face du général Dan Ganot (50 ans), commandant du département des ressources humaines de l'armée de l'air, et du capitaine Naftali Avraham (39 ans), ingénieur dans l'aviation militaire, il est difficile de discerner la moindre ressemblance entre eux.
L'un, pilote et Israélien de longue date, est rond, plein d'entrain et toujours souriant, tandis que l'autre est maigre, introverti et plutôt sérieux.
Quelques heures passées en leur compagnie suffisent cependant pour découvrir que leurs deux biographies ne sont pas seulement intriquées l'une dans l'autre, mais aussi remarquablement similaires.
Seule une société d'immigrants comme notre société israélienne, peut fournir des histoires aussi émouvantes où la biographie du sauveteur et celle de la personne secourue sont à la fois aussi différentes et aussi semblables.
Dans les années 80, Israël a entamé sa campagne d'acheminement des Juifs éthiopiens vers Israël. Au-delà des actions bien connues, comme les opérations Salomon et Moïse, il y eut aussi des opérations secrètes, dont les noms de code étaient inspirés de programmes de télévision ou de films. L'une d'elles était l'opération "Schtroumpf bleu" ("Dardass Kahol").
Les avions cargos de l'armée de l'air s'envolaient en direction du Soudan, où des groupes de réfugiés éthiopiens, qui avaient accompli à pied le dangereux périple de leur village jusqu'à la frontière soudanaise, attendaient, dans des camps de transit, les appareils qui devaient venir les prendre pour les amener à Sion.
En 1984, Dan Ganot était un jeune navigateur qui se préparait à terminer son service militaire et avait été accepté à la faculté de médecine de l'Université hébraïque de Jérusalem.
"J'avais remarqué que des préparatifs spéciaux étaient en cours dans notre escadrille", se souvient-il. "
Lorsque l'on m'a demandé de rempiler, j'ai expliqué à mes supérieurs que j'avais été admis à la faculté de médecine.
Je leur ai dit que s'ils désiraient me voir rester dans l'aviation,
ils devaient me promettre de me faire participer aux prochaines opérations spéciales."
Schtroumpf bleu
L'opération en préparation dans l'escadrille de Dan Ganot s'appelait "Schtroumpf bleu".
Fidèles à leur promesse, ses supérieurs le choisirent pour être le navigateur de l'avion qui se trouvait en tête de formation.
Dan Ganot : "Le trajet était long et comprenait le survol de territoires ennemis. J'ai un souvenir très précis des premiers instants qui ont suivi notre atterrissage au Soudan.
La nuit était très noire, nous étions plongés dans l'obscurité et le désert. Le bruit des moteurs avait rompu le silence et soulevé un nuage de poussière. Et là, dans un coin, j'ai distingué un groupe de gens qui semblaient terrifiés. Je ne sais pas s'ils avaient peur du drôle d'oiseau qui venait de se poser, ou du bruit et de la poussière."
Naftali Avraham : "Je n'ai pas oublié la date : c'était le 3 mars 1984. J'avais presque 14 ans. Je me souviens de l'avion que j'ai vu atterrir, du bruit et de la poussière. Je me souviens aussi de l'intérieur de l'appareil. Il n'y avait pas de sièges, il n'y avait que des cordes tendues le long des parois, auxquelles les membres de l'équipage se tenaient lorsqu'ils venaient nous aider.
Nous sommes restés assis en silence durant tout le voyage et nous avons connu une joie sans limite lorsque nous nous sommes posés en Israël".
Ganot : "Ils étaient montés à bord de l'appareil sans le moindre bagage."
Avraham : "On nous avait dit de ne rien prendre avec nous afin de laisser de la place pour un maximum de personnes."
Ganot : "Le vol du retour était compliqué.
J'ai participé à plusieurs opérations de ce type, et des bébés sont nés à plusieurs reprises durant le vol du retour.
Nous avons même suggéré à nos supérieurs de nous faire accompagner par des gynécologues et non par des généralistes.
Je me souviens du silence et de la dignité des immigrants.
Je me souviens de l'odeur qui restait dans l'avion lorsqu'ils étaient descendus, un mélange de sueur et de terre, et un relent de poussière dû au long périple qu'ils avaient effectué dans le désert. C'était l'odeur de l'effort. Je suis convaincu que si les jeunes pilotes que nous étions alors avaient su quel immense effort ils avaient dû accomplir pour en arriver là, nous aurions attaché une bien plus grande valeur encore à ces opérations."
Avraham : "Dites-moi, quel sentiment cela donne de participer à une telle mission ? Que ressentiez-vous lorsque le danger était passé et que vous aperceviez la frontière israélienne ?"
Ganot : "Durant le vol, tout le monde est absorbé par son travail et cherche à accomplir sa tâche le mieux possible.
Je me souviens qu'un jour nous nous sommes dit qu'en arrivant, nous survolerions Jérusalem, au lieu d'emprunter le couloir aérien normal. Une fois nous avons même décrit un cercle complet au-dessus de la ville."
Avraham : "Quel dommage que vous ne nous l'ayez pas dit.
Cela nous aurait vraiment réjoui."
Ganot : " Nous avions l'impression de prendre part à ce qui se passait de plus important au monde à ce moment-là.
J'avais le sentiment qu'il s'agissait de l'essence même des objectifs professionnels de Tsahal, de sa fonction la plus importante, rassembler les exilés 40 ans après la création de l'Etat.
Je ne connais aucun autre pays qui s'aventure jusqu'à un lointain désert pour ramener ses enfants à la maison.
C'était un peu comme si je refaisais encore et encore mon aliya".
Cette rencontre avec Naftali Avraham est extrêmement émouvante pour le général Ganot.
Pendant un moment, le pilote israélien, l'officier supérieur s'est trouvé ramené des décennies en arrière, à l'époque où il avait six ans, au jour où des soldats de la Securitate, la police secrète roumaine, ont fait irruption dans la maison où il vivait avec sa famille et examiné les murs à l'aide d'un puissant aimant, à la recherche de bijoux cachés ou d'argent. Les policiers cassèrent des objets, chamboulèrent toute la maison et emmenèrent son père pour lui faire subir un interrogatoire.
Oui, il se souvient de tous ces événements, même si, avec le temps, il a appris à les refouler. Il n'a pas non plus oublié que lorsqu'il était couché, ses parents allumaient la radio pour écouter "La Voix d'Israël" ("Kol Israël").
Il se souvient des bips qui précédaient le bulletin d'information. Lorsque, bien plus tard, il a demandé à ses parents pourquoi ils n'écoutaient ces émissions qu'après l'avoir mis au lit, ils lui ont expliqué qu'ils ne voulaient pas mettre l'enfant qu'il était alors dans une situation où il serait obligé de mentir pour les protéger de la Securitate, s'il était interrogé.
La famille de Dan Ganot est l'une de celles pour la libération desquelles Israël a payé une rançon.
Le gouvernement roumain avait permis à son grand-père,
l'un des leaders de la communauté, de partir pour Israël et lui avaient promis que son fils et son petit-fils seraient autorisés à le suivre. En fin de compte, cet engagement ne fut pas tenu. La famille fut exilée pour dix ans à la frontière russo-roumaine, où ses parents travaillèrent comme médecins jusqu'à ce qu'Israël demande leur libération et celle d'une autre famille, qu'il obtint dans le cadre d'un accord lié à la signature d'un contrat de fourniture de fer conclu par les Roumains avec les Britanniques.
Ganot : " Je suis arrivé en Israël le 3 septembre 1962.
J'avais six ans. Deux jours plus tard, j'entrais au CP. Je ne savais pas un mot d'hébreu. Les autres enfants me prenaient pour un retardé mental et me frappaient. Pendant plusieurs jours, je suis rentré à la maison plein de bleus et de coups, et j'étais très malheureux. Ma mère m'a expliqué que cela faisait partie de la vie et que je devais rendre les coups, pour leur montrer que j'étais fort. Le lendemain, lorsqu'ils ont commencé à me frapper, j'ai répliqué, et à, partir de ce moment-là on m'a respecté. Deux mois plus tard, je parlais l'hébreu.
En 1984, lorsque les responsables de Tsahal m'ont demandé de rester encore un peu de temps à l'armée, j'ai d'abord hésité.
Puis je me suis souvenu qu'Israël avait payé pour que mes parents puissent faire leur aliya, et j'ai décidé de rester à l'armée pour aider à amener d'autres Juifs en Israël."
Périple dans le désert
L'histoire de l'aliya de Naftali Avraham a commencé lorsqu'il avait 13 ans, quand une rumeur faisant état de la possibilité de gagner Israël en passant par le Soudan atteignit son village.
Ses parents repoussèrent cette possibilité mais leur fils, qui se nommait alors Fentahon, ne renonça pas. Il persuada ses parents de le laisser partir. Son père lui donna sa bénédiction et un peu d'argent pour le voyage. Il partit à pied vers la frontière soudanaise, avec un groupe d'amis qui comprenait notamment quatre filles de 12-13 ans et deux garçons plus âgés, d'environ 18 ans. Ce périple qui devait durer une semaine se transforma en plusieurs mois de cauchemar, au cours desquels ils furent attaqués par des voleurs et se heurtèrent à des soldats qui tentèrent de violer les filles du groupe. Ils réussirent à les en empêcher en leur affirmant que les filles étaient leurs épouses et que l'une d'elle était musulmane. En outre, l'un des membres du groupe fut atteint de déshydratation et il fallut porter un blessé. Ils étaient aussi menacés par les animaux sauvages et souffraient de la soif, qui faillit les emporter. " Avant notre départ, mes parents m'avaient acheté des chaussures All-Star. Lorsque nous sommes arrivées dans le camp au Soudan leurs semelles étaient complètement usées", se souvient Naftali.
A cette époque, Naftali était un garçon de 13 ans, seul, sans parents ni famille. " Le jour même, on nous annonça qu'un avion était attendu. On nous amena en camions dans un aéroport de fortune. Il faisait nuit noire. Les avions surgirent soudain de nulle part, faisant un bruit inimaginable. On nous fit monter à bord des appareils et nous nous envolâmes quelques minutes plus tard.
Nous étions assis par terre et nous nous tenions très fort les uns aux autres. Je me souviens que le sol était couvert de plastique et que nous étions entourés par le personnel de sécurité.
Nous avons reçu à boire et à manger, et je n'oublierai jamais le goût de cette nourriture."
Ganot : " Alors que j'étais dans l'avion, en 1962, en route pour Israël, j'ai reçu un chewing-gum, enveloppé dans un papier jaune. Un chewing-gum Alma. Je n'avais jamais rien mangé d'aussi merveilleux auparavant, ni depuis lors, j'en sens encore le goût. Lorsque nous avons atterri à l'aéroport Ben Gourion, mes parents se sont dirigés vers la sortie, et à travers la vitre, ils ont vu les membres de leur famille qui les attendaient. Ils se sont mis à pleurer tous les deux et je me souviens combien cela m'a angoissé. Un enfant se sent désemparé lorsque ses parents éclatent en sanglots, il ne comprend pas pourquoi ils pleurent".
Avraham : " Dites-moi, vous n'avez jamais ressenti la moindre nostalgie ? J'ai commencé à regretter la maison dès l'instant où nous avons atterri. Jusqu'alors toutes mes forces étaient consacrées à la lutte pour la survie. Mais dès mon arrivée, j'ai commencé à regretter tout ce que j'avais quitté, mes parents, le paysage…"
Ganot : "Je n'avais aucun regret. Je luttais aussi pour survivre.
J'ai longtemps refusé de retourner en Roumanie.
Voilà cinq ans, bien des années après mon arrivée en Israël,
j'ai conduit une délégation de Tsahal en Roumanie.
J'ai exigé d'arriver en uniforme et je me suis obstiné à ne prendre qu'une valise de 12 kilos, le poids du bagage que mes parents avaient été autorisés à emporter lorsque nous avons quitté ce pays. C'était pour moi une victoire personnelle. Mes parents ne sont jamais retournés en Roumanie."
Avraham : "Parfois, les enfants doivent faire face à une épreuve bien plus difficile que la simple lutte pour la survie.
Un enfant déraciné reste sans racines et il doit en développer de nouvelles, il doit apprendre un nouveau code de comportement et se familiariser avec le nouvel environnement culturel dans lequel il devra se mouvoir. C'est vraiment dur."
La lutte pour la survie
Naftali Avraham fut envoyé à l'internat de Yemin Orde, dans les monts du Carmel. Il exigea d'être intégré dans une classe normale et convainquit ses camarades éthiopiens d'en faire autant.
"En Ethiopie, j'étais en troisième. Ici, ils m'ont mis en seconde après m'avoir fait passer quelques tests.
Peut-être qu'un jour j'aurai l'occasion de terminer ma troisième. C'est comme pour la Bar-Mitsva : lorsque mon fils aîné a célébré sa majorité religieuse, il y a quelques mois, je suis monté à la Tora avec lui car je n'avais jamais eu de Bar-mitsva.
Je l'avais ratée lorsque je m'étais enfui pour gagner Israël."
Ganot a été battu par ses camarades de classes et à l'internat, des enfants ont uriné sur le lit d'Avraham. "
Je pleurais chaque nuit, je ne comprenais pas où j'étais arrivé.
Et soudain au milieu de la nuit, des élèves plus anciens ont introduit un tuyau dans notre chambre et ouvert le robinet.
C'était vraiment une féroce lutte pour la survie.
Mais, comme cela arrive souvent chez les enfants, je suis très rapidement devenu ami avec le garçon qui avait ouvert le robinet. J'ai aussi d'extraordinaires souvenirs de mon professeur d'histoire, qui terminait son cours dix minutes avant la sonnerie et restait travailler avec moi pour me permettre de rattraper mon retard.
Je me souviens que j'obtenais 100 à toutes les compositions de grammaire hébraïque, mais mon professeur ne m'a mis que 85 lorsque je me suis présenté au baccalauréat, car elle ne pouvait pas croire que je savais aussi bien l'hébreu. Cela ne m'a pas empêché de terminer mes études secondaires avec d'excellentes notes et d'être accepté dans le programme universitaire de Tsahal (Atouda) pour faire des études d'ingénieur au Technion."
Après avoir achevé ses études, Naftali a été incorporé dans l'armée de l'air, qui l'avait amené en Israël, et c'est là que les vies d'Avraham et de Ganot se sont à nouveau croisées.
Avraham : "En tant que commandant de la section de l'infrastructure et des carburants, je préparais une conférence avec un pilote. Il me montra plusieurs films, dont l'un était consacré au transport des Juifs éthiopiens vers Israël.
Très ému, j'ai alors décidé de trouver un moyen de renouer avec cette opération. J'ai cherché les noms des pilotes et des membres de l'équipage de l'avion qui m'avait amené en Israël et je les ai notés sur une feuille blanche que j'ai pliée et placée dans la poche de gauche de ma chemise."
L'un des noms qui figuraient sur cette liste était celui de Dan Ganot. Un jour, Naftali Avraham aperçut celui-ci dans un couloir de l'état-major à Tel-Aviv et tenta de l'approcher. Mais Ganot était très occupé car il se préparait à prendre un nouveau poste, celui de commandant de la base aérienne de Hatserim, et il demanda à Avraham de le recontacter plus tard. Un peu gêné, celui-ci s'écarta, et huit ans s'écoulèrent avant que leurs chemins se croisent à nouveau. Cette fois, Avraham sortit la feuille de sa poche et la montra à Ganot. Les embrassades qui suivirent émurent aux larmes tous ceux qui y assistèrent. Ils passèrent plusieurs heures à se raconter leurs vies. Aujourd'hui, ils sont souvent invités à prendre la parole ensemble devant des soldats pour leur retracer leur expérience exceptionnelle. Mais c'est seulement au cours de cette interview que le général Ganot a évoqué pour la première fois les difficultés qu'il avait rencontrées comme enfant immigrant et de sa propre lutte pour la survie.
"Je suis stupéfait", s'est exclamé Avraham. "Je n'avais pas la moindre idée des épreuves que vous avez traversées."
"Ce n'est rien à côté de celles que vous avez connues", réplique Ganot en souriant. "Moi, je suis venu avec mes parents, alors que vous, jeune garçon, êtes arrivé seul. Vos parents n'ont immigré que dix ans plus tard et vous avez vécu seul toutes ces épreuves".
"Il y a eu beaucoup de nuits où mon oreiller était inondé de larmes", se souvient Avraham. "Je n'avais que 13 ans.
Aujourd'hui, j'ai un fils de cet âge et je pense souvent à tout ce que j'ai vécu quand j'avais son âge. Je ne le laisse même pas prendre le train tout seul."
Etes vous israélien ?
Ganot : "Je suis israélien et fier de l'être."
Avraham : " Je vis au moshav Yodfat et je suis marié à Morit
qui y est née.
J'ai trois enfants, qui sont un mélange israélo-éthiopien.
Est-ce que je me sens israélien ?
Certains affirment qu'à part la couleur de ma peau,
il n'y a rien d'éthiopien chez moi.
Mais comment mesure-t-on ces choses-là ?
Si c'est au fait que je rêve et que je compte en hébreu,
alors oui, je suis vraiment Israélien".
"Je suis l'enfant que vous avez amené du désert"
Par NEHAMA DOUEK , YEDIOT AHARONOT.
A première vue, il est difficile de déceler le lien unissant
le pilote israélien chevronné à l'immigrant d'Ethiopie
assis près de lui.
Le général Dan Ganot, commandant du département des ressources
humaines de l'armée de l'air, faisait partie de l'équipage de
l'avion qui a sauvé Naftali Avraham dans le désert soudanais
et l'a transporté en Israël.
Vingt ans plus tard, une rencontre entre le pilote de haut rang et l'immigrant éthiopien, devenu depuis ingénieur dans l'armée de l'air, a permis de découvrir d'étonnantes similarités entre leurs deux vies.
De telles similarités ne peuvent voir le jour que dans une imagination fertile ou dans la réalité si particulière d'Israël.
Par Nehama Douek, Yediot Aharonot
Lorsque l'on est assis en face du général Dan Ganot (50 ans), commandant du département des ressources humaines de l'armée de l'air, et du capitaine Naftali Avraham (39 ans), ingénieur dans l'aviation militaire, il est difficile de discerner la moindre ressemblance entre eux.
L'un, pilote et Israélien de longue date, est rond, plein d'entrain et toujours souriant, tandis que l'autre est maigre, introverti et plutôt sérieux.
Quelques heures passées en leur compagnie suffisent cependant pour découvrir que leurs deux biographies ne sont pas seulement intriquées l'une dans l'autre, mais aussi remarquablement similaires.
Seule une société d'immigrants comme notre société israélienne, peut fournir des histoires aussi émouvantes où la biographie du sauveteur et celle de la personne secourue sont à la fois aussi différentes et aussi semblables.
Dans les années 80, Israël a entamé sa campagne d'acheminement des Juifs éthiopiens vers Israël. Au-delà des actions bien connues, comme les opérations Salomon et Moïse, il y eut aussi des opérations secrètes, dont les noms de code étaient inspirés de programmes de télévision ou de films. L'une d'elles était l'opération "Schtroumpf bleu" ("Dardass Kahol").
Les avions cargos de l'armée de l'air s'envolaient en direction du Soudan, où des groupes de réfugiés éthiopiens, qui avaient accompli à pied le dangereux périple de leur village jusqu'à la frontière soudanaise, attendaient, dans des camps de transit, les appareils qui devaient venir les prendre pour les amener à Sion.
En 1984, Dan Ganot était un jeune navigateur qui se préparait à terminer son service militaire et avait été accepté à la faculté de médecine de l'Université hébraïque de Jérusalem.
"J'avais remarqué que des préparatifs spéciaux étaient en cours dans notre escadrille", se souvient-il. "
Lorsque l'on m'a demandé de rempiler, j'ai expliqué à mes supérieurs que j'avais été admis à la faculté de médecine.
Je leur ai dit que s'ils désiraient me voir rester dans l'aviation,
ils devaient me promettre de me faire participer aux prochaines opérations spéciales."
Schtroumpf bleu
L'opération en préparation dans l'escadrille de Dan Ganot s'appelait "Schtroumpf bleu".
Fidèles à leur promesse, ses supérieurs le choisirent pour être le navigateur de l'avion qui se trouvait en tête de formation.
Dan Ganot : "Le trajet était long et comprenait le survol de territoires ennemis. J'ai un souvenir très précis des premiers instants qui ont suivi notre atterrissage au Soudan.
La nuit était très noire, nous étions plongés dans l'obscurité et le désert. Le bruit des moteurs avait rompu le silence et soulevé un nuage de poussière. Et là, dans un coin, j'ai distingué un groupe de gens qui semblaient terrifiés. Je ne sais pas s'ils avaient peur du drôle d'oiseau qui venait de se poser, ou du bruit et de la poussière."
Naftali Avraham : "Je n'ai pas oublié la date : c'était le 3 mars 1984. J'avais presque 14 ans. Je me souviens de l'avion que j'ai vu atterrir, du bruit et de la poussière. Je me souviens aussi de l'intérieur de l'appareil. Il n'y avait pas de sièges, il n'y avait que des cordes tendues le long des parois, auxquelles les membres de l'équipage se tenaient lorsqu'ils venaient nous aider.
Nous sommes restés assis en silence durant tout le voyage et nous avons connu une joie sans limite lorsque nous nous sommes posés en Israël".
Ganot : "Ils étaient montés à bord de l'appareil sans le moindre bagage."
Avraham : "On nous avait dit de ne rien prendre avec nous afin de laisser de la place pour un maximum de personnes."
Ganot : "Le vol du retour était compliqué.
J'ai participé à plusieurs opérations de ce type, et des bébés sont nés à plusieurs reprises durant le vol du retour.
Nous avons même suggéré à nos supérieurs de nous faire accompagner par des gynécologues et non par des généralistes.
Je me souviens du silence et de la dignité des immigrants.
Je me souviens de l'odeur qui restait dans l'avion lorsqu'ils étaient descendus, un mélange de sueur et de terre, et un relent de poussière dû au long périple qu'ils avaient effectué dans le désert. C'était l'odeur de l'effort. Je suis convaincu que si les jeunes pilotes que nous étions alors avaient su quel immense effort ils avaient dû accomplir pour en arriver là, nous aurions attaché une bien plus grande valeur encore à ces opérations."
Avraham : "Dites-moi, quel sentiment cela donne de participer à une telle mission ? Que ressentiez-vous lorsque le danger était passé et que vous aperceviez la frontière israélienne ?"
Ganot : "Durant le vol, tout le monde est absorbé par son travail et cherche à accomplir sa tâche le mieux possible.
Je me souviens qu'un jour nous nous sommes dit qu'en arrivant, nous survolerions Jérusalem, au lieu d'emprunter le couloir aérien normal. Une fois nous avons même décrit un cercle complet au-dessus de la ville."
Avraham : "Quel dommage que vous ne nous l'ayez pas dit.
Cela nous aurait vraiment réjoui."
Ganot : " Nous avions l'impression de prendre part à ce qui se passait de plus important au monde à ce moment-là.
J'avais le sentiment qu'il s'agissait de l'essence même des objectifs professionnels de Tsahal, de sa fonction la plus importante, rassembler les exilés 40 ans après la création de l'Etat.
Je ne connais aucun autre pays qui s'aventure jusqu'à un lointain désert pour ramener ses enfants à la maison.
C'était un peu comme si je refaisais encore et encore mon aliya".
Cette rencontre avec Naftali Avraham est extrêmement émouvante pour le général Ganot.
Pendant un moment, le pilote israélien, l'officier supérieur s'est trouvé ramené des décennies en arrière, à l'époque où il avait six ans, au jour où des soldats de la Securitate, la police secrète roumaine, ont fait irruption dans la maison où il vivait avec sa famille et examiné les murs à l'aide d'un puissant aimant, à la recherche de bijoux cachés ou d'argent. Les policiers cassèrent des objets, chamboulèrent toute la maison et emmenèrent son père pour lui faire subir un interrogatoire.
Oui, il se souvient de tous ces événements, même si, avec le temps, il a appris à les refouler. Il n'a pas non plus oublié que lorsqu'il était couché, ses parents allumaient la radio pour écouter "La Voix d'Israël" ("Kol Israël").
Il se souvient des bips qui précédaient le bulletin d'information. Lorsque, bien plus tard, il a demandé à ses parents pourquoi ils n'écoutaient ces émissions qu'après l'avoir mis au lit, ils lui ont expliqué qu'ils ne voulaient pas mettre l'enfant qu'il était alors dans une situation où il serait obligé de mentir pour les protéger de la Securitate, s'il était interrogé.
La famille de Dan Ganot est l'une de celles pour la libération desquelles Israël a payé une rançon.
Le gouvernement roumain avait permis à son grand-père,
l'un des leaders de la communauté, de partir pour Israël et lui avaient promis que son fils et son petit-fils seraient autorisés à le suivre. En fin de compte, cet engagement ne fut pas tenu. La famille fut exilée pour dix ans à la frontière russo-roumaine, où ses parents travaillèrent comme médecins jusqu'à ce qu'Israël demande leur libération et celle d'une autre famille, qu'il obtint dans le cadre d'un accord lié à la signature d'un contrat de fourniture de fer conclu par les Roumains avec les Britanniques.
Ganot : " Je suis arrivé en Israël le 3 septembre 1962.
J'avais six ans. Deux jours plus tard, j'entrais au CP. Je ne savais pas un mot d'hébreu. Les autres enfants me prenaient pour un retardé mental et me frappaient. Pendant plusieurs jours, je suis rentré à la maison plein de bleus et de coups, et j'étais très malheureux. Ma mère m'a expliqué que cela faisait partie de la vie et que je devais rendre les coups, pour leur montrer que j'étais fort. Le lendemain, lorsqu'ils ont commencé à me frapper, j'ai répliqué, et à, partir de ce moment-là on m'a respecté. Deux mois plus tard, je parlais l'hébreu.
En 1984, lorsque les responsables de Tsahal m'ont demandé de rester encore un peu de temps à l'armée, j'ai d'abord hésité.
Puis je me suis souvenu qu'Israël avait payé pour que mes parents puissent faire leur aliya, et j'ai décidé de rester à l'armée pour aider à amener d'autres Juifs en Israël."
Périple dans le désert
L'histoire de l'aliya de Naftali Avraham a commencé lorsqu'il avait 13 ans, quand une rumeur faisant état de la possibilité de gagner Israël en passant par le Soudan atteignit son village.
Ses parents repoussèrent cette possibilité mais leur fils, qui se nommait alors Fentahon, ne renonça pas. Il persuada ses parents de le laisser partir. Son père lui donna sa bénédiction et un peu d'argent pour le voyage. Il partit à pied vers la frontière soudanaise, avec un groupe d'amis qui comprenait notamment quatre filles de 12-13 ans et deux garçons plus âgés, d'environ 18 ans. Ce périple qui devait durer une semaine se transforma en plusieurs mois de cauchemar, au cours desquels ils furent attaqués par des voleurs et se heurtèrent à des soldats qui tentèrent de violer les filles du groupe. Ils réussirent à les en empêcher en leur affirmant que les filles étaient leurs épouses et que l'une d'elle était musulmane. En outre, l'un des membres du groupe fut atteint de déshydratation et il fallut porter un blessé. Ils étaient aussi menacés par les animaux sauvages et souffraient de la soif, qui faillit les emporter. " Avant notre départ, mes parents m'avaient acheté des chaussures All-Star. Lorsque nous sommes arrivées dans le camp au Soudan leurs semelles étaient complètement usées", se souvient Naftali.
A cette époque, Naftali était un garçon de 13 ans, seul, sans parents ni famille. " Le jour même, on nous annonça qu'un avion était attendu. On nous amena en camions dans un aéroport de fortune. Il faisait nuit noire. Les avions surgirent soudain de nulle part, faisant un bruit inimaginable. On nous fit monter à bord des appareils et nous nous envolâmes quelques minutes plus tard.
Nous étions assis par terre et nous nous tenions très fort les uns aux autres. Je me souviens que le sol était couvert de plastique et que nous étions entourés par le personnel de sécurité.
Nous avons reçu à boire et à manger, et je n'oublierai jamais le goût de cette nourriture."
Ganot : " Alors que j'étais dans l'avion, en 1962, en route pour Israël, j'ai reçu un chewing-gum, enveloppé dans un papier jaune. Un chewing-gum Alma. Je n'avais jamais rien mangé d'aussi merveilleux auparavant, ni depuis lors, j'en sens encore le goût. Lorsque nous avons atterri à l'aéroport Ben Gourion, mes parents se sont dirigés vers la sortie, et à travers la vitre, ils ont vu les membres de leur famille qui les attendaient. Ils se sont mis à pleurer tous les deux et je me souviens combien cela m'a angoissé. Un enfant se sent désemparé lorsque ses parents éclatent en sanglots, il ne comprend pas pourquoi ils pleurent".
Avraham : " Dites-moi, vous n'avez jamais ressenti la moindre nostalgie ? J'ai commencé à regretter la maison dès l'instant où nous avons atterri. Jusqu'alors toutes mes forces étaient consacrées à la lutte pour la survie. Mais dès mon arrivée, j'ai commencé à regretter tout ce que j'avais quitté, mes parents, le paysage…"
Ganot : "Je n'avais aucun regret. Je luttais aussi pour survivre.
J'ai longtemps refusé de retourner en Roumanie.
Voilà cinq ans, bien des années après mon arrivée en Israël,
j'ai conduit une délégation de Tsahal en Roumanie.
J'ai exigé d'arriver en uniforme et je me suis obstiné à ne prendre qu'une valise de 12 kilos, le poids du bagage que mes parents avaient été autorisés à emporter lorsque nous avons quitté ce pays. C'était pour moi une victoire personnelle. Mes parents ne sont jamais retournés en Roumanie."
Avraham : "Parfois, les enfants doivent faire face à une épreuve bien plus difficile que la simple lutte pour la survie.
Un enfant déraciné reste sans racines et il doit en développer de nouvelles, il doit apprendre un nouveau code de comportement et se familiariser avec le nouvel environnement culturel dans lequel il devra se mouvoir. C'est vraiment dur."
La lutte pour la survie
Naftali Avraham fut envoyé à l'internat de Yemin Orde, dans les monts du Carmel. Il exigea d'être intégré dans une classe normale et convainquit ses camarades éthiopiens d'en faire autant.
"En Ethiopie, j'étais en troisième. Ici, ils m'ont mis en seconde après m'avoir fait passer quelques tests.
Peut-être qu'un jour j'aurai l'occasion de terminer ma troisième. C'est comme pour la Bar-Mitsva : lorsque mon fils aîné a célébré sa majorité religieuse, il y a quelques mois, je suis monté à la Tora avec lui car je n'avais jamais eu de Bar-mitsva.
Je l'avais ratée lorsque je m'étais enfui pour gagner Israël."
Ganot a été battu par ses camarades de classes et à l'internat, des enfants ont uriné sur le lit d'Avraham. "
Je pleurais chaque nuit, je ne comprenais pas où j'étais arrivé.
Et soudain au milieu de la nuit, des élèves plus anciens ont introduit un tuyau dans notre chambre et ouvert le robinet.
C'était vraiment une féroce lutte pour la survie.
Mais, comme cela arrive souvent chez les enfants, je suis très rapidement devenu ami avec le garçon qui avait ouvert le robinet. J'ai aussi d'extraordinaires souvenirs de mon professeur d'histoire, qui terminait son cours dix minutes avant la sonnerie et restait travailler avec moi pour me permettre de rattraper mon retard.
Je me souviens que j'obtenais 100 à toutes les compositions de grammaire hébraïque, mais mon professeur ne m'a mis que 85 lorsque je me suis présenté au baccalauréat, car elle ne pouvait pas croire que je savais aussi bien l'hébreu. Cela ne m'a pas empêché de terminer mes études secondaires avec d'excellentes notes et d'être accepté dans le programme universitaire de Tsahal (Atouda) pour faire des études d'ingénieur au Technion."
Après avoir achevé ses études, Naftali a été incorporé dans l'armée de l'air, qui l'avait amené en Israël, et c'est là que les vies d'Avraham et de Ganot se sont à nouveau croisées.
Avraham : "En tant que commandant de la section de l'infrastructure et des carburants, je préparais une conférence avec un pilote. Il me montra plusieurs films, dont l'un était consacré au transport des Juifs éthiopiens vers Israël.
Très ému, j'ai alors décidé de trouver un moyen de renouer avec cette opération. J'ai cherché les noms des pilotes et des membres de l'équipage de l'avion qui m'avait amené en Israël et je les ai notés sur une feuille blanche que j'ai pliée et placée dans la poche de gauche de ma chemise."
L'un des noms qui figuraient sur cette liste était celui de Dan Ganot. Un jour, Naftali Avraham aperçut celui-ci dans un couloir de l'état-major à Tel-Aviv et tenta de l'approcher. Mais Ganot était très occupé car il se préparait à prendre un nouveau poste, celui de commandant de la base aérienne de Hatserim, et il demanda à Avraham de le recontacter plus tard. Un peu gêné, celui-ci s'écarta, et huit ans s'écoulèrent avant que leurs chemins se croisent à nouveau. Cette fois, Avraham sortit la feuille de sa poche et la montra à Ganot. Les embrassades qui suivirent émurent aux larmes tous ceux qui y assistèrent. Ils passèrent plusieurs heures à se raconter leurs vies. Aujourd'hui, ils sont souvent invités à prendre la parole ensemble devant des soldats pour leur retracer leur expérience exceptionnelle. Mais c'est seulement au cours de cette interview que le général Ganot a évoqué pour la première fois les difficultés qu'il avait rencontrées comme enfant immigrant et de sa propre lutte pour la survie.
"Je suis stupéfait", s'est exclamé Avraham. "Je n'avais pas la moindre idée des épreuves que vous avez traversées."
"Ce n'est rien à côté de celles que vous avez connues", réplique Ganot en souriant. "Moi, je suis venu avec mes parents, alors que vous, jeune garçon, êtes arrivé seul. Vos parents n'ont immigré que dix ans plus tard et vous avez vécu seul toutes ces épreuves".
"Il y a eu beaucoup de nuits où mon oreiller était inondé de larmes", se souvient Avraham. "Je n'avais que 13 ans.
Aujourd'hui, j'ai un fils de cet âge et je pense souvent à tout ce que j'ai vécu quand j'avais son âge. Je ne le laisse même pas prendre le train tout seul."
Etes vous israélien ?
Ganot : "Je suis israélien et fier de l'être."
Avraham : " Je vis au moshav Yodfat et je suis marié à Morit
qui y est née.
J'ai trois enfants, qui sont un mélange israélo-éthiopien.
Est-ce que je me sens israélien ?
Certains affirment qu'à part la couleur de ma peau,
il n'y a rien d'éthiopien chez moi.
Mais comment mesure-t-on ces choses-là ?
Si c'est au fait que je rêve et que je compte en hébreu,
alors oui, je suis vraiment Israélien".
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